SCORBUT
de certaines apophyses épineuses et des parties adjacentes, de temps en temps des accès paroxystiques subits, d'une grande violence, pouvant se prolonger pendant deux à quatre jours , empêchant le sommeil et faisant redouter les moindres mouvements, revenant à quelques jours ou quelques semaines d'intervalle, paralysie des quatre membres, envahissant successivement des groupes de muscles d'une manière inégale; plus tard, analgésie, et anesthésiedes sensations de la température également disséminées, et enfin incontinence d'urine et des matières fécales : tels sont les symptômes qui ont été notés par Jaccoud dans un fait remarquable, dont l'évolution, de plusieurs années de durée, fut constamment apyrétique. Les muscles n'étaient pas atrophiés et répondaient à l'excitation électrique, ce qui différencie les faits de ce genre des paralysies disséminées dues à V atrophie des nerfs (Voy. p. 721). Les douleurs vertébrales, quand elles existent, sont un très-bon signe de la lésion de la moelle. Charcot a publié un fait intéressant d'hystérie (Soc. des hôp.y 1865) dans lequel, avec la sclérose des cordons latéraux de la moelle, il y avait contracture permanente des quatre membres. Cette contracture peut se montrer par accès irréguliers. On voit que tous les troubles de la myolilité, ataxie, paralysie, contractures, peuvent s'observer avec cette lésion de la moelle épinière. Mais les contractures sont plus rares. Ordenstein (Sur la parai, agitante et la sclérose, etc., 1868) a attaché une grande importance au tremblement comme symptôme de la sclérose en plaques généralisée ; mais c'est un signe inconstant comme la contracture. On a bien observé la sclérose du bulbe dans la paralysie agitante; mais cette lésion pourrait n'être que consécutive (Voy. p. 735), car on ne l'a trouvée qu'à une période très-avancée de la maladie.
La sclérose des autres organes conduit à l'atrophie de leurs éléments normaux, et s'accompagne souvent de paroxysmes douloureux comme au niveau de la moelle. — Il s'y joint souvent une dégénérescence amyloïde, comme on le voit au foie lorsqu'il est dur, uniformément augmenté de volume, en même temps que se manifestent des congestions douloureuses, l'ictère et des troubles digestifs. — La même lésion se rencontre, dans des conditions diverses, au niveau des poumons, où elle a été improprement appelée cirrhose. Les tubercules et les dilatations bronchiques en sont les principaux points de départ. — Enfin on a fait jouer à la sclérose vasculaire, avec ou sans dégénérescence amyloïde, un rôle dans la production des hémorrhagies (p. 480). Mais cette question, comme celle de la sclérose en général, est encore trop peu élucidée pour que je m'y arrête davantage.
SCOLEX. — Voy. Entozoaires (Ténias), p. 362.
SCOLIOSE. — Voy. Déviations vertébrales.
SCORBUT. — Celte maladie générale, qui dépend d'une altération profonde du sang inconnue dans sa nature, a été l'objet de travaux extrêmement nombreux.
1° Éléments du diagnostic. — Les plus caractéristiques s'observent au niveau de la bouche et de la peau. Les gencives sont gonflées, ramollies, saignantes, ulcérées; l'haleine est très-fétide; la face est très-pâle, bouffie; les lèvres et les caroncules lacrymales sont parfois verdàtres; les membres inférieurs sont infiltrés; il apparaît des pétéchies dans diverses parties du corps, et, spontanément ou sous l'influence d'une pression ou d'une contusion même légère, des eccliymoses ou même des tumeurs sanguines sous-cutanées. A ces phénomènes se joignent les suivants : gène de la respiration et palpitations au moindre mouvement, douleurs plus ou moins vives dans diverses parties du corps, surtout aux lombes, aux membres, et principalement aux membres infé-