SPASMES. — SPASME DU DIAPHRAGME
bruit le plus insignifiant et surtout les efforts de déglutitiony sur lesquels Hérard a insisté avec raison, sont les plus ordinaires; la colère, le rire, les pleurs, toutes les émotions morales, et môme le simple abaissement de la langue avec une spatule pour l'exploration de la gorge, suffisent pour déterminer
des accès.
Parmi les formes de la maladie, indépendamment de la répétition plus ou muins rapprochée des accès ou de leur intensité plus ou moins grande, Hérard a admis qu'il y avait : 1° spasme isolé du larynx; 2° spasme du diaphragme; 3° ou existence simultanée des deux spasmes. Tranchées dans les commencements de l'affection, ces trois formes se confondraient plus tard. — Dans le spasme isolé de la glotte, les accidents sont ceux dont il a été question précédemment. — Dans la seconde forme, le spasme du diaphragme joue le rôle principal. Tout l'accès consiste en une ou plusieurs inspirations convulsives et sonores ; car celle fois la glotte est libre, ou tout au plus elle est légèrement resserrée. Les symptômes asphyxiques existent à peine. — Enfin dans la troisième forme, peut-être la plus fréquente, il y a une suffocation violente, interrompue par quelques petites inspirations, et l'asphyxie est portée au plus haut degré.
Il ne faut pas perdre de vue non plus les complications , quoiqu'elles soient simplement des affections intercurrentes. On ne doit considérer comme des complications, ni les convulsions des membres qui accompagnent fréquemment l'accès et en font en quelque sorte partie, ni la somnolence qui suit parfois les attaques, et qui dépend d'une congestion cérébrale passagère. La rougeolet la pneumonie, Yentérocolile, VopJUhalmie purulente, survenant dans le temps que dure la maladie spasmodique, l'aggravent au point de la rendre mortelle.
3° Pronostic. — Le spasme de la glotte est une des maladies les plus graves de la première enfance. La fréquence et la violence des accès, l'ancienneté de la maladie et sa marche chronique, le très-jeune âge, une constitution frêle et l'apparition d'une maladie intercurrente ou d'une complication, sont des conditions fâcheuses et qui doivent faire craindre une terminaison funeste. Les conditions opposées peuvent en revanche faire espérer une issue favorable de la maladie. Les guérisons sont d'ailleurs assez rares, sans que des observations précises suffisamment nombreuses aient permis d'en établir la proportion.