SPASMES — SPASME DE LA GLOTTE
par abus fonctionnel (Voy. p. -236). Je ne m'occuperai donc ici que des spasmes de la glotte, du diaphragme et de l'œsophage. I. Spasme de la glotte.
Son identité avec V asthme de Kopp a été signalée par Valleix (Afém. Acad. deméd., t. X), et celte opinion s'est vulgarisée. Elle a été adoptée par Trousseau, qui considère ce spasme comme une forme d'éclampsie (Journ. de méd., 1845), et par Hérard, dont l'excellente monographie {Thèse, 1847) a été mise à profit pour la plupart des descriptions publiées depuis. Une autre thèse importante sur le même sujet a été soutenue par Bacquias en 1853.
1° Éléments du diagnostic. — Ils consistent essentiellement en des accès de suffocation subits, sans fièvre, et se terminant en quinze secondes à une minute. Ces accès sont caractérisés par un sentiment brusque de strangulation, une inspiratio)i bruyante suivie de la cessation de tout bruit, avec immobilité de la poitrine, gonflement du cou, fixité des yeux, couleur violacée des lèvres, qui peut s'étendre à toute la face, mouvements de déglutition (Beau), battements du cœur tumultueux et irréguliers comme le pouls, qui devient à peine sensible. Puis l'air pénètre de nouveau dans les voies respiratoires, la respiration peut alors être un moment trachéale, et l'expiration chasser quelques mucosités spumeuses, ainsi que je l'ai observé. Entre le retour de ces accès, qui sont parfois très-éloignés et peu nombreux, puis de plus en plus rapprochés, il ne reste rien de la maladie. Elle se termine assez souvent par asphyxie au moment d'un accès.
2° Inductions diagnostiques. — Les accès de spasme de la glotte sont tellement caractéristiques qu'une erreur de diagnostic semble impossible. D'ailleurs la marche de l'affection, par accès intermittents irréguliers et séparés par des intervalles de santé en apparence parfaite, a quelque chose de tellement tranché que tout diagnostic différentiel semble inutile à discuter.
Ces accès de suffocation ne sauraient être confondus, en effet, ni avec ceux du croup, ni même avec ceux du pseudo- croup ou laryngite spasmodique, non plus qu'avec les accès de coqueluche, d'œdème de la glotte, ni avec ceux dus à la présence d'un corps étranger dans le larynx, ou à la compression de la trachée ou des nerfs pneumo-gastriques par des tumeurs diverses. Dans aucune de ces circonstances, il n'y a absence de signes intermédiaires aux accès.
Le spasme de la glotte est donc facile à reconnaître. Si le praticien a quelque chose à redouter, dit Hérard, ce serait de ne pas être témoin des accès, et de méconnaître ainsi une affection qui ne laisse aucune trace, qui souvent môme n'a pas attiré l'attention des parents. Cependant l'étude des antécédente devra suffisamment éclairer le diagnostic en pareil cas.
Il peut avoir existé des accès antérieurs caractéristiques, devenus de plus en plus fréquents, revenant depuis plusieurs semaines ou depuis plusieurs mois, accès entre lesquels la santé parait parfaite. — De plus, comme éléments étiologiques importants de diagnostic, il y a à remarquer, d'abord que le spasme de la glotte s'observe exceptionnellement chez l'adulte, et presque exclusivement dans la première enfance, au-dessous de l'âge de dix-huit mois ou de deux ans, chez les enfants des deux sexes, et parfois chez les enfants d'une même famille (Reid). Il ne faut pas oublier non plus que le spasme de la glotte peut se montrer dans Yèclampsie, dans la contracture idiopathique, parle fait de la dentition, d'une mauvaise aération, d'un sevrage prématuré, d'un régime qui n'est pas en rapport avec l'âge de l'enfant, et enfin de préférence dans les pays du nord ou en hiver. Quant aux causes du retour des accès, le