III. Spasme de l'œsophage (œsophagisme
Lorsque, chez une personne nerveuse, une hystérique, un hyponchondriaque, on voit survenir tout à coup, au moment d'un repas, une dysphagie avec ou sans rejet immédiat des aliments introduits, et sensation persistante et douloureuse d'un corps étranger , d'une boule assez volumineuse dans le point qui est le siège de cette dysphagie, et si ces accidents disparaissent après une durée de quelques heures ou d'une journée entière, pour ne plus revenir ou pour se montrer de nouveau à des intervalles irréguliers, on peut diagnostiquer un œsophagisme. Mais les symptômes présentent des particularités qu'il est utile de rappeler.
On a vu la déglutition produire des spasmes si violents, que le malade était forcé de se cramponner à son lit, que sa tête se renversait fortement en arrière, et que sa face devenait livide. Il peut y avoir même perte de connaissance, ou bien une angoisse inexprimable qui, chez un sujet observé par Offmann, était due à ce que les aliments ne pouvaient être ni rejetés par régurgitation, ni entraînés dans l'estomac par des liquides. Rien de variable d'ailleurs comme l'influence des substances ingérées : tantôt les boissons chaudes passent plus facilement que les froides, les solides mieux que les liquides, et tantôt c'est le contraire qui a lieu. Dans l'intervalle de ces sortes d'accès provoqués par la déglutition, les symptômes qui existent sont très-variables : la gène ou la constriction douloureuse qui existe dans le trajet de l'œsophage, tantôt suscite des efforts d'expectoration et fait craindre la suffocation, tantôt donne lieu à des efforts violents pour vomir et quelquefois à des vomissements de mucus-, la sensation de boule est variable, quelquefois mobile ; et parfois il existe du hoquet, une douleur précordiale plus ou moins vive, une soif prononcée. Enfin on voit quelquefois le spasme se propager aux organes respiratoires ; il y a alors suffocation imminente, voix éteinte, respiration saccadée et interrompue.
Les antécédents peuvent fournir au diagnostic des données utiles. Parmi les causes de l'œsophagisme, outre le tempérament nerveux, l'hystérie est la plus fréquente. Mondière, à qui l'on doit l'étude la plus complète de cette affection, signale comme causes indirectes les maladies du larynx , des poumons, de l'utérus, de Yestomac, ainsi que le rétrécissement organique inférieur de l'œsophage, qui produirait le spasme de sa partie supérieure. Ces différentes coïncidences sont démontrées par des observations, mais la relation de cause à effet n'est pas toujours justifiée.
L'inflammation de l'œsophage, soit simple, soit produite par l'ingestion de substayices ocres, paraît aussi se compliquer quelquefois du spasme qui nous
SPHYGMOGRAPHIE.
occupe. Mais une espèce d'œsophagisme, sur laquelle Mondière a insisté avec raison, est celle qui caractérise Vhydrophobie non rabique (Voy. Rage).
L'invasion subite du spasme de l'œsophage permet de le distinguer facilement des autres affections de cet organe. La confusion ne pourrait exister qu'avec certains rétrécissements et avec la paralysie de V œsophage. Mais pour éviter l'erreur il suffit de se rappeler que, dans la paralysie, il n'y a ni régurgitation réelle des aliments, ni obstacle au passage de la sonde, comme dans l'œsophagisme, et que si, dans le rétrécissement comme dans le spasme, il y a dysphagie au moment de la déglutition et arrêt de la sonde dans le conduit œsophagien, cette dysphagie, dans le rétrécissement organique, est graduellement croissante à la longue et l'obstacle permanent; tandis que, dans le spasme, la dysphagie est subite, transitoire, et l'obstacle, au passage de la sonde, temporaire comme les accès.
Il résulte de tout ce qui précède que le spasme de l'œsophage peut constituer un accident parfois extrêmement pénible, mais rarement mortel. Une terminaison funeste n'a été observée que dans certains cas d'hydrophobie non rabique, chez des sujets très-fortement impressionnés.
SPÉCULUM. — C'est surtout à l'exploration de l'utérus et du vagin que sont consacrés les spéculums, que l'on a utilisés également pour l'examen de Panus, de l'oreille, et même de la bouche (stomatoscope), en modifiant leur forme et leur volume.
Pour bien appliquer le spéculum, plein ou à valves, il faut d'abord pratiquer le toucher pour s'assurer de la position du col utérin. La femme étant placée dans la position la plus convenable, sur le bord d'un lit ou d'un siège, les cuisses écartées et demi fléchies, on écarte les grandes et les petites lèvres de la vulve avec l'indicateur et le médius de la main gauche, et l'on pousse avec la main droite, vers le col utérin, l'instrument muni de son embout; on retire ce dernier lorsque la pénétration est faite; on cherche ensuite à embrasser avec l'extrémité du spéculum le col de l'utérus, que l'on débarrasse au besoin des mucosités qui le recouvrent, à l'aide d'un tampon de coton et d'une longue pince (Voy. Déviations utérines, p. 281.)
SPERMATORRHÉE. — Voy. PERTES SÉMINALES.
SPERMATOZOÏDES, SPERME. — Il a été déjà question , à propos des pertes séminales involontaires (p. 800), de la constatation du sperme soit dans le liquide écoulé de V urètre, soit dans Yurine, soit enfin au niveau des taches qu'il peut former dans le voisinage des parties génitales, sur la peau ou sur le linge de corps. C'est surtout à l'aide du microscope que l'on s'assure de la présence des spermatozoïdes, signe pathognomonique de l'existence du sperme. Un sperme renfermant des animalcules nombreux, bien conformés et vivaces, est considéré comme propre à la fécondation; tandis que celui où on les trouve plus rares, peu développés, déformés et peu vivaces en même temps, est considéré comme infécond.
SPHYGMOGRAPHIE. — On a dénommé sphygmographe tout instrument qui fait obtenir la représentation graphique du pouls sur le papier. Vierordt a d'abord imaginé un instrument de ce genre (Arch. fur physiol. Heilkunde, 1854) qui a fait faire à la physiologie de la circulation des progrès réels; mais outre que son emploi dans la pratique n'était pas facile, les tracés obtenus étaient insuffisants. Le sphygmographe de Marey,basé sur le même principe, a l'avantage d'être beaucoup plus léger et plus portatif que celui de Vierordt, d'être extrêmement sensible, et de tracer par conséquent avec une délicatesse extrême les mouvements et les oscillations du pouls.
SPH YGMOGRAPHIE.
Ce sphygmographe de Marey {Phyriol. méd. de la circulation du sang , 1863) consiste principalement en un levier, auquel est transmis l'impulsion de l'artère, levier dont l'extrémité libre trace les mouvements du pouls sur une bande de papier mue d'une manière uniforme par un mouvement d'horlogerie. La figure 251 donne une idée du sphygmographe de Marey dans ce qu'il a d'essentiel.
Fig. 2M . — AA, artère dot»! on vent explorer le* battements. H, re*sortfixe à une de ses extrémités, mai» ayant une extrémité libre qu'on applique sur l'artère, et qui transmet par une arête verticale rigide If soulèvement de l'arlère au levier L Ce levier se ment autour du point O, et son extrémité libre, «*cillant verticalement, peut tracer ses mouvements sur un cylindre tournant ou sur une plaque en mouvement rectiligne.
La figure 252 le montre appliqué sur l'artère radiale et fournissant un tracé.
Fig. zSi. — Sphygmographe de* Marey appliqué au bras. — T, vis destinée à exercer une pression convenable sur l'artère pour que le levier agisse à la hauteur de la plaque L. Cette plaque L est mo« vers le poignet par le petit appareil d'horlogerie au-dessus duquel elle glisse, tandis que la pointe a da levier en mouvement effectue le tracé.
Nous ne croyons pas nécessaire de donner une description détaillée de cet instrument, dont le but est le suivant : « enregistrer les pulsations d'une artère, non-seulement avec leur fréquence, leur régularité et leur intensité relatives, mais avec la forme propre à chacune d'elle (Marey). > Il est spécialement destiné à s'appliquer sur l'artère radiale au poignet. On peut, avec une certaine habitude, l'adapter à d'autres artères, à la tibiale postérieure, à la pédieuse, a l'humérale, mais l'application au niveau de la radiale suffit habituellement à la pratique.
On a cherché à simplifier et à perfectionner le sphygmographe de Marey. Ansue a employé à l'hôpital de Westminster un sphygmographe ingénieux par son extrême simplicité, et qui a été imaginé par Baker. Son levier, d'une exquise sensibilité, agit par la pression d'un poids. Malheureusement son application est d'une difficulté qui l'empêche d'être adopté dans la pratique (British nied. Journ., 1867). Forster, de Birminghan, a imaginé une modification! qui permet de juger exactement du degré de pression exercée sur l'artère avec l'instrument de Marey : la vis qui exerce cette pression commande un petit cadran qui en indique le degré. Béhier se sert d'un sphygmographe de ce genre, dans lequel les divisions du cadran représentent des grammes.
Les tracés obtenus, comme on peut le voir par les figures des articles Pouls et Souffle, se composent d'une série de courbes dont chacune correspond à un bat-
SPIROMÉTRTE.
(Tto
Fig. 253. — Sphygmographe do Bébier. — 1. AB, levier modifia de façon à ne «'appliquer que par la pression de la vis. C, via de la pressionà ailettes commandant la plate-forme D. D, plate-forme graduée (division en grammes). E, aiguille folle destinée à indiquer le point de départ de la pression et la quantité de grammes qui la représente. F, support rendu ûxe pour éviter l'application simultanée du levier et de l'instrument. — 2. Coupe simulée du bras, destinée à montrer l'isolement du levier. B, extrémité du levier dont la vis C détermine l'application à une pression déterminée.—F, support rendu immobile etfixant l'appareil sur le bras. G. coupe du bras.
tement du pouls ou pulsation. Chaque pulsation se compose, de gauche à droite, de I' ascension, du sommet et de la descente; l'ascension représentant l'afflux du sang, le sommet de cet afflux, la durée et la descente, l'écoulement du sang qui sort du système artériel à travers les vaisseaux capillaires. — L'ascension peut être verticale ou oblique, suivant le plus ou moins de rapidité de la projection du sang dans l'artère; elle peut aussi être saccadée.
— Le sommet de la pulsation n'est
qu'un point intermédiaire entre l'ascension et la descente; mais quelquefois il existe un temps d'arrêt du levier qui fait qu'il existe un plateau, qui s'explique, suivant Marey, par l'induration ou l'ossification sénile des artères. Ce plateau peut être précédé d'une pointe très-aiguë, ce qui- ne s'observe que dans les cas d'ascension verticale et par conséquent très-rapide. — La descente coïncide avec l'abaissement de la pression dans le système artériel. Aussi, plus cette pression baissera vite, plus la ligne de descente sera courte et s'éloignera de l'horizontale. Cette ligne a tantôt une obliquité directe, et tantôt une ou plusieurs ondulations, qui constituent le dicrotisme (Voij. Pouls, p. 876).
La ligne d'ensemble des tracés sphygmographiques est la direction horizontale ou plus ou moins infléchie ou ondulée qui représente la succession des pulsations tracées. Celte ligne d'ensemble s'élèveou s'abaisse suivant que lapression du sang dans la radiale est élevée ou abaissée par une influence quelconque. Si toutes les pulsations sont égales, la ligne d'ensemble reste parfaitement horizontale; elle est sinueuse dès que ces pulsations cessent d'offrir une parfaite régularité. L'influence la plus importante à connaître est celle qu'exerce la respiration, qui est si intimement liée à la circulation. Dans les grands efforts respiratoires, la ligne d'ensemble s'élève pendant l'bispiration et s'abaisse pendant l'expiration, ce qui me paraît tenir non-seulement à la différence de tension artérielle dans les deux temps de la respiration, mais aussi à une autre cause. Dans l'inspiration, en effet, il se produit un afflux plus considérable du sang dans le cœur, en même temps que cet organe a plus de liberté (et par conséquent de force) pour chasser dans les artères ce sang plus abondant; dans l'expiration il y a des conditions contraires : moins de sang affluant au cœur, et en même temps moins de facilité dans les contractions cardiaques.
Ces particularités de la sphygmographie sont indispensables à connaître afin de bien comprendre les données diagnostiques qu'elle fournit (Voy. Pouls et Souffles cardiaques).
SPINALE (Région). — Voy. RAcniS.
SPIROMÉTRIE. — Ce moyen de mesurer la capacité respiratoire du thorax imaginé par Hutchinson (On the Spiropter, 1840), et sur lequel Lasègue a pu Woillrz. — Dict. de Diagn. 2e édit. 62
SPIROMÉTRIE
blié une excellente revue critique (Arch. de méd., 1856, t. VII), n'a pas pris place dans la pratique, ce qui tient à la fois au volume considérable de l'appareil, et à la difficulté d'arriver à des conclusions exemptes de contestation. Cependant le spiromètre a fourni des résultats qu'il est important de connaître; aussi croyons- nous devoir lui consacrer cet article.
1° Dut. — La spirométrie sert à mesurer la capacité de la poitrine, non la capacité totale de ses vides respiratoires, mais seulement celle qui correspond à la quantité d'air inspiré et expiré, indépendamment du résidu qui ne peut être expulsé, même par l'expiration volontaire la plus énergique. On cherche ainsi à déterminer, par les constatations spiromé triques, les diminutions accidentelles que les lésions pulmonaires ou autres peuvent produire dans la quantité d'air qui* pénètre les poumons, et par suite l'existence de ces lésions lorsqu'elles échappent à toute autre investigation.
2° Moyens d'exploration. — Le spiromètre de Hutchinson est simplement un petit gazomètre, muni d'une échelle fixe et d'un indicateur mobile qui suit le> mouvements du récipient d'air, et les indique sur l'échelle graduée. Chaque degro correspond à un volume d'air, déterminé. Le récipient à air plonge dans un réservoir rempli d'eau ; il est en communication avec la poitrine du sujet en expérience, à l'aide d'un tube en caoutchouc, terminé par un embout en verre. Cet appareil de Hutchinson, très- volumineux, a été modifié par plusieurs observateurs : par A. Bonnet (de Lyon), qui a employé comme spiromètre le compteur à gaz modifié ; par J. Guyot, dont l'instrument est basé sur le même principe que le compteur; par Boudin, qui a imaginé un moyen de spirométrie d'une extrême simplicité , mais sur la précision duquel il est impossible de compter. fig. 254 et 255. Le meilleur spiromètre paraît être celui de Schnepf, dans lequel l'action de la pesanteur delà cloche à air est compensé»? par un contre-poids dont la chaîne passe sur une poulie, fig. 250.
Fig. 2i>4. — Spiromètre «le Boudin avant Fig. ï'ob. — Spiromètre do Bondin peodaal
l'expiration, l'expiration.
Le sujet soumis à l'examen spirométrique doit être debout, comme le recommande expressément Hutchinson, et libre de toute entrave qui pourrait gêner les mouvements de la poitrine. Après avoir inspiré la plus grande somme d'air possible, il introduit le tube entre ses lèvres, et fait l'expiration la plus complète. L'opération est répétée trois fois, et chaque fois le chiffre est noté.
3° Signes. — C'est à propos des signes fournis par la spirométrie que b question devient complexe. D'abord quelle est la capacité thoracique de Thonum en santé? quelles sont les différences physiologiques relatives à l'âge, au sexe, à la taille? La solution de ces différentes questions est nécessaire pour établir
SPIROMÉTRIE.
des données du moins approximatives qui puissent servir de points de repère aux constatations pathologiques. Quand on aborde un malade, en eflet,on ignore quelle était sa capacité respiratoire avant l'invasion de la maladie. Si l'on connaissait cet état normal antérieur, les modifications pathologiques auraient immédiatement une réelle valeur, et l'on n'aurait pas besoin de recourir à un tableau de moyennes établies suivant le sexe, l'âge, la taille, etc., moyennes qui ne peuvent représenter que très-rarement et par hasard l'état physiologique antérieur du sujet. Le fait le plus important qui ressort des innombrables recherches de Hut< hinson, et qui a été vérifié après lui par Schneevoogt et par llecht, c'est que la stature est en rapport exact avec la capacité vitale de la respiration. Cette capacité augmenterait de 1 décilitre pari centimètres d'augmentation dans
/-Ï0.256. — Spiromètre de Scbncpf. — V, récipient ou laiton, cylindrique, ouvert a sa partie supérieure, fermé & sa partie inférieure, traversé dans sa partie centrale par le tube vertical T. Celui-ci communique par une inclinaison légère avec un tube en caoutchouc par lequel se (ont, au moyen d'une MJlboUChUffl A, les expirations et les inspirations; l'autre extrémité du tube ?e termine à quelques centimètres au-dessous du plan qui passe par la circonférence supérieure du récipient. Cette extrémité du tube s ouvre sous la cloche C, dans laquelle est recueilli l'air expiré et d'où est puisé l'air inspiré; cette cloche est également cylindrique, d'un diamètre un peu moindre que celui du récipient do manière à pouvoir s'y mouvoir librement. P, poids suspendu par une chaîne S dont les anneaux, de grosseur variable, sont disposés do telle façon que leur poids s'ajoute à celui de la cloche C, ou se retranche de manière à corriger les variations que subit le poids de la clocho, par suito do son immersion dans 1 eau du récipient. La chaino ainsi graduée passe sur une roue H, laquelle est soutenue par le montant M, qui se lixo dans une gaine Q sur le récipient. Ce montant soutient également une lamo de cuivre verticale L, qui est une échelle divisée en centimètres cubes. Chaque division vaut IUU centimètres cubes; a partir de 0, les divisions principes sont marquées do 500 à 500 centimètres cubes ; toute l 'échelle comprend 5,500 centimètres cubes. Pour faire fonctionner cet instrument, on place le récipient sur un trépied muni de vis qui permettent d'établir exactement le niveau; on le remplit d'eau jusqu'à un certain point déterminé N; on enfonce la cloche dans le récipient jusquace que son bord supérieur correspondeau 0 de l'échelle.
la stature. Les autres conditions qui peuvent agir physiologiquement sur la capacité thoracique ont été analysées avec soin par Hutchinson; et, en définitive, il n'est arrivé à établir la loi qui règle la capacité vitale du thorax à l'état normal, qu'en prenant pour terme de comparaison, avec l'échelle spirométrique, la taille de l'individu. Et encore il n'a agi que chez homme, et à l'âge adulte de 40 à 10 ans.
Schneevoogt et Hecht, qui sont arrivés à des conclusions semblables à celles de Hutchinson, en employant les mesures françaises, ont trouvé, Schneevoogt : que, la taille variant progressivement entre ln>,48 ellm,90, la capacité thoracique, ou plutôt le volume d'air inspiré allait croissant de 430 décilitres à 450; pour Hecht, entre les tailles de l-,5l à 1"»,78; les volumes d'air ont été de 295 à 440 décilitres. On voit que la concordance est satisfaisante.
Les faits physiologiques étant ainsi formulés par des approximations aussi rap prochées que possible de la réalité, que trouve-t-on dans l'état pathologique du poumon ? lTn seul signe : la diminution plus ou moins considérable de la
SPLÉNITE.
capacité vitale du thorax. Cet abaissement dans le chiffre représentant celte capacité se calcule d'après le chiffre obtenu chez les individus bien portants du même âge et de la même taille, ou bien se juge par les chiffres obtenus chez le malade à différentes époques de sa maladie.
Les faits les plus probants de la réalité des données fournies par la spirométric, par rapport à la diminution des vides aériens, sont les faits de tumeurs abdominales de toute origine, refoulant le diaphragme, et qui toujours diminuent les volumes d'air inspiré. Chose singulière! la grossesse fait exception : dans son cours, la capacité respiratoire ne diminue pas, même pendant les derniers mois.
On a admis que, pour le diagnostic des maladies pulmonaires, la spirométrie pouvait répondre à deux indications : 1° servir à reconnaître à un premier examen l'existence d'une de ces maladies ; 2° fournir les moyens de mesurer le progrès ou l'amélioration de l'affection qu'on avait constatée. — C'est surtout comme moyen de diagnostic au début de la phthisie pulmonaire que la spirométrie a été préconisée, soit lorsque la maladie est encore insaisissable par les autres signes physiques, soit qu'il y ait lieu de soupçonner une prédisposition héréditaire à l'état d'incubation, soit enfin lorsque la phthisie a été diagnostiquée par erreur (Schneevoogl). Ce n'est, selon nous, que dans cette dernière circonstance que la spirométrie pourrait être utile. Dans les autres, les données obtenues ne sauraient permettre de trancher la question pour l'existence des tubercules du poumon : aucun fait suffisamment probant n'a été produit. D'ailleurs l'emphysème, l'œdème pulmonaire, l'hydrothorax, la pleurésie, la pneumonie chronique, affections dont il faut rapprocher la congestion pulmonaire, peuvent fournir des données analogues ; et en supposant ces dernières affections écartées, lu doute serait encore permis en l'absence des autres signes delà tuberculisation commençante. En présence du fait de la diminution de la capacité vitale du ihorax, on pourra donc conclure à la rigueur qu'il y a une affection des organes respiratoires, mais sans pouvoir la préciser. — Quant aux indications que fournit la spirométrie pour suivre les progrès de la phthisie, nul doute qu'elles ne puissent avoir une certaine valeur ; mais elles deviennent inutiles en présence des signes si faciles à constater, soit dans l'état général, soit dans les lésions locales, à l'aide des autres moyens d'exploration.
SPIROPTÈRE. — Voy. Entozo aires, p. 366.
SPLÉNIQUE (Région). — Voij. Rate.
SPLÉNITE. — Le diagnostic de la splénite aiguë présente des difficultés réelles en raison de l'obscurité des symptômes. Des phénomènes fébriles dè> le début, une douleur spontanée plus ou moins vive au niveau de l'hypochondre gauche, s'irradiant vers les parties voisines, et jusqu'à l'épaule du même côté, une rénitence douloureuse sous les côtes, due à la rate augmentée de volume et mate à la percussion ; de l'anorexie, de la soi/*, des nausées ou des voiitissements, et des exacerbations fébriles revenant irrégulièrement, suivant certains auteurs; parfois enfin de V agitation , du délire, de Ya)igoisse, de la suffocation (Cruveilhier) : telles seraient les données sur lesquelles on pourrait se baser pour se prononcer. La terminaison par suppuration offrirait les signes d'une suppuration profonde qu'il serait difficile de rapporter à la rate, le pus se dirigeant de préférence vers les lombes, et simulant un abcès du rein ou une périnéphrite. — Dans la splénite chronique, observée à la suite de violences extérieures ou de chute portant sur l'hypochondre gauche, l'augmentation lente du volume de la rate est à peu près le seul symptôme observé.
Les incertitudes du diagnostic doivent faire admettre avec réserve les faits donnés comme des exemples de splénite aiguë suivie deguérison. Le pronostic.