II. Teigne tonsurante
Cette affection a été décrite sous les noms de teigne tondante, par Malion jeune , et d'herpès tonsurant, par Cazenavc, qui la compare à l'herpès circiné de toute autre partie du corps que du cuir chevelu. Après lui (1852), Malherbe et Lelenneur démontrèrent l'identité de ces deux herpès, et leur propriété contagieuse. Enfin Bazin, après avoir admis l'existence du trichophyton, fig. 260, dans la teigne tonsurante (1853), le signale aussi sur les cercles herpétiques de la peau, au niveau du sycosis, qui n'aurait pas comme origine le parasite particulier de Gruby («** crosporon mentagrophyte), et il considère l'herpès circiné, le pityriasis el la mentagre (ou sycosis) comme trois périodes de la teigne tonsurante. Mais celte manière de Bazin d'envisager la teigne tonsurante, n'est pas généralement admise, et il en est résulté un débat scientifique contradictoire , qui met dans le plus grand embarras pour conclure au point de vue pratique, même en faisant abstraction de la question d'origine.
La teigne tonsurante pourrait se soupçonner, au début, au prurit plus ou moins intense qui coïncide avec des plaques rouges de forme circulaire, vé~ siculeuses ou érythcmateuses, et le changement de couleur des cheveu ' qu> deviennent rougeàlres, fauves, gris cendré, et friables, ce qui les fait rompre spontanément à quelque distance de la surface tégumentaire : d'où il résulte peu à peu une sorte de tonsure artificielle qui devient caractéristique. Pour Bazin, l'affection vésiculeuse est bien moins fréquente queTérythème, qui comprend ici Yerythema circinatum et Yerythema marginatum des auteurs, et qui offre la forme discoïde ou annulaire, sans saillie ou avec saillie de l'anneau ou de la circonférence de la plaque. Au lieu de l'érythème, il pourrait y avoir, suivant cet observateur, un herpès circiné, des cercles de Vherpès iris ou des
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Fiff. 2t)i). — Triehophyton lonauranJ. — «, ehovini malade rompu en un point, b, filament moniliformo constitué par dea spores auperposéos. c, ppures libre».
TEIGNES. — TEIGNE TONSUHANTE.
Fig. 261. — Poussière! blanches fie l"hepcs lonsurant. — a, sportiles isolées. A.sporules réunies, c, tubes vides, rf.tubo sporulaire (Bazin).
disques lichénoïdes, comme éruption initiale de la teigne tonsurante. On conçoit dès lors que l'affection existe non-seulement au cuir chevelu et au niveau de la barbe, mais encore à la face et dans d'autres parties du corps, ou la présence de cercles herpétiques pourrait très-bien s'expliquer par la facilité de la contagion : à la face, au dos de la main (qui est portée souvent à la face à cause des démangeaisons qu'y produit la maladie), et surtout au dos de la main droite, ce que Bazin explique par l'usage plus habituel de cette main. Non-seulement ['éruption du début peut, pour lui, être érythémateuse, papuleuse, vésiculeuse, mais encore squameuse ou pustuleuse. Ces éruptions peuvent s'étendre d'une mânière excentrique.
Les plaques de la teigne tonsurante présentent, dans une seconde période, une furfuration qu'il ne faut pas confondre avec des squames épidermiques, fig. 261, et qui est d'une blancheur caractéristique. Au niveau de la base des poils ou des cheveux, on constate en même temps une gaine amiantacèe, également d'un blanc mat. Ces productions ne seraient autre chose que le végétal /parasite (le trichophyton). — Enfin une troisième période serait caractérisée par une inflammation secondaire profonde provoquée par ce parasite et donnant lieu à des pustules, à des indurations tuberculeuses rendant la peau inégale, mamelonnée (sycosis, au menton), et parfois à quelques furoncles. Le pus sécrété serait, en pareil cas, parasiticide, ce qui expliquerait la guérison qui survient ensuite.
La multiplicité des affections cutanées considérées avant Bazin comme des maladies particulières (à tort ou à raison) et qu'il englobe sous la dénomination de teigne tonsurante, fait que le diagnostic, de l'aveu même de cet auteur, présente souvent de grandes difficultés. Cependant les plaques circulaires légèrement saillantes, les poils brisés enveloppés de leur gaine blanche et entourés de flocons nacrés et d'écaillés grisâtres d'épiderme, sont bien des caractères pathognomoniques. Mais les m thèmes initiaux peuvent être confondus, au cuir chevelu, avec \e pityriasis, Y herpès simple, Y eczéma circonscrit, \e psoriasis, la teigne faveuse scutiforme à son début; et il est douteux que l'examen microscopique puisse facilement tirer d'embarras. A la face, au tronc, aux membres, rien ne serait plus facile, selon Bazin, que de reconnaître la première période de la teigne tonsurante, et de distinguer ses anneaux de ceux du favus, qui sont bien plus petits, et des éruptions du psoriasis ou du pityriasis, puisqu'elles n'ont pas la forme circulaire.
Mais les difficultés sont telles, lorsque les tonsures sont dénaturées et rendues méconnaissables par les croûtes impétigineuses qui les recouvrent, que le diagnostic devient souvent impossible. « A la face, dit Bazin, on est peut-être trop disposé à rattacher, dans tous les cas, les papulo-puslules à la présence du Irichophyton; cette région est souvent aussi le siège de l'herpès dartreux, de Yimpétigo scrofulcux ou de cause artificielle-, c'est également le siège de prédi- Woillkz. - DicU (le Diapn. 2» édit. Gi