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VOMISSEMENT

séjourné quelque temps dans l'estomac, ou ayant l'odeur modifiée des substances ou des liquides ingérés; des matières fécales; des matières noires ou brunes qui peuvent être des aliments particuliers, du sang altéré et parfois un végétal parasite (sarcine) que le microscope fait facilement reconnaître; enfin du sang pur, du pus en plus ou moins grande abondance suivant l'étendue du foyer qui le fournit, et parfois des lombrics, ou des hydatides provenant d'une tumeur de ce genre ouverte dans l'estomac.

2° Conditions organiques et signification. — Le vomissement peut se produire dans l'état de santé, à la vue d'un objet qui inspire un profond dégoût ; mais c'est surtout comme symptôme de maladie réelle que se montre le vomissement

Il y a d'abord à distinguer les faits dans lesquels il existe, en outre du vomissement, un ensemble de signes caractéristiques qui font que ce phénomène a une signification bien évidente : tels sont par exemple le cancer de Vœsophage, celui de Y estomac, Yœsophagite, Y indigestion, l'embarras gastrique^ la gastrite, la péritonite, les hernies, Yhépatite, la splénite, la néphrite, la cystite aiguë*, une ascite considérable, la coqueluche, la grippe, ou simplement une toux opiniâtre, la fièvre bilieuse, la fièvre jaune, la peste, le choléra, les coliques saturnine, hépatique, néphrétique, l'intoxication par le sulfure de carbone, le mal de mer, certaines névralgies dorso-intercostales, la migraine, la méningite.

Mais les vomissements dont l'interprétation est le plus difficile sont ceux qui se montrent d'emblée sans signes concomitants ou du moins sans signes qui suffisent pour éclairer immédiatement le diagnostic.

Certaines maladies intra-cràniennes se révèlent principalement par des vomissements dont on ne peut que par voie d'exclusion soupçonner l'origine, comme la méningite chez les enfants, ou certaines tumeurs cérébrales. La dentition produit également des vomissements qu'on pourrait sans attention attribuer à toute autre cause. — Au début des maladies aiguës fébriles, principalement des lièvres éruptives dans l'enfance, les vomissements peuvent donner lieu à des méprises regrettables. Les vomiluritions de matières glaireuses le matin sont quelquefois un des premiers signes du cancer stomacal. Le vomissement se montre encore comme signe principal au début de la grossesse; dans la dyspepsie acide; dans l'ulcère simple de V estomac, où il est caractérisé par la couleur brune, noire, ou sanguinolente des matières vomies, de même que dans le cancer. Il révèle Yhèmatèmèse dans les conditions variées où celte hémorrhagie se produit. Presque tous les empoisonnements s'accompagnent de vomissements qui en sont souvent le premier signe. Il en est de même pour les occlusions intestinales, dans lesquelles les vomissements stercoraux mettent bientôt sur la voie du diagnostic. Des faits de méprise facile sont ceux de vomissements dus à des entozoaires intestinaux, à la glycosurie, à Yostéomalacie, à l'emploi trop prolongé, à un moment donné, de Y èlectrisation localisée par suite de l'excitation trop grande de la sensibilité.

Le vomissement ou les vomiluritions qui accompagnent une dysphagîe habituelle, dont le siège est plus profond que le pharynx, doivent faire soupçonner une affection de l'œsophage. Middeldorpff a vu un polype implanté dans ce conduit près du larynx venir faire saillie dans la bouche à la suite d'un vomissement. Quand il y a obstruction et arrêt des aliments dans l'œsophage, ils sont rendus presque en nature. Racle les a vus former une masse comme argileuse qui était expulsée par les vomissements hors d'une poche accidentelle occupant le médiastin ; celte poche communiquait avec l'œsophage par une perforation

HiV VULVE. — VULVITE.

suite d'un ancien empoisonnement par l'acide sulfurique (Traité de diagnostic, 2e édit., 1859, p. 548).

Indépendamment de ces vomissements symptomatiques, il en est qui, à eux seuls, constituent toute la maladie, et auxquels je dois une mention particulière.

Ces vomissements appelés nerveux, essentiels, spasmodiques, incoercibles, et qu'il ne laut pas confondre avec ceux qui accompagnent la dyspepsie acide (Voy. p. 314), surviennent tantôt d'une manière subite et tantôt après un sentiment de malaise plus ou moins prolongé à l'épigastre. Ils se montrent à jeun ou après les repas, jusqu'à vingt et quarante fois dans la journée. Ils sont généralement aqueux suivant les uns, ou composés d'aliments après les repas suivant d'autres, toujours suivis de soulagement momentané, et parfois d'un sentiment de faim. — Aux vomissements se joignent parfois, dans les intervalles, une douleur épigastrique de nature névralgique (Valleix), et des éructations. Dans les derniers jours, souvent après plusieurs semaines ou plusieurs mois, le pouls s'accélère; il survient de la chaleur, la langue est rouge et sèche, l'haleine acide, et, au bout de quelques jours, apparaissent du délire et des accidents cérébraux qui sont suivis de mort. — Celte dernière période manque dans les cas très-rares de guérison.

La cause la plus ordinaire de ces vomissements est la grossesse, soit naturelle, soit avec enclavement de Vutérus en rétroversion dans la cavité pelvienne (Voy. p. 409), soit avec une antéversion (Braûn, de Vienne). On a constaté encore les vomissements rebelles dans la convalescence du choléra, et je les ai observés anssi au déclin de la fièvre typhoïde, où ils ont immédiatement cédé à l'usage du vin de quinquina. On a cru devoir les rapporter dans certains cas à l'influence d'un logement insalubre et d'une nourriture insuffisante. Chez la femme dont la grossesse est d'abord reconnue, on devra, comme le recommande Guéniot (Des vomiss. incoercibles pendant la grossesse, Thèse d'agrég., 1863), rechercher avec soin les causes accessoires qui pourraient produire les vomissements : une hernie méconnue d'abord, par exemple, et surtout les hernies épigastriques, parfois si petites ; une affection cancéreuse latente de l'estomac, un ténia, une maladie de Bright.

C'est surtout dans les cas de grossesse que ces vomissements nerveux méritent la qualification d'incoercibles, car ils résistent ordinairement à tout traitement, à moins que l'on ne fasse cesser l'enclavement ou le déplacement de l'utérus lorsqu'il existe, ou bien qu'il ne survienne Ou que Von ne provoque Vavortement : question très-grave de pratique qui a été discutée â l'Académie de médecine (Bull, de VAcad., 1851-1854, t. XVII).

VOUSSURE. — Voy. Inspection.

VUE. — Voy. Amaurose, Héméralopie, Œil.

VULVE. — VULVITE. — Les maladies de la vulve sont faciles à constater. Ce sont : les différentes espèces de vulvite; la diphtherie de la vulve; sa gangrené qui affecte particulièrement les enfants affaiblis; sa névralgie qui n'est qu'une variété de la névralgie lombo-abdominale; le prurit considéré comme idiopathique ou symptomatique, ce dernier se montrant par suite de l'envahissement de la vulve par des oxyures (venant de l'anus), chez les petites filles, ou comme conséquences d'éruptions dont les plus ordinaires sont Y eczéma et Yherpes. L'herpès donne lieu à des ulcérations pouvant être confondues avec des chancres syphilitiques, qui sont loin d'être rares au niveau delà vulve (Voy. Herpès).

La vulvite est simple ou folliculeusc.

La vulvite simple peut présenter chez la femme des symptômes identiques à

VULVE. — VULVITE. 1HS

ceux de la blennorrhagie (Valleix), avec laquelle on l'a confondue. Mais c'esfc, surtout chez les enfants qu'elle se présente comme affection distincte. On la reconnaît à une douleur d'intensité variable, augmentant par la miction ou par la marche, à la rougeur, à la tuméfaction de la vulve, et à Yécoulement d'abord limpide, puis épais et jaunâtre, qu'elle fournit. Cette maladie simplement locale, se développe de préférence chez les enfants affaiblis, lymphatiques, scrofuleux, et sous l'influence de toutes les excitations de la vulve. Elle est surtout aiguë et rapide dans les cas de violences ; elle est chronique chez des enfants débilités qui l'entretiennent par des excitations continuelles. La distinction de l'origine, spontanée ou par violence, de la vulvite simple constitue un des problèmes diagnostiques les plus graves de la médecine légale. Mais en pareil cas, on ne peut se prononcer qu'en recherchant avec soin les circonstances dans lesquelles ont pu se développer les accidents observés. Les caractères extérieurs ne sauraient toujours fournir seuls de conclusion précise.

La vulvite folliculeuse se rencontre chez la femme adulte, et principalement, suivant Huguier, chez les femmes grosses, à cheveux noirs ou rouges, et plutôt en été qu'en hiver. Cette affection peut donner lieu à des erreurs de diagnostic très-fàcheuses, si l'on ne songe pas à elle, et si l'on n'a pas présentes à l'esprit les deux variétés qu'elle présente, suivant que les follicules muqueux ou les follicules pileux et sébacés sont atteints d'inflammation.

a. — Robert a appelé l'attention sur la première variété, qui atteint les follicules muqueux du pourtour de l'urètre et de l'entrée du vagin (Arch. de mèd., 1841, t. XI). Il l'a vue survenir le plus souvent à la suite de la blennorrhagie, et parfois comme conséquence d'un accouchement laborieux ou d'un catharre utérin. Elle est caractérisée par un prurit avec élancements douloureux à la vulve, par la sortie du muco-pus des follicules sous la pression du doigt ou des valves du spéculum introduits dans le vagin, et par la sécrétion habituelle d'un écoulement muqueux oupuriforme peu abondant. Quelquefois on peut voir les orifices des follicules entourés d'une aréole rouge, isolée ou réunie à des aréoles voisines, et un stylet peut pénétrer dans leur intérieur à une profondeur de quelques millimètres. Il peut n'y avoir d'atteints que les deux grands follicules placés sur les côtés du vagin, dont on voit les orifices béants.

Cette folliculite muqueuse, qui a toujours une marche chronique et qui est rebelle au point de nécessiter la destruction des follicules, a été bien souvent confondue avec d'autres affections : avec la blennorrhagie urétrale, et avec une maladie vénérienne ou psorique.

b. — La seconde variété de folliculite, qui siège au niveau des follicules pileux et sébacés, a été décrite par Huguier (Mè m. deVAcad. de mèd., 1850), qui lui distingue trois périodes ou formes successives. — D'abord il y a prurit, un peu de tuméfaction et de rougeur, avec petites élevures d'un rouge plus vif y disséminées, nombreuses, rendant rugueuses les surfaces cutanées ; il y a en même temps sécrétion par les follicules sébacés ou les bulbes pilifères d'un fluide d'une odeur forte. — Dans la seconde période, les follicules deviennent pustuleux, suppurents, et, chez les femmes malpropres, la vulve a une odeur des plus fétides et un aspect repoussant, dû au mélange de poils agglutinés, de croûtes, de débris de l'épiderme, de papilles érigées, d'excoriations, et de matière purulente qui peut être assez abondante pour aller jusque sur les cuisses. — Enfin, dans la période de déclin ou de dessiccation, la muqueuse et la peau pâlissent, il n'y a qu'une simple démangeaison, les follicules s'affaissent, et il se forme de petites croûtes.

Assez fréquemment cette folliculite coïncide avec la leucorrhée ou la bien-

Woillez. — Dict. *e Diagn. 2' édit. 71

fM4 ZONA.

norrhàgie, êt elle se complique souvent A'érythètne, tVecthyma, el plus rarement d'oedème, d'herpès, d'érysipèle, d'abcès des nymphes. On comprend dè? lors toutes les difficultés de diagnostic que peut présenter cette aller lion dans certaines circonstances. Il faut une grande attention pour ne pas la prendre pour une maladie syphilitique. Cette dernière s'en distingue pourtant par l'existence concomitante d'autres lésions syphilitiques au niveau d'autres organes, par des ulcérations de la vulve plus profondes, ou par des tubercules plus étendus. Mais Huguier lui-même reconnaît qu'il est des cas où la difficulté du diagnostic esl extrême.

Le pronostic de cette variété de folliculite de la vulve est ordinairement favorable; seulement la seconde période peut se prolonger par défaut de soin ou de propreté.

YEUX. — Voy. Œil.

ZONA. — On a donné le nom A'tierpès zona, herpès zoster, à une variété d'herpès constituée par des groupes d'éruption vèsiculeuse, séparés par des intervalles de peau saine, et disposés en demi-ceinture au niveau du tronc, principalement vers la base du thorax, au cou, à la face, et rarement aux membres seulement. L'éruption ne dépasse jamais une des moitiés du corps, et elle occupe plus souvent le côté droit que le côté ganche (comme 37 est à 16, suivant Rayer).

Cette affection, qui débute ordinairement par quelques phénomènes fébriles, mais qui peut aussi être complètement apyrétique, s'accompagne et le plus souvent esl suivie de douleurs névralgiques locales, dont l'intensité et parfois la longue persistance ont été depuis longtemps signalées. Parrot (Union méd., 4850), avec Rayer, a fait de ces douleurs le point de départ du zona, qui ne serait dès lors qu'un simple épiphénomène. On objecte à cette manière de voir, que souvent les douleurs névralgiques font complètement défaut ou n'apparaissent qu'à la fin de l'affection cutanée ; que les groupes d'éruption vèsiculeuse ne se rapportent pas exactement au trajet des nerfs où siège la névralgie; et enfin que l'on ne voit guère le zona survenir dans le cours des névralgies anciennes. Cependant la coïncidence a existé dans certains faits cliniques, et l'anatomie a fourni des preuves de la relation des lésions nerveuses avec le zona et le pemphygus. Von Baerensprung a constaté l'altération du ganglion spinal el de la branche rachidienne nerveuse correspondante, chez un homme mort avec un zona (Charité krankenh. Annal.). Maurice Raynaud, dans si thèse (De V asphyxie locale, 1862), a observé un fait bien probant d'éruption observée sur le trajet du nerf cubital, à la suite de traumatisme; et Charcot et Cotard (Soc. de biol., 1806) ont fourni de nouvelles preuves. Il n'y a donc plus de doutes sur l'influence qu'ont les lésions des nerfs sur la production du zona.

On a indiqué le froid, et môme de simples émotions morales, comme des causes accidentelles de la maladie, sans que leur influence sur l'apparition du zona soit bien démontrée. Borsieri a signalé aussi les troubles digestifs (dyspepsie) comme origine de la maladie; mais cette cause n'est pas ordinaire. Elle mérite cependant d'être rappelée.

On voit quelquefois les vésicules avoir un fond gangréneux, et même, suivant Auger, des eschares cutanées se former à la partie postérieure du tronc.

Le zona est d'ailleurs une affection bénigne ; mais par la ténacité des douleurs névralgiques consécutives, il est quelquefois extrêmement pénible.

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