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CONCRÉTIONS SANGUINES DU CŒUR

Le diagnostic de la persistance du trou de Botal est-il possible pendant la vie? Bizot a constaté assez fréquemment cette communication persistante entre les deux oreillettes chez des individus de tout âge, et sans qu'il en soit résulté aucun symptôme particulier (Mém. de la Soc. d'observé t. I). Il en a été de même de .1. W. Dgle, qui l'a trouvée treize fois sur soixante-deux cadavres pris au hasard (Journ. de P/n/stoI.,1859). Le défaut de symptômes provenait de l'équilibre entre la circulation des deux sangs artériel et veineux, qui a été signalée par Louis (Mém. et rech. anat. path., Paris, 4820). On ne saurait donc, comme on le faisait avant lui, considérer la cyanose comme le signe pathognomonique de la persistance du trou ovale; et lorsque ce signe existe, et que les malades présentent en même temps des lipothymies, la sensibilité au froid et l'étouffement, il n'en résulte que l'ensemble des phénomènes généraux des maladies du cœur. Le seul symptôme, suivant le docteur Louis, qui pourrait annoncer d'une manière sûre la communication dont il s'agit, serait une suffocation plus ou moins considérable, qui reviendrait par accès souvent périodiques et toujours très-fréquents, accompagnés ou suivis de lipothymies, avec ou sans coloration bleue de tout le corps, et provoqués par les moindres causes. Ces signes sont malheureusement loin d'être habituels.

Une coïncidence que Louis a signalée dans plus de la moitié des cas de persistance du trou de Botal, c'est le rétrécissement de l'artère pulmonaire. Peacoek a continué ce fait en étudiant les affections congénitales du cœur (Voy. Artères, p. 88). Si donc on pouvait constater l'existence du rétrécissement de l'artère pulmonaire, il y aurait de grandes probabilités pour la persistance du trou ovale. Mais ce rétrécissement est d'un diagnostic extrêmement difficile, sinon impossible. Cependant Déguise ( Thèse, 184-3) rapporte que Bouley Ta annoncé en percevant, à l'auscultation d'un malade, un souffle qui se prolongeait de droite à gauche à la base du cœur. Il est clair quo ce n'était qu'une exception.

CONCRÉTIONS SANGUINES DU CŒUR (polypes sanguins, caillots firrineux du cœcr). — Malgré les travaux modernes, et en particulier ceux de Legroux et Bouillaud, le diagnostic des concrétions fibrineuses ou polypiformes du cœur est entouré d'obscurités. Dans des faits assez nombreux, ces concrétions se forment d'une manière latente. Dans les autres, on ne peut qu'en soupçonner l'existence lorsque, dans le cours d'une maladie du cœur ou d'une affection fébrile, spécialement rhumatismale ou pulmonaire, ou dans lo cours d'une maladie cachectique, on voit très-rapidement survenir une oppression considérable, une vive anxiété, parfois des lipothymies, en même temps que les battements du cœur, jusque-là réguliers, deviennent tellement obscurs, tumultueux et confus qu'on ne peut les analyser (Laennec, Legroux), un bruit de souffle simple ou sibilant au premier ou aux deux temps (Bouillaud), un pouls à peine sensible, des congestions veineuses, le refroidissement des extrémités. Dans des cas rares, il pourrait survenir une gangrène spontanée du pied ou de la main, qui résulterait d'une oblitération artérielle (Voy. EMBO- LIES).

Dans un Mémoire inséré dans la Gazette hebdomadaire (1856), Legroux insista surtout sur la brusque in vasion des accidents dans les conditions rappelées plus haut, sur l'apparition des oblitérations vasculaires que je viens do rappeler, et sur la production, trop rapide pour être attribuée à une déformation valvulaire, d'un bruit anomal intense, souvent propagé dans les vaisseaux. Quant à Y obscurité des bruits du cœur, admise connue signe par Legroux dans sa thèse inaugurale, il ne lui attribua plus la même valeur séméiologique qu'au-

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