‹ Dictionnaire de droit international public et privéChapitre 269 sur 373 · GREGE · texte numérisé non relu

GREGE

puissance ottomane faisait peser sur nos têtes depuis plus de quatre siècles : — puissance qui, sans écouter la raison, ne connaît d'autre loi que sa volonté, règle et dispose toute chose despotiquement et selon son caprice.

Après un si long esclavage, nous nous sommes décidés à prendre les armes pour nous venger, nous et notre patrie, d'une affreuse tyrannie, inique dans son principe, tyrannie sans exemple et à la-

3uelle on ne pourrait comparer celle 'aucune autre domination.

La guerre que nous soutenons contre les Turcs n'est point une guerre de faction ni de sédition; elle n'a point pour but l'avantage d'une seule portion du Peuple Hellène; c'est une guerre nationale, une guerre sacrée, une guerre qui n'a pour omet que de reconquérir les droits de la liberté individuelle, nos propriétés et notre honneur; droits dont aujourd'hui jouissent les peuples civilisés de l'Europe,nos voisins ; droits dont la tyrannie cruelle et inouie des Ottomans voulait nous priver, nous seuls, et dont elle s'efforçait d'étouffer le souvenir dans nos cœurs. Serions-nous donc des êtres moins raisonnables que les autres peuples pour rester privés de ces droits? Serions-nous d'une nature si vile et si abjecte pour qu'on pût nous regarder comme indignes d'en jouir et nous condamner à rester écrasés sous un éternel esclavage et soumis, comme des bêtes de somme ou des automates, aux caprices déraisonnables d'un cruel tyran, venu comme un brigand abhoiTé de contrées lointaines

Ï)our nous envahir? Ces droits, la nature es a profondément gravés dans le cœur de tous les hommes; les lois, d'accord avec la nature, les ont si bien consacrés que non seulement trois et quatre siècles, mais encore des milliers et des millions de siècles ne pourraient les anéantir; la force et la violence ont pu les comprimer et les paralyser pour un temps; la force peut encore les relever et les faire renaître dans toute leur vigueur tels qu'ils étaient autrefois et pendant des siècles: ces droits enfin que nous n'avons cesse de défendre les armes à la main dans l'Hellénie, autant que le moment et les circonstances le permettaient.

Appuyés sur la base de nos droits naturels, et désirant nous assimiler au reste des chrétiens d'Europe, nos frères, nous avons commencé la guerre contre les Turcs, ou plutôt, réunissant toutes nos forces isolées, nous nous sommes formés en un seul corps d'armée ; fermement résolus de parvenir à notre but et de

nous gouverner par des lois skpes ou d'êti'e entièrement anéantis, jugeant indigne de nous, descendants des peuples glorieux do l'tiellénié, de vivre désormais dans un semblable esclavage, plutôt fait pour des animaux sans raison que pour des êtres pensants. Dix mois se sont écoulés depuis que nous avons commencé cette guerre nationale, le Dieu Tout-Puissant nous a secourus; et bien que nous ne fussions pas suffisamment préparés à une aussi grande entreprise, nos armes ont été partout victorieuses, malgré les puissants obstacles que nous avons rencontrés encore partout.

Nous avons eu contre nous des circonstances hérissées de difficultés, et actuellement nous nous efforçons encore de les aplanir; il ne doit donc point paraître étonnant que dès le principe nous n'ayons pas encore pu parvenir à proclamer notre indépendance, à prendre rang parmi les peuples civilisés de la terre et à marcher de front avec eux. Avant d'avoir établi notre indépendance, il nous était impossible de nous occuper de notre existence politique. Que les motifs justifient aux yeux des nations le retara que nous y avons apporté et nous consolent de l'anarchie ou nous nous trouvions!

Maintenant que les circonstances difficiles commencent à s'aplanir, nous avons résolus ou plutôt nous avons été dans la nécessité d'organiser la constitution politique de l'Hellénie, et principalement pour le continent oriental et occidental de l'Hellénie, pour le Péloponnèse, les îles, etc., etc. Comme il s'agit de régler les bases particulières d'après lesquelles chacune des provinces et des îles ci- désignées doit être gouvernée, il était nécessaire de constituer un autre gouvernement provisoire général pour toutes les affaires intérieures et extérieures de l'Hellénie. Afin d'établir cette règle et cette organisation, chacune de ces provinces et de ces îles a envoyé des représentants munis de pleins pouvoirs, et ceux-ci, réunis en assemblée nationale, après avoir examiné les affaires publiques et y avoir mûrement réfléchi, ont arrêté une constitution provisoire, d'après laquelle l'Hellénie entière doit dorénavant être administrée. Cette constitution étant basée sur la justice et sur de bonnes lois et, de plus, étant formée par le consentement général des Hellènes, tous les f>euples habittints de l'Hellénie doivent a reconnaître comme constitution unique, légitime et nationale, et se conduire en conséquence.

Le gouvernement est composé de deux

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