HAUTERIVE
HEFFTER
HAUTERIVE (Alexandre Maurice Blanc de Lanautte comte d') , diplomate et piibliciste française, né a Aspres (Hautes Alpes) le 14 avril 1754, mort à Paris le 28 juillet 1830.
En 1784, il accompagna le comte de Choiseul-Goufiier dans son ambassade à Constantinople , fut pendant plusieurs années secrétaire de l'hospodar de Moldavie, puis, en 1792, consul à New- York. En 1798, il fut attaché au ministère des affaires étrangères, et, à partir du 18 brumaire jusqu'à la chute de TEmpirc, il prit une part active aux grandes négociations qui ont marqué cette période.
En 1807, il fut nommé conservateur des archives du ministère, poste qu'il garda jusqu'à sa mort.
En 1799, il publia sous le voile de l'anonyme un ouvrage intitulé : De F Etat de la France à la fin de Fan VIII : c'était une réponse à un livre de M. de Gentz : Essai sur Vétat actuel de P administration des finances et des richesses de la Grande- Bretagne, dans lequel le diplomate allemand avait exalté l'Angleterre au détriment de la France. M. d'Hauterlve, dans son écrit, montre qiie depuis le traité de Westphalie, qui a fondé au 17e siècle le droit public des temps modernes, trois événements ont surtout contribué à détruire le système du droit international : la constitution du nouvel empire de Russie au nord de l'Europe, l'élévation de la Prusse au rang des puissances de premier ordre, enfin le développement prodigieux du système colonial et maritime de l'Angleterre dans les quatre parties du monde.
M. le comte d'Hauterive est aussi l'auteur d'un livre traitant des liUéments r/Vconomie pditique (Paris, 1807), et d'un autre sur la Moldavie (Paris, 1824).
Mais il se recommanda surtout à la diplomatie par trois brochures, qu'on peut regarder comme le manuel du jeune diplomate : Conseils à un élevé du ministère des affaires extérieures; Conseils à des surnuméraires; Quelques conseils à un jeune voyageur. — Ces ouvrages contiennent à la fois les considérations les plus élevées et les détails de pratique nécessaires à la diplomatie active.
HAUTERIVE (Auguste Blanc de La^ nautte, Comte d'), puoliciste français, né en 1795, mort à Pau le 14 décembre 1870. Sous-directeur des Archives au ministère des affaires étrangères..
On a de lui un Compendium bibliographique, relatif à la diplomatie, très développé.
Il a publié avec M. de Cussy le Recueil des traités de commerce et de navigation de la France avec les puissances étrangères depuis la paix de Westphalie (Paris, 1834—1844, 10 vol. in-80) .
HAUTESSE. Synonyme d'Altesse. Titre qu'on a donné pendant longtemps au Sultan.
Aujourd'hui l'usage a prévalu de lui donner, comme aux autres souverains, le titre de Majesté.
HEFFTER (Auguste Guillaume), jpubliciste allemand, né à Schweidnitz le 30 avril 1796, mort à Berlin le 5 janvier
Il fiit professeur et recteur des trois universités de Bonn (1823), de Hallç (1830) et de Berlin de 1833 jusqu'à sa mort; membre de l'Institut de droit international.
Heffter est le premier qui ait conçu le droit international comme le résultat du travail séculaire de la civilisation, et particulièrement de la civilisation chrétienne de l'Europe ; mais le point de vue historique n'exclut pas chez lui la conception philosophique; aussi ne comf>rend-il le droit qu'intimement uni à 'idée morale.
„Chaque Etat", dit -il, ,.commence par poser lui-même la loi de ses rapports avec les autres Etats. Dès quil est sorti de l'isolement, il s'établit dans son commerce avec les autres une loi commune, à laquelle aucun ne peut plus se soustraire sans porter atteinte à son existence individuelle et à ses rapports avec les autres. Cette loi se rétrécit ou s'élargît avec le degré de culture des nations. Reposant d'abord sur une nécessité ou sur des besoins purement matériels, elle emprunte, dans ses développements, à la morale son autorité et son utilité; elle trace à l'action un but strictement moral, après s'être affranchie successivement de ses éléments impurs.
Fondée en effet sur le consentement général, soit exprès, soit tacite ou présumé du moins, d'une certaine association d'Etats, elle tire sa force de cette conviction commune que chaque membre de Tassociation, dans les circonstances analogues, éprouvera le besoin d'agir de même et pas autrement pour des motifs
soit matériels, soit moraux La
loi internationale reçoit sa sanction dans cet ordre suprême qui, tout en créant l'Etat, n'y a pourtant proscrit ni parqué la liberté humaine, mais a ouvert la terre tout entière au genre humain . . ."
Le système de Heffter est exposé dans