ART. 3. — ÉCOLES LA MARTINIÈRE A LYON
13. L’école des garçons a été fondée avec le produit d’un legs de 700,000 fr. fait à sa ville natale par un Lyonnais au service de la Compagnie anglaise des Indes, le major général Martin, décédé à Luknow en 1800. Les intérêts accumulés avaient élevé cette somme à 1,700,000 fr. lorsque, en 1826, la municipalité entra en possession de son legs. Ouverte à titre provisoire le 9 juin 1826, l’école a été définitivement organisée par des ordonnances royales des 20 novembre 1831 et 1®^’ août 1833. L’enseignement est gratuit; il a pour but, non de prépai’er les élèves à l’exercice d'une profession déterminée, mais de les rendre aptes à réussir dans une pjofession quelconque. L’école est administrée par un directeur placé sous l’autorité d’une commission dont le maire est le président-né, et qui comprend 7 membres, outre le président. Les membres de la commission sont nommés pour 7 ans ; ils sont désignés par le conseil municipal sauf approbation du ministre du commerce et de l’industrie,
14. L’enseignement, théorique et pratique, coniporte 3 années d’études. L’enseignement théorique comprend : l’écriture, la grammaire et la compo- ■'ition françaises, la litlérature, les mathématiques, e des.sin géométrique et d’imitation, la physique, a chimie, les sciences naturelles, l’histoire, a (éographie générale et commerciale, les levés de
plans sur le terrain, l’anglais, l’économie politique et la comptabilité.
15. L’enseignement pratique consiste dans le travail du fer et du bois pour les élèves qui se destinent à l’industrie, et dans le tissage pour ceux qui ont en vue le commerce. Dans le cours de chimie, l’enseignement est à la fois théorique et pratique. Le programme comprend toute la chimie minérale et toute la chimie organique avec leurs applications aux diverses industries et particulièrement à la teinture. En l'‘*eten 2® année, les manipulations sont faites par les professeurs et les pi'éparateurs sous les yeux des élèves. Eu 3® année, tous les élèves font des manipulations individuelles. Dans le cours de physique et de sciences naturelles, toute leçon est appuyée par la démonstration d’un appareil ou d’un échantillon ou par un dessin que le professeur trace au tableau.
16. L’école ne reçoit que des externes âgés de tO à 14 ans et après concours. Aucun élève n’est admis pendant l’année scolaire.
17. L’école La Martinière se di.stingue des autres établissements par des méthodes spéciales d’enseignement créées par ses fondateurs. Lapins importante est celle qui a été établie par M, Tabareau, à l’époque doyen de la Faculté des sciences de Lyon ; elle s’applique à tous les cours, mais particulièrement aux mathématiques. Cette méthode a pour but d’obtenir de toute la classe un travail simultané et d’exécuter immédiatement, sous les yeux des élèves, la correction de leur travail, d’assurer une attention constante par un mode d’interrogation s’adressant à chacun des élèves et à tous en même temps.
18. L’école des filles a été fondée avec le produit d’un autre legs fait par le major général Martin, Ce legs, qui était de 12,000 fr. de rente, devait, selon les intentions du testateur, sei’vir a libérer des prisonnieis pour dettes. Le capital légué, accru des reliquats accumulés, surtout à partir de 1867, époque où la contrainte par corps a été abolie, produit aujourd’hui un revenu de 30,000 fr. Le conseil municipal de Lyon a affecté, depuis 1878, cette somme à l’entretien d'une école gratuite pour les jeunes filles. L’école placée sous la même direction que celle des gai'çons et dans laquelle les mêmes méthodes sont appliquées, est destinée à donner aux enfants de la classe ouvj-ière, en même temps qu’un enseignement général, l’apprentissage d’une profession.
19. L’enseignement général consiste dans les matières du programme des écoles primaires supérieures. Pour le travail professionnel, les élèves sont divisées en trois sections : commei ce, dessin industriel et l’obes et confections. Dans la section du commerce, on enseigne la calligraphie, la conqitabilité commerciale et l’anglais ; dans la section du de.ssin industriel, le dessin avec application à la fabrique, la mise eu cartes, la composition et la lithographie, le dessin {)Our broderie, pour vêtements, pour ameublement, etc.; dans la section des robes et confections, tout ce qui constitue l’apprentissage complet de la profession de couturière.