Les professeurs administrateurs sont nom
INSTRUCTION SUPER., c4-g7.
niés par décret sur deux présentations, l'une de l’a.ssemblée des profes.seurs, l’autre de l’Académie des sciences. Les assistants et les préparateurs sont nommés par arrêté ministériel, les premiers sur la présentation de l’assemblée des professeurs et les seconds sur la proposition des ])rofesseurs intéressés et après avis du directeur.
Le iMuséum a à sa tête un directeur nommé pour cinq ans par le ministre sur une liste de deux candidats présentés par l’assemblée.
L’assemblée délibère sur les programmes des cours, les règlements, les missions et sur toutes les questions d’ordre scientifique et d’ordre administratif.
Il est institué de plus, près du ministre de l’instruction publique, un conseil du Muséum, composé de quatre membres, nommés par décret pour une durée de six ans, et du directeur du Muséum. Ce conseil donne son avis sur les créations d’emplois, sur les demandes d’augmentation de crédits, etc., et sur toutes les questions qui lui sont soumises par le ministre. (Z). 12 déc. 1891.)
Un second décret du 12 décembre 1891 a réglementé la comptabilité du Muséum.
Sect. 3. — École normale supérieure.
64. L’idée de réunir des jeunes gens instruits pour les former aux meilleures méthodes de renseignement fut réalisée pour la première fois par la Convention. Elle créa le 9 brumaire an III l’École normale qui n’eut qu’une existence éphémère. Les organisateurs de l’Université impériale instituèrent {D. 17 mars 1808), près les Facultés des sciences et des lettres de Paris, \m pensionnat normal destiné à former des professeurs. Ce pensionnat devint bientôt l’École normale supérieure. Supprimée par la Restauration le G septembre 1822, elle fut rétablie immédiatement après la révolution de Juillet. (O. 6 août 1830.)
65. L’enseignement de l’École comprend les sciences et les lettres. Il est donné par des maîtres de conférences nommés par le ministre. Ils sont actuellement au nombre de vingt-quatre pour les enseignements suivants ; langue et littérature grecques, langue et littérature latines, langue et littérature françaises, grammaire, histoire ancienne, histoire moderne, géographie, philosophie, histoire de la philosophie, allemand et anglais, sciences mathématiques, physique, chimie, zoologie, botanique, géologie et minéralogie.
66. L’École est administrée par un directeur assisté de deux sous-directeurs, l’im pour les lettres, l’autre pour les sciences.
67. Les élèves sont au nombre de cent trente, tous internes, tous boursiers. Ils sont admis chaque année après concours. Les concours sont différents suivant la section à laquelle on se destine. Pour prendre part au concours de la section des sciences, il faut justifier du grade de bachelier de l'enseignement secondaire classique ou de renseignement secondaire moderne. Le programme du concours de cette section a fait l’objet d’un arrêté ministériel du 17 janvier 1896.
Les épreuves du concours sont, pour la. section des lettres , compositions écrites ; philosophie, composition latine, composition française, version latine, thème grec, composition d’histoire ; épreii-
INSTRUCïfON SUPER., G8-74.
ves orales : explication d’auteurs grecs, latius et français, interrogations sur la philosophie et sur l’histoire. Pour la section des sciences, une coio- ])Osition de mathématiques, une composition de physique et de chimie, une dissertation sur une question de logique, une version latine, une épure de géométrie descriptive, un dessin d’académie 5 épreuves orales : interrogations sur les mathématiques, sur la physique et sur la chimie. Les épreuves du concours ont donc un caractère général ; elles portent sur les éléments complets des sciences et des lettres, non sur des spécialités.
68. Le même caractère se retrouve dans l’enseignement de l’École, au moins dans les deux premières années. Les élèves s’y préparent à la licence ès lettres ou à la licence ès sciences mathématiques et physiques, suivant la section dont ils font partie, et s’y livrent à des travaux personnels. C’est seulement en troisième année qu'ils se spécialisent et se subdivisent en sous-sections : lettres, grammaire, philosophie, histoire, sciences mathématiques, sciences physiques, sciences naturelles. Les élèves qui se destinent aux sciences naturelles font, par exception, une quatrième année. Tous les autres se présentent à l’agrégation au bout de la troisième année.
Sect. 4. — École des langues orientales vivantes.
69. Encore une création de la Convention {D. 10 germ. an III). L’École enseigne l’arabe vulgaire et l’arabe littéral, le persan, le turc, le malais et le javanais, l’arménien, le grec moderne, l’hindoustani, le chinois, le japonais et l’annamite. Aux professeurs sont adjoints des répétiteurs indigènes.
70. L’École est placée sous l’autorité d’un administrateur nommé pour cinq ans par le ministre. L’administrateur est assisté d’un conseil de perfectionnement composé de délégués des ministres de l’instruction publique, des affaires étrangères, de la guerre, de la marine, du commerce, du directeur de rimprimerie nationale et du président de la chambre de commerce de Paris.
71. Les professeurs sont nommés par décret sur une triple présentation : 1” des professeurs de l’école ; 2° du conseil de perfectionnement ; 3° de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Les répétiteurs indigènes sont nommés par arrêté, sur la proposition de l’administrateur.
72. Pour entrer à l’École des langues orientales vivantes, il faut être bachelier. Le cours d’études est de trois ans. Les étudiants qui se font inscrire doivent acquitter un droit d’inscription de 50 fr. par semestre. Les élèves de l’école coloniale sont dispensés de ce droit {L. 29 mars 1897, art. 18). Ceux des élèves qui ont satisfait aux examens de sortie reçoivent un diplôme et sont mis à la disposition des ministres des afïaires étrangères, de la guerre, de la marine et du commerce, pour les services extérieurs.
73. L’École est aussi ouverte, sans condition de grade, aux jeunes gens qui se destinent au commerce en Orient.
74. Les élèves réguliers de l'École peuvent obtenir des bourses qui varient entre GOO et 1,500 fr. [D. 8 nov. 18G9.) Ils peuvent être, comme les élèves des Facultés, dispensés de deux ans de service militaire. {L. 15 juül. 1889.)
Sect. 5. — École des chartes.
75. Créée en 1821, l’Ecole des chartes fut d’abord une annexe des Archives et de la Bihliothè(iue royale. Deux professeurs étaient chargés d’enseigner, P un à la Bibliothèque, l’autre aux Archives, « à lire les divers manuscrits et à expliquer les dialectes du moyen âge » . L’École s'est peu à peu dévelo[)pée, et aujourd’hui elle comprend les enseignements suivants : paléograi)hie, langue romane, bibliographie et classement des bibliothèques publiques, diplomali(iue, institutions politiques, administratives et judiciaires de la France, classement des ai-chives, sources de l’histoire de France, droit civil et droit canonique du moyen âge, archéologie du moyen âge.
76. Les professeurs sont nommés par décret, sur la présentation des professeurs, du conseil de perfectionnement et de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. L’École est placée sous l’autorité d’un directeur nommé par le ministre, et sous la surveillance d’un conseil de perfectionnement. Ce conseil comprend le garde général des Archives, F administrateur général de la Bibliothèque nationale, le directeur de l'École et cinq membres élus par l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
77. Les élèves sont nommés par le ministre, après concours. Les concours sont annuels. Pour s’y présenter, il faut être bachelier ès lettres. Les épreuves écrites sont : une version latine, un thème latin, une composition sur l’histoire et la géographie de la France avant 1789 ; les épreuves orales comprennent l’explication d’un texte latin et une interrogation sur l’histoire de France. Chaque promotion est de vingt élèves au maximum.
78. La durée des études est de trois ans. Tous les élèves sont tenus, sous peine de déchéance, de se présenter aux examens de fin d’année. Ceux qui s’abstiennent, ou qui ne sont pas reconnus capables de suivre les cours de l'année suivante, perdent leur titre et ne peuvent plus assister aux cours qu’à titre d’auditeurs bénévoles. L’examen de troisième année est complété par la soutenance d’une thèse, choisie par le candidat dans les matières se rattachant à l’enseignement de l’École.
79. Les élèves qui subissent avec succès l’épreuve de la thèse reçoivent le diplôme CCarchivisfe paléographe. Ce diplôme donne droit eventuellement aux fonctions de professeur de l’École, d’archiviste et de chef de section aux Archives nationales, d’archiviste de département, d’employé dans les bibliothèques de l’Etat et dans les bibliothèques communales, d’auxiliaire pour les travaux de l’Académie des inscriptions et belleslettres.
80. Les élèves de l’Ecole des chartes qui « ont obtenu ou qui poursuivent leurs études en vue d'obtenir le diplôme d’archiviste paléographe », I)euvent obtenir, sur leur demande, d’être renvoyés en congé dans leurs foyers après un an de présence sous les drapeaux. [L. 15 jiüll. 1889.) Sect. 6. — Écoles françaises d’Athènes et de Rome.
( Va g. ces mots.)
Sect. 7. — École pratique des hautes études.
81. L’École prathiue des hautes études a de créée en 18G8, pour « placer, à côté de l eiisei-
140(i INSTRUCTION SUI'KR., s2-8(i.
gneiiieiit théorique, les exercices qui peuvent le i'orlitier et retendre ». {!). ‘àXjuilL. 1808.) C’est donc essenliellement une institution de recherches savantes. Primitivement, PKcole devait comprendre ciiKj sections : mathématiques, physiqiie et chimie, histoire naturelle et physiologie, sciences historiiiues et philologiques, et sciences économiques. Cette dernière section ii’a pas encore été organisée. Par contre, aux sections primitives on a ajouté, en 188G, après la snppre.ssion des Facultés de théologie catholique, une section des sciences religieuses.
82. L’École est plutôt une colonie d’établissements et de laboratoires ((u’ un établissement unique. Son unité est toute scientifique. Chaque section comprend un président, des directeurs d’études ou des directeurs de laboratoire, des directeurs adjoints, des maîtres de conférences et des répétiteurs. Les sections scientifiques siègent partout où est la science, au Muséum, au Collège de France, à la Sorbonne, à l’École normale ; seules les sections de philologie et d’histoire et des sciences religieuses sont constituées en dehors des autres établissements d’enseignement supérieur et forment des corps distincts.
83. Dans chaque section, l’enseignement n’a pas de cadres fixes. Tout ce qui peut être objet de recherche savante peut y être objet d’enseignement. Aucune condition de grade, d’âge, de nationalité n’est requise des élèves. iMais avant de recevoir le titre d’élève de l’École, ils sont soumis à un stage.
84. Voici à ce jour (1890) le tableau de l’enseignement dans les deux sections des sciences philologiques et historiques et des sciences religieuses : philologie grecque, métrique, critique des textes, grammaire et paléographie, antiquités ; philologie latine, épigraphie et antiquités, histoire de la philologie classique, langue néo-grecque, histoire; géographie historique de la France ; gi'ammaire comparée, gothique et vieux haut-allemand ; langues et littératures celtiques, langues romanes, langue sanscrite, langue zende, hébreu rabbinique, hébreu et syriaque, arabe, langues éthiojiienne et himyarite, langue et antiquités assyriennes, philologie et antiquités égyptiennes, archéologie orientale, histoire des doctrines psychologiques. — Religions de l’Extrême-Orient, religions de l’Inde, religions de l’Égypte, religions des peuples sémitiques, religions de la Grèce et de Rome, littérature chrétienne, histoire des dogmes, histoire de l’Église chrétienne, histoire du droit canonique, histoire des rapports delaphilosoidiie et de la théologie.
85. Chaque section a, pour les travaux de ses membres et de ses élèves, une publication spéciale. Sect. 8. — Bureau des longitudes. ( Voy. ce 'inoL)
Sect. 9. — Observatoires.
86. Observatoire de Paris. Créé au xvn® siècle, rattaché au Rureau des longitudes sous la Convention, cet établissement a repris une vie propre depuis le 30 janvier 1854.
Le personnel de l’établissement comprend : un directeur, des astronomes titulaires, des astronomes adjoints, des aides-astronomes, des calculateurs et un secrétaire agent comptable.
Le directeur administre l’Observatoire, dirige
le service scientifique et pourvoit au service intérieur. Il est assisté d’un conseil où sont représentés les départements ministériels de l’instruction publique, de la guerre, de la marine, l’Académie des sciences et le Rureau des longitudes.
87. Obsei'vatoires des départements. Ils sont aujourd’hui au nombre de six, Alger, Besançon, Bordeaux, Lyon, Marseille et Toulouse. Chacun d’eux est dirigé par le professeur d’astronomie de la Faculté des sciences. Le personnel, qui comprend des astronomes adjoints, des aides-astronomes et des calculateurs, est nommé par le ministre.
88. Observatoire d’astronomie physique de Meiidon. Jusqu’en 1875, l’astronomie physique faisait partie des services de l’Observatoire de Paris. On l’en a détachée à cette date pour constituer un observatoire spécial.
L’Observatoire de Meudon a à sa tête un directeur, nommé par le ministre et assisté d’un conseil. Les physiciens titulaires et adjoints sont nommés par le ministre.
Sect. 10. — Bureau central météorologique.
89. Le service de la météorologie a été détaché de l'Observatoire de Paris et constitué en service distinct sous le nom de Bureau central météoroloyique de France, par un décret du 14 mai
90. Le bureau central siège à Paris. Il est administré par un directeur, nommé par le ministre, et ayant sous ses ordres des météorologistes titulaires, des météorologistes adjoints, des physiciens et des calculateurs. Le directeur est assisté d’un conseil où sont représentés les ministères de rinstruction publique, de la marine, de la guerre, de l'agriculture, le Bureau des longitudes et l’Académie des sciences.
Au bureau central sont reliées les commissions météorologiques départementales et les observatoires du Puy-de-Dôme et du Pic du Midi.
91 . Le bureau central comprend trois services: 1° le service des avertissements qui reçoit et expédie les dépêches ; 2° le service de la climatologie, chargé de la publication des observations faites en France et en Algérie ; 3° le service de la météorologie générale, chargé de l’organisation des stations dans les postes consulaires, les colonies et les stations étrangères, et de la centralisation des observations faites par les capitaines à bord des navires.