Commission internationate du mètre
Conférenee diplomatique. Le système métrique, rendu obligatoire en France, en 1837, ne tarda pas à être apprécié par les autres nations, qui reconnurent la nécessité d’adopter un système uniforme de poids et mesures, afin de rendre plus faciles les transactions du commerce international : le système métrique décimal français parut le plus simple et le plus logiquement déduit.
En 1869, à la suite d’un vœu émis par l’Académie des sciences, et sur la proposition du ministre de l’agriculture et du commerce, le Gouvernement, désirant s’associer aux efforts universellement tentés par la science pour répandre l’usage des mesures métriques, décida qu’il serait fait, par les soins d’une commission spéciale, une copie légale, par un mètre à traits, du mètre à bouts des Archives de France, et que les gouvernements étrangers seraient invités à déléguer des savants chargés de prendre part à toutes les études et à toutes les résolutions propres à donner une confiance entière dans l’exactitude des étalons secondaires dérivés de ceux des Archives.
57. Presque tous les gouvernements d’Europe et d’Amérique adhérèrent à la proposition qui leur fut faite, et la commission internationale du mètre fut constituée. Elle se réunit pour la première fois en 1870; mais les événements politiques la contraignirent à s’ajourner, et elle ne put tenir sa seconde séance qu’au mois de septembre 1872 ; vingt-sept États y étaient représentés. La commission adopta une série de résolutions ayant pour objet de fixer les conditions dans lesquelles devaient être construits les nouveaux prototypes internationaux du mètre et du kilogramme, en prenant pour point de départ le mètre et le kilogramme des Archives de France ; elle décida, en outre, la construction d’un certaifi nombre d’étalons métriques, destinés à être répartis entre les divers États ; elle confia rexécution des prototypes internationaux et des étalons secondaires aux soins de la section française, c’est-à-dire des savants français qu’elle comptait parmi ses membres, et qui, par les moyens dont ils disposaient au Conservatoire des arts et métiers, étaient particulièrement en mesure de conduire à bonne fin des opérations aussi difficiles et aussi délicates ; elle choisit enfin dans son sein un « comité permanent » composé de douze membres appartenant à des nationalités différentes et chargé de diriger et de surveiller l’exécution de ses décisions.
58. La section française entreprit la confection des mètres et des kilogrammes (jui lui étaient attribuée ; conformément aux décisions de la commis-
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sion. elle employa pour la fabrication de ces étalons, un alliage composé de platine et d’iridium fondus dans une fonte unique.
La commission émit, en outre, le vœu que les gouvernements intéressés s’entendissent pour fonder à Paris un bureau international des poids et mesures, dont les principales attributions consisteraient à effectuer les nombreuses comparaisons nécessaires pour la vérification des nouveaux prototypes internationaux. C’est pour satisfaire à ce vœu qu'une conférence diplomatique se réunit à Paris au mois de mars 1875. Elle adopta, le 20 mai suivant, une convention signée par dixsept États*, ayant pour objet de fonder à Paris, et d’entretenir à frais communs un bureau international des poids et mesures , scientifique et permanent. Cette convention a été ratifiée, pour ce qui concerne la France, par une loi du 16 décembre 1875 ; il y a été annexé un règlement qui fixe les détails d’organisation de ce bureau, lequel a été depuis déclaré établissement d’utilité publique. Il fonctionne sous la direction et la surveillance d’un comité international qui est lui-même placé sous l’autorité d’une conférence générale formée des délégués de tous les gouvernements contractants. La présidence de cette conférence générale est déférée au président en exercice de l’Académie des sciences de Paris.
59. Le bureau international est installé à Saint-Cloud, dans le pavillon de Breteuil, approprié à cet usage.
Les États qui étaient représentés à la commission internationale de 1872, et qui ne sont point parties contractantes à la convention, iren recevront pas moins leurs étalons métriques livrés dans toutes les conditions de garantie arrêtées par cette commission.
60. On peut considérer l’œuvre laborieuse et grandiose de la construction des nouveaux prototypes du mètre et du kilogramme comme à peu près achevée. La conférence générale des poids et mesures qui s’est réunie, à Paris, en septembre 1889, a pu remettre aux puissances contractantes un certain nombre de prototypes, et plusieurs d’entre elles ont déjà effectué le remboursement des dépenses qui leur incombent et dont l’avance avait été faite par le gouvernement français.