‹ Dictionnaire de l'administration française (volume 2)Chapitre 257 sur 2791 · La grande-aumônerie fut supprimée en · texte numérisé non relu

La grande-aumônerie fut supprimée en

Par décret du 31 décembre 1852, il a été nommé d’abord un premier aumônier de l’empereur Napoléon III ; la chapelle et l’aumônerie impériale furent placées sous sa haute direction.

AUTOMATISME

AUTEUR (Droits d’)

En 1857, la grande aumônerie fut rétablie. Le pape Pie IX Ta instituée canoniquement par un bref du 31 mars de la même année. (Z>. 17 juin 1857.) En vertu de ce bref, le grand-aumônier était exempt de la juridiction d^e l’Ordinaire et soumis immédiatement au Saint-Siège, il remplissait la plupart des fonctions attribuées au grandaumônier sous l’ancien régime. En 18G9, la grande aumônerie se composait du grand-aumônier, d’un évêque qui lui était adjoint, d’un vicaire général, de quatre chapelains, d’un secrétaire général, d’un maître des cérémonies et d’un sacristain. Les dépenses du personnel et du matériel de la chapelle impériale étaient acquittées sur les fonds du ministère de la maison de l’empereur, suivant les formes prescrites par le décret du 19 janvier 1853. Depuis la chute de l’empire, le 4 septembre 1870, la grande-aumônerie a cessé de fonctionner. N. DE Beuty.

Mis à jour par Em. Cliédieu.

AUTEUR (Droits d’). Voy. Propriété littéraire.

AUTOMATISME. Ce mot n’étant pas encore en usage dans le sens que nous lui donnons dans cet article, nous devons l’expliquer. Rappelons d’aboi'd que Littré [Dictionnaire] délinit Automatique par un acte « qui s’exécute sans la participation de la volonté », et Automatisme par (I ensemble des mouvements non voulus ou des impulsions non voulues ». Cette deraière définition est incomplète et, selon l’interprétation du mot voulus, même fausse.

En elfet, il y a de l’automatisme voulu, prémédité, combiné; il y en a même beaucoup, et s’il n’y en a pas davantage, si tous les travaux pénibles ne se font pas automatiquement, c’est que, jusqu’à présent, on n’a pas réussi dans toutes les tentatives faites pour l’établir. L’automatisme vouhi a pour but de nous débarrasser d’un travail manuel fatigant ou, ce qui est plus pénible encore, d’un souci, d’une préoccupation, d’un grand effort intellectuel et moral, car l’attention soutenue et vigilante est presque toujours très pénible. Dans la mécanique appliquée, on obtient assez souvent le « selfacting » ; l’histoire de la machine à vapeur nous en offre de nombreux et même quelques curieux exemples; il existait d’ailleurs, bien avant Watt, des mécanismes bien combinés, et, de nos jours, les appareils météorologiques, les compteurs, etc., témoignent de l’esprit d’invention des hommes, de l’étendue et de la profondeur de leur savoir et de la hardiesse de leurs combinaisons.

Mais il s’agissait alors de mécanismes proprement dits, de moteurs et de matièi es non animés ; il n’y avait en jeu ni intérêts divergents, ni passions, ni rivalités politiques ou sociales, on n’avait mis en présence que des forces physiques et des réactions chimiques dont les rapports, la puissance, l’intensité étaient mesurés et dont l’action réciproque pouvait être calculée et approximativement équilibrée. Pas complètement, car on ne peut pas neutraliser tout à fait cet élément qu’on appelle temps, et les effets qu’il produit, d’où il vient précisément qu’on ne peut établir aucun mouvement perpétuel. L’homme subit également l’action des forces naturelles et, de plus, l’influence de nombreuses forces d’ordre moral dont

le mode d’agir n’est pas toujours connu, dont les effets ne sont pas toujours prévus et dont les résultats paraissent tenir du caprice, parce qu’on n’a pas tenu compte des différences d’intensité des forces morales et de l’effet atténuant ou renforçant de leur combinaison.

Ces forces morales ou immatérielles, la religion, le patriotisme, la famille, l’ambition, le luxe, puis les défauts et les qualités, les habitudes et les sentiments, l’ignorance et le savoir, etc., sont généralement traités par les publicistes comme des unités d’une valeur toujours la même, comme des forces de puissance invariable, bien que tous les jours nous puissions constater que le sentiment est une très faible passion et la passion un très fort, très envahissant sentiment. Serait-ce que les hommes n’éprouvent pas, en général, un grand besoin de précision, ou que l’effort pour l’obtenir paraisse trop considérable, ou doute-t-on de la possibilité d’arriver jamais à peser, mesurer, jauger les forces morales, sentiments ou passions? Pourtant, une pas.sion dont l’intensité serait égale à x l’emportera toujours sur une passion moitié moins intense. Ainsi A change de patrie pour garder sa religion ; B change de religion pour rester dans sa patrie ; G préférera l’honneur, D l’amour, E l’argent. N’oublions pas que d’autres passions, intérêts, habitudes renforcent tantôt un mobile (une cause), tantôt l’autre, et l’on s’expliquera la différence plus ou moins apparente des effets.

Or, tout en renonçant à l’espoir de mesurer directement l’intensité de ces forces, on aurait peut-être découvert, en cherchant bien, des indices d’une valeur approximative qui eussent été d’une grande utilité pratique ‘ ; mais on ne pouvait y songer que dans une civilisation avancée, une pareille pensée ne pouvait venir qu’à des hommes instruits, sachant observer et jouis.sant d’un certain degré de sécurité. Les premiers représentants de l’espèce homo se sont d’abord défendus en se cachant, en se créant des armes et des forteresses; plus tard, les sociétés ont pratiqué à la fois l’union qui fait la force et protège contre le danger, et la division du travail qui en centuple l’efficacité. L’union et la division ainsi combinées prirent la forme d’organisations politiques, sociales, économiques plus ou moins compliquées et relativement efficaces. Le chef d’État eut des pouvoirs reconnus et organisa la force armée pour maintenir l’ordre ; la justice se régularisa, les coutumes devinrent des codes; l'administration distingua les divers services publics; le législateur adopta des formules solennelles et bientôt consacrées; le citoyen, si souvent opprimé sous les prétextes les plus divers, se préoccupa des moyens de garantir ses droits; et dans la vie privée aussi, dans les transactions civiles, commerciales et autres, on éprouva le besoin d’assurer la fidèle exécution des contrats et des engagements, et l’on chercha à garantir la sûreté publique et l’honnêteté privée au moyen de com-

1. Coinmp, par ex., on juge de la pro.«périlé d’un pays d’apres le nombre de lettres qui circulent, ou d’apres les matières premières importées, d’après le nombre des machines à va()eur, ou encore d’après les consommât ons qui indiquent l'aisance, la viande, le sucre, le vin, etc. Plus les indices qui se complètent sont nombreux, plus ils sont symptomatiques et concluants.

AUTOMATISME

AUTOMATISME

binaisons de toutes sortes, constitutions, procédures, concours, diplômes, peines et récompenses, de manière à rendre le mal plus difficile à réaliser, plus dangereux pour le malfaiteur, et à encourager le bien aussi efficacement que possible.

On avait nettement conscience de la variété des forces en présence dans les grandes agglomérations d’hommes, mais l’on s’imaginait pouvoir combiner les intérêts, les passions et l’ensemble des forces politiques et sociales, de manière à se faire équilibre, à se maintenir mutuellement dans la bonne voie, de sorte qu’on n’aurait plus qu’a laisser aller les choses toutes seules, automatiquement. ( Voy. Budget, 2 à 8.)

Si l’on avait établi ces combinaisons à titre d’instrument, nous n’aurions eu qu’à en louer les auteurs; plus l’instrument est parfait, plus il est efficace, mais l’instrument idéal lui-même ne rend pas superflu, ne remplace pas la main ou la tête habile à s’en servir, l’œil attentif à en surveiller les rouages et à intervenir au moindre écart. Or, ce que nous appelons : automatisme, c'est la croyance — contredite par tous les faits connus — que l’organisation, la constitution, les statuts, etc., suffisent, qu’elles permettent aux intéressés de croiser les bras, de dormir, comme on dit, sur les deux oreilles. L’organisation n’est jamais qu’un instrument qui facilite l’accomplissement de la tâche, mais elle n’est jamais assez parfaite pour dispenser les hommes de toute surveillance. L’erreur que nous caractérisons par le mot automatisme consiste donc à considérer le mécanisme et l’organisation comme un but et non comme un moyen.

Les moyens constitutionnels, légaux, moraux et autres analogues ' employés par une combinaison prétendue automatique peuvent être assimilés aux leviers, rails, freins, soupapes de sûreté, etc., dispositions destinées à saisir des forces naturelles, à les diriger et leur mettre un frein. Ces dispositions constituent les organes de ces forces et agissent comme causes visibles de forces souvent cachées; mais leur action n’a qu’un temps, car chaque effet coûte une partie de leur être ou de leur puissance, et à mesure que la matière s’use, les effets désirés sont moins certains et deviennent finalement impossibles. 11 ne s’agit pourtant que de matières inertes qui ne subissent que l’usure et la décomposition produites par des réactions physiques, chimiques, mécaniques; tandis que les organes d’ordre politique, social, économique, moral, outre les influences physiques, sont exposés à un grand nombre d’influences morales des plus variées et des plus compliquées. Les combinaisons automatiques qu’on imagine supposent que ces influences resteront toujours identiques à elles-mêmes, et comme cette supposition n’est pas fondée, l’automatisme est une utopie. Le bien ne se fera pas sans votre vigilante surveillance, sans votre fréquente intervention, sans peines et sacrifices de votre part; il n’y a pas d’automatisme qui tienne. Pour comprendre complètement la pensée que nous ne pouvons qu’indiquer ici, qu’on prenne des lois ou des règlements riches en mesure de précaution, documents à fournir, formalités à remplir, etc., et qu'on se

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