‹ Dictionnaire de l'administration française (volume 2)Chapitre 37 sur 2791 · Vivien, Études administratives, t. p. 12c · texte numérisé non relu

Vivien, Études administratives, t. p. 12c

qui lui appartiennent. Elles sont innombrables, mobiles, incessantes 5 ce n’est point en vertu d’un texte de loi, parce qu’il aura, pour ainsi dire, plu à un législateur d’en disposer ainsi, qu’elles ressortissent au contentieux, mais bien par leur nature propre: aucune loi spéciale n’a dû intervenir pour les y classer, il en faudrait une pour les en distraire. Elles composent entre elles un ensemble légal, un corps de droit ; les lois et les principes généraux qui les concernent forment le droit commun de l’admini.stration , comme le Code civil est celui des intérêts privés et des transactions ordinaires des citoyens. »

22. 11 convient d’ajouter que, loin derestreindre le ressort naturel du contentieux administratif, quelques lois spéciales l’ont, au contraire, étendu en attribuant aux juridictions administratives la connaissance de certaines matières réservées par des rai.sons de haute politique.

23. Du reste, la nécessité de juridictions spéciales découle déjà clairement du passage que nous venons de citer 5 le passage suivant cgts^ plétcra la démonstration ’ .

« Dans les affaires de droit civil ordinaire, les parties en présence, procédant au même titre, ont droit aux mêmes avantages, et la balance ne peut jamais pencher pour Dune aux déjæns de l’autre. Dans les affaires administratives, l'intérêt public réclame certaines facilités, certains tempéraments qui, sans altérer le droit, sont de nature à en modifier l’application. Un jour le premier président d’une cour royale refusait d’accorder un tour de faveur à une cause de l’Etat ; il s’agissait de l’expropriation d’une maison faisant saillie sur la voie publique. « Cette maison, laissée debout, dit-il solennellement, attestera qu’en France la justice est égale pour tous. » Voilà l’esprit de l’autorité judiciaire. Devant un tribunal administratif, la gêne éprouvée par la circulation publique eût déterminé l’examen de la contestation avant tout autre. Voilà l’esprit de la juridiction administrative. Un particulier qui n’exécute pas un marché, doit à l’entrepreneur une indemnité proportionnée au gain dont il le prive 5 le Code civil l’établit ainsi. L’administration qui rompt un tel marché ne doit d’indemnité qu’en raison de la perte éprouvée. C’est la règle de la jurisprudence administrative. A moins que le droit ne s’y oppose, elle tient que l’État, c’està-dire la collection de tous les citoyens, et le Trésor public, c’est-à-dire l’ensemble de tous les contribuables, doivent passer avant le citoyen ouïe contribuable isolé défendant un intérêt individuel. '»

Quant aux juridictions administratives, nous y reviendrons plus loin (ît"® 94 et suit).).

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