BUREAU DES LONGITUDES
BUREAU DES LONGITUDES. 1. Cette institution peut être considérée comme une académie astronomique établie, par une loi du 7 messidor an III (2ô juin 1795), pour étudier et éclairer toutes les parties des sciences et des arts qui peuvent contribuer aux progrès de l’astronomie et de la navigation. Le bureau des longitudes était d’abord composé de deux géomètres, quatre astronomes, deux anciens navigateurs, un géographe, quatre astronomes adjoints, trois artistes pour les instruments d’horlogerie, d’optique et d’astronomie. Un membre du bureau faisait chaque année un cours d’astronomie.
2. Un décret du 30 janvier 1854 reconstitua le bureau des longitudes en séparant complètement ses attributions de celles de l’Observatoire qui, d’abord placé sous la direction du bureau, avait fini par absorber toute la pratique des observa-
Jes parties en retard de fournir leurs preuves qui crient le plus fort. On parle souvent de pièces inutiles ou superflues, mais un peu à la légère. Ainsi, lorsqu’on éprouve le besoin d’ordonner que des surveillants feront des rondes toute la nuit, d’heure en heure, comiâent savoir s’ils font leur devoir ? Envoyer des surveillants supérieurs, etc. Mais le supérieur peut également s’endormir ou négliger son service. On a donc imaginé des compteurs mécaniques, par exemple, des boites dans lesquelles le surveillant jette des cachets, des registres où il appose sa signature en indiquant l’heure, etc. Beaucoup de pièces exigées pour être annexées au dossier n’ont pas d’autre destination que de témoigner en faveur de l’accomplissement des formalités protectrices, démontrant que l’affaire a été étudiée, publiée, votée, etc, — Ces formalités, qui coûtent du temps et de l’argent, sont un mal, personne n’en doute; mais leur absence, qui permettrait à l’arbitraire, à l’injustice, à l’oppression de se multiplier sans frein, serait un mal mille fois plus grand. (Poy. au mot Automatisme la citation en petits caractères.)
2» Les bureaux entravent l’action du Gouvernement, paralysent la volonté du ministre, qui rendrait volontiers heureux tout le monde, y compris son père, mais, hélas ! « les Bureaux ! ! ». L’humanité, le pays, les citoyens, le législateur, peutêtre la pluie et le beau temps sont obligés de se courber sous la volonté des bureaux, car ils sont inamovibles, tout-puissants et infaillibles. Je pourrais citer des choses curieuses sur ce préjugé. Un de mes amis, alors directeur d’un service important, que j’étais allé voir, me dit confidentiellement : les deux députés que vous avez vus sortir de mon cabinet étaient venus me recommander chaudement le représentant d’une commune en instance auprès du ministre; ils l’accompagnent ensuite jusqu’à l’omnibus et reviennent me dire qu’ils ne tiennent pas tant que cela à l’affaire, que je fasse ce que je juge à propos, etc. Or, si l’administration accueille la demande, c’est l’influence de ces messieurs qui a valu le bienfait aux électeurs; si elle refuse, ce sont « les bureaux », les maudits bureaux qui se sont mis en travers. Et qu’ont-ils fait, « les bureaux », si tant est qu’ils ont été consultés? Le chef de service s’est borné à rappeler au ministre les lois et règlements en vigueur, et le ministre a sagement voulu éviter une sérieuse responsabilité.
3o Les bureaux sont routiniers et défavorables au progrès. Et, d’abord, c’est trop généraliser, j’ai vu des exemples du contraire*; puis les bureaux sont des agents d’application; ils conservent, ils ne créent pas, ce n’est pas là leur tâche. La routine n’est souvent qu’un autre mot pour: l’expérience. 11 s’agit d’appliquer des dispositions législatives à des cas imparfaitement prévus; après bien des difficultés, on trouve une solution satisfaisante et, cette solution, on l’applique à tous les cas semblables, la loi et la politique l’exigent . et puis c’est com¬
mode. Les précédents ont du bon, c’est l’expérience formulée. La médaille a son revers, sans doute, mais ce n’est pas la faute de l’institution, c’est celle de l’individu, de l’employé chargé de l’attribution, ou de ses supérieurs, s’il y a lieu.
Pour réduire lesinconvénients qui se rattachent aux bureaux, il n’y a qu’à faire de bons choix : des employés instruits, des chefs capables, des directeurs ayant fait leurs preuves.
Quant à la Bureaucratie (le gouvernement par les bureaux), c’est un terme d’opposition, la chose n’existe pas, nous n’avons donc pas à nous y arrêter. Ne dit-on pas souvent, dans la bourgeoisie inférieure : c’est un bureaucrate, au lieu de : c’est un employé? Les gens illettrés n’y regardent pas de si près, un homme qui travaille dans un bureau, ou un bureaucrate, leur paraissent des expressions synonymes. Maurice Block.
* Les bureaux n'onl cliacun qu'une attiibiilion retlrcinle; il est rare qu'un bureau puisse innover sans luucber à d'aulrti a(lr butions ; les rainiBcalions s’cfcendcnl souvent au loi».