Mais le concours existe toujours
1® Pour les prix d’architecture, sculpture et peinture {D. 8-9 et 9-29 bruni, an II) 5
CONCOURS AGRICOLES
CONCOURS AGRICOLES 629
2° Entre les docteurs en droit récents et les aspirants au doctorat 5 entre les élèves de troisième année de droit {O. 17 7)mrs 18i0 et D. 27 janv. 1869) 5
3° Pour Padmission k PÉcole polytechnique {O. 25 nou. 1831, ai't. 20, et O. 30 oct. 1844, art. 8) ; à l’École de Saint-Cyr (O. 31 déc. 1819, 10 jum 1818, 20 sept. 1832, 21 oct. 1840) 5 k l’École d’artillerie {D. 12 vend, an XI] 5 k l’École de marine (O. l®*" 7\ov. 1830, 26 fév. 1831) 5 k l’Ecole des mines [O. 8 déc. 1816) ;
4“ Pour l’admission k l’École des ponts et chaussées [D. 7 fruct. on XJII, art. 10 eMl) ;
5° Pour l’obtention de diverses bourses 5
6° Pour l’agi’égation dans l’enseignement secondaire, et dans divers autres cas.
4. Les académies et les sociétés savantes ouvrent également des concours et décernent des prix, des médailles, des récompenses 5 elles en font connaître les conditions en publiant le programme.
CONCOURS AGRICOLES. 1. Historique. Il y a longtemps qu’on reconnaît l’attribution de récompenses comme un excellent moyen d’encourager les bonnes méthodes et de stimuler les progrès agricoles et industriels. C’est François de Neufehâteau qui le premier en fit l’application en l’an V en promettant des récompenses k ceux qui auraient créé des pépinières ou effectué des reboisements. Napoléon en 1805 avait suivi cette voie et promis que des récompenses (croix de la Légion d’honneur, médailles, lettres d’encouragement) seraient décernées, par les soins de la Société nationale d’agriculture, k ceux qui se distingueraient soit par une culture bien entendue, soit par les meilleurs soins donnés aux animaux, soit pour les améliorations des animaux domestiques.
2. A ces premiers essais d’encouragements agricoles succéda une longuepériode d’indifférence. Ce n’est qu’en 1844 que le Gouvernement, comprenant l’importance de son intervention pour aider au développement agricole, organisa k Poissy le l®*" concours d’animaux de boucherie. En 1849 on lui adjoignit un concours d’animaux reproducteurs, mais par suite des dangers de la contagion épizootique, le concours de reproducteurs fut transporté k Versailles l’année suivante et postérieurement dans un certain nombre de villes où se rendaient les éleveurs d’une région déterminée, d’où le nom de concours régionaux. En 1857 fut créé le concours de la prime d’honneur destiné k récompenser le propriétaire de l’exploitation la mieux tenue et la plus digne d’être donnée en exemple ; on compléta ce concours en 1869 par l’adjonction de prix culturaux, qui peuvent être considérés comme des accessits de la prime d’honneur. Dans ces dernières années de nombreuses modifications ont été apportées. De nouveaux concours ont été créés, irrigations, sériciculture, petite culture, horticulture, arboriculture, primes aux journaliers ruraux et aux serviteurs k gage. Le Gouvenicment s’est ainsi efforcé d’aller trouver tous les mérites, même les plus modestes, et de les récompenser avec éclat dans les solennités agricoles.
3. Concours général de Paris. Nous avons dit qu’en 1844 le Gouvernement avait ouvert k Poissy
un concours d’animaux de boucherie. Le but poursuivi était de favoriser la propagation des animaux qui, par la perfection de leurs formes et la précocité de leur développement, fournissent plus abondamment k la consommation. Ce concours qui, chaque année, prenait un développement plus considérable, fut transporté au marché de la Villette en 1868. Cet emplacement ofirait l’avantage, grâce au chemin de fer de ceinture qui a un embranchement spécial aboutissant dans l’enceinte du marché, de permettre aux animaux d’arriver plus facilement qu'k Poissy.
4. Après une interruption de trois années, 1871, 1872 et 1873, causée par la guerre et par les épidémies qui en furent la conséquence, le concours d’animaux gras fut transporté en 1874 du marché de la Villette au Palais de l’Industrie, où il prit une nouvelle extension par l'admission des volailles vivantes, des volailles mortes, des beurres et des fromages, pour lesquels des concours spéciaux avaient été déjk tenus en 1865 et 1866, et des instruments auxquels on ajouta en 1876 les produits agricoles. Enfin depuis 1883, les animaux reproducteurs figurent au concours de Paris et fout de cette grande exhibition un concours général d’un intérêt et d’une importance considéral)les. De toutes les parties de la France les agronomes les plus distingués se rendent k ce concours, et les principales associations agricoles profitent de ce moment pour tenir leurs assises annuelles.
5. Le concours de Paris comprend des animaux de boucherie des espèces bovine, ovine et porcine , des animaux reproducteurs mâles des mêmes espèces, des vaches laitières en lait, des volailles vivantes et des volailles mortes, des produits et semences, et une exposition d’appareils et machines agricoles auxquels il n'est attribué aucun prix. Cette absence de récompense n’empêche pas les constructeurs de se présenter en grand nombre au concours de Paris. Depuis 1874 le nombre des instruments inscrits au catalogue a toujours été en augmentant. En 1886 il a dépassé le nombre de 7,000. Les animaux primés des espèces bovine, ovine et porcine, des races de basse-cour, k l’exception des pigeons, des lots récompensés, de volailles mortes, reçoivent des prix en argent. Chaque prix est accompagné d’une médaille de bronze. Les prix pour les pigeons consistent en médailles d’argent et de bronze et pour les produits en médailles d’or, d’argent et de bronze. En dehors de ces récompenses, des prix d’honneur représentés par un objet d’art en argent ou bronze argenté, ou médailles d’or grand module, sont attribués aux animaux, bandes d’animaux ou aux produits reconnus supérieurs dans les diverses classes du concours. Ces récompenses sont décernées par un jury nommé, par le ministre qui laisse aux exposants le soin de désigner un juré dans chaque section.
6. Four prendre part au concours les exposants doivent envoyer au ministère de l’agriculture, avant le l®*" janvier, une déclaration indiquant la nature des animaux ou objets exposés *. 11 leur est adressé une lettre d’admission qui
1. Des imprimés sont mis à la disposition des exposants au ministère de l’agriculture, à Paris, et dans les préfectures et sous-préfectures.
630 CONCOUnS AGIÏIGOLES
COXCOUlîS AGrUCOLES
leur donne droit au transport à demi-tarif par les compagnes de chemins de fer. Ceux qui, après avoir fait leur déclaration, se trouvent dans rimpossibilité d’exposer, doivent en donner avis au ministre, quinze jours avant rouverlure, faute de quoi, ils doivent acquitter un droit variant de 1 à 15 fr. suivant l'animal ou l’objet non présenté.
7. Le concours de Paris qui dure 10 jours, commence le lundi de la quinzaine qui précède les jours gras. 11 est dirigé par un inspecteur général de l’agriculture, commissaire général du concours, qui est assisté d’un commissariat composé d’inspecteurs et de professeurs d’agriculture. Toutes les dépenses de ce concours sont i» la charge de l’État qui couvre une partie de ses frais par le prix des entrées et ta vente des catalogues.
8. Concours régionaux. Les concours régionaux qui se tiennent chaque année dans certaines villes, de façon à ce qu’au moyen d’un roulement chaque département en soit tour à tour le siège, se divisent en deux opérations distinctes, l’iine ayant pour objet de visiter et de récompenser les domaines et les améliorations culturales dont ils ont été l’objet, l’autre de primer les animaux, les produits et certains instruments exposés.
9. Prhnes de cultures. On distingue les primes d'honneur, prix culturaux, prix de spécialités, prix d’irrigations. Chaque année dans huit départements désignés par arrêté ministériel, s’ouvre ce concours des domaines. Les agriculteurs qui veulent y prendre part, doivent se faire inscrire à la préfecture de leur département avant le 1®^ mars de l’année qui précède le concours régional et joindre à leur demande, des mémoires, plans, notes, etc., destinés à éclairer le jury. Dans le courant du mois de juin ou de juillet, une commission nommée par le ministre et présidée par un inspecteur général de l’agriculture, se rend chez les concurrents et visite leurs exploitations.
11 y a quatre catégories de prix culturaux réparties de la façon suivante : 1° propriétaires exploitant leurs domaines directement ou par régisseurs (domaines au-dessus de 30 hectares) ; 2® fermiers (domaines au-dessus de 30 hectares) ; 3® propriétaires exploitant plusieurs domaines par métayers ; 4° petits cultivateurs, propriétaires, fermiers ou métayers de domaines au-dessus de 10 hectares et au-dessous de 30. Les prix consistent en un objet d’art et une somme d’argent.
10. C’est parmi les lauréats de ces diflérents prix que la prime d’honneur est décernée ; elle est attribuée à celui dont le domaine est le plus reniarquable et où les améliorations réalisées sont les plus notables. La prime d’honneur consiste dans l’attribution d’un objet d’art de la valeur de 3,500 fr. Dans le cas de l'attribution de la prime d’honneur, l’objet d’art spécial à la catégorie n’est pas décerné.
11. Le jury de la prime d’honneur est également chargé de décerner les prix d’irrigation à ceux qui, propriétaires, fermiers ou métayers, auront utilisé de la façon la plus protitable les eaux susceptibles d’être employées à l’arrosage, à la submersion et au colmatage, et les médailles de spécialités aux agriculteurs qui auront réalisé sur leurs domaines des améliorations partielles.
Les concours d’irrigations, qui datent de 1875, sont, depuis l’arrêté du 9 mars 1882, annexés à tous les concours de prix culturaux et de prime d’honneur. Us comprennent deux catégories suivant que les surfaces irriguées sont supérieuies ou inféiieures à G hectares, et les prix consistent en médailles d’or, d’argent et de bronze et en sommes d’argent variant entre 200 et 1 ,000 fr. Lorsque le premier prix d’une des deux catégol ies paraît au jury mériter une récompense exceptionnelle, la médaille d’or peut être remplacée par un olqet d’art.
12. Les piix de spécialités consistent en médailles d’or, d’aigent et de bronze; mais lorsque le jury rencontre et signale au ministre une amélioration importante, la médaille d’or peut être transformée en objet d’art.
13. Les dépenses de tournées de la prime d’honneur sont à la charge de l’administration. Le jury avant de se séparer attribue les récompenses et transmet ses propositions au ministre. L’un des membres de la commission est chargé de rédiger un rapport sur les domaines primés. Ce rapport lu, l’année suivante, à la séance solennelle de la distribution des récompenses du concours régional, est imprimé par les soins du ministère dans un recueil spécial.
14. Cette organisation des primes agricoles présentait encore une lacune que l’arrêté du 31 octobre 1885 est venu combler. Aux termes de cet arrêté, les petits cultivateurs, vignerons ou hei'bagers, propriétaires, fermiers ou colons, qui. exploitant avec leurs bras, ceux de leurs enfants ou ceux de leur famille, auront présenté des cultures remarquables et qui seront reconnus les plus méritants au point de vue de l’ordre, de l'économie et de la bonne tenue de leur exploitation, pourront concourir à la prime d’honneur de la petite culture. Cette prime d’honneur consiste en un objet d’art et une somme d’argent fixée par le juiy.
45. L’horticulture et l’arboriculture ont aussi leur prime d’honneur, la première réservée aux jardiniers établis uniquement pour la vente des produits maraîchers et des fruits, la seconde prévue pour les horticulteurs fleuristes et les pépiniéristes.
16. Le même arrêté a également institué des récompenses pour les journaliers agricoles les plus méritants et pour les serviteurs à gages des deux sexes qui ont été signalés pour la longueur de leurs services, leur capacité professionnelle et leur conduite. Les prix consistent en médailles et en sommes d’argent. ( Voy. Médaille d’honneur.)
17. Pour prendre part à ces divers concours les concurrents doivent se faire inscrire à la mairie de leur commune, à la sous-préfeclure ou à la préfecture avant le l®*" mars de l’année qui précède la tenue du concours général dans le département. Tous ces prix sont donnés par un jury nommé par le ministre sur la proposition du préfet.
18. Concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles. Ces concours qui ont été successivement de 10, 12 et 6 par an, ont été fixés au nombre de 8 par l’arrêlé ministériel du 1®'' septembre 1886. Ils se tiennent, chaque année, dans les villes désignées par le conseil général du département intéressé, a
CONCOURS AGRICOLES
«ne époque variant suivant la situation géographique, entre le conimencement de mai et la tin de juin. Les dépenses du concours régional sont supportées par TÉtat qui prend à sa chaige les frais du commissariat, le paiement des prix, des médailles et des objets d’art aux lauréats, et le département et la ville où se tient le concours qui ont à solder les dépenses d'installation matéi ielle du concours. 11 est vrai que le produit des entrées et la vente des catalogues profitent à cette dernière.
19. Ces concours comportent trois divisions : la première, comprenant les animaux reproducteurs mâles et femelles des espèces bovine, ovine et porcine, ainsi que les animaux de basse-cour ; la deuxième, les instruments, et la troisième les produits.
Les animaux sont divisés en catégories et en sections selon leurs races, leur sexe et leur âge. Afin d’encourager spécialement la petite culture, les femelles de la race bovine, autres qu» les Durham, et de la race porcine ainsi que les animaux de basse-cour, ont un classement différent, suivant que le propriétaire exploite un domaine inférieur ou supérieur à 30 hectares. Les prix consistent en sommes d’argent variant de 75 fr. à 400 fr., suivant la nature et l’âge des animaux. A chaque prix est jointe une médaille. De plus, un certain nombre d’objets d’art sont prévus pour récompenser les plus beaux ensembles d’animaux présentés par les exposants. Les animaux primés ne peuvent être vendus ; ils doivent être conservés pour la reproduction et rester dans les étables des lauréats pendant les six mois qui suivent les concours. En cas d’inexécution de cette prescription, la récompense attribuée à l’animal, objet de la contravention, est retirée et le propriétaire peut être pendant un certain temps exclu des concours de l’État.
20. Aux concours régionaux sont annexés des concours hippiques dans lesquels des prix et médailles sont distribués aux chevaux les mieux conformés.
21. Les machines et instruments agricoles ne sont généralement l’objet d’aucune récompense. Le commissaire général peut autoriser des expériences publiques ou des démonstrations pratiques de quelques-uns des instruments exposés, lorsque ces démonstrations ou ces essais' présentent un intérêt spécial à la région où se tient le concours.
22. Les produits et matières utiles à l’agriculture exposés par les producteurs eux-mêmes sont l’objet d’un classement en catégories pour chacune desquelles des médailles d'or, d’argent et de bronze sont prévues.
23. Un jury nommé par le ministre avec adjonction de membres nommés par le préfet et les exposants est chargé de décerner les récompenses.
Pour être admis à concourir il faut adresser au ministre de l’agriculture une déclaration au moins un mois avant l’ouverture du concours *. Le ministre envoie à l’exposant une lettre d'admission
1. Comme pour le concours de Paris, des formules de déclarations sont mises à la disposition du public dans les bureaux du ministère de l’agriculture ainsi que dans les préfectures et les sous-préfectures.
CONDITIONNEMENT m
sur la présentation de laquelle il bénéficie d’une réduction de moitié sur les tarifs de transport en chemin de fer. La durée des concours régionaux est de 8 à 9 jours.
24. Lorsque le concours régional revient dans un département séricicole, des récompenses sont accordées aux sériciculteurs qui présentent les magnaneries les mieux tenues et qui suivent les meilleures méthodes d’élevage et de grainage. Le jury procède comme pour la prime d’honneur et décerne des prix consistant en médailles et en argent. Les concurrents sont divisés en deux catégories, selon qu’ils mettent en éclosion plus ou moins de 75 grammes de graines. Dans le cas où le lauréat a fait preuve d’un mérite exceptionnel, la médaille d’or peut être convertie en objet d’art.
25. Concours de l’Algérie. Depuis 1879 un concours général agricole se tient chaque année en Algérie. Ce concours, organisé sur le modèle des concours de la métropole, comprend, en outre, une division pour les animaux gras. Par exception, en 1888, le concours s’est tenu à Tunis.
26. Concours organisés par les départemoils et les associalions agricoles. En dehors des concours dont il vient d’être parlé, les départements et les associations agricoles organisent également des concours locaux qui, pour avoir un résultat moindre, n’en exercent pas moins une très heureuse influence. Ces concours, comme ceux de l’État, se divisent en concours d’animaux gras et en concours de reproducteurs, d’instruments, de produits, etc.
Concours d’animaux de boucherie. Jusqu’en 1869, en dehors des concours de Poissy et delà Vil- Ictte, des concours d’animaux de boucherie étaient organisés par les soins de l’État, dans un certain nombre de villes de provinces telles que Bordeaux, Nantes, Nîmes, Nevers,Amiens,Bourges,i\ancy, etc. Depuis cette époque, l’administration a abandonné le soin de tenir ces concours aux associations agricoles qui reçoivent, à cet effet, une subvention de l’État proportionnelle aux sacrifices consentis par les conseils généraux et les comices.
27. Concours divers. Chaque année, les associations agricoles consacrent une grande partie de leurs res.sources, provenant des cotisations de leurs membres, des subventions de l'État et des départements, à la tenue de concours agricoles où sont récompensés les domaines les mieux tenus, les animaux les mieux conformés, les instruments les plus parfaits, les serviteurs les plus dévoués, etc.
H. Marchand.
CONCOURS D’ANIMAUX. Voy. Concours agricoles.
CONDAMNÉS. Voy. Prisons.
CONDITIONNEMENT ET TITRAGE (Bdreadx