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CHAP. III. — ORGANISATION DU RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE FRANÇAIS

6. Nous ne nous occuperons ici que de lignes de l'Etat appartenant à l'administration des postes et des télégraphes et utilisées pour l'échange des conversations du public. Au mot Télégraphie nous avons étudié toutes les lignes concédées ou appartenant aux divers services publics, aux compagnies de chemins de fer, aux particuliers, etc., et utilisées au télégraphe ou au téléphone.

Sect. 1. — Réseaux urbains.

7. L'ensemble des postes raccordés (postes d'abonnés et postes publics) au bureau central téléphonique d'une localité forme avec les lignes qui les relient à ce bureau central un réseau téléphonique local urbain. (D. 7 mai 1901.)

Il n'y a qu'un seul réseau et, par suite, qu'un seul bureau central par commune. Exceptionnellement, deux ou trois communes comprenant une agglomération importante distante du chef-lieu de la commune possèdent deux réseaux.

Tout poste téléphonique à établir est obligatoirement relié au bureau central de la commune dans laquelle ce poste est situé. Si la commune n'a pas de réseau téléphonique, le poste est raccordé au bureau central le plus voisin.

8. Le réseau téléphonique urbain de Paris a une importance exceptionnelle qui justifie quelques développements sur sa constitution.

« C'est en 1879, alors qu'il n'existait encore aucun réseau de téléphone en Europe, que le gouvernement français fut saisi de demandes de concessions et accorda des autorisations.

« Ces autorisations furent données le 29 juin 1879 à M. Hébrard, le 12 juillet 1879 à M. loucher de Careil, le 8 septembre 1879 à M. Berthon.

« Le 11 août 1879, M. Hébrard cédait son autorisation à M. Vallat.

« La même aunée, M. Toucher de Careil, de son côté, transférait son autorisation à M. Soulerin.

« Ces changements de titulaires avaient lieu, conformément aux dispositions de l'arrêté du 2G juin 1879, avec l'approbation du ministre des postes et des télégraphes.

« Les prix des abonnements, dont le nombre

est bien peu élevé encore, indiquent que l'on traverse une période d'essai : ils sont de 3t>0 et 400 fr. chez les uns , de 1 000 fr. chez les autres.

« Le 3 avril 1880, MM. Vallat et Soulerin forment de leurs deux autorisations la compagnie des téléphones.

« De son côté. M. Berthon cède son autorisation à la banque franco-égyptienne le 21 avril

« Ces deux exploitations se trouvent alors à forces à peu près égales. La compagnie des téléphones compte 103 abonnés, la banque francoégyptienne en compte 203 ; mais la concurrence qu'elles se font entrave leur développement respectif. Un obstacle plus grave encore vient arrêter subitement l'extension de leurs réseaux.

« La ville de Paris avait refusé, dès le mois précédent, toute nouvelle autorisation pour la réseau aérien, qui comprenait alors 100 kilomètres de fil.

« Dès le mois d'août 1880, elle refuse absolument toute autorisation nouvelle pour le réseau souterrain : son agrément est désormais subordonné aux conditions d'un règlement dont l'un ■ des clauses principales impose aux deux sociélés la nécessité de fusionner leurs intérêts. C'est ainsi que la compagnie des téléphones et la banque franco-égyptienne arrivent, le 10 décembre 1880. à former la société générale des téléphones. » (Rapport de M. Millerand sur le budget des téléphones, 1892.)

9. Le plan adopté par la société pour la constitution du réseau de Paris comportait rétablissement d'un certain nombre de bureaux centraux répartis dans les divers quartiers de la ville \ le rattachement de tous les abonnés à un bureau unique aurait entraîné des dépenses considérables pour la construction des lignes. Douze bureaux centraux furent donc installés et mis successivement en service. Chacun de ces bureaux était relié directement à tous les autres au moyen d'un certain nombre de lignes auxiliaires ; de telle sorte que la mise en communication de deux abonnés quelconques ne nécessitait l'intervention que de deux bureaux au plus.

10. Dès que l'État, usant de la faculté de rachat qu'il s'était réservée, eut pris possession du réseau de Paris, son premier soin fut, après avoir réduit la taxe du tiers, de rechercher les améliorations matérielles à réaliser pour assurer le développement du service. Le plan primitivement adopté consistait à ramener le nombre des bureaux centraux de douze à quatre: un au centre, un à l'est, un à l'ouest et le quatrième sur la rive gauche. La dépense prévue dépassait 14 millions. Dlis considérations d'ordre budgétaire conduisirent l'administration à moditier sa conception première et à s'arrêter à celle, moins rationnelle, peut-être, mais plus économique, comportant un bureau principal desservant le centre de la ville, ainsi que les lignes interurbaines et suburbaines, quatre autres bureaux sur la rive droite et enfin deux sur la rive gauche. C'est dans ce sens que fut poursuivie la transformation du réseau.

Le rapide développement pris par le réseau fait

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qiu' la solution adoptée comme pis-aller est aujourd'hui techniquement la meilleure. Le nombre des bureaux actuellement en service est de neuf: trois fonctionnent a Phôte] de Gutenberg, les si\ antres sont installes rue Desrenaudes, rue de Passy, avenue de Saxe, boulevard de Port-lloyal, nu» de la Roquette et rue Chaudron. Tous les abonnés qui existent on se présentent dans la circouscription d'un bureau sont reliés au multiple de ce bureau. Le premier chiffre du numéro de l'abonné indique le bureau auquel il est relié.

I n | rincipe, il n'est plus aujourd'hui raccordé aui bureaux téléphoniques centraux de Paris de postes établis hors de Penceinte de la capitale.

41. Les appareils que la société générale des téléphones Utilisait dans ses bureaux centraux de Paris étaient loin de repondre à l'état de la science 11 fut décidé qu'ils seraient, remplacés par des commutateurs multiples d'usage courant aux Ètats-l nis et employés dans certains réseaux en Belgique et en Suisse. Le premier essai de ces appareils fut effectué en janvier 1891, au bureau de l'avenue des (iobelins ; les résultats en furent complètement satisfaisants. Des commutateurs de ce système furent installés dans tous les bureaux centraux.

Les extensions nouvelles d'appareils dans les bureaux centraux de Paris sont réalisées d'après un type nouveau créé spécialement pour Paris et dont les premiers spécimens ont été mis en service en 1 90 i .

12. Les divers postes téléphoniques dont la concession peut être accordée dans chaque réseau local sont dénommés, suivant le cas, postes principaux ou postes supplémentaires. Les postes principaux sont reliés, par une ligne spéciale, directement au bureau central. Les postes supplémentaires sont rattachés à un poste principal.

Les postes supplémentaires installés dans le même immeuble que le poste principal auquel ils sont rattachés peuvent être affectés au service de l'abonné titulaire de ce poste principal ou à celui de ] rsonnes habitant cet immeuble.

Les postes supplémentaires installés dans un immeuble différent de celui dans lequel est placé le poste principal auquel ils sont rattachés ne peuvent être affectés qu'au service exclusif de l'abonné titulaire de ce poste principal. (D. 7 mai 1901, art. 2.)

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