‹ Dictionnaire de l'administration française;Chapitre 1070 sur 1411 · POSTES PRINCIPAUX EN · texte numérisé non relu

POSTES PRINCIPAUX EN

des

HÉSEUX

Paris . .

Lyon . .

Marseille.

Bordaux

4 il

Exploitation de la société.

Exploitation de l'État.

Sect. 2. — Groupes téléphoniques.

14. i/organisation des réseaux urbains ne tarda pas à être complétée par l'établissement de circuits téléphoniques permettant de correspondre entre villes é.'oiguées.

Entre ces deux extrêmes de l'exploitation téléphonique : les communications à l'intérieur des

villes et les communications par lignes à longue dislance, il y avait place pour un système de communications intermédiaires.

15. 11 importait, en effet, de faciliter dans la plus large mesure remploi du téléphone dans les relations entre certains centres et des localités voisines ayant les mêmes besoins et vivant de la même vie économique.

En prenant, par exemple, Paris et Saint-Denis, ou Asnières, etc., Lyon et Villeurbanne, etc., on conçoit aisément qu'en raison de l'activité et de la nature des relations téléphoniques entre des villes ainsi placées dans une dépendance réciproque au point de vue des affaires ou de la villégiature, on doit admettre un régime différent de celui applicable aux relations entre Paris et Lille, ou entre Lyon et Bordeaux.

16. C'est en vue de répondre à des considérations de cet ordre que fut autorisée, par un arrêté du 8 décembre 1885, la création des réseaux annexes devenus réseaux d'un même groupe en 1901.

Les réseaux téléphoniques locaux respectivement reliés à un même centre par une ligne directe et spéciale dont la longueur totale ne dépasse pas 25 kilomètres peuvent constituer avec ce centre un groupe téléphonique. (D. 7 mai 1901, art. 12.)

Des arrêtés du sous-secrétaire d'État désignent les réseaux faisant partie d'un même groupe.

Sect. 3. — Lignes interurbaines.

ART. 1. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. TÉLÉGRA- PHIE ET TÉLÉPHONIE SIMULTANÉES.

17. La France a été une initiatrice pour la téléphonie à distance comme elle l'a été pour la téléphonie urbaine. Si, en effet, Paris a été la première ville d'Europe dotée d'un réseau téléphonique, d'un autre côté le circuit Paris-Marseille a été pendant longtemps la plus longue ligne téléphonique du monde.

18. Le téléphone était à peine connu qu'on commençait déjà à faire des essais pour correspondre à distance ; mais on reconnut bien vite que la portée de l'appareil était très limitée lorsqu'on introduisait un câble sous-marin ou souterrain dans le circuit ; que son emploi sur un fil établi dans les conditions ordinaires de la télégraphie était presque impossible, etc.

19. On imagina bien des moyens pour combattre les phénomènes multiples et complexes qui constituent autant d'ennemis de la téléphonie. Il en est trois à retenir : usage de fils de bronze ou de cuivre à l'exclusion du fer, emploi d'un circuit entièrement métallique sans aucune prise de terre, disposition symétrique des deux fils constituant le circuit par rapport à tous les autres conducteurs voisins. Toutes les lignes interurbaines en France remplissent ces trois conditions.

20. Au début,' on chercha à obtenir des communications téléphoniques interurbaines sans établir des lignes spéciales. Plusieurs savants, notamment M. Van Rysselberghe, M. Cailho, M. Picard, indiquèrent des procédés ingénieux pour constituer des circuits téléphoniques à Laide des fils télégraphiques existants. Le système était trop économique pour ne pas séduire les admi-

nistrations, qui s'empressèrent, vers 1885, d'approprier leurs fils de fer posés à la télégraphie et à la téléphonie simultanées ; mais l'audition était très défectueuse et le public ne se présentait pas pour utiliser de telles lignes (Roueu-Le Havre, Paris-Reims, etc.).

Ces résultats tirent admettre que pour avoir de bonnes communications, il fallait établir des circuits en cuivre à deux fils ; mais l'idée de l'emploi simultané de la télégraphie et de la téléphonie était si séduisante en théorie que, dès l'achèvement de ces circuits en fils de haute conductibilité, l'administration les fit approprier pour les utiliser au double service. Les résultats furent plus satisfaisants qu'avec des fils de fer; néanmoins, on diminuait beaucoup la valeur téléphonique des circuits et cette diminution apparaissait surtout lorsqu'on mettait plusieurs circuits les uns au bout des autres pour étendre les relations téléphoniques.

Aussi, depuis six ans, il n'est plus établi de nouvelles lignes à transmission simultanée et les anciennes sont presque toutes dédoublées.

21. Le prix considérable d'établissement des circuits a fait rechercher d'autres moyens d'arriver à en accroître le rendement. Depuis environ un an des essais, qui paraissent très satisfaisants (déjà plusieurs circuits sont exploités de celte manière), sont poursuivis en vue d'accoupler deux circuits suivant le même chemin de manière à obtenir avec eux une nouvelle ligne de correspondance. On arrive ainsi à échanger par deux circuits (quatre fils) trois communications téléphoniques simultanées et indépendantes.

ART. 2. UGNES INTÉRIEURES.

22. La constitution du réseau téléphonique interurbain présente des difficultés qu'on ne rencontre pas en télégraphie.

Pour que deux villes puissent échanger entre elles des télégrammes il n'est nullement nécessaire qu'elles communiquent directement entre elles ; en téléphonie, il n'en va plus de même ; pour que la conversation soit possible il faut que les deux villes communiquent directement; sans doute, il ne sera pas nécessaire que cette communication existe constamment, on pourra ne rétablir que pour les besoins de la conversation considérée en mettant bout à bout divers circuits; mais, pour mettre ces circuits bout à bout, il faudra d'abord les rendre tous disponibles au même moment et, d'autre part, il sera nécessaire que l'audition reste bonne malgré la longueur des circuits et les appareils établis dans les bureaux aux points de jonction des divers circuits.

Ces conditions limitent beaucoup dans la pratique le nombre des circuits qu'on peut ainsi connecter l'un au bout de 1* autre, et les règles à suivre pour constituer le réseau interurbain doivent s'inspirer de ces considérations.

23. Sur ces difficultés d'ordre technique s'en grefïent d'autres d'un ordre différent. Nous verrons plus loin (chap. V) que les circuits téléphoniques sont établis presque toujours à l'aide d'avances consenties par des intéressés et exceptionnellement à l'aide de crédits alloués par le parlement. 11 résulte de là que les lignes ne sont pas établies comme il conviendrait d'après de

pures considérations d'intérêt général ou, plus exactement, il est très fréquent que des lignes d'intérêt local ou spécial spnt établies plus tôt que les lignes d'intérêt général. Tous les efforts de l'administration tendent à coordonner les initiatives locales pour arriver, malgré cette difficulté, à établir un réseau interurbain rationnel et permettant au plus grand nombre possible de localités de communiquer entre elles.

24. 11 a été fait choix d'un certain nombre de villes importantes i une vingtaine), où les réseaux urbains locaux avaient un assez grand développement, pour constituer des centres téléphoniques régionaux. Le but à atteindre est de relier tous ces centres régionaux par des circuits en fil de cuivre de gros diamètre et en nombre suffisant pour les besoins du service.

A ces centres régionaux doivent être raccordés par des circuits directs tous les réseaux urbains locaux secondaires de la région.

Enfin, les réseaux peu importants seront raccordés au réseau secondaire dans la circonscription duquel ils sont situés par des circuits directs.

Lorsque cet état idéal sera atteint il n'y aura jamais, même dans le cas le plus défavorable et le plus rare de mise en communication de deux réseaux peu importants, plus de cinq circuits à mettre bout à bout et tous les réseaux urbains locaux du territoire pourront communiquer entre eux. Mais le réseau, malgré l'essor considérable pris en ces dernières années, est encore très éloigné de la situation définitive.

Eu outre de ces circuits formant F ossature théorique du réseau, il convient d'établir des circuits auxiliaires en vue soit d'assurer des relations directes entre localités ayant un important trafic entre elles, soit de faciliter des relations de voisinage.

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