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DE LA FLOTTE

26. En raison de la complication du matériel naval, il faut que chacune de nos unités de combat, à partir du jour où elle a pris armement pour la première fois, conserve son existence propre, son matériel embarqué ou tout au moins réservé et, s'il se peut, un personnel qui connaisse assez bien le bâtiment et ses organes divers pour encadrer utilement le complément d'effectif. C'est à ces préoccupations que répondent le décret du 16 avril 1902 el les arrêtés des 17 avril 1902 et 19 novembre 1903 rendus par son exécution.

27. Les bâtiments de la marine nationale peuvent se trouver dans une des situations suivantes :

I. En construction. Soit sur cale, soit en achèvement à flot, soit en premier armement pour essais;

II. En service. Armés, c'est-à-dire prêts à appareiller au premier signal ; en disponibilité, c'està-dire ayant un effectif réduit, mais pouvant prendre la mer dès que les effectifs réglementaires sont complétés ; en réserve normale, c'està-dire pouvant suivre toute destination dix jours après avoir complété l'effectif : ils conservent leur autonomie militaire et administrative ; en réserve spéciale : ce sont des navires de moindre valeur qui sont groupés sous les ordres du même chef, ils sont susceptibles d'être armés dans les quinze jours ; il y a enfin les indisponibles : ce sont les navires qui doivent subir des travaux

'de longue durée : ils ne gardent que le personnel indispensable à leur entretien ;

III. Désarmés. Ce sont les bâtiments dont le matériel est assez simple pour qu'on puisse l'entretenir sans conserver du personnel à bord ;

IV. Condamnés. On comprend sous cette dénomination les bâtiments qui sont reconnus impropres à la navigation et qu'on utilise pour des services spéciaux, à moins qu'ils ne soient vendus ou démolis.

28. Les bâtiments en construction dans les ports militaires sont placés sous la direction des services techniques, ceux qui sont construits par l'industrie sur ses chantiers sont placés sous le contrôle du service spécial de la surveillance centralisé au ministère. Quand les travaux sont suffisamment avancés, le ministre désigne un commandant et un personnel d'officiers, de maîtres et de brevetés pour suivre les travaux d'achèvement, apporter aux services techniques le concours de leur expérience du métier de la mer, étudier à fond les détails de la construction et recueillir les documents qui permettront plus tard l'utilisation complète du bâtiment. Quand l'achèvement du navire est prochain, le ministre prescrit l'entrée en armement, ou renforce l'effectif et le commandant devient responsable de la garde et de la discipline du bâtiment; il contrôle l'activité des ouvriers à bord, mais ce sont les directions qui demeurent responsables des travaux.

29. Il est ensuite procédé à des essais en présence d'une commission du 1er degré où sont représentés tous les services militaires et techniques sous la présidence du major général. Les expériences portent sur la coque et ses accessoires, l'appareil moteur et évaporatoire, l'artillerie, les torpilles, les installations électriques, les installations pour la navigation. La commission fait des propositions pour fixer les bases d'éclairage, les allocations de matériel et la composition définitive de l'équipage. Ses opérations sont surveillées et revisées par une commission dite du 2e degré, venant de Paris et qui ne relève que du ministre. 11 est ensuite procédé à la constatation des aménagements du navire et à l'accomplissement de toutes les formalités réglementaires, puis le bâtiment est admis au service actif.

A partir de ce moment, les officiers de marine prennent la responsabilité du matériel pour la conserver jusqu'au jour de sa condamnation.

30. L'ensemble de chaque bâtiment, personnel et matériel, est réparti en un certain nombre de services qui englobent tous les détails du bord et dont la direction est confiée à des officiers responsables vis-à-vis du commandant. Il y a le service de la manœuvre et des signaux, l'artillerie, l'artillerie légère et la mousqueterie , la torpille, l'électricité, la machine motrice et l'appareil évaporatoire, le service de la coque, les approvisionnements, enfin le service sanitaire.

Chaque chef de service est secondé par un certain nombre d'officiers et de gradés, il dispose du matériel de rechange nécessaires à l'entretien de toutes les parties et des divers organes de son service; toutefois il n'y a qu'un atelier central, celui de la machine, pour tous les besoins du bord.

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