BREVETS ET CERTIFICATS
École des gabiers.
191. Ce navire à voiles, actuellement la Melpomène, est placé sous l'autorité du major général du 2e arrondissement maritime. 11 y a deux contingents par an, de 250 hommes chacun, non compris les engagés à long terme provenant de l'École des mousses. L'instruction dure six mois; les apprentis qui satisfont à l'examen reçoivent le brevet de gabier ; ceux qui, tout en échouant, ont quelque instruction ou aptitude, reçoivent le titre de gabier auxiliaire.
École de cartonnage.
192. Actuellement installée à bord de la Couronne, à Toulon : elle reçoit, pour huit mois, des apprentis, au nombre d'environ 300, qui, à
MARLNE MILITAIRE, 197-199. 1841
l'expiration des cours, subissent l'examen et reçoivent le brevet de canonnier ou de canonnier auxiliaire et, pour quatre mois, des canonniers vétérans au nombre de 100; ce sont les canonniers de tous grades sortis de l'école depuis plus de quatre ans et qui viennent renouveler leur instruction.
École des torpilles.
193. Ce bâtiment-école, aujourd'hui VAlgésiras, reçoit à deux reprises pour cinq mois, une centaine d'apprentis-torpilleurs, 100 mécaniciens apprentis-torpilleurs, et pour trois mois 60 mécaniciens torpilleurs renouvelant leur instruction et premiers maîtres mécaniciens désireux de servir dans les défenses mobiles.
Si les marins et les mécaniciens, au lieu d'être destinés au service de la flotte, doivent être affectés au service sédentaire des défenses tixes, c'est dans une des défenses fixes des cinq ports qu'ils reçoivent, durant six mois, l'instruction théorique et pratique indispensable.
Bataillon tï a}} prenl is- fusi lier s .
194. Le bataillon forme une annexe du dépôt des équipages de Lorient ; il est commandé par un capitaine de frégate; les services accomplis comptent comme services à la mer; il reçoit, par an et pour cinq mois, deux contingents de 600 à 700 hommes chacun, l'un en janvier, l'autre en juillet. Sur ce nombre, il y a environ 200 hommes qui, ayant obtenu seulement le titre de fusilier auxiliaire, perfectionnent leur instruction pour obtenir le brevet.
École de timonerie.
195 Cette école fonctionne soit à bord de bâtiments affectés à ce service spécial, soit à bord de tout autre bâtiment armé désigné par le ministre; actuellement, c'est à bord du vaisseauécole de canonnage; il y a, chaque année, deux contingents de 120 à 140 hommes chacun faisant une période d'instruction de cinq mois; les périodes commencent en avril et en octobre. Les marins qui n'ont pu obtenir que le titre de timonier auxiliaire peuvent, après avoir accompli un an d'embarquement, obtenir dans les forces navales la concession du brevet après avoir fait preuve des connaissances suffisantes devant une commission d'examen.
École des mécaniciens. (Arr. 2,"> nov. 1894.)
196. Les bâtiments de la flotte reçoivent et emploient sous le nom d'ouvriers mécaniciens :
1° Les mécaniciens de l'inscription maritime ayant fait preuve de connaissances professionnelles suffisantes au moment de leur levée;
2° Les ouvriers ajusteurs, forgerons, chaudronniers en fer et en cuivre, fondeurs-mouleurs et électriciens provenant de l'industrie et qui se sont engagés ou ont été appelés au service :
3° Les apprentis-marins qui ont suivi les cours d'une école de mécaniciens et qui, n'ayant pas été admissibles à l'emploi d'élève-mécanicien ou au grade de quartier-maître, ont cependant été reconnus capables de servir comme ouvriers mécaniciens.
Les mécaniciens complètent leur instruction théorique et pratique dans les écoles établies à Brest et à Cherbourg, sous le commandement d'un officier de marine.
Les deux écoles reçoivent des candidats au grade de premier maître ou de maître mécanicien théorique et des candidats au grade de quartiermaître théorique; en outre, celle de Brest fait un cours de neuf mois aux seconds maîtres pratiques et quartiers-maîtres candidats au grade de second maître théorique ; celle de Toulon, un cours de cinq mois et demi aux élèves-mécaniciens candidats au grade de second maître théorique et qui proviennent d'un concours d'apprenti-élève passé dans les ports.
La commission permanente d'examen des mécaniciens fait subir les épreuves au cours de tournées périodiques.
197. A Lorient, en 1900, il a été fondé une école d'ouvriers mécaniciens ; son organisation a fait l'objet d'un arrêté du 30 décembre 1901. Elle reçoit, le 1er avril et le 1er octobre de chaque année, des jeunes gens de quinze ans neuf mois à dix-sept ans, robustes et bien constitués, sachant lire et écrire, exempts de toute condamnation. Les cours durent deux ans et demi au plus pour chaque contingent: ils ont pour but l'instruction professionnelle théorique et pratique. Les apprentis qui satisfont à l'examen de sortie sont nommés ouvriers mécaniciens; les autres sont embarqués comme chauffeurs auxiliaires.
École de pilotage.
198. Les élèves-pilotes reçoivent leur instruction théorique et pratique au cours d'un embarquement sur un bâtiment armé [Y Élan), qui sert d'école de pilotage des côtes nord et ouest de France. La durée de l'instruction est de cinq ans. Les apprentis-patrons-pilotes reçoivent leur instruction à bord de deux torpilleurs armés spécialement pour le service d'école dans chacun des arrondissements maritimes, et qui relèvent du commandant de la défense mobile.
Les pilotes brevetés sont renvoyés périodiquement à l'école pour y renouveler leur instruction. Quant aux patrons-pilotes, ils sont examinés par une commission que préside un officier supérieur et qui s'assure qu'ils ont une valeur professionnelle suffisante. {Arr. § juin 1899, 6 mars 1901, 7 mars 1903.)
Cours d'administration ; écoles de comptabilité, etc.
199. Dans chaque dépôt, sous la direction du commissaire-trésorier, fonctionne une école de comptabilité destinée à donner l'instruction au personnel de la spécialité des fourriers. Les élèves suivent le cours pendant six mois, tout en participant aux travaux de comptabilité des bureaux et des compagnies du dépôt et passent un examen qui leur donne droit, en cas de succès, à la délivrance du certificat de fourrier.
. Les matelots fourriers et les quartiers-maîtres fourriers sont en outre admis à suivre le cours d'administration et de comptabilité qui fonctionne dans les mêmes conditions et ils peuvent, après examen, obtenir le brevet de secrétaire de commandant-comptable.
Il y a aussi un cours pour former le personnel spécial des vivres, commis aux vivres, distributeurs, boulangers-coqs.
Il existe à Brest une école de voilerie qui, au
bout d'un in, délivre des certificats de voiliers aux brevetés de la manœuvre qui ont tait preuve
df connaissances suffisantes. [G. 20 avril 1900.)
Cours pour te* infirmiers.
200 Les apprentis-infirmiers, au nombre de >o environ pour chacnn dos deux contingents
annuels, font un stage de six mois dans les hôpitaux de la marine et reçoivent un brevet s'ils passent ivec succès l'examen qui termine le stage. Pour être promus au grade de second maître, les quartiers-maîtres infirmiers doivent suivre avec succès un cours t'ait dans les hôpitaux et qui
dure environ six mois.
Écoles de chauffe.
201. Biles fonctionnent dans les défenses mobiles des cinq ports et ont pour but de fournir à la marine, après un stage de deux mois, des hommes sachant conduire les feux et entretenir les appareils de la machine et qu'on appelle chauffeurs auxiliaires: ils reçoivent leur brevet après avoir accompli un certain nombre d'heures de chauffe et satisfait à l'examen professionnel.
202. La marine veille également à l'instruction des tailleurs d'habits, des maîtres d'hôtel et cuisiniers dont elle a besoin pour le service des bâtiments.
En outre, elle fournit à son personnel le moyen d'obtenir des certificats et brevets accessoires au cours normal (renseignement pour les instituteurs élémentaires de la flotte (Bretagne) , à l'école de scaphandre, enfin aux annexes du bataillon d'apprentis-fusiliers, c'est-à-dire à l'école de tir, à l'école des tambours et clairons et à l'école normale de gymnastique et d'escrime.
203. La marine n'autorise qu'exceptionnellement le changement de spécialité, surtout chez les oflficiers mariniers; il faut, d'une manière générale, que l'État ait la preuve que l'intéressé fournira un temps de service suffisant pour compenser les dépenses d'instruction; il faut en outre que l'aptitude à la nouvelle spécialité soit dûment reconnue.
École des officiers mariniers candidats au grade d'officier.
204. Il existe au dépôt des équipages de Brest un cours destiné à préparer à l'examen pour le grade d'enseigne de vaisseau les premiers maîtres des spécialités ci-après : de manœuvre, canonnage,
isqueterie, timonerie et torpilleurs [L. 10 juin
1896, art. 30), et pour le grade de premier maître t U ve-ofiicier les seconds maîtres de toutes les spécialités [L. 10 juin 1896, art. 30, et D. 30 avril 1897, art. 187 à 191).
La durée des cours est de onze mois; c'est le ministre qui fixe le nombre des admissions.
Après avoir subi les examens, les premiers maîtres reconnus admissibles sont portés sur uneliste en vue de leur nomination au grade d'en- Les seconds maîtres reconnus admissibles sonl Dommés premiers maîtres et, après avoir fait deux ans d'embarquement et avoir été proposés, il> sont également portés sur la liste en vue de leur nomination au grade d'enseigne.
Les premiers maîtres et seconds maîtres élimines qui ont passé par le cours préparatoire sont réintégrés dans leur spécialité d'origine.
A UT. 5. — EMBA HQUEMENT ET DÉBARQUEMENT, CONGÉDIEMENT.
205. Chaque bâtiment de la tlotte a un tableau de composition d'équipage préparé, comme nous Lavons dit, par les commissions d'essai et arrêté par le ministre; c'est d'après les fixations de co tableau qu'on embarque le personnel sur l'ordre du commandant du dépôt d'après les instructions du major général. Les mutations doivent être approuvées par ce dernier, si les bâtiments dépendent du préfet maritime; hors ce cas, il faut l'assentiment des commandants en chef intéressés.
En principe, tout ordre relatif à un mouvement d'embarquement ou de débarquement doit être donné plusieurs jours d'avance pour permettre de procéder avec le soin voulu à toutes les formalités
nécessaires.
Le commandant doit signaler à son chef les excédents ou déficits qu'il constate dans son effectif réglementaire, ainsi que les noms des marins qui doivent être débarqués pour un motif quelconque; tout embarquement irrégulier engage la responsabilité de l'officier qui l'a provoqué, ordonné ou maintenu.
Au vu des ordres reçus, le commandant du dépôt désigne les marins qui sont nécessaires en suivant le tour d'embarquement établi pour chaque grade dans les diverses spécialités; les listes d'embarquement sont affichées dans les chambrées. Quand il s'agit d'un navire en partance pour une destination lointaine, le préfet maritime doit, après épuisement du personnel disponible à l'embarquement, puiser dans le cadre permanent du dépôt ainsi qu'à bord des bâtiments-écoles, navires en réserve, défenses mobiles, etc.
11 est procédé à la visite médicale préalable des hommes destinés à l'embarquement; les marins reconnus impropres peuvent être distraits jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur sort.
Pour des considérations de service, l'embarquement est différé en faveur de certaines catégories de personnel limitativement fixées par le décret du 30 avril 1897; certains embarquements ont lieu au choix, comme ceux des patrons de canot d'officier général, des premiers maîtres faisant fonctions de second, des instructeurs des écoles de spécialités, des fourriers-secrétaires, des équipages des sous-marins, des cuisiniers et maîtres d'hôtel, etc. [D. et Arr. 19 sept. 1903.)
La durée normale de l'embarquement des officiers mariniers, quartiers-maîtres et marins est de trois ans, à moins qu'ils ne servent dans des parages pour lesquels des périodes de séjour ont été déterminées ou que, se trouvant sur les côtes de France ou de l'Afrique du Nord, ils n'aient droit à leur congédiement. 11 est également procédé au remplacement des marins malades ou de ceux qui sont absents au moment du départ.
Le personnel disponible dans les dépôts est mis en subsistance à bord des bâtiments en réserve, à l'atelier central de la flotte, à la défense mobile, à la direction des mouvements du port; les marins en surplus sont affectés au service des dépôts, où ils remplissent tous les emplois propres à entretenir et perfectionner leur instruction.
MARINE MILITAIRE, 20s, 209. 1843
Les infirmiers sont employés clans les hôpitaux à terre.
206. Les marins arrivés au terme de leur service sont congédiés par les soins de leur bâtiment ou de leur dépôt; ils peuvent aussi être réformés lorsqu'ils sont atteints de blessures ou d'infirmités qui les rendent impropres à l'activité : réformés n° 1 si la cause des blessures ou infirmités résulte de leurs fonctions; réformés n° 2 dans le second cas. [Arr. 5 juin 1897 sur le service courant modifié par Arr. de sept. 1903.)
Les officiers mariniers, quartiers- maîtres et marins sont admis à la retraite et rayés des contrôles de l'activité dès qu'ils atteignent l'âge de cinquante ans.