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II BALISAGE

Sect. 1. Amers, balises, bouées, 13 à 17. 2. Signaux sonores, 18.

CHAP. DI. ADMINISTRATION. DÉPENSES, 19 et 20. CHAP. I. — PHARES ET FANAUX.

1 . Les phares sont des feux allumés aux sommets de hautes tours soit en maçonnerie, soit en

métal, pour indiquer, pendant la nuit, la position ou le voisinage des côtes ou des écueils.

2. On nomme feux flottants des feux installes sur des pontons mouillés en pleine mer, à l'entrée de certaines passes ou rades qu'il importe de signaler au navigateur.

3. Pendant longtemps on a regardé les entrées des ports et les embouchures des fleuves ouverts ii la navigation comme les seules parties du rivage qu'il fût nécessaire d'éclairer. Ce système défectueux a été abandonné 5 c'est en effet à l'approche des côtes que se trouvent les dangers les plus redoutables pour les navires et il est de la plus haute importance de signaler aux marins la position du littoral.

4. Les phares de grand atterrage, qui remplissent cet office, sont ceux qui réclament la plus grande portée lumineuse ; ils sont établis sur des caps, des îles on des bancs de manière à former, autant que possible, les sommets d'un polygone circonscrit à tous les écueils et à entourer le littoral entier d'une zone lumineuse continue. Des phares particulièrement puissants sont établis sur les points que la grande navigation a le plus habituellement à reconnaître.

5. Dans la baie plus ou moins ouverte qui est comprise entre deux phares de grand atterrage, il existe des caps secondaires, des îles, des écueils que le navigateur a intérêt à connaître ; il y a des passes dont il est utile de signaler la direction. On éclaire ces régions par des feux moins intenses que ceux de premier ordre et dont les rayons sont parfois concentrés dans un faible espace angulaire.

6. Entin la route étant ainsi jalonnée jusqu'auprès du port, il suffit d'installer de faibles lumières sur les jetées pour indiquer l'entrée du chenal.

7. Au point de vue de l'intensité lumineuse et de la portée, les phares sont classés en feux électriques et, pour les phares éclairés à l'huile minérale, en feux hyperradiants, puis en feux de 1er ordre, ces trois catégories de feux étant destinées au grand atterrage. Ensuite viennent des feux à l'huile minérale de 2e, 3e et 4 e ordre destinés, concurremment avec les feux tlottants, à éclairer les passes et les écueils les plus rapprochés des côtes et enfin des feux de 5e ordre appelés aussi fanaux ou feux de port.

8. La portée varie depuis 15 kilomètres, pour les fanaux, jusqu'à 60 kilomètres et même 70 kilomètres, pour les phares de premier ordre, lorsqu'ils présentent une hauteur suffisante au-dessus de l'horizon ; elle peut d'ailleurs être considérablement atténuée par l'état de l'atmosphère.

9. La multiplicité des phares établis sur les côtes pourrait donner lieu à de funestes méprises. On peut à une grande distance les confondre avec les étoiles ou se tromper dans leur reconnaissance. Pour éviter ce danger, on diversifie les feux.

10. Les phares des côtes de France peuvent être divisés d'après leurs caractères distinctifs en neuf genres principaux : l°les feux fixes, qui sont blancs ou colorés, soit en rouge, soit en vert ; 2° les feux à éclipses, dans lesquels des éclipses se succèdent régulièrement à des intervalles qui varient de 10 secondes à une minute d'un phare à

PHARES, FANAUX, etc., 11-17.

l'autre, quelques feux à éclipses sont rouges ; 3° les feux variés par des éclats, qui sont des feux fixes variés par des éclats lumineux se succédant à des intervalles de 2, 3 ou 4 minutes. Ces éclats sont précédés ou suivis d'éclipsés de courte durée; 4° les feux à groupes d'éclats, chaque groupe étant constitué par une série d'éclats très rapprochés dont le nombre caractérise le phare ; 5° les feux scintillants, dont les éclats se succèdent à des intervalles réguliers très rapprochés (5 secondes et au-dessous) ; G0 les feux alternativement fixes et scintillants ; 7° les feux clignotants, qui diffèrent des feux scintillants en ce que les éclipses sont de très faible durée comparativement aux éclats; 8° les feux diversement colorés, qui présentent de nombreuses variétés dues à la combinaison des précédents caractères avec la variation des couleurs blanche, rouge et quelquefois verte. Enfin, un neuvième caractère, employé exceptionnellement, consiste dans l'installation de deux feux fixes jumeaux.

11. Si, pour un motif quelconque, l'entrée d'un port est momentanément interdite, les navigateurs venant du large en sont prévenus par la coloration en rouge des deux feux qui éclairent cette entrée, et, s'il n'y a qu'un seul feu de port, par l'allumage d'un second feu rouge à proximité du premier.

12. Il convient d'ajouter que la distance observée entre deux phares du même caractère est toujours assez grande pour surpasser l'erreur de position qu'il est possible de commettre dans les circonstances ordinaires de la navigation.

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