‹ Dictionnaire de l'architecture du Moyen âgeChapitre 12 sur 140 · AMB · texte numérisé non relu

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seulement à donner du jour, ne diffèrent en rien des parties environnantes.

ALVÉOLAIRE ( Dessin ). Genre d'ornement qui afiTecte des formes d'alvéoles, et qui décore quelquefois les fûts des colonnes au XIP siècle.

AMANDE , f. Petit ornement effectivement de la forme d'une amande, et qui est ordinairement disposé en chapelet. (Voyez la vignette de l'article Ove,)

AMANDE MYSTIQUE. Un des noms donnés aux auréoles, désignées aussi sous le nom de vesicœ piscis. (Voyez Auréole.)

AMBON, m. Espèce de chaire qui, dans les églises primitives, était située dans le sanctuaire, devant l'autel, et souvent aussi dans la nef.

Ambon de U batiliqae de Saiot-Cléneni, k Rome.

On y parvenait par deux escaliers ; celui de gauche ou du nord, était réservé au lecteur des évangiles ; celui de droite ou du midi,, au lecteur des épîtres. C'est cette circonstance qui fait qu'on distingue encore aujourd'hui les deux côtés d'une église, en côté de Vépîtreet côté de V évangile.

Le motamhon est dérivé de dffji.6wv, lieu élevé, ou de àvaêaiveiv, monter, étymologie qu'explique l'existence des marches par lesquelles on parvenait à l'ambon; mais d'autres auteurs l'ont fait venir du latin ambo, parce que, disent-ils, il y avait deux ambons. Cela avait effectivement lieu souvent, etmème il s'en trouvait parfois un troisième pour le chant des psaumes ; mais il semble que généralement il n'y avait qu'un ambon, qui, au reste, était fréquemment divisé à l'intérieur en deux parties.

« L'ambon, dit M. Batissier, pouvait être assez grand pour « qu'il y eût un autel, comme celui de Saint-Jean à Lyon, où on

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« disait la messe tous les joui'S après matines. On n y lisait pas « seulement Tépitre etTévangile, on y lisait aussi les lettres de « paix et de communion ; on y publiait les excommunications, « les miracles, etc., etc. » Jusqu'au XilL^ siècle, les ambons ont servi de chaire à prêcher, ajoute le même auteur ^

La forme des ambons variait beaucoup ; il y en avait de carrés, de ronds, de forme polygonale. Ils étaient très-fréquemment en marbre et ornés de bas-reliefs. Ils portaient sur des soubassements de diverses formes» et quelquefois formaient comme un ciboire soutenu par des colonnes, et placé au- dessus d'un auteJ.

Le plus ancien ambon, d'une date positive, se voit dans Téglise du Saint-Esprit, àRavennes; il est du VP siècle. Le plus moderne, au contraire, est, diton, celui de l'église Saint-Pancras, à Rome; il porte la date de iS49.

. AMBULATOIRE, m. Vieux mot qui désigne un lieu destiné à la promenade, par exemple une galerie de cloître. On a dit aussi Promenoir.

AMONT. Le côté à'amont d'un pont est celui qui est opposé au courant.

AMORCES, f. (Voyez Harpes.)

AMORTISSEMENT, m. Dans son sens le plus large, ce mot désigne tout ce qui forme la partie supérieure, tout ce qui couronne : ainsi une balustrade qui se trouve au sommet d'une tour, est son amortissement. Mais dans son sens le plus restreint, cette expression désigne particulièrement l'ornement qui termine une partie d*édifice qui oflre une forme pyramidale, comme le bouquet placé ordinairement au haut des pinacles, les croix ou les coqs qui surmontent les clochers, etc.

Dans les Instri^Uons du Comité des Arts, V Amortissement est défini : « La partie supérieure d'une baie lorsqu'elle va en diminuant vers le sommet. »

ANCON, m. Encoignure, angle intérieur d'une salle. Ce mot est peu usité.

ANGLET, m. Sorte de rainure présentant ordinairement

* Éléments d' Ârrhénlogie nationale , p. SS.'l.

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trois plans assemblés à angle droit. (Voyez les explications sur ce mot à Tarticle Moulure.)

Refend est souvent synonyme û'anglet,

ANGULAIRE. On dit une colonne angulaire, un pilastre an-gulaire, pour indiquer celle ou celui qui se trouve à un angle, soit intérieur, soit extérieur.

VArc angulaire est celui qui forme un angle rectiligne. (Voyez Arc.)

ANNEAU, m. Moulure convexe qui ceint le fdt d'une C/Olonne. (Voyez Annelé, et la première vignette de l'article Colonne.)

ANNELÉ. Une cx)lonne annelée est celle dont le fût est orné â une certaine hauteur d'une sorte de ceinture, formée par une moulure convexe. Ik est rare qu'une colonne soit deux fois annelée.

Les colonnes annelées datent ordinairement de la fin du XÏI' et du XIIP siècle. Elles subissent quelquefois une diminution de diamètre "au-dessus de leur anneau. (Pour un spécimen, voyez l'article Colonne.)

ANSE DE PANIER (Arc en). (Voyez ^rc.)

Anse d*une cloche. Sorte d'anneau qui sert à la suspendre.

ANTE, m. Ce mot est synonyme de piastre, mais il désigne plus particulièrement ceux des angles.

ANTÉFIXE, m. Dans l'architecture antique les antéfixes consistaient en une suite d'ornements, ordinairement en forme de palmettes, et qu'on plaçait au bord des toits pour cacher l'extrémité des tuiles, il n'y a point de pareils antéfixes dans l'architecture chrétienne ; mais on appelle fréquemment du même nom les croix qui surmontent les gables et leur servent d'amortissement.

AnicHxe», N. I. XIIo »ié<lc. N, ï, lin du XV« nièr.lo.

Dans cette dernière acception, au reste, le mot antéfixe a un sens tellement en désaccord avec son étymologie, qu'il serait à désirer (lu'il fût remplacé par un autre.

ANTÉMURAL, w. Mur d'enceinte d'un château. — Ouvrage avancé qui en défend l'approche. (Voyez Barbacane.)

ANTÉPORTIQUE, m. Ce mot a été employé pour Porche. (Voyez ce dernier.)

APLOMB, m. Une chose est d'aplomb lorsqu'elle est posée de manière à ne pas être ébranlée facilement ; — elle est à plomb lorsqu'elle est verticale ; — elle est à plomb (Tune autre^ lorsque toutes les deux sont placées de façon à pouvoir être effleurées à la fois par une règle perpendiculaire au sol. Le jambage Y est à plomb, et la naissance de l'arc Z, est à plomb de ce jambage. (Voyez la dernière vignette de l'article Arc.)

APPENTIS. On dit d'un toit que c'est un appentis ou qu'il est en appentis, lorsqu'il n'a qu'une seule pente, ce qui arrive généralement toutes les fois qu'un bâtiment est adossé à un autre. / Voyez l'article Comble,)

Les toits des bas-côtés des églises, ainsi que les toits des cloîtres, sont ordinairement en appentis.

APPAREIL, m. C'est l'art de donner aux matériaux (les bois exceptés) qui entrent dans la construction d'un édifice, les formes et les places qu'ils doivent avoir ; mais c'est aussi, et surtout, le résultat decet art : ainsi, quand on parle de l'appareil d'un monument, on entend principalement les dimensions, la disposition et la coupe des pierres qui le forment, puis aussi quelquefois, leur nature et celle des substances qui les unissent.

Il existe un grand nombre d'appareils divers, et on comprend qu'il est possible d'en varier les détails à l'infini ; cependant quels qu'ils soient, on peut toujours les rapporter à des types principaux. Ce sont ces types que nous allons décrire, en les désignant des noms grecs 6u" latins que les archéologues emploient pour les distinguer.

Opus insertum. C'est l'appareil dont les pierres sont en liai^ son, c'est-à-dire sont disposées de façon à ce que les joints ver-

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liraux d'une assise' soient à peu près au-dessus du milieu de chacune des pierres qui composent l'assise inférieure.

V. Opuii liKcrtuoi, roTtnriuB et ifodomam. R. Opu* iucflrium,

Opus revinctum. C'est celui dont les pierres sont unies par des liens de bois ou de métal.

Opus incertum ,ou antiquum. C'est celui qui est composé de pierres irrégulières, noyées dans du mortier ; c'est de la maçonnerie de blocage. 11 ne faut pas confondre Vopus insertum et Vopus incertum.

Opus ad emplecton. C'est celui qui est formé de pierres taillées en coin, et enfoncées, par leur bout le moins large, dans une maçonnerie de blocage. Il est fréquemment affermi par des chaînes de briques.

Opus reticukUum, Appareil réticulé. C'est celui dont les pierres, en forme de losange, forment par leurs joints, souvent remplis de mortier de coulAir, une sorte de filet, de réseau.

V. Oput iutertura et pteuditodomum. S. Oput reticnlatum. L. Appareil polyf;onal.

Mœeria. C'est le nom donné à l'appareil composé de blor~s de pierres posées à sec, sans mortier.

L'hodomos ou opus isodoToum est l'appaml dont toutes les assises aont de même hauteur. On l'appelle communément appareil réglé.

Le Pseudisodonos ou opus psettdisodomum esl l'appareil composé d'assises alternatiTemenl hautos el basses, mais régulièrement.

Opus spicatum. C'est celui dont les pierres sont alternativement inclinées à droite et à gauche. On l'appelle aussi appareil en épi, en arête de poisson ou de hareng, et feuilles de fougère. On le désigne de plus sous l'appellation d'appareil obliqué, quand il esl formé de pierres rhomboïJales, inclinées deux à deux en sens inverse. *

On psul ajouter aux dénominations précédentes, celles à'appareil polygojuU, d'appareil irTégtUier et d'appareil miscte. Le premier est formé pardes blocs de forme polygonale irrégulière, maisdontlescAlés coïncident exactement les uns avec les autres. Le second est uneréuniondepierres de toutes les formes et de toutes

les dimensions possibles, maisdontles joints se raccordent égale-

ment les uns aveclesikuti'es. Le troisième, eonn.renrermedes poutresqiii relient les différentes parties des murailles, et contribuent beaucoup à leur solidité. C'est pour cela que les Romains en faisaient usage dans les fortifications. Il a été également employé au moyen ige ; les vieux châteaux en présentent souvent des exemples.

Considérés sous le rapport de la grandeur de leurs pierres, les appareils prennent aussi dilTérents noms. Ainsi on distingue le grand , le moyen et le petit ajiiiareil. Il est assez difhcile de déterminer leurs dimensions exactes, car il n'est pas. que nous sachions, de règle bien positive à ce sujet. Cependant nous pensons qu'on peut donner comme le principe le plus généralement admis, qu'une pierre qui a en longueur plus de 60 centimètres, est de grand appareil, et que celle qui en a moins delS. est au contraire de petit. Dans ce dernier cas, la hauteur despierres est presque toujours égale à leur largeur ; mais lorsqu'elle est beaucoup moindre, c'est le petit appareil allongé.

Dans tes premiers siècles du moyen âge, l'appai'cil le plus fi'ëquemment en usage est le petit appareil carré, et l'opus iiicertum ; tous deux sont le plus souvent consolidés par des chaînes horizontales ou verticales de briques. Quelquefois celles-ci sont placées entre les claveaux des arcs, comme dans les monuments purement romains. A la môme époque, on retrouve l'opus reticulatum et l'opus spicatum . Cesdeux appareils s'employèrent également au Xl*et au Xll'siècle, surtout lepremierqui était fréquemment employé comme décoration, et quelquefois mêlé avec des incrustations diverses formant mosaïque. Alors aussi l'appareil

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