REM
REINS DE VOUTE , m. Espace compris entre un plan vertical qui s'élèverait de la naissance de l'extrados d'une voûte , et un plan horizontal tangeant au sommet de cet extrados. (Voyez la dernière vignette de l'article Arc^ page 52.) Ces reins, dans les constructions du moyen âge, sont généralement remplis d'un léger blocage, quelquefois de briques, et quelquefois aussi ils sont vides.
Le parement des reins d*un arc s'appelle tympan de l'arc. On en a souvent à parler dans les descriptions, car il est fréquemment orné soit d'un médaillon, soit d'arcatures, soit d'un réseau flamboyant; les Anglais l'appellent spandrel ou spandril.
REJET D'EAU, m. Toute moulure servant de larmier. REJOINTOIEMENT, m. Action de rejointoyer.
REJOINTOYER. Remplir avec du mortier des joints qui en sont dégarnis.
RELIEF, m. Un bas relief est un(» sculpture dont les figures complètement adhérentes aii fond, y ont comme la moitié de.leur épaisseur engagée. — Dans un haut relief, au contraire, les figures sont beaucoup plus détachées; les têtes mêmes, et qiielques autres parties le sont souvent entièrement.
RELIER. Joindre un objet à un autre au moyen d'un troisième. Ainsi un arc-boulant relie un coatrefort à la muraille qu'il bute; des arcs trilobés relient souvent les modillons entre eux.
Relier comporte souvent Tidée d'un travail qui a pour but d'augmenter la solidité des parties , en les rendant dépendantes les unes des autres.
RELIQUAIRE, m. (Wo^ez Châsse.) En Rretagne, les charniers, qui sont assez communs, sont di[>çte\és reliquaires .
REMANIER. C'est une expression qu'on emploie assez communément, pour indiquer l'action de reprendre en sous-œuvre, de restaurer, etc.
REMPART, m. Fortification qui consiste en une élévation de terre, ordinairement revêtue de maçonnerie. Souvent aussi on
REH 271
appctle remparl» les miiriiilii's qui forment l'ciir*>intp d'iins placi-
REMPIËTEMENT , m. Reprise en soiis-œuvre de ta partie inféj'kture d'une construction.
REMPLISSAGE, m. Blocage qni est compris entre deux revèlements de pieri'es appareillées. (Voyez la vignette du mot Parpaiitff.)
RENAISSAHCE , f. Malencontreuse expression , consacrée maintenant, mais parfaitement fausse, surtout par rapport à l'architecture, el dont on se sert pour désigner ré[>oque où l'art Gbrélien a élé abandonné et rempla&i par des pafiiiches de l'art antique.
Le mol de rimaissance appliqué aux changemenis survenus dans les goâts artistiques vers la fin du XV* siècle, n'est rien moins qu'une absurdité et une injustice. En effet, ponr qu'il y ail renaissance, il faut qu'il y ait mort: peut-on donc soutenir, sans Mre aveugle ou de mauvaise loi , que l'art était mort et qu'il
27 i REN
n*existait que de misérables maçons. lorsque les Robert de Luzarche, les Jean de Chelles, les Robert de Coucy, les Erwin de Steinbach élevaient ces monuments sublimes qu'on appelle les cathédrales «l'Amiens, de Paris, de Reims, de Strasbourg?
Quant à nous, il nous semble que si Tari architectural a jamais été nul en France, cVst lorsqii'il a produit ces maçonneries informes, qu'on a osé décorer du beau nom d'églises, et dont les Petits- Pères et Saint-Thomas d'Aquin sont de dignes spécimens. Nous pourrions ajouter qu'il ne nous paraît avoir donné heauœup plus signe de vie dans ces prétendus portiques grecs, d'une époque plus moderne, dont les lignes pures sont gracieusement accidentées par des plombs, des tuyaux de poêle, voire même par une de ces constructions peu [)ittore3queset également peu poétiques, que rédiiité parisienne prodigue à ses administrés avec une générosité remarquable, mais dont nous ne sachions pas qu*on ait jamais orné les abords des Propylées.
<c Aux monuments de notre religion et de nos mœurs, a dit une if des belles gloires littéraires de la France * , nous avons subs- « titué par une déplorable affectation de rarchitectiu'e bàtard<» « romaine, des monuments qui ne sont ni en harmonie avec « notre ciel, ni appropriés à nos besoins ; froide et servile copie, « laquelle a porté le mensonge dans nos arts, comme le calque de K( la littérature latine a détruit dans notre littérature l'originalité •« du génie frank. Ce n'est pas ainsi qu'imitait le moyen âge; les *« esprits de ce temps-là admiraient aussi les Grecs et les Ro- •« mains; ils recherchaient et étudiaient leurs ouvrages; mais <« au lieu de s'en laisser dominer, ils les maîtrisaient, le^ façont< naient à leur ^énie, les rendaient français, et ajoutaient à leur « beauté par cette métamorphose [)leine de création et d'indé- « pendance. »
La renaissance commence en France avec le XVP siècle, sous le règne de Louis Xfl , dont les guerres en Italie contribuèrent à ce résultat. L'architecture qu'elle produisit fut d'abord un mé-
1 Chaleaubrianl, Éludes hiêiorique»^ p. 56*2.
KKS 273
lange capricieux, mais Jion sans charme, des ordres grecs et des ornements du style flamboyant; bientôt, néanmoins, elle se dépouilla de ces derniersel ne fut plus qu*une imitation maniérée et peu exacte de l'antique.
A l'époque de la renaissance, on éleva peu de monuments religieux, et la plupart de ceux qui furent construits alors, le furent dans le style ogival. La nouvelle architecture fut presque exclusivement réservée pour les édifices civils ; ce ne fut que vers le règne de Charles IX que l'emploi en devint général ; elle était déjà fort différente de ce qu'elle avait été sous François T•^
RENFLÉ, {\oyez Fût.)
RENFLEMENT , m. (Voyez Entasis et Contracture.)
RENTRANT, m. On s'est servi de ce mot pour désigner des redents garnis de colonnes engagées et en retrait.
RENVERSÉ (Arc). Celui dontlesommetesten bas. (Voyez Arc.)
REPÈRE, m. Marque que Ton fait à une pierre sur le chaiilier, pour indiquer la place qu'elle doit occuper.
REPRISÉ, f. Cette ancienne expression, citée par M. deSaint- Mémin, parait signifier une sorte de corbeau, de cul-de-lampe: « Deux reprises qui sont au portail, sur quoi sont les couver- « turesdudict portail, dont une en manière d'un lion, etl'aultre « en manière d'un chien »
RÉSEAU, m (Corn.) Broderie du tympan d'une fenêtre ogivale. (Voyez Broderie, Fenêtre et Flamboyant ) Le nom de moulures en réseau se donne, en général, aux nattes, aux entrelacs, etc., qui décorent les parements des murailles.
RÉSILLE, /. Ensemble des plombs servant à réunir les différents morceaux de verre composant un vitrail. Ces plombs forment en effet une sorte de filet, de réseau.
RESSAUT, m. Ce mot a plusieurs significations : il est synonyme ù'avant'corps , mais dans ce sens il s'applique plutôt aux parties d'une moindre iniporlance; ainsi un pilastre est plutôt un ressaut qu'un avant-corps, et une tour carrée, un avantcorps plutôt qu'un ressaut.
Ressaut signifie aussi le brisement des lignes verticales t^û deviennent un moment obliques ou horizontales, pour repren-
474 ' HKS
(iro «ensuite leur ascension perpendiculaii'e. Il est alore synonyme (Je redent.
La différence qui existe entre un ressaut et un redent horizontaux , c'est que le premier est toujours en saillie sur un nu , comme une tour ou un contrefort engagé dans une muraille: tandis que le second n'est qu'une sorte d'entaille, de feuillure, au moyen de laquelle une partie est en retrait sur une autre. Ainsi L est un ressaut, et CC sont des redents.
RESTAURATION, f. RESTAURER. On donne le nom de restauration au travail par lequel on répare les ravages que le temps ou d'autres causes ont faits sur un monument, et on lui rend l'aspect qu'il avait primitivement.
De nos jours on s'occupe beaucoup de réparer les monument^ du moyen âge ; mais si, g^nérali'ment, on apporte du zèle dans les travaux qu'on exécute, trop souvent aussi on méconnaît les principes desquels on ne devrait jamais se départir quand il s'agit de restaurer les édifices, auxquels il fout avant tout laisser intact, îeur style, leur caractère, des principes ont, avec raison, été ainsi formulés par le Comité des Arts : « Le Comité ne saurait trop répéter qu'en fait de restauration, le premier et inflexible principe^ c'est de rappeler ce qui était et non pas d*innover; quand même on serait poussé par la louable inteotiaB de compléter ou d'embellir. Il faut laisser incomplet ou impariait tout ce qui était dans cet état. »
« Les architectes ont delà propension à retrancher ou à ajouter dans les édifices confiés à leurs soins, sous le prétexte de les restaurer ou de les compléter. On ne doit pas se permettre de corriger même les irrégularités^ ni d'aligner les déviations, parc^ que les déviations ou les manques de symétrie sont des faits
liisloriqii^'S pleins irinlérêl, et^iiii souvent tbiirnissent des caractères archéologiques propres à accuser une époque, une école, une idée symbolique. »
« Les réflexions nées de la restauration de Saint-Denis ont consacré qu'il ne faut ajouter aux monuments rien d'inutile ni d'étranger; celles qa'a provoquées la restauration de Saint-Germain, qu'il ne faut rien en détruire ni rien en retrancher. Ni adjonctions, m suppressions, telles sont les doctrines archéologiques soutenues par le Comité. » •
« En fait de monuments délabrés, il vaut mieux consolider que réparer, mieux réparer que restaurer, mieux restaurer qu'embellir; en aucun cas il ne faut supprimer. »
RESTITUTION, f, RESTITUER. Restituer un édifice détruit, c'est le reproduire par des dessins, en s'aidant soit des ruines qui en restent, soit des descriptions qu*on en possède.
RÉTABLE, m. Décoration qui surmonte un autel, et est ordinairement appliquée à la muraille à laquelle il est adossé. L^ pièce principale de celte décoration s'appelle contre rétable.
Ce n'est qu'au Xlll® siècle, c'est-à-dire après que le trône de l'évéque ne fut plus situé au fond de l'apside, que les rétables, qui auparavant l'auraient caché, commencèrent à orner les autels.
RETRAIT, m. Un objet es), en retrait sur un autre, qiiiand il est placé plus en arrière et plus l>aut; par exemple, la seconde marche (d'un escalier est en retrait sur la première ; la troisième l'estsur la seconde, etc. Ljbs étages d'une tour qui \otxi toujours en diminuant de largeur, corîime cela a lieu si souvent, sont en retrait Jes uns sur les autres.
Il est rare qu'on se serve de l'expression en retrait^ en l'appliquant à un£ chose qui n'est pai plus élevée qu'une autre, ou qui l'est moins; cependant cela a lieu quelquefois; particulièrement en parlant des colonnes placées dans des angles rentrants «t disposées sqr un plan biais par rapport à celui du parement du mur, comme on eu voit si fréquemment dans les baies du XII*" siècle. L'expression de colonnes en reiraU est consacrée. ( Voyt^ Colonne. )
i7G ROM
RETOMBÉE, /*. On nomme ainsi les claveaux d'un arc, qui sont situés le plus près de Timposte, et dont la projection est encore assez peu considérable pour qu'ils puissent se soutenir au besoin par leur propre poids, alors que les autres seraient tombés. Gonséquemment, dire qu'un pilastre reçoit la retombée d'un arc, signifie que le premier lui sert.de pied-droit ; celle expression ne comporte pas d'autre idée.
RETRAITE, f. C'est la disposition de quelque chose qui est en retrait ; c'est aussi celte chose même, de sorte que ce mot est encore synonyme de redent; mais il s'emploie plutôt en parlant des choses dont la différence de saillie est peu considérable , comme celle qui existe ordinairement entre un mur en élévation et le mur de fondation qui le porte.
REVÊTEMENT, m. Mur de soutènement. — Parement d'une muraille, qui n'est pas de même nature qu'elle, mais est formé de matériaux d'une espèce particulière, par exemple de pierres dures, d'un enduit^ de marbre, etc.
RINCEAU, m. Ornement û|;u£ant une branche garnie de feuilles naturelles ou imaginaires, et aussi de fleurs, de fruits, ou de graines.
ROCHE, f, Pierre très-dure, pleine de coquillages et d*un gros grain. Elle est d'un bon usage.
ROMAN. Cette expression, généralement adoptée maintenant, a été proposée d'abord par M. de Grerville, qui, considérant qu'on appelait déjà romane^ la langue parlée pendant la première partie du moyen âge, appliqua cette désignation à Tarchitecture de
la même épbque.
Le style roman qui n'est qu'une transformation du style antique, transformation due au génie particulier des races germaniques, a presque toujours, malgré les différences très-sensibles qu'il offre dans les diverses provinces, une physionomie tranchée, propre à lui. Ce n'est guère, en effet, que dans la Provence et certaines parties de la Bourgogne que celte physionomie ne frappe pas, parce qu'elle rappelle trop celle des monuments romains, si nombreux encore dans ces contrées. Au contraire dans le centre de la France et dans le nord, toutes les construc-