CLE
CLEF, /". 11 y a deux sortes de clefs, les clefs d*arcs et 1^ clefs de voûtes. ^
La clef d'un arc est le claveau qui se trouve au sommet de cet arc, et qu*on pose en dernier lieu pour le fermer. C'est lui qui maintient en place tous les autres. (Voyez la dernière vignette de Tart. Arc) Dans les portes de château et de ville « ces clefs sont fréquemment décorées d'un écusson.
Les clefs de voûte varient suivant la nalure de la voûte dont elles font partie ; ainsi la clef d'une voûte sphérique est un cône tronqué, tandis que celle d'une voûte d'arête est communément une pierre ayant la forme d'une croix. (Voyez 0, vignette du mol Arête; voyez aussi l'art. Voûte.) Ces clefs sont souvent fort ornées dans les monuments du XII'* siècle, et dans les derniers temps de Tarchitecture ogivale ; elles sont alors fréquemment en pendentif. (Voyez ce mot.)
Les voûtes en berceau étant composées d'une suite d'arcs juxtaposés, il y a autant de clefs que de rangées d'arcs. On comprend que nous ne parlons ici que des voûtes appareillées régulièrement.
CLERE-8T0RY. Suite de fenêtres qui forment l'étage supé rieur d'une nef, et permettent à la lumière d'y pénétrer. (Voyez la vignette de l'art. Travée.)
Le mot clere-story est anglais ; mais il a souvent été employé par les archéologues de ce pays, parce qu'il n'avait pas d'équivalent en français. Il en a un maintenant, car le mot claire-voie commence à être fréquemment usité.
Dans un certain nombre d'églises romanes , il n'y a pas de claire -voie, ce qui rend les nefs très-sombres ; mais c'est là l'exception, car dans la grande majorité des églises de toutes les époques il en existe. S»^ulement dans l'ère romane les fenêtres sont en petit nombre et étroites, tandis que dans l'architecture ogivale elles sont nombreuses et larges , surtout au XV* siècle où les trumeaux deviennent si étroits qu'il semble que tout le haut d< s édifices soit à jour. A la même époque, la hauteur extrême de la claire-voie est souvent prise en partie aux dépens du triforium qui perd de son importance.
CLOCHE (oE cHAFiTii«ii).Oii désigne quelquefois ainsi lecor|« de cerlains chapiLeaux, considéré indépendamment de leurs ornements. On dit aussi corbeille. (Voyez ce mot.)
Les différentts parties d'une cloche en métal sont son mue, eon cerveau, sa béUére, son boHont et ses paroi». La pièce de bois à laquelle elle est attachée s'appelle sommier. (Voyez chacun de ces mots.)
CLOCHER , m. Sorte de tour Taisant partie d'unn église, et destinée à contenir des cloches. Il y a ordinairement, dans un clocher , deux parties bien distinctes, la tour ou clocher proprement dit T, el la flècbe qui le surmonte, F. ,
Les Romains ne connaissant pas les cloches, ils n'ont point eu à élever des tours pour les placer, de sorte qu'on est fondé à dire que les clochers sont quelque chose de particulière rarchitectar4' chrétienne. Ilsfontleurapparition vei-s le Vif f siècle, etpent être
que, indépendamment de Tobligâtion où Ton était de suspendre les cloches dans un lieu élevé, il faut compter encore au nombre des motifs qui firent construire les tours des églises, la nécessité de les défendre contre les invasions des Barbares du Nord, qui, comme on sait, commencèrent sous Charlemagne. Ce qui est positif, c*est que les tours des églises furent souvent des tours de défense : on en voit assez de fortifiées par des créneaux, pour n*avoir pas de doute à ce sujet.
C*est vers leXP siècle que Ton abandonna généralement Tusage de construire les clochers en bois , ainsi qu*on le faisait le plus souvent auparavant. A cette époque, les clochers furent assez peu élevés, et leur place la plus habituelle fut le milieu du transsept, mais on en élevait aussi fréquemment un ou deux au portail de l'église.
11 y a des exemples d'églises qui ont jusqu'à sept et même huit clochers, mais leur nombre a très-rarement été de plus de trois. Au reste, sur le nombre et la hauteur des tours , il paraît qu'il existait une sorte de législation , d'après laquelle c'étaient seulement les cathédrales métropolitaines, certaines collégiales et les abbayes de fondation royale qui avaient le droit de posséder deux tours de hauteur égale. Au contraire , les cathédrales suffragantes ne pouvaient avoir que des clochers inégaux ; enfin , les églises paroissiales et les simples monastères en étaient réduits à un seul.
Dans les églises romanes, les clochers d'une certaine importance se composent de plusieurs étages, reposant sur un socle carré. Les étages inférieurs sont ornés d'arcatures, et les étages supérieurs sont percés de baies presque toujours géminées. Ces derniers sont souvent aussi de forme polygonale , et ornés de colonnes aux angles.
Dans les églises ogivales , les clochers ofïirent moins d'étages; il n'y en a souventqu'un, présentant deux longues baies dont les tableaux ébrasés sont garnis de colonnettes très-fines. Cette simplicité, au reste, va toujours en s'altérant, et, au XV« siècle, les tours, fréquemment garnies de contreforts couverts de panneaux, offrent des types ordinairement compliqués. A cette der-
niëre époque, l'étage supérieur des tours, et même la tour entière, sont, dans un asaei grand nombre de cas, de forme circulaire, ce qui avait été fort rare jusqu'alors.
D'après les Instructions du Comité des Arts, on doit nommer les clochers (ours, quand ils finissent brusquement en (errasse ou par un toit peu visible; — pyramides, nuaa'i la construt^ion se termine en pointe au moyen de retraits successifs , l'ectilignes ou curvilignes; — flèches, quand leur sommet est surmonté d'un toit aigu ; — dûme, si ce toit s'arrondit en segment spbérique ou en pyramide curviligne! — aiguilUs, quand jIs présentent un cône ou pyramide très-allongée et tout d'une venue; —campaniles ou clochers-arcades . quand ils ne se composent que d'un petit arc auquel est suspendue une cloche visible, (Comme com-
plétant cet article, voyezquelques renseignements au mol Flèche.) CLOCHETON, m- Les clochetons sont de petites tourelles surmontées de pyramides, et dont l'usage principal est de Hauqiier les gables (Voyez G . vignette de l'art. Façade) ou de garnir les flèches à leur naissance. (Voyez P, sur la vignette de la page 91 .)
Les premiers sont extrêmement rares au XI* siècle, maisils deviennent assez communs au Xll^ Ils sont alore carrés on ronds; plus tard, ils furent toujours de forme polygonale, el souvent entièrement â jour. Au XV, ils nesevoientqu'en assez petit nombre.
Quant aux seconds, ils apparaissent au XII' siècle, reproduisaot assez exactement l'Image de ta llècbe qu'ils accompagnent, et sont ordinairement au nombre de quatre. Au XIII' siècle , ils uffirent le mâme aspoct. mais on les voit plus rrëqucmment réunis parjiuit: quatre carrés sur les faces et quatre autres octogones et lias grands sur les angles. Au XIV siècle, leur ornementation seule change, en devenant plus éléganle; mais au XV', ils se détachent de la Oèctie et paraissent la buter au moyen d'ai'cs rampants ; ils présenteHt alors tout à fait l'apparence des contreforts de la même époque. ,
Les clochelons diffèrent des pinacles jiar leurs plus grandes dimensions d'abord , par la place qu'ils occupent ensuite. Les pi-
nacles servenl à couri»niier les coinrelorls, tandis que les cloc&n-
tons servent surtout à garnir les côtés d'une façade ou la base d'une llèche.
CLOITRE, m. Une des parties essentielles d'une abbaye (Voyez ce mot), c'était lu cloître. Ayant ordinairement la forme d'iin parallélogramme rectangle, il était communément adossé à l'église avec laquelle il communiquait, et se composait de quatre galeries divisées en travées égales, et renfermant entre elles un «space plus ou moins vaste, quelquefois planté d'arbres, et au milieu duquel se trouvait presque toujours une fontaine qui servait aux ablutions des moines, lorsque ceux-ci se rendaient au réfectoire. Cette sorte de cour se nommait le préau (clausum) . (Voyez le plan à l'art. Église.)
Souvent la couverture des galeries n'était qu'une simple charpente; mais dans le plus grand nombre de cas, elle était formée d'une suite de voûtes d'arête. Quoi qu'il en fût , le toit n'était ordinairement qu'à un seul rampant, ce qui provenait de ce que l'un des côtés des galeries consistait dans le mur même des différents bâtiments qui composaient l'abbaye. Telle était au moins la disposition la plus générale.
On a dit souvent que les cloîtres ne sont pas sans analogie avec le péristyle intérieur des maisons romaines; ils en ont effectivement la forme et la destination principale, puisquMls servaient aussi à fournir un lieu de promenade à l'abri' des injures du temps. C'est afin de mieux atteindre ce but que plusieurs avaient, au lieu d'arcades ouvertes, de véritables fenêtres, garnies do vitraux ; cet arrangement ne se voit guère qu'au XV® siècle.
Les cloîtres étaient généralement richement ornés sous le rapport de l'architecture. Des fresques même couvraient quelquefois les voûtes, et le pavé renfermait fréquemmen t des pierres tombales gravées; les tombeaux de toute espèce étaient assez communs dans les cloîtres.
CLOTURE DE CHOEUR , f. Cloison plus ou moins haute qui, placée entre les colonnes ou piliers d'un choeur, le sépare du collatéral qui l'entoure. Au XV® siècle, les clôtures de chœur ne sont fréquemment que de simples boiseries.
Les clôtures de chœur sont très-souvent des additions à la