COI
construction primitive. Celles qui sont en pierre sont toujours ornées, du côté du collatéral, d'arcatures ainsi que de peintures, mais plus ordinairement eacore, de bas-reliefs représentarït une suite de sujets tirés surtout du Nouveau Testament.
Lorsqu^on parle des clôtures de chœur, il est impossible de ne pas citer celle de Chartres, qui est sans doute la plus magnifique . qui existe. Elle est en partie Tœuvre de Jean Texier, ce grand artiste qui éleva le clocher neuf, et mourut en 1529. Les formules élogieuscs manquent pour qualifier son admirable ouvrage.
Il faut observer que le nom de clôture de chœur ne doit pas s'appliquer à la cloison qui sépare le choeur d'une nef. Cette cloison, suivant sa nature , s'appelle jubé ou écran, (Voyez ce dernier mot.)
CLOU (Tête de). Moulure romane composée de petites pyramides fort basses , offrant une grande ressemblance avec une tête de gros clou. (Voyez Pointes de diamant.)
COEUR , m. Fond des deux rainures adossées d'un plomb de vitrail. (Voyez Plombs.)
COEUR ALLONGÉ. On a employé cette désignation pour peindre une forme qui a beaucoup de ressemblance avec ce dessin qu'on appelle feuilles de fougère (Voyez la vignette de l'article Balustrade), et qu'on voit souvent dans le tracé des fenêtres du XV* siècle. Les cœurs allongés sont généralement alternativement droits et renversés. (Voyez la vign. de l'art. Flamboyant.)
11 y a aussi des feuilles en forme de coeur; on en rencontre dans d'anciens sarcophages et sur quelques chapiteaux des dernières années du Xll* siècle.
COIFFE, f. Dans quelques écrits du XVI« et du XVII'siècle on se sert de ce mot pour désigner la voûte couvrant l'apside.
COIN ËMOUSSÉ (Moulure en fokme de). On s'est servi de cette expression pour désigner un larmier dont les angles sont
abattus, et qui est fort commun dans l'architecture romane.
COLONNADE, f. Suite de colonnes simples ou accouplées, ordinairement placées au-devantct à une certaine distanced'un mur, et soutenant des plates-bandes ou des linteaux.
Définies ainsi, les colonnades sont sans exemple dans l'architecture du moyen âge. Il faut dire cependant que dans quelques églises romanes*, les baies du triforium présentent une disposition analogue à celte que nous venons d'indiquer ; mais comme ces baies sont séparées les unes des autres par des trumeaux, ou parties pleines, et qu'elles ne forment pas ainsi une suite non interrompue de colonnes, leur ensemble ne peut être nommé colonnade. (Voyez la différence entre les mots colonnade , péristyle et portique, à l'art. Portique.)
COLONNE , f. Membre important d'architecture ; il est divisé en trois parties bien distinctes qui sont indiquées sur la vignette qui suit: ce sont i° le chapiteau (C) qui se divise lui-même en
corbeille (5) c»t tailloir (a) ; h\ tailloir est formé ici d*une plinthe (\) et d'un chanfrein (2) séparé de la corb<?ille par un filet; — 2° le fût (F) qui comprend Y astragale (4) ; le fût est ici orné d*un anneau (5); — 5" la hase^i elle est formée sur ce dessin d'un quart de rond (6) t^t d'un filet. — Nous avons également figuré sur le dessin un piédestal (^) composé d'une p/m^/ie (11), d'un chanfrein (10), d'un dé (9), d'un second chanfrein (8) el d'une seconde plinthe (7).
Dans les plus anciens monuments, les colonnes sont pour la plupart engagées dans les murailles (Voyez les vignettes de l'art. Pilier) ; celles qui sont détachées ne sont qu'en petit nombre ; des piliers en tiennent ordinairement lieu.
Au Xl« siècle et au XIl«, les colonnes engagées continuent, ce qu'elles ont fait, au reste, pendant tout le moyen âge, à être beaucoup plus nombreuses que les colonnes isolées. Les premières se voient en effet sur les faces des piliers drs nefs, aux pieds-droits des baies de porte, de clocher et de triforium, dans les encoignures de chapelles ou à leur pourtour extérieur , enfin dans ces innombrables arcalures qui décorent les différentes parties des monuments. Au contraire, les colonnes isolées ne sont employées que pour diviser les baies, ainsi que dans les cryptes et autour du chœur; et même dans ce dornier cas, par leurs dimensions, elles sont plutôt des piliers ronds que des colonn» s.
Ces piliers ronds se retrouvent encore dans le chœur des églises ogivales, où elles ont fini par être remplacées par des piliers semblables à ceux en usage dans les nefs. Au XIII® siècle, auXIV*^ el au commencement du XV*, les colonnes qui se sont généralement transformées en colonnettes^ se retrouvent, engagées, partout où elles existaient dans l'ère romane ; seulement elles sont plus nombreuses ; détachées, elles sont aussi moins rares que précédemment, par suite de la division des fenêtres dont elles forment les meneaux, et parsuite aussi de l'emploi des galeries soutenues par des arcatures à jour.
Dans la seconde partie du XV*' siècle , il n'existe presque plus de colonnes; celles qui précédemment couvraient les piliers se sont fondues avec eux, el sont devenues de simples moulures II en
est de même de celles des pieds-droits. On ne voit plus que quelques Golonnettes isolées et un petit nombre de piliers ronds. (Voyez Base^ Fût et Chapiteau.)
Une colonne-pilier est celle qui est remarquable par sa lourdeur, et est seulement munie à son sommet d'un cordon et d*un tailloir, ou de Tun des deux seulement. (Com.)