‹ Dictionnaire de l'architecture du Moyen âgeChapitre 50 sur 140 · CRO · texte numérisé non relu

CRO

reçu, en blason, une assez grande quantité de désignations ; en voici quelques-unes :

La croix pâtée, dont les extrémités vont en s'élargissant (n. 6); c'est la plus commune de toutes ; on la voit sur les nimbes, sur les tombeaux, sur lesécussons,sur les monnaies, etc. —Lacroix ancrée, dont les extrémités forment deux crochets (n. 7). — La croix fleuronnée, dont les branches se terminent par des fleurons (comme au n. 4]. — Lacroix florencée, qui les a en forme de fleur de lys. — La croix potencée, où elles offrent l'aspect d'un T (n. 8). — La croix cléchée, où elles figurent des anneaux de clef (n. 9). — La croix vidée, qui laisse voir le champ sur lequel elle est placée (aussi n. 9).

Il y a encore la croix ondée, la croix recroisettée, etc., mais leur description nous entraînerait trop loin ; on peut, au reste, la trouver dans tous les ouvrages qui traitent du blason, science qu'il faut recommander à tous ceiix qui s'occupent d'archéologie chrétienne.

Au moyen âge, on a élevé une multitude de croix en pierres sculptées. Les unes servaient de limites aux terres ; les autres étaient destinées à rappeler un événement remarquable, comme celles que Philippe le Hardi fit poser partout où le corps de son père s'était arrêté pendant son transport de Paris à Saint-Denis; il s'en trouvait aussi beaucoup dans les cimetières et dans les carrefours, et il était d'un usage ordinaire d'en placer une au milieu des marchés; ces dernières renfermaient fréquemment une fontaine dans leur soubassement, et conséquemment n'étaient pas seulement des monuments religieux , mais encore d'utilité publique. Elles sont devenues rares en France.

CROSSE. (Voyez Crochet.) Le mot crosse a été proposé par M. Aug. Leprévost.

CROSSETTE, f. Saillie OU redent que présentent certains claveaux, et qui a pour but de les empêcher de glisser sur ceux qui leur sont juxtaposés. (Voyez une plate-bande formée de claveaux à crossettes, page 21.)

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CROUPE D'ÉGLISE, f. Cette expression, qui n'est plus en usage, désignait une apside, mais considérée extérieurement.

Croupe, dans la construction, est le nom qu'on donne aux pentes des toits dits en croupe, (Voyiz Comble.)

CRYPTE, f. Chapelle située sous le chœur d'une église. Les cryptes rappellent évidemment ces salles ou chapelles pratiquées dans les souterrains où les premiers chrétiens furent contraints de chercher des refuges, et qu'on désigne aussi du même nom.

Sous les autels des anciennes basiliques, il y avait une cavité étroite où se plaçaient les reliques des saints, et quelquefois leurs tombeaux. Cette cavité s'appelait martyrium ou confession.

C'est dans ces confessions qu'est l'origine des cryptes, qui, peu vastes d'abord, comme nous venons de le dire, ne cessèrent pas de s'accroître jusqu'au Xll« siècle, époque à laquelle ell^s avaient souvent des dimensions considérables, car quelquefois, non -seulement elles s'étendaient sous tout le chœur dont elles reproduisaient exactement la disposition, mais elles se prolongeaient encore sous la nef. Ce cas, néanmoins, est rare.

Les cryptes ne sont point toujours obscures : un grand nombre sont éclairées par ces fenêtres étroites qu'on nomme barbacanes, et qui, il est vrai, ont fréquemment été percées postérieurement à l'érection de Tédifice. Quoi qu'il en soit, les cryptes; avecleurs colonnes généralement trapues et dénuées d'ornement, leur aspect sévère et les tombeaux qui s'y trouvent souvent, sont toujours d'un effet imposant.

A partir du XIll* siècle, et sans qu'on en sache le motif, on n'a plus construit de cryptes Celle de la cathédrale de Bourges est une exception, exception magnifique, au reste, et qu'on a expliquée par l'inclinaison du terrain où est bâti ce beau monument, et qui est plus bas du côté du chœur que du côté de la nef; mais nous doutons fort de la rectitude de l'explication, car il nous semble qu'un remblai eût été beaucoup plus aisé et moins coûteux que la construction d'une crypte.

CUBIQUE. C'est le nom donné à ur\e sorte de chapiteau qui a cfTertlvement la forme d'un cube, mais ordinairement arrondi

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sur ses angles înférieui-s, de manière à pouvoir a: iiiccorder avec un rot cylindrique. Ces chapib-aux sont communs en NormandiR. en Angleterre et sur les bords du Rhin ; ils appartiennent au style à ptein-cintTP. ( Voyez, pour un spécimen, l'art. Corbeillf.) CUL-DE-FOUR, m. Voùte formée d'un quart de i--phère ou de sphémïde creux. Ces voûles sont celles qui couvraient l'apside des basiliques anciennes (Voyez la 1" vignette do l'arlicle Basiiique), celle des ^lises latines et celle des églises romanes du Xr* siècle. C'est au XII' que les voùli'S des chevets ont commencé i être établies d'après un autre système, celui des vofites à pans et

Un cul dffour n'rst autre chose qu'une r/emt- cowpoie.

OUL-DE-LKMPE, m. Sorte d'ornement saillant du nu d'une muraille, et dont le galbe génOral est celui d'iin cône ou pyramide renversée. Les culs-de-lampe, rares avant le Xin« siècle, Fervent à supporter une statue {Voyrz la vignette de l'article Niche), à recevoir la retombée d'une nervure, quelquelbis à terminer intérieurement une colonne tronquée, elc.

lââ DAf

Il y a des culs- de-lampe dont le plan est carré; il en esl d'autres où il est circulaire ou polygonal. Leur ornementation est aussi très-variée, mais elle est renfermée dans trois types : les moulures géométriques, les feuillages, les figures. Souvent il y a mélange de ces trois sortes de choses.

L'ensemble dçs moulures qui terminent inféricniremcnt les tourelles en encorbellement, et celles qui ornent l'extrémité des clefs pendantes s'appellent aussi culs-de lampe.

CULÉE, f. Massif de maçonnerie adossé à la rive, et sur lequel porte d'un côté la première arche d'un pont.

On dit quelquefois qu'un contrefort sert de culée à une voûte, pour exprimer qu'il bute la muraille qui en reçoit la retombée.

CULOT, m. Ornement imaginaire d'où part la tige d'un rinceau, ou duquel s'échappent des enroulements.

CUNETTE, f. Petit canal peu profond pratiqué au fond d'un fasse. (Voyez Fossé.)

CUVE, /. Un fossé est dit à fond de cuve, quand ses parois sont verticales.

CUVETTE, f. Bassin d'une crédence, partie destinée à contenir l'eau. On dit plutôt piscine.

CYMAISE, f. Nom générique de toute moulure profilée en S.

Dans l'architecture classique, ce nom se donne i articulièrement à la doucine qui forme la partie supérieure des entablements dorique, ionique, corinthien et composite.

Les profils en cymaise sont communs au XIP siècle ; ils le sont de nouveau au XV*.

CYMIATIFORME. En forme de cymaise. (Voyez, pour l'emploi qu'on pourrait faire de ce mot, les articles Lobe et Rose.)

. DAIS. m. Sorte de petit dôme de pierre dont l'usage ordinaire est de couronner une niche, en formant une sorte d'abri au-dessus

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