‹ Dictionnaire de l'argot des typographesChapitre 26 sur 48 · V. ALLER EN GaULÉB, EN · texte numérisé non relu

V. ALLER EN GaULÉB, EN

Germanie.

Justification, s. f. Longueur de la ligne, variable suivant les formats. Il An figuré.

Prendre sajustifieati<m,cesi prendre ses mesures pour (aire quelque chose.

J'j fais. J'y consens, j'approuve. On dit Xy fais comme synonyme de Je marche* V. ICARCHER.

LAP

Kif-kif. Expression qui vient des Arabes, importée assurément dans l'atelier par quelque zéphyr ou quelque zonave typographe.

Dans le patois algérien, /rt7-&t/ signifie semblable à :

kif'kif tourico, semblable à un àiie. Les compositeurs remploient pour dire qu^une chose est la même qu'une autre : C'est kif-kif^ c'est équivalent, c'est la même chose.

L'absinthe ne vaut rien après déjenner. Locution peu usitée, que Ton peut traduire : Jl est désagréable, en revenant de prendre son repaSf de trouver sur sa o<isse de la correction à exécuter. Dans cette locution^ on joue sur Vabsinthe, considérée comme breuvage et comme plante. La plante possède une saveur amère.

Avec quelle amertume le compagnon restauré, bien dispos, se voit obligé de se coller sur le marbre pour faire un travail non payé, au moment où il se propo-

sait de pomper avec acharnement. Déjà, comme Perrette, il avait escompté cet après-dtDcr productif.

Lapin (manger un), v.

Aller à l'enterrement d'un camarade. Cette locution vient sans doute de ce que, à' l'issue de Ja cérémonie funèbre, les assistants se réunissaient autrefois dans quelque restaurant avoisinant le cimetière et, en guise de repas des funérailles, mangeaient un lapin pins ou moins authentique. Cette coutume tend à disparaître :

aujourd'hui, le lapin est rem-

LAP

LAP

pUoé par un morceau de fromage ou de la charcuterie et quelques litres de vin.

Nous avons connu un compositeur philosophe, le meilleur garçon du monde, qui^ avec raison , se croyait atteint d'une maladie dont la terminaison lui paraissait devoir être fatale et prochaine. Or, une chose surtout le chiffonnait : c'était la pensée attristante qu'il n'assisterait pas au repas* de ses funérailles ; en un mot, qu'il ne mangerait pas 90n propre leqnn. Aussi, à r.autorone d'antan, par un beau dimanche lendemidn de banque, lui et ses amis s'envolèrent vers le bas Mendon et s'abattirent dans une guinguette au bord de l'eau. On fit fête à la friture, an lapin et an vin bleu. Le repas, assaisonné de sortes et de bonne humeur, fut très gai, et le moins gai de tous ne fut pas le futur maechabée.

N'est-ce pas gentil ça (1) ?

C'est jeudi. Il est midi ;

(1) I^ typogmplie aaqvel II «tt

esj mort depiûs que ces lignes oat dtéécrtlM.-

une trentaine de personnes attendent à la porte de THÔtel-Dieu que l'heure de la visite aux parents ou aux amis malades ait sonné. Pénétrons avec l'une d'elles, un typographe, « dans l'asile de la souffrance. » Après avoir traversé une cour étroite, gravi un large escar lier, respiré ces odeurs douceâtres et écœurantes qu'on ne trouve que dans les hôpitaux, nous entrons dans la salle Saint-Jean, et nous nous arrêtons au lit n9 35.

Là gtt un homme encore jeune, la figure hâve, les traits amaigris, rAlant déjà.

Dans quelques heures, la mort va le saisir; c'est le faux noyé dont il a étÀ question à l'artide attrapbsciBNGE. Au bruit que fait le visiteur en s'approohant de son lit, le moribond tourne la tête, ébauche un sourire et presse lègèrcmeut U main qtai ehillshe la sienne. Aux paroles de consolation ei d'espoir que nmrmureMm ami, ii répond «n hochant U tête : « N-^-itt, c'eut fini, mou vieux. Le docteur a dit que je ne paa-

Page 1