‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 123 sur 325 · CORSELET. — COSTUME · texte numérisé non relu

CORSELET. — COSTUME

cristal montés sur des pieds de bronze ; il en existe aussi en porcelaine de Chine et du Japon, en faïence, etc. — Certains cornets sont entièrement en cristal taillés et portent même un couvercle de la même matière, nous en donnons plus loin un exemple au mot Coupe (fig. 301).

COESELET. — Partie principale de la cuirasse du moyen âge ; elle couvrait les épaules et la poitrine : la pièce qui protégeait celle-ci se nommait plaque. — ■ "Vente Double. — N° 234. Plaque de corselet en damas à rosaces , quadrilles et bordures damasquinées d'or. Ancien travail indien. 130 francs.

CORSÈQUE. — Sorte de javeline ayant un long fer effilé avec deux oreillons tranchants ou mousses ; c'est une pertuisane avec des ailerons extrêmement développés. Cette arme servait à démonter les cavaliers en les saisissant par une partie saiUante de leur arinure; il ne faut pas confondre la corsèque avec la Hallebaede, la Pertuisane et le PiONCONE. (Voy. ces mots). Cette arme a été surtout en usage au xvie siècle ; eUe serait ainsi nommée parce qu'elle était employée par les fantassins corses.

COSTUME. — Ensemble des pièces qui composent le vêtement de l'homme et de la femme. Il y a le costume civil, le costume militaire et le costume religieux. En dehors de ces trois grandes catégories du costume, nous devons mentionner l'habillement et les insignes qui distinguent les personnages qui exercent des charges et des fonctions publiques, ainsi que les habillements des acteurs qui jouent sur la scène des théâtres. — A l'origine des civilisations , le costume a été des plus primitifs ; il consistait en peaux de bêtes, en plumes d'oiseaux plus ou moins bien ajustées aux formes de l'homme. Plus tard, la civilisation ayant progressé, les hommes tissèrent la laine des troupeaux et en fabriquèrent des étoffes grossières avec lesquelles ils se façonnèrent des vêtements. La civilisation et l'industrie humaines progressant de plus en plus, les hommes filèrent le lin, le coton, la

soie; ils créèrent l'art de la teinture, de la broderie ; ils purent alors fabriquer les plus beaux tissus, les plus belles étoffes. Nous ne pouvons faire ici l'historique du vêtement chez les divers peuples, le cadre de notre travail ne nous permettant que d'esquisser brièvement toutes les nombreuses matières que nous devons traiter; nous nous bornerons donc à donner un aperçu sommaire de l'histoire du costume en France. — Le Gaulois, dont aujourd'hui nous connaissons bien les

Fig. 289. — Costume de dame du xve siècle.

mœurs et les coutumes, n'eut primitivement pour tout vêtement que des peaux de bêtes attachées avec des épines d'arbustes, puis avec des agrafes et des fibules de bronze, enfin d'or. Longtemps avant la conquête, les Graulois possédèrent de riches costumes qui étaient différents dans les diverses contrées de ce grand et riche pays ; aussi, à l'arrivée de César dans les Gfaules , existait-il trois divisions nettement définies d'après le costume : c'était la Gallia bracata, la 0 allia comata et la (rallia togata, c'est-à-dire la G-aule portant des braies ou pantalons tantôt larges et flottants, tantôt serrés au moyen de lanières de cuir ; la G-aule aux longues et belles chevelures bien nattées ;

COSTUME

enfin la Gaule vêtue de la toge. — Les Gaulois portant des braies avaient une espèce de long gilet descendant jusqu'à mi-cuisse et, par-dessus, une saie (sagum) très souvent rayée ou à carreaux : c'était une sorte de large

Fig. 290. — Épinglier.

blouse ; enfin un manteau à capuchon appelé lardocuciillus. Dès cette époque reculée de notre histoire, il y avait déjà des classes dans notre pays et chacune d'elles avait un costume différent. Ainsi les nobles , ou colliers

Fig. 291. — Aumônière.

d'or, avaient des saies richement brodées non seulement avec des fils de diverses couleurs, mais encore avec des fils d'argent et d'or; ceux-ci portaient de belles armes de bronze pendues à des chaînes et à de hautes ceintures

Fig. 292. — Ceinture.

de bronze (zonœ) ; ils avaient également des bracelets, des bagues et des colliers d'or, ce qui les distinguait du reste du peuple. Le pauvre gaulois avait, au contraire, des bracœ faites de peaux de bêtes, et un lenn, ou grossière couverture de laine agrafée à son cou au

moyen d'une fibule de bronze, remplaçait la saie et le bardocucullus. Les Gaulois portaient encore la caracalle ou long manteau, la cèrampéline, veste courte avec ou sans manches, teinte couleur de pourpre. Après la conquête,

Fig. 293. — Costume de dame du xvc siècle.

nos pères adoptèrent les modes romaines; ils portèrent la toge, la tunique, Y amphïballos , la oigere, la chlamyde, le strophinm, etc. (1).

Chez les Francs Mérovingiens le costume fut très divers ; ainsi , tandis que les chefs portaient des vêtements romains les plus riches, les soldats et le peuple portaient le

Fig. 294. — Miroir.

vêtement grossier de la Germanie. — Les Carolingiens portèrent le costume gallo-ro-

(1) Ceux de nos lecteurs qui voudraient des détails sur ces divers termes n'ont qu'à consulter notre Dictionnaire général d'archéologie.

COSTUME

main, le costume latin; mais pendant cette époque carolingienne la saie gauloise ne fut pas abandonnée ; du reste , au XIe siècle les paysans la portaient encore , ils la recouvraient d'un ample manteau qui rappelait l'ancienne caracalle. Les citadins, surtout ceux qui étaient aisés, portaient une longue robe et des vêtements accessoires, tels que la bife, la café, le calbaium, Yesclavine et le tabard. Aux xue et xme siècles, les vêtements sont aussi nom-

Fig. 295. — Coiffe.

breux que variés; nous mentionnerons les plus usuels, savoir : Y aube, le balandras, la cage, la cyclade, le doublier, Yesclavine, lepelichon, la cotte, les cointises, le surcot, les brides, les chausses, etc. C'est pendant cette époque que les gens de loi portaient la longue robe, sorte de soutane, et que les cagots pyrénéens, les cagneux de la Bretagne et les gahets

Fig. 296. — Gants.

ou gachets de la Gascogne portaient sur l'épaule, comme marque distinctive, une patte d'oie ou de canard, et que les juifs réprouvés et maudits étaient contraints de porter deux roueltes de drap jaune, l'une sur la poitrine, l'autre sur le dos, et la corne au bout du bonnet. A partir du xive siècle le luxe va toujours croissant, et l'Église demande à Philippe le Bel une ordonnance pour empêcher l'envahissement du luxe et pour régler le costume que chaque classe de citoyens devait porter. Mais l'Église ne fut. pas écoutée, et le xive siècle, indépendamment des anciens costumes, créa les sui-

vants : le bliaus, la garnache, le rondeau, la cloque, la housse et la houppelande. Ces mêmes vêtements furent en usage au xve siècle ; mais les hommes eurent encore le pourpoint, la heuque, la jaquette, le paletot, le gipon, la robe, le manteau à chevaucher, les mahoîtres ou maheutres et les braguettes.

Les costumes de la femme, de même que ceux des hommes furent à cette époque très variables, tantôt larges et amples, tantôt étroits, étriqués même; les étoffes furent fort belles, c'était surtout du brocart et des velours à ramages et brodés. Nos figures de 289 à 296 montrent des costumes et divers accessoires de la toilette des dames au xve siècle. Olivier de la Marche, gentilhomme de la cour de Bourgogne, qui fut à la fois chroniqueur et poète, nous donne dans son Parement des dames de curieux détails. L'épinglier (fig. 290), dit cet auteur, ce doit avoir couverture d'ung fin drap d'or ; »

De drap de laine doit estre la bordure Pour des espingles recevoir la poincture.

Et pour l'aumônière (fig. 291) :

Une bource qu'on dit une aumosnière Nous convient pendre à cette sainturette D'or et de perles bordée...

La bource doit, pour estre plus parfaite, Avoir fermant pour seurement garder Ce que dame veut tenir et donner.

La ceinture (fig. 292) sera, dit Olivier,

Du plus fin or que l'on pourra trouver Esmaillé de blanc, noir et rouge cler, Pour à madame faire saincture chère ; Des patenostres pour faire la manière.

La coiffe (fig. 295) est d'or et de soie tressée; enfin, voici ce qui concerne les gants (fig. 296) :

Un gantier fault qui nous face des gants... Pour cuir avoir, yrai-je en Alemanie, Ou si mieulx sert cuyr venant de Behaigne ? Tout ce ne vault : nous irons en Espaigne. Là, nous pourrons assouyr notre affaire, Le cuyr est doux, la violette flaire; Ainsi, madame et ma très redoubtée, De cuyr d'Espaigne vous en serez gantée.

COSTUME

Nous bornerons là ces citations, malgré l'intérêt qu'elles comportent, et nous étudierons le costume au xvie siècle. A cette époque il est d'une grande richesse ; les diverses modes firent même publier pour la première fois un livre qui traitait de ce sujet important ; et ce ne fut pas seulement ce livre, mais d'autres ouvrages qui nous donnèrent des représentations du costume. Notre figure 297 reproduit un feuillet de la Vénerie de Louis XII, qui

nous montre un beau page de vénerie dans un costume fort original taillé plutôt pour faire valoir les nudités que pour les couvrir. Le pourpoint et les manches en brassards, ou mancherons, sont de drap d'or, nouées avec un ruban d'un rouge ponceau. Les chausses sont de drap écartelées de rouge et de jaune. Sous Louis XII, les personnes aisées portaient des pantalons aux couleurs éclatantes, une sorte de loua: veston de velours ou de satin

Fig. 297. — Page de la vénerie de Louis XII.

qui descendait jusqu'à la naissance des cuisses, et, par-dessus, une sorte de robe de chambre dont le grand collet, garni de fourrures, couvrait les épaules. Les membres du conseil des Dix à Venise portèrent une robe analogue. Sous Frauçois Ier, l'influence italienne et le goût espagnol firent ajouter à la partie supérieure du haut-de-chausse , pour le rendre plus décent, une trousse ou tonnelet, c'est-à-dire ces sortes de bouffettes ou étoffe plissée ornées de bandes d'une autre couleur que celle du vêtement, et la longue robe, un peu disgracieuse, fut remplacée par un manteau qui se raccourcit sous Henri II et sous Henri III. Sous

ces deux princes, on commença à porter la fraise ou collerette à godrons ou godronnèe; mais, sous Henri III, les goûts plus qu'efféminés de la cour donnèrent une coquetterie exagérée au costume : les hauts-de-chausses marquèrent de nouveau les formes, et, si la collerette prit d'énormes proportions, le manteau en revanche se fit si court qu'il ne fut plus qu'un vain ornement, une sorte de longue pèlerine. Sous Henri IV, l'austérité du calviniste Sully ramena les moeurs dans une tout autre voie que sous Henri III, et le costume fut plus sévère, mais ne manqua pas- d'élégance. Les pourpoints furent sans baleines, de

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