‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 127 sur 325 · COURONNE · texte numérisé non relu

COURONNE

notre figure 303, celle d'un roi d'Irlande, Brian Boïroïme, du commencement du XIe siècle, qui périt dans la fameuse journée de Cluan- Tarf. Denis, son fils, recueillit sa succession sans pouvoir cependant porter la couronne de son père, qui avait disparu. On la retrouva en 1692 à trois mètres sous terre dans les marais d'Allen en Irlande, c'est-à-dire 690 ans après

Fig. 302. — Couronne de Charlemagne.

la journée de Cluan-Tarf. Cette couronne est en or massif en forme de chapeau sur le rebord duquel, en tournant le sommet vers soi, on lit les cinq lettres H. R. E. B. B., initiales des mots irlandais : Rara, Rieis, Erion, Brian, Boïroïme, qui signifient : couronne du roi d'Érin, Brian Boïroïme. — Dans notre figure 304 on voit la reproduction d'une couronne d'or massif dite couronne de fer de Monza, à cause du carcle de fer qui la garnit intérieure-

Fig. 303 . — Couronne du roi d'Irlande.

ment, lequel cercle aurait été fait avec l'un des clous qui servirent à attacher le Christ sur la croix.

Il est inutile d'ajouter que cette légende est fausse, car la couronne de fer est assez moderne, comme l'a établi d'une façon fort claire une savante dissertation de Muratori, le docteur ambrosien. Cette couronne est aujourd'hui conservée dans la basilique de Saint- Jean-Baptiste à Monza, petite ville voi-

sine de Milan. C'est donc à tort qu'elle passe pour être celle queThéodelinde, reine des Lombards, plaça sur la tête du duc de Turin, Agilulphe, qu'elle épousa en 59 1 . Quand les rois lombards ceignaient cette couronne, ils disaient : Malheur à qui oserait y toucher! Notre figure 3<>5 donne une fidèle reproduction de la couronne d'Elisabeth de Russie, qui servit en

Fig. 304. — Couronne de fer de Monza.

1741 au couronnement de cette tzarine. Il est difficile de voir un bijou où les pierreries soient plus symétriquement disposées que dans le joyau que nous présentons à nos lecteurs, et qui n'existe plus au Kremlin aujourd'hui. Il est probable que cette princesse, de mœurs dissolues , a dû faire démonter les pierreries pour les disposer sur un autre modèle. — Notre planche VII reproduit une superbe couronne d'or grecque qui porte sur quelques-unes de ses fleurs des traces d'émail bleu. Cette couronne, formée au moyen d'une branche de chêne et de diverses fleurs , porte dans sa partie supérieure sept figures ailées dont il est difficile de préciser le caractère distinctif ; seulement les archéologues les plus compétents admettent que la grande figure placée debout serait la déesse des lieux infernaux, dont on retrouve assez fréquemment l'image sur les vases peints des tombeaux. Cette explication nous paraît assez vraisemblable , car cette couronne a été trouvée en 1813 dans un tombeau, près d'Armento; nous serions donc en présence d'une couronne funéraire, qui, suivant l'inscription gravée sur le piédestal qui porte la déesse, fut l'offrande d'un nommé Kreithonios. Cette œuvre d'art est un des plus beaux bijoux de la collection des antiques du musée de Munich.

Planche VII. — Couronne funéraire grecque (nausée de Munich).

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