AMICT
ble chez les peuples orientaux. Nous ne pouvons nous faire qu'une bien faible idée de ce qu'étaient les tentures et les tapisseries des anciennes civilisations orientales ; ce n'était partout que des meubles d'or, d'argent ou d'ivoire, ou fabriqués avec des bois précieux incrustés eux-mêmes des matières précieuses que nous venons de citer. Les murs et les planchers de l'habitation disparaissaient sous les tentures et les tissus les plus beaux et les plus soyeux, sous les tapis les plus moelleux et les plus brillants. Quand les plafonds n'étaient pas en bois de cèdre incrustés de nacre, d'ivoire et d'or, les bois les plus précieux avec les faïences aux riches colorations concouraient à l'ornementation de cette paroi de l'habitation. On ne peut se faire une idée du luxe de l'ameublement des anciens que par celui qui règne encore de nos jours dans l'Inde. Ce qui prouve le plus en faveur de la splendeur de l'ameublement oriental, c'est qu'aujourd'hui dans nos riches demeures modernes on est obligé de recourir aux tapis et aux tentures d'Orient pour obtenir un riche ameublement. Mais, il faut bien l'avouer, souvent les riches demeures modernes sont loin d'être meublées avec goût ; il y règne un luxe tapageur et de mauvais aloi, parce que leurs propriétaires ne s'occupent pas de meubler ou l'habitation entière ou chaque pièce dans un seul et même style, et trop souvent un salon de réception possède à la fois des meubles Louis XV et Louis XYI, des lustres Louis XIV et des portières orientales. C'est de l'éclectisme, dira-t-on; nous le voulons bien, mais il ne faut pas, sous prétexte d'éclectisme, se créer des demeures qui ressemblent à une véritable boutique de bric-à-brac. Nous devons ajouter cependant que quelques hommes de goût ont su créer des ameublements parfaitement compris; ainsi à la vente de Léopold Double nous avons pu voir des salons de divers styles où chaque meuble était bien à sa place. Nous n'insisterons pas davantage et, pour d'autres détails sur l'ameublement, nous renverrons les lecteurs aux mots suivants : Bronze, Décoration, Ébénisterie, Mobilier, Tapis, Tapisseries et Tentures.
AMIANTE. — Substance^ minérale, fila-
menteuse , incombustible, dont on faisait dès l'antiquité des vêtements incombustibles ; on la désignait aussi sous le nom d'asbeste (ashestus) (1). — La composition de l'amiante se rapproche, de celle de 1' Amphibole (Voy. ce mot) ; elle renferme de la silice, de la magnésie et un peu de chaux. Cette substance se présente sous forme de filaments soyeux plus ou moins blancs, quelquefois jaunes; sa texture fibreuse la rapproche, quant à ses propriétés extérieures, de la soie, du lin, ou des fils blancs et soyeux obtenus par le traitement de l'écorce du mûrier blanc. L'amiante a beaucoup attiré l'attention de certains industriels ; aussi est-on parvenu de nos jours à la filer et à tisser des étoffes, soit avec des 'fils d'amiante pure, soit avec des fils mélangés avec du coton. Le tissu une fois obtenu, on se débarrasse du coton qu'il renferme en le passant au feu. Après refroidissement l'étoffe revient à son état primitif. Divers. peuples de l'antiquité faisaient des linceuls d'amiante, afin de brûler leurs morts et de pouvoir recueillir leurs cendres sans qu'elles soient mêlées à celles du combustible employé à l'incinération.
De nos jours, on a fabriqué des mouchoirs de poche en amiante ; on les blanchit, quand ils ont servi, en les faisant passer à travers la flamme. On emploie également cette substance pour la garniture des presse-étoupes et des pistons de machine, comme du reste pour tous les joints qui sont exposés à un frottement continu et à une température élevée. Si cette substance avait plus d'élasticité, elle pourrait rendre de grands services à l'industrie. On récolte l'amiante principalement aux Etats- Unis et au Canada ; dans ce dernier pays on en exploite deux variétés différentes, dont l'une est couleur d'ambre translucide ; on en trouve également, mais en moindre quantité, dans les fentes de certains rochers du Piémont, de la Corse , de la Sardaigne , de la Savoie ; on en récolte également dans les Pyrénées et jusqu'en Sibérie.
AMICT. — Terme générique par lequel les
(1) E. Bosc , Dictionn. génér. de V archéolog . et des antiquités.
AMORÇOIR.
Romains désignaient tous les vêtements de dessous. — Voy. notre Dictionnaire général d' archéologie, v° Amict.
AMORÇOIR. — Vers la seconde moitié du xviô siècle, quand on remplaça les Arquebuses par les Mousquets (Voy. ces mots) ,
on employa pour amorcer ceux-ci une poudre spéciale qu'on versa dans les bassinets ; et comme on portait cette poudre dans une petite poire à poudre, on appela celle-ci amorçoir. La forme des amorçoirs est très variée, suivant le style adopté et le pays où ils sont fabriqués. Quelques modèles sont en forme de courge
Fig. 20. — Amorçoir arabe (1er type).
aplatie ayant au centre un trou qui permet de passer l'index pour retenir l'amorçoir. On en fabrique en bois de poirier richement décoré d'incrustations en ivoire sculpté, en argent sculpté, gravé ou niellé, en fer gravé ou ciselé, en cuivre fondu et ciselé ou même émaillé. C'est un objet de haut luxe, et dans les ventes les amorçoirs atteignent parfois un haut prix, jusqu'à 3,000 francs ; aussi en fait-on de nombreuses contrefaçons.
Notre figure 20 montre un amorçoir arabe, en forme de corne. En dévissant la partie inférieure par le bouton a, on le remplit de poudre ; par les cordonnets bb, on peut le suspendre, et, en appuyant le pouce sur le point c, le levier coudé ouvre l'orifice e, qui laisse écouler la poudre , l'amorce , dans le bassinet de l'arme à feu. Cet amorçoir est en argent ; toute l'ornementation a été faite au repoussé.
Notre figure 21 montre un autre amorçoir