DIPTYQUE
Fig. 343 et 344. — Dyptique en ivoire.
autre destination aux ivoires, la matière étant rare et d'un prix élevé. Les sujets que l'on
distingue au premier abord, sur le côté le mieux conservé des deux plaques, sont quatre
DIRCK. — DORURE.
des signes du zodiaque : le Verseau et le Lion sur la première, le Sagittaire et le Capricorne sur la seconde. Dans le haut de la première plaque (n° 1041 du catalogue), un guerrier menace de sa lance le Verseau, qui se retient à un arbre ; plus bas , un autre guerrier plonge un dard dans la gueule du Lion, et, dans la partie inférieure, on distingue une figure d'homme qui se joue dans les branchages. Dans la seconde de ses plaques (figure 344, n° 1042 du catalogue), le Sagittaire a l'arc en main et s'apprête à lancer une flèche. Le Capricorne est assailli par deux figures dont l'une, vêtue, est debout sur son dos, et se suspend d'une main à ses cornes et de l'autre à
sa queue , tandis que la seconde , entièrement nue, saisit d'une main la barbe de l'animal chimérique et de l'autre cueille un fruit que présente l'extrémité d'une branche. »
Au dernier siècle, les ivoires anciens sculptés n'étaient pas rares , et comme on n'en connaissait pas le prix, on les vendait à bon marché; aujourd'hui, au contraire, ils sont très recherchés et atteignent par conséquent des prix élevés. (Voy. Ivoike.)
DIRCK. — Poignard écossais avec un manche en corne décoré de pierres transparentes. Ces poignards et leurs fourreaux sont souvent garnis d'argent et portent un gland
Fig. 345. — Djoukan.
de chêne de même métal ; le fourreau peut recevoir également deux petites pièces de service. Valeur, de 90 à 150 francs.
DIVAN. — Sorte de sopha sans dossier et garni de coussins ; c'est un meuble d'origine orientale. (Voy. Mobiliek.)
DJOUKAN. — Arme persane ; c'est un bâton terminé par une panne recourbée, pointue d'un côté et plate de l'autre, ou en forme de pilon comme le montre notre figure 345. Cette djoukan a appartenu à Touman-Bey-el-Aschraf . (Voy. Armes.) Les anciens mamelouks déchiraient et brisaient avec la pointe de la djoukan les cottes de mailles. Ce crochet servait également à ramasser les javelots ou djèrids, quand ceux-ci ne portaient point et tombaient à terre.
DJUGO. — Voy. le terme suivant.
DJUMPA. — Instrument de musique hindou ; c'est une sorte de cylindre en terre cuite sur le sommet duquel est tendue une peau mince ; à l'aide d'un archet , l'instrumentiste racle sur la peau de la djumpa et en tire une sorte de bourdonnement. On désigne aussi quelquefois cet instrument sous le nom de djugo.
DOMBOUR. — Instrument de musique avec lequel les Kalmouks accompagnent leurs chants et leurs danses ; c'est une sorte de mauvais violon à deux cordes de boyau supportées par un petit chevalet assez haut.
DOMP. — Instrument de musique hindou; sorte de grosse caisse qui n'est pas cylindrique, mais octogonale.
DORURE. — Opération qui a pour but de couvrir d'une légère couche d'or des objets
DOSSAL. — DRAGONNE.
très divers. On applique la dorure notamment sur le bois, la pierre, le marbre, le plâtre, la porcelaine, le cristal, les métaux (argent, bronze, cuivre, zinc, etc.). La dorure sert non seulement à rendre plus brillants et à embellir ces objets , mais encore à leur permettre de résister plus efficacement aux agents atmosphériques.
Technique. — Il existe divers procédés pour dorer ; le plus élémentaire, pour les métaux, consiste à dorer au mercure. Ce métal dissout l'or, et le résultat de cette opération fournit un amalgame d'or avec lequel on dore les bronzes, après les avoir décapés ; on passe ensuite les bronzes au feu ; le mercure se volatilise, et l'or reste fixé sur le métal qu'il s'agissait de dorer. — Un deuxième procédé consiste à dorer au trempé ou par immersion; celui-ci est employé pour la dorure des bijoux. On prépare une dissolution d'or au moyen de l'eau régale, ou bien encore on plonge les bijoux dans une dissolution bouillante de chlorure d'or avec addition d'un carbonate alcalin. — Enfin la dorure galvanique , la plus utilisée de nos jours, consiste à dissoudre l'or dans des agents convenables , afin de pouvoir le précipiter ensuite sur d'autres métaux parfaitement décapés, en employant comme agent précipitant l'électricité développée par une pile. Ce dernier genre de dorure est celui qui satisfait le mieux à toutes les conditions, puisque par ce procédé on peut appliquer en couches adhérentes et continues un métal sur un autre, et obtenir ensuite des surfaces mates ou brillantes sur l'objet doré, absolument comme on pourrait le faire sur l'or luimême.
DOSSAL. — Sorte de manteau que portaient au xe siècle les grands personnages.
DOSSERET. — Ce terme est quelquefois employé comme synonyme de dais, parce que les dosserets sont faits avec des étoffes et sont appliqués contre des murs. Les dosserets sont ainsi nommés parce qu'ils remplissent une fonction analogue au pilastre en architecture, pilastre qu'on nomme également dosseret; en effet, les dosserets en tapisserie ou en étoffe
reçoivent devant eux un meuble, comme les pilastres une colonne. Notre figure 345 bis montre un superbe dosseret de lit dans le style de la renaissance ; on voit que la partie foncée de notre figure correspond bien au panneau de tête d'un lit.
Vente San Donato. — N° G3. Dosseret de lit en moire blanche, avec encadrement en cordonnet, treillage et brodé au plumetis en soie lie-de-vin, représentant en camaïeu un vase surmonté d'une figure de l'Amour debout, divers personnages, des paysages, etc. Travail français, d'après une composition de Bérain. Hauteur, 0,u,94; largeur, lm,75. 310 lires.
DOSSIÈRE. — Partie postérieure de la Cuieasse. (Voy. ce mot.)
DRAGEOIR. — Belle boîte d'or, d'argent, de vermeil, de faïence, de porcelaine, de cuivre émaillé, clans laquelle on servait autrefois, à la table des grands, des épices et des dragées plus délicates et plus fines que celles qui composaient le dessert de la table. Le drageoir était employé dès le xive siècle. Les domestiques ne le présentaient qu'au maître du logis ou à celui des convives que l'amphitryon voulait honorer plus particulièrement. — On nomme également drageoirs de petites boîtes dans lesquelles on mettait des pastilles de gomme ou de menthe ; ces derniers sont de petits drageoirs de poche , en fer repoussé et découpé à jour ; ils valent jusqu'à 200 francs. A la vente Double, des drageoirs ou boîtes à bonbons ont atteint des prix considérables : 4,000, 5,000, 6,000, 8,000 et 10,000 francs. Une bonbonnière a été adjugée à 18,200 francs; cette boîte, exécutée par Matins de Beaulieu , orfèvre de Louis XVI, provenait de la vente Demidoff, qui eut lieu en 1863. Voici sa description :
N° 162. — Belle boîte ovale, en or de couleur, ciselée à rinceaux, festons de laurier et vases; le dessus enrichi d'une peinture sur émail par Petitot et représentant le portrait de Turenne. (Voy. Boite.)
DRAGONNE. — Cordon ou lacet de cuir, de coton , de soie , d'or, attaché à la poignée des armes blanches, et ainsi nomme parce que