DRAPERIES
les dragons se servirent probablement les premiers du cordon de leur sabre. La dragonne n'est pas un simple objet d'ornementation :
en effet, le militaire la passe au poignet pour se servir de son arme , qui par ce moyen ne peut lui échapper.
DRAPERIES. — Terme générique sous lequel on désigne toute sorte d'étoffes d'ameublement, tentures, tapisseries, rideaux, dais, dosserets, etc. — En peinture, on nomme dra-
peries les étoffes que le peintre emploie soit pour costumer des personnages, soit pour décorer ses intérieurs. La connaissance des styles et des époques est donc de toute nécessité à
DICT. DE L'ART
DRAP D'OR. — DULCIMER.
l'artiste, car sans elle il ne peut que commettre des anachronismes et entasser fautes sur fautes.
C'est un grand art que celui de bien draper une figure. Les Grecs possédaient cet art au plus haut degré. Les draperies de leurs statues sont généralement à petits plis formant de nombreux canons d'une régularité remarquable et qui semble toute naturelle, puisqu'on n'y découvre pas la recherche. Leurs fines étoffes drapaient admirablement d'elles-mêmes, ensuite l'artiste avait un goût exquis. Les draperies de la statuaire grecque sont si parfaites que, loin de cacher les formes, elles les faisaient valoir, pour ainsi dire, en les entourant d'un prestige qui en doublait le charme. Les Grecs étaient des délicats; ce n'étaient point des naturalistes comme les Romains, qui ont fait des draperies lourdes et abondantes. Cette abondance a même suppléé chez ceux-ci à l'harmonie, à l'arrangement. Depuis la chute de l'empire romain jusqu'au xme siècle, les draperies des sculptures sont en général lourdes, massives, de mauvais goût ; pendant les xine et xive siè* cles, elles sont froides, peu étoffées, rigides; elles forment une sorte de lourd fourreau pour le corps , c'est une draperie funèbre sentant le suaire, et cette disposition n'est pas seulement adoptée pour obtenir une figure austère, mais aussi pour permettre à la statue de tenir dans ces niches longues et étroites. Le xve siècle fait des efforts pour mieux draper que les siècles qui le précèdent immédiatement, mais c'est le xvie siècle qui, revenant aux traditions de l'antique, crée de belles draperies.
DRAP D'OR. — Riche étoffe de soie brochée, qu'elle renferme ou non des fils d'or dans sa fabrication. Les plus riches draps d'or qui aient été fabriqués sont les veloutés de Venise ; ceux des xvr8 et xvne siècles sont très rares et d'un prix très élevé.
DRESDE (Travaux de). — On désigne sous ce terme de la petite bijouterie en fausses pierres, de la bimbeloterie, qui se fabrique à
Dresde, ville très industrielle. (Voy. Œuvre.)
DRESSOIR. — Meuble en bois sculpté, ouvert dans sa partie supérieure, c'est-à-dire au-dessus de la hauteur d'appui, et qui sert à étaler, à dresser l'argenterie et l'orfèvrerie de table. Les dressoirs sont souvent richement sculptés ; ils comportent une ou deux tablettes au-dessus du corps inférieur. Ce meuble existait dès le moyen âge, puisque dans des manuscrits enluminés on en voit des représentations; c'était alors l'étagère sur laquelle on plaçait, dans les salles à manger, les grandes pièces d'orfèvrerie, et, dans les autres pièces de la maison, tout ce qui pouvait flatter la vanité du maître du logis. Quelquefois les dressoirs sont également ouverts dans la partie inférieure; souvent aussi, aujourd'hui surtout, on les ferme, soit dans le bas, soit dans le haut, avec des vantaux à glace , afin de préserver de la poussière les objets qu'ils renferment.
Vente San Donato. — N° 1154. Deux dressoirs à deux corps, en bois de chêne sculpté, à quatre vantaux à glace. La partie inférieure, ornée de cariatides en haut relief et d'une frise à mascarons , tritons , sirènes et cygnes ; la partie supérieure en retraite, à quatre cariatides superposées, avec corniche à rinceaux. Hauteur, 2 mètres; largeur, lm,10. 1,110 lires. — N° 1158. Quatre dressoirs à deux corps en bois de chêne sculpté. La partie inférieure à quatre vantaux à glace, avec frise et montants à cariatides en haut relief ; la partie supérieure en retraite, à deux vantaux à glace à coulisse, décorée de colonnes torses. Hauteur, 3m,05 ; largeur, 3m,15. 4,140 lires.
DUFF. — Instrument de musique arabe ; sorte de tambour de basque entouré de disques de cuivre convexes, accouplés deux à deux, qui s'entre-choquent quand on secoue l'instrument.
DULCIMER. — Instrument à cordes métalliques, en usage au moyen âge. On frappait sur les cordes avec de petites baguettes de bois pour jouer de cet instrument.