AMULETTES
perstition attribue le pouvoir de guérir certaines maladies, ou même de préserver les hommes et les animaux contre des sorts que des êtres malfaisants leur jettent. Tous les
Fig. 23. — Amulette de Catherine de Médicis (avers).
peuples, surtout au début de leur civilisation, ont adopté les amulettes ; suivant les temps ou les pays , on les a diversement dénommées. Les principales formes des amulettes consis-
tent en mains d'or, d'argent, de corail; elles ont trois doigts fermés et tendent en avant le petit doigt et l'indicateur. Quelquefois des pierres fines, principalement des turquoises,
Fig. 24. — Amulette de Catherine de Médicis (revers).
portant des sentences gravées servent d'amulettes. Nos figures 23 et 24 montrent la face et le revers du talisman ou amulette de la superstitieuse reine Catherine de Médicis. Il
Fig. 25. — Amulette bvzantine.
est en bronze coulé et date du xvic siècle. D'après le P. Ménestrier, ce talisman aurait été fait par Jean Fernel d'Amiens, premier médecin de Henri II , qui avait reçu de grands bienfaits de Catherine. Notre figure 2ô montre une amulette de cuivre émaillé en forme de
triptyque ; on la portait suspendue au cou comme un encolpium. Le vantail placé à la gauche du lecteur représente à sa partie supérieure la descente de J.-C. aux limbes, et dans sa partie inférieure l'Ascension. Le vantail à droite laisse voir dans le haut l'entrée de
AMUSETTE. — ANGOISSE (poibe d').
J.-C. à Jérusalem, et dans le bas la Présentation au temple. Le centre du triptique montre la Vierge et son enfant avec l'inscription M. 0. (Mwip ©eoïï, la Mère de Dieu). Cette amulette est de style byzantin , les catholiques grecs en portent de semblables encore de nos jours. En archéologie chrétienne, on nomme amulettes, ou quelquefois encolpia, des reliques, des médailles, etc. — Voy. notre Dictionnaire d! archéologie,, v° Amulettes et Encolpia.
AMUSETTE. — Ancienne pièce d'artillerie reléguée aujourd'hui dans les musées comme antiquités ; elle servait de fusil de rempart, ou bien comme pièce de montagne. Son canon de petit calibre lançait des boulets d'une livre.
ANCHE. — Languette de buis ou de métal qui a pour fonction de briser un courant d'air en battements réguliers. Chaque battement de l'anche produit l'une des vibrations du son; sans l'anche, le courant d'air s'échapperait sans vibrer. On peut les diviser en trois genres : Y anche simple ou battante, Tanche double et Tanche libre. Un grand nombre d'instruments de musique sont à anches.
ANDARAS. — Instrument de musique péruvien qu'on nomme aussi zampona. C'est une sorte de flûte de Pan composée de onze roseaux réunis au moyen de deux baguettes nouées transversalement et fixées à l'aide d'une résine quelconque.
ANDROÏDE. — Automate à figure d'homme qui, au moyen d'un mécanisme spécial disposé à l'intérieur de la figure, exécute certains mouvements de l'homme. Parmi les automates célèbres, nous mentionnerons le joueur de flûte de Vaucanson. (Voy. Automate.)
ANGLETERRE (Point d'). — On nomme faussement point anglais, ou mieux point d'Angleterre, un genre particulier de dentelles qui se fabrique à Bruxelles; aussi
cette dentelle n'est réellement que le point de Beuxelles. (Voy. ce mot et Dentelles.)
ANGOISSE (Poire d'). — Instrument en fer, en cuivre ou même en argent, qui affecte la forme d'une poire et qui, au moyen
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Fig. 26. — Poire d'angoisse.
d'un mécanisme particulier, pouvait se séparer en quatre quartiers par un demi-tour de main donné à ce mécanisme, sorte de vis de rappel. — Anciennement les voleurs se servaient de cet instrument pour bâillonner les victimes qu'ils voulaient dévaliser. Ils le
ANGOISSE (poire D' ).
faisaient pénétrer de force dans la bouche, puis ils faisaient agir le ressort qui distendait horriblement les mâchoires. Quelques-uns de ces instruments sont fort beaux comme travail, aussi atteignent-ils dans les ventes des
prix assez élevés. Nos figures 26, 27 et 28 montrent une superbe poire d'angoisse qui n'était pas un vulgaire bâillon dé voleurs. Il devait être employé par des grands seigneurs, peutêtre même par la police. Cette œuvre fait partie
Kg. 27 et 28. — Clef et poire d'angoisse ouverts. CO f- '- < ^ 0UA
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de la collection Sauvageot du Louvre. Notre figure 26 montre la poire fermée ; la figure 27, la tige servant à faire fonctionner le mécanisme, et la figure 28 , la poire ouverte telle qu'elle se trouvait dans la bouche du patient bâillonné.
Historique. — L'auteur de Y Inventaire général de l'Histoire des larrons (volume du
XVIe siècle) nous apprend que l'invention de la poire d'angoisse est d'un nommé Palioli, un voleur toulousain. D'un autre côté, d'Aubigné, dans ses Histoires, en attribue la découverte à un capitaine d'aventure. Voici, du reste, ce que dit cet auteur (1. III, en. xv) : « Il y avait en ce pays (Villefranche-sur-Meuse) un capitaine Gaucher, grand coureur, hazardeux