ANNEAU
en ses courses, et qui, n'ayant pas été propre à s'avancer en honneur par le vrai métier du soldat, s'était rendu plus redouté et renommé par ses prises... Pour ce que ce galant se trouvait surchargé de prisonniers, qui le contraignaient de retourner au logis premier que d'avoir mis fin à son projet, il inventa une sorte de cadenas, fait en forme de poire, aussi les appelait-il poires d'angoisse. Il faisait ouvrir les dents à ses prisonniers et, les ayant fait retirer sous le palais cette machine avant retirer une clef qui était dedans, il en faisait un tour qui grossissait le morceau d'un travers de doigt et par ainsi ne pouvait plus sortir de la bouche que avec l'aide de la clef. Cela fait, il disait au prisonnier : « Allez vous rendre en tel lieu, ou bien résolvez -vous à mourir de faim. »
ANG-ON. — Arme qui semble avoir appartenu plus spécialement aux Francs. Un auteur ancien, Agathias, au second livre de son Histoire du siècle de Justinien, décrit cette arme à peu près dans les termes que voici : ce L'angon est une pique de moyenne longueur; c'est une arme de jet qu'on peut lancer au besoin, mais qui est également propre à la défense et à l'attaque. En effet, cette sorte de javeline est presque entièrement en fer, si bien qu'on n'y trouve de bois que ce qui suffit pour la poignée. La pointe de l'arme est terminée par deux crochets recourbés vers la hampe et qui ont quelque ressemblance avec les crochets des hameçons. Lorsque l'angon est jeté sur un ennemi et qu'il pénètre clans les chairs, il s'y engage si profondément qu'on ne peut le retirer sans rendre la blessure mortelle, quand bien même elle ne l'aurait pas été dès l'abord. » L'angon du moyen âge, qu'on nommait aussi ancon, rançon et corsèque, rappelle par la forme de son fer celle de la hallebarde et de la fleur de lis. C'est la forme du fer de l'angon, qui figurait sur les armoiries des princes de l'époque féodale , qui a suggéré l'idée de la fleur de lis introduite dans l'art héraldique.
ANIME. — Sorte de cuirasse du moyen âge qu'on nomme également garde-cœur.
ANNEAU. — Ornement en or, en argent, en bronze, en cornaline, ou de toute autre matière, qui se porte au petit doigt. Ce signe de distinction, qu'on nomme aussi bague, fut en usage dès la plus haute antiquité. Selon la Fable, Jupiter imposa à Prométhée l'obligation de porter au doigt un anneau de métal pour lui rappeler son enchaînement sur le Caucase. Les Grecs désignaient les anneaux sous le nom de SaxtuÀi'ot ; les Romains , très anciennement, les nommaient unguli (ongles), parce qu'ils les portaient près de l'ongle à la première phalange. Il y avait des anneaux de mains et des anneaux de pieds chez divers peuples. Les beaux anneaux étaient d'or et ornés de pierres précieuses. Quand l'anneau portait en chaton une pierre gravée servant de cachet, les Grecs le nommaient cu^êoXov (signe), et les Latins, sigillarius annulus (anneau sigillaire). — Suivant les époques et
Fig. 29. — Anneau du comte d'Essex.
suivant les peuples, la manière de porter les anneaux a varié : par exemple , les Égyptiens le portaient au médius de la main droite, les Hébreux également; les Grecs le plaçaient au quatrième doigt ou doigt annulaire de la main gauche; les Romains, à divers doigts de la main : à l'origine ils ne portaient qu'un seul anneau, plus tard ils en eurent à chaque doigt et quelquefois à chaque phalange ; le peuple ne portait que des anneaux de fer. Dans l'antiquité, dans la cérémonie des fiançailles, le futur époux donnait à sa fiancée un anneau : c'est devenu de nos jours l'anneau d'alliance , qui est en argent ou en or ; il se dédouble et porte sur la tranche inférieure les noms du mari et ceux de la femme. Primitivement l'anneau de mariage était de fer avec un chaton d'aimant, pour symboliser l'union des époux, qui doivent s'attirer comme l'aimant attire le fer. — Enfin