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FUSIL

espousée garnye de perles. » Ces deux citations tendraient à prouver que ce genre de frontier était, sinon toujours, du moins souvent, décoré de perles.

FURGETTE, FURGOERE, FUSE- QUOIR. — Au moyen âge, ces termes servaient à désigner un cure-dent. Dès le xive siècle, c'était un genre que se donnaient les gens bien nés de se curer les dents; et comme ce n'était pas seulement la conséquence d'un besoin, il existait des furgettes de grand prix, en or et décorées de pierres précieuses. On les appelait également esguiïïeties à curer les dents, coustelets à curer les dents, etc. Le terme de furgette, furgoere, dérive de l'ancien terme/wgier, fouiller.

FUSAIN. — Arbuste toujours vert, dont les branches secondaires converties en charbon servent aux artistes à esquisser leurs dessins et à créer ceux qu'on nomme fusains. Un des maîtres modernes du fusain est M. Allongé.

FUSEAU. — Petit instrument de bois tourné qui sert à donner un mouvement de rotation, et à tordre ainsi et enrouler le fil, lorsqu'on file à la quenouille ; le fuseau est donc le complément obligé de celle-ci, qui sert de magasin ou de dépôt du chanvre. Notre planche XI Y montre des quenouilles et des fuseaux en bois

sculpté du xvc siècle ; ces ustensiles, d'un travail florentin plein de finesse, sont déposés au musée de Cluny. Notre quenouille de droite représente, sculptée sur sa tige, l'histoire des femmes fortes de la Bible. On voit à côté l'ensemble et des détails à plus grande échelle. Au moyen âge, on plaçait ordinairement de ces ustensiles dans les Coffkets de mariage. (Yoy. ce mot.)

FUSELÉ. — Se dit, en blason, d'un écu chargé de fusées ou de fuseaux.

FUSIL. — Arme à feu portative qui a remplacé I'Akquebuse. (Voy. ce mot.) Primitivement il y eut des fusils à rouet, puis à pierre, puis à piston, puis à tabatière, enfin à aiguille. Comme curiosité, on n'achète guère que des fusils à vent, des fusils arabes ou indiens incrustés d'argent et de corail; quelquefois des fusils monténégrins décorés de plaques en fer repoussé qui reproduisent de petites têtes en grande quantité. Notre planche XV montre de belles crosses de fusil du XIXe siècle.

Tente Double. — N° 236. Ancien fusil indien avec batterie à mèche et long canon damasquiné en or, la crosse garnie en argent. 1,100 fr. — N° 237. Fusil marocain avec batterie à pierre. La monture est couverte d'ornements en argent doré et repercé à jour. Travail oriental. 350 fr.

Planche XV. — Crosses de fusil (xixc siècle).

GAINE. — Étui qui épouse exactement la forme de l'objet qu'il renferme. Ce terme sert surtout à désigner des étuis, des fourreaux d'épée, de sabre, de poignard; d'où l'expression dégainer, sortir une épée de son fourreau. Ces gaines sont en cuir, en maroquin, en velours, en métal, quelquefois en galuchat. — On désigne de même un genre de support plus large dans sa partie haute qu'à sa base et sur lequel on place des bustes, des statuettes, des vases, etc. Ces gaines sont en bois, en métal et surtout en marbre.

Vente Double. — N° 264. Deux gaines en marbre rose des Pyrénées de forme rectangulaire. Hauteur, lm,80; largeur de la tablette, 0m,35. 400 fr.

Vente San Donato. — Nos 158 et 159. Quatre gaines en marbre bardiglio fiorito. Hauteur, lm,21. 850 lires. — N° 988. Douze gaines en marbre bardiglio fiorito. Hauteur, lm,01. 1,275 lires.

GALA (Voiture de). — Voy. Voiture.

GALOUBET. — Sorte de flageolet à bec, à trois trous, le plus aigu des instruments à vent, et plus élevé de deux octaves que la flûte traversière. Cet instrument se joue toujours avec le tambourin ; l'exécutant tient de la main gauche le galoubet et bat de la droite le tambourin qui sert à marquer le rythme et la mesure; généralement ce sont deux exécutants qui s'accordent entre eux, l'un sur le galoubet, l'autre sur le tambourin. On joue beaucoup du galoubet et du tambourin en Provence, quand on fait des farandoles et d'autres exer-

cices : par exemple, pour les ferrades de taureaux, ou qu'on laisse parcourir les rues d'une ville à un bœuf sauvage, à la patte de derrière duquel on a attaché une corde. Quand le taureau, furieux des mauvais traitements que lui fait subir la foule, s'élance sur un individu, si celui-ci est en danger, tous les assistants se jettent sur la corde, afin d'empêcher l'animal de nuire. Ce divertissement se nomme oourgine. On joue également du galoubet dans les promenades aux flambeaux, qu'on nomme pègoulades.

GALUCHAT. — Peaux de certains poissons préparées à l'aide de divers procédés et qui fournissent ainsi une sorte de cuir employé pour revêtement, d'étuis, de nécessaires, de porte-monnaie, de boîtes d'allumettes, de carnets de visites. On fait même avec le galuchat des buvards, des médaillons-cassolettes, des porte-plumes, des règles et jusqu'à des couteaux à papier. Le galuchat à gros grains est obtenu avec la peau du requin ou du chien de mer ; celui à petits grains, avec divers poissons du genre squale, notamment avec la roussette. Les peaux de squales sont plus ou moins grenues ; si l'on use, si l'on rabote, pour ainsi dire, leur surface, on rase les petites bosses ou aspérités qui s'y trouvent ; il ne reste plus alors que des écailles ou plutôt de petites lentilles transparentes. On utilise le galuchat dans sa couleur naturelle ; on le teint en vert ou en gris; nous avons même sous les yeux sur notre table à écrire une boîte en laque dont le dessus, fond noir, est couvert de branchages de calistegia presque dans leur vraie grandeur ; les feuilles

GANT. — GAULOIS (art).

et les fleurs sont faites en galuchat appliqué ; les premières sont vertes, et les fleurs violettes et fuschia; les nervures des feuilles, ainsi que les branchages et les pétioles des fleurs sont dessinés par des filets d'or. Cette décoration sur fond noir est d'un bel effet.

GANT. — Partie du costume qui couvre la main. On ne recherche dans les ventes que les gants brodés très anciens. Aux xive et XVe siècles, l'art de l'orfèvre et du brodeur s'empara des gants ; nous lisons , en effet , dans les comptes royaux de 1352 : ce xlviij boutons d'or pour deux paires de gants de peau de chien couverts de chevrotin, garniz au bout de iv boutons de perles ; » et dans l'inventaire de Charles VI (1424) : « Uns autres petits gants à prélat, de broderie sur champ d'or et sont tous peints à esmaux et y fault (manque) plusieurs perles. »

GANTELET. — Partie de l'armure qui recouvre la main et l'avant-bras. Les gantelets sont en lames de fer ou d'acier, en écailles, ou en mailles métalliques, comme les cottes. Notre figure 52 (page 55) montre les gantelets de l'armure de Jean Sobieski. Le gantelet est formé de trois pièces : le canon ou revers, d'une seule pièce, enveloppant le poignet et recouvrant l'extrémité du brassard ; le dessus de la main, formé de plusieurs lames mobiles à recouvrement extrêmement flexibles; enfin les doigts, sur lesquels on compte quelquefois jusqu'à dix-huit écailles pour chaque doigt. On nomme gantelets à mitons ceux dont les doigts , sauf le pouce, ne sont point détachés; assez souvent les lames des mitons dessinent la forme des doigts. Usités dès le milieu du XVe siècle, les mitons disparurent avec la seconde moitié du xvie siècle, à cause de l'emploi des armes à feu, car avec les mitons on ne pouvait tirer de l'arquebuse ou du pistolet.

GARDE. — Partie saillante de la poignée d'un sabre ou d'une épée, qui sert à protéger la main. (Voy. Epée.)

GARDE-CENDRE. — Plate-bande en cuivre, en fer, en bronze doré, qui sert à retenir la

cendre d'un foyer et l'empêcher d'empiéter sur la plaque en marbre.

GARDE-FEU ou PARE-ÉTINCELLES.

— Ustensile qui, placé devant le feu, empêche les étincelles de brûler les tapis ou les parquets, et préserve des accidents du feu. Les garde-feu sont en toile métallique, en tissu métallique maillé en cuivre, en bronze, ou bien ils affectent la forme d'un grand éventail en bronze doré.

GARNITURE. — Terme générique qui sert à désigner les différentes pièces qui garnissent la tablette d'une cheminée : Pendules, Flambeaux, Candélabres, Coupes. (Voy.

ces mots.)

On désigne de même dans la curiosité un vase et deux cornets, ou bien un cornet et deux vases, ou bien encore trois potiches et deux cornets en porcelaine de Chine ou du Japon, ou en faïence de Delft, qui sont pareillement décorés. Les garnitures de cinq pièces, trois potiches et deux cornets , en chine ou en japon, quand elles sont belles et d'un riche décor, valent, suivant leur importance, de 500 à 1,200 fr.; les garnitures en faïence de Delft, de 300 fr. à 1,000 fr.

GAUDRONS. — Voy. Godrons.

GAULOIS (Art). — Art qui s'est développé dans les Gaules, avant la conquête romaine. Jusque dans ces dernières années, on avait refusé aux Gaulois un art qui leur appartînt en propre ; aujourd'hui, grâce aux nombreuses fouilles pratiquées sur différents points de la France, on est obligé de reconnaître un art gaulois, car l'ensemble des poteries, des ustensiles, des bijoux et des armes de ce peuple constitue un art véritable dont les traces n'ont pas entièrement disparu de notre pays, puisque l'ornementation gauloise se trouve en partie sur les broderies bretonnes modernes. Les Gaulois reproduisaient, pour ainsi dire, sans cesse les mêmes ornements : des feuilles de fougère, des dents de loup et des cercles concentriques. — Dans les sépultures gauloises on retrouve des bronzes, de la céramique, des bijoux dont quelques-uns sont émaillés. Nous

GAUTHA.

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