Terre cuite grecque
le cratère, Vhydrie, le lècythus, Yoîpé, Ycenochoè, Yoxyoaphon, lepithos, etc.
Sculpture. — Tous les auteurs de l'antiquité s'accordent à dire que les Grecs, au début de leur civilisation, n'eurent d'autres statues que celles des dieux, lesquelles étaient enfermées dans des sanctuaires et complètement hors de la vue de tous, les dieux ne se mettant en communication qu'avec les prêtres. Aussi dans ces temps primitifs les idoles étaient des images et des représentations grossièrement sculptées dans un tronc d'arbre, dans un bloc de pierre. Plus tard, quand les dieux parurent aux yeux de la foule , soit au devant de leurs temples , soit dans les places publiques, leurs statues furent si belles, si parfaites dans leurs formes,
que le peuple n'adorait plus la divinité ellemême, mais sa représentation. Les plus anciennes œuvres dont il soit fait mention sont les sculptures qui, d'après Homère, existaient sur le bouclier d'Achille. Nous supposons que ces œuvres n'étaient pas aussi parfaites que le dit le poète, qui ne les décrivait sans doute que d'après sa belle et vaste imagination ; s'ilen était autrement, il faudrait admettre que, même dans ces temps primitifs, la toreutique aurait atteint son apogée, ce qui évidem-
Fig. 44.9. — Terre cuite grecque.
ment ne peut pas être , puisque les sculpteurs n'avaient alors que des outils tout à fait imparfaits. Le véritable ouvrage des temps héroïques, le plus ancien qui existe, est le couronnement de la porte des Lions à Mycènes. Or Euripide (Ilerc. en cour., v. 948) nous apprend que les murs de Mycènes avaient été bâtis d'après la règle phénicienne ; on peut donc en conclure que les lions de la porte de Mycènes sont le morceau de sculpture grecque le plus ancien qui existe aujourd'hui. Les premières statues des Grecs, les idoles, ressemblaient beaucoup à celles des Égyptiens ; elles en possédaient la roideur, l'immobilité ; leurs yeux étaient à peine ouverts ou portaient le caractère d'une grande fixité ; les bras et les
GRECO-ROMAIN (art). — GRENADE.
mains étaient collées le long du corps; les jambes étaient réunies, souvent même elles disparaissaient comme dans une gaine qui ne laissait dépasser à son extrémité que les pieds. Telle était d'une manière générale le caractère de l'art hiératique de la première période sculpturale chez les Grecs. Pendant une seconde période, c'est-à-dire pendant près d'un siècle (de 5G0 à 440 environ), l'art se vulgarise de plus en plus ; non seulement il se fonde des écoles qui se disputent les prix, mais de contrée à contrée , de cité à cité , le peuple se passionne pour les belles œuvres de la sculpture, qui se modernise, pour ainsi dire, en rejetant les formes froides du passé, les formes de la sculpture égyptienne. C'est alors qu'on délaisse le bois et qu'on taille les belles statues et les bas-reliefs dans le marbre ; on ajoute à celles-ci de l'or, de l'ivoire et des pierres précieuses de couleur, pour relever encore les beautés plastiques de la sculpture. Celle-ci dans une troisième période , dans le siècle de Périclès, brille du plus vif éclat avec Phidias, chef de l'école attique , et Polyclète , chef des écoles de Sicyone et d'Argos, ainsi qu'avec leurs continuateurs Lysippe, Praxitèle, Scopas, Polyclès. et d'autres encore. Nos figures 432 à 44'J montrent des spécimens remarquables de la sculpture grecque, dont les œuvres sont aujourd'hui répandues dans les grands musées de l'Europe.
GRÉCO-ROMAIN (Art). — Ce terme sert à désigner un art qui florissait à Pompéi, à Herculanum et à Stabies au moment où ces villes furent englouties sous les cendres et la lave brûlante du Vésuve, c'est-à-dire en l'an 79 de notre ère. La peinture et la sculpture gréco-romaines sont extrêmement remarquables. La plupart des maisons de Pompéi avaient les murs de leurs a tria revêtus de superbes peintures décoratives, dont on voit aujourd'hui la plupart au musée de Naples ; nous citerons notamment celles de la maison du Poète tragique, de la muraille Noire, de la muraille des Poissons. Les Pompéiens ont également créé de beaux objets en bronze; le même musée de Naples nous montre aussi une quantité d'ustensiles créés avec l'aide de ce métal : ce sont des
vases, des plats, des candélabres, des pat ères, et surtout de très beaux trépieds ; l'un des plus beaux a été reproduit par la galvanoplastie par la maison Barbedienne. Enfin les Gréco- Romains avaient fabriqué des poteries remarquables : ce sont' des vases, des urnes, des patères, des lampes de toute forme et de tout genre. La céramique gréco-romaine est surtout remarquable par la finesse de ses profils et des beautés décoratives qui en sont l'ornement. Les ustensiles les plus simples et d'un usage Le plus vulgaire sont tous très remarquables. L'art gréco-romain est au style romain ce qu'est le style Louis XV aux styles Louis XIII et Louis XIV ; c'est le rocaille, le rococo de l'art romain, c'est-à-dire un ait qui par une pente insensible se dirige vers la décadence.
GRENADE. — Projectile de guerre rempli de poudre, dont se servait l'arme du génie dans les sièges, pour la défense des portes et des brè-
Fig. 450. — Grenade à feu grégeois.
ches. Les grenades ont été inventées vers le xive siècle, et même antérieurement. Notre figure 450 montre une grenade à feu grégeois en grès noir, du xnie siècle, aux deux tiers de