AQUARELLISTE. — ARABA
papier, sur vélin, sur soie, sur ivoire. On fabrique des papiers spéciaux fortement collés à gros grains, afin d'obtenir des tons couverts de granulations ou de points blancs , ce qui ajoute de la fraîcheur aux tons de l'aquarelle,
Fig. 35. — Aquamanilo en forme de clrien.
qui doit être enlevée par une main leste et habile. Jamais l'aquarelle n'a été aussi en faveur qu'à notre époque ; nos plus grands maîtres contemporains n'ont pas dédaigné ce
Fig. 36. — Aquamanile en forme de sirène.
genre ; nos salons annuels, de même que nos expositions universelles , nous ont montré des œuvres extrêmement remarquables, et beaucoup de nos lecteurs se rappellent sans aucun doute l'exposition des aquarelles de la rue Lepelletier qui montraient des interprétations
superbes des fables de la Fontaine signées par des artistes tels que E. Lami, Gérôme, Vibert, Moreau, Ed. Détaille, Leloir, Veyrassat, Lemaire, Garnier, Jacques, etc., etc. Les Anglais sont grands amateurs d'aquarelles, ils possèdent une école qui fournit des productions étourdissantes et ont de nombreuses sociétés de water coloicrs. On utilise beaucoup l'aquarelle pour peindre des éventails, des écrans, etc. Autrefois les lavis à l'encre de Chine ou à la sépia étaient classés parmi les aquarelles ; on appelle aujourd'hui ce dernier genre Lavis et Sépia. (Voy. ces mots.)
AQUARELLISTE. — Artiste qui peinfc à l'aquarelle, c'est-à-dire avec des couleurs à l'eau ; cet artiste doit avoir une grande sûreté de main, car il doit enlever à grande eau et du premier coup son dessin, une fois que son esquisse a été légèrement arrêtée au crayon. (Voy. Aquaeelle.) En France, en Belgique, en Angleterre, en Italie et en Espagne, il existe aujourd'hui de nombreuses sociétés d'aquarellistes qui ont poussé bien loin l'art de peindre à l'eau.
AQUA-TINTA, AQUATINTE. — Genre de gravure à l'eau-forte qui imite les dessins lavés (lavis) à l'encre de Chine, à la sépia, au bistre, à l'encre à écrire. (Voy. Gravure.)
AQUATINTISTE. — Graveur à I'Aqua- Tinta. (Voy. ce mot et Gravure.)
ARABA. — Voiture turque traînée par des chevaux et quelquefois par des bœufs, réservée presque exclusivement aux femmes, qui se tiennent à l'intérieur de l'araba couchées sur de brillants et moelleux coussins. La caisse de cette voiture est en bois sculpté, peinte en vert ou en amarante, et décorée de dorures. Cette voiture (fig. 37) est couverte par une tenture d'étoffe de couleur. — On désigne sous le même terme une sorte d'omnibus en usage à Constantinople et qui peut contenir dix à douze personnes. Les arabas des dames du harem de Constantinople sont des voitures de grand prix et un objet de curiosité.
ARABE (art).
ARABE (Art). — Généralement on croit que la loi musulmane défendait aux artistes arabes la reproduction de la figure humaine ou des êtres animés quelconques ; il n'en est rien. En effet, si nous étudions avec soin le Coran, rien n'indique la prohibition de représenter des idoles et des êtres animés. Ce n'est guère que dans les entretiens de Mahomet et de ses disciples, entretiens recueillis par ces derniers, qu'on peut voir que le Prophète réprouvait la reproduction d'animaux par la peinture ou la sculpture. Du reste, les sectateurs seuls d'Omar ne représentaient jamais la figure humaine ; ceux cl' Ali, au contraire,
les chyistes ou hétérodoxes la laissaient reproduire par les artistes ; mais nous devons ajouter qu'en général on trouve dans les compositions des artistes arabes plus d'ornements que de figures. Cependant nous savons fort bien que la mosquée construite à Jérusalem vers l'an 700, par le calife Abdel-Meleck, avait .des portes dans la décoration desquelles figuraient des images du Prophète ; et quelques écrivains arabes, entre autres Mouradja-d'Osson, nous informent que des peintures murales de l'intérieur de ce temple représentaient diverses scènes du paradis et de l'enfer. Ces travaux avaient dû être exécutés par des artistes
Kg. 37. — Araba.
byzantins; du reste, la peinture arabe dérive en grande partie de l'école byzantine. La parenté de la sculpture arabe et mauresque avec la sculpture byzantine est sensible; elle ne se reconnaît pas seulement dans l'ornementation, mais encore et surtout dans la représentation des animaux et dans quelques rares spécimens de la statuaire, que les Arabes ont presque ignorée, tandis qu'ils ont prodigué avec un grand luxe et une grande abondance l'ornementation en rinceaux, en zigzags, en entrelacs, en palmettes, etc.
Les Arabes, principalement ceux d'Afrique,
paraissent avoir été très avancés dans les con-
' naissances de l'art céramique, ils ont produit
des carreaux et des faïences étourdissantes.
Nous pouvons en juger par les produits qui
nous restent, par ces poteries musulmanes, principalement par les produits dénommés perso-arabes, hispano-arabes et siculo- arabes ; ces dernières céramiques sont toutes ou presque toutes à reflets métalliques, ces reflets mordorés qu'aux xve et xvie siècles ont imités les villes italiennes Gabbio et Pesara.
Les Arabes ont également fabriqué des vases en terre de pipe avec une couverte d'un beau vernis bleu-verdâtre , composé de cuivre et de potasse. Ces vases comportent également des ornements à reflets métalliques dorés et cuivrés ; et, fait curieux à noter en passant, c'est que le vernis bleu des Arabes est d'une nuance ou plutôt d'un ton presque identique à celui de certaines poteries égyptiennes. — Pour ce qui concerne l'architecture arabe,