‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 203 sur 325 · IMPRIMERIE (ART DE L · texte numérisé non relu

IMPRIMERIE (ART DE L

tre côté du cylindre , il détache avec beaucoup de précaution l'épreuve de la planche. Pour tirer d'autresépreuves, il recommence successivement les mêmes opérations que nous venons de décrire. De temps en temps , après quatre ou cinq épreuves , l'imprimeur a soin de débarrasser les tailles de l'encre durcie au moyen d'un chiffon de laine souple imbibé d'essence de térébenthine. Dans le tirage des belles planches d'acier au burin, l'imprimeur n'a qu'à s'occuper de répartir le plus également possible l'encre sur la surface de la planche ; l'estampe tirée fournit une épreuve telle que l'artiste l'a gravée. Dans les eaux- fortes, au contraire, l'opération de l'encrage est très importante , car suivant les effets qu'on veut obtenir il faut encrer plus abondamment certaines parties, afin d'obtenir des accents plus ou moins vigoureux. Beaucoup d'artistes aquafortistes tirent eux-mêmes leurs épreuves, parce que seuls ils obtiennent les effets maxima, si l'on peut ainsi dire. Le dieu de l'eauforte, Rembrandt, ne confiait à personne le tirage de ses planches ; il se réservait pour luimême cette jouissance, et il accomplissait sa besogne avec tant d'esprit et d'entrain qu'avec le même cuivre il tirait des épreuves toutes différentes, les unes noires et tristes, les autres toutes brillantes et ensoleillées. Que de fois, dans les ventes, nous avons vu vendre des épreuves comme étant de différents états, qui n'étaient que tirées de deux manières différentes ! (Voy. l'article suivant, Gravure et Estampes.)

IMPRIMERIE (Art de l'). — Art de reproduire les manuscrits , les écrits , les mémoires, etc., au moyen de caractères fondus et assemblés, ce qu'on désigne aussi sous le nom de typographie (de tûrco;, caractère, et Yp«f£tv, écrire). Ce grand art comprend trois parties principales : la fonderie des caractères , la composition au moyen de ces caractères, et l'impression ou tirage. L'imprimerie dérive donc de la gravure, puisque la première opération consiste à graver des planches ou des caractères. De nombreuses villes européennes se sont disputé l'honneur d'avoir les premières inventé l'imprimerie : ce sont , parmi les plus célèbres , Mayence , Strasbourg , Harlem et Bamberg. On sait aujourd'hui d'une façon certaine

que les Chinois , dès le milieu du Xe siècle de l'ère vulgaire, connaissaient l'emploi des caractères mobiles pour composer des reproductions d'écrits ; on sait aussi que Jehan ou Johann Gensfieisch, dit Gutenberg, natif de Mayence, mais fixé à Strasbourg, secondé par Jean Fust et Pierre Schœffer, ou Schôffer, a, dès 1436, obtenu des impressions très satisfaisantes : c'est donc Gutenberg qui passe avec raison pour l'inventeur de l'imprimerie en Europe.

Avant de décrire les divers procédés et travaux qui concourent à l'impression , nous étudierons par ordre hiérarchique le personnel d'une imprimerie , ce qui permettra au lecteur de mieux saisir ensuite l'ensemble du vaste travail typographique que nous résumerons le plus brièvement possible.

Le premier de l'imprimerie, le contre-maître placé à la tête de l'établissement , c'est le proie (7TpwTo; , premier). C'est lui qui surveille les employés , après leur avoir distribué l'ouvrage ; c'est sur lui que repose toute la responsabilité ; il fait souvent la paye de quinzaine, nommée banque. Après lui viennent immédiatement les correcteurs, personnes souvent fort instruites, qui, outre le français, le latin et le grec, connaissent en général au moins une langue vivante ; comme l'indique leur nom, ce sont eux qui corrigent la copie des auteurs , qui la revoient aussi au point de vue typographique. Après les correcteurs, nous trouvons les teneurs de copie, qui mettent en ordre les manuscrits {copies) et les lisent à haute voix lors de la correction des épreuves en première ou en seconde. Ensuite c'est le metteur en pages, qui prend la composition m paquets et qui la met en pages, après avoir intercalé les titres , les bois ou gravures, culs-de- lampe, etc. ; puis les compositeurs, qui travaillent à la journée ou en conscience, les compositeurs paquetiers, payés aux pièces , qui fournissent les fragments de composition en paquets avec lesquels le metteur en pages compose la feuille , qui suivant son format est dite in-octavo, in-quarto, in-folio. Après les compositeurs , nous avons les ouvriers qui imposent sur les blocs, c'est-à-dire avec de petites pièces de fonte qui maintiennent les clichés à la hauteur nécessaire dans les formes; on nomme ainsi les châssis dans lesquels est placée la com-

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