HUCHE. — HYACINTHE
meuble représentant une bottine portée autrefois par les gens de guerre.
HUCHE. — Grand coffre rectangulaire sur toutes ses faces, qui était porté quelquefois sur des pieds très bas. Le diminutif est huceaii, hncheau, huchel, dérivé du latin hucellus.
La huche était le meuble par excellence, il servait à renfermer le linge et les habits; il servait à la fois de table et de banc, comme en témoignent de nombreuses miniatures : c'était le meuble indispensable, le meuble courant, qui composait, en dehors du châlit, tout l'ameublement ; on le trouvait dans la maison de ville, à la campagne, dans les châteaux, dans les abbayes et dans les églises. A son origine il fut très simple et très modeste ; à partir du milieu du xme siècle il est déjà orné, et aux xve et xvie siècles son ornementation et sa décoration sont des plus riches. Nous devons dire cependant que le musée de Cluny possède (n° 1324) une huche du commencement du xive siècle couverte d'une riche ornementation , avec des ferrures ciselées et repercées à jour très finement; mais c'est là, sans contredit, une exception.
La huche , au moyen âge , servait à enfermer des objets précieux ; aussi la garde en était-elle confiée à des officiers domestiques dénommés garde-huches , tandis que les fabricants de ce genre de meuble étaient nommés huchiers et quelquefois huchers. Ces ouvriers , dès le xme siècle, faisaient partie de la corporation des charpentiers de la petite cognée.
Dans les archives de la Seine-Inférieure nous trouvons le nom de deux huchiers , dont l'un parcourt le pays pour embaucher des ouvriers : « A Guillaume Basset, huchier, pour avoir esté à Apville, à Montreuil sur mer, à l'abbaye de Fécamp, à Hesdin , à Brusselles en Bréban, à Nyvelle en Bréban, à Lisle en Flandre , à Tornay , à Arras , à Amiens et en plusieurs lieux, pour trouver et avoir des ouvriers de hucherie pour abrégier l'œuvre des chaeres (cath. de Rouen, 18 nov. 14G5). » — « A maistre Martin Guillebert, hucher, la
somme de huyt vingtz livres pour la menuiserie de hucherie desdites orgues.... (Saint-Maclou, 1541). »
A partir du xvie siècle, le terme de huchier est remplacé par ceux de menuisier et à' ébéniste. Du reste, Rouen était renommé pour ses huchiers sculpteurs ou imagiers. Nous pouvons joindre aux deux noms d'artistes rouennais que nous venons de mentionner, ceux de Pierre Danten, Guillaume de Bourges, dit le Grand Peintre, Jehan Lehucher, Pierre du Lys, Nicolas Quesnel, Pierre Souldoin, Guillaume et Richard Taurin, tous artistes de la fin du xve ou du commencement du xvic siècle, qui habitaient la plupart la rue de la Vanterie, dont les façades en bois étaient toutes magnifiquement sculptées. Ce furent ces mêmes huchiers-imagiers qui créèrent la belle horloge qui a fait donner à l'ancienne rue de la Vanterie le nom de rue de la Grosse-Horloge, qu'elle porte aujourd'hui.
HUCHET. — Petite trompe de chasse qui sert à rappeler les chiens que leur ardeur à chasser a entraînés trop loin de leur maître.
HUILE (Peinture a l'). — Vov.Peixture.
HUKA. — Sorte de long vase de forme analogue à celle que montre notre figure 468. C'est un huka en argent émaillé, un des plus beaux spécimens de la période mongole. Les émaux sont de couleur bleue et grise (South Kensington Muséum).
HULA. — Instrument de musique hindou ; sorte de petit tambour {kaou), sur lequel on bat avec la main.
HYACINTHE. — Pierre précieuse d'une couleur bleue ; c'est Yessonite des minéralogistes; sa pesanteur spécifique est de 3,6. L'île de Ceylan et le Brésil fournissent les plus belles hyacinthes. Cette pierre fond au chalumeau ; mais , même après sa fusion , elle conserve sa couleur.
IMITATION (Dessin d'). — Voy. Dessin.
IMPRESSION". — Action d'imprimer. Il y a divers genres d'impression ; nous ne nous occuperons ici que àeY impression typographique et de l'impression en taille-douce. — L'impression typographique s'exécute au moyen d'une machine nommée presse, actionnée par les bras de l'homme ou par un moyen mécanique. Quand on se sert à'xme presse à bras, la feuille ne s'imprime que d'un côté ; après avoir changé la forme, on imprime l'autre côté ; avec la presse mécanique, la feuille s'imprime bien en deux fois , mais successivement dans une même opération ; enfin de nos jours, à l'aide des presses rotatives, on arrive à imprimer d'une seule fois et avec une grande rapidité les deux côtés d'une feuille. (Voy. ci-dessous l'article Imprimerie.) La gravure sur bois s'imprime typographiquement , c'est-à-dire comme nous venons de le décrire; seulement, au lieu d'encrer la forme, on encre le bois gravé ; on applique la feuille sur celui-ci et l'on donne un coup de presse , après avoir exécuté ce qu'on nomme la mise en train, c'est-à-dire après avoir collé du papier ou pratiqué des découpages pour obtenir d'un bois l'effet le plus favorable pour le tirage. En effet, suivant qu'on donne plus ou moins de pression dans certaines parties du bois, on obtient des tons plus ou moins veloutés , des noirs plus ou moins puissants. A l'aide du découpage, on applique sur le tympan de petits morceaux de carton léger qui transmettent la pression du rouleau sur la planche (bois), et c'est par ce moyen qu'on obtient sur telle ou telle autre partie une pression voulue. Si l'on
veut un noir puissant sur un premier plan dans une gravure , on charge en encre ce point au moyen d'une hausse. Veut-on, au contraire, donner du flou ou de la profondeur sur un point très éloigné du premier plan, on découpe un papier qui laisse un trou, un vide qui, éloignant le rouleau, donne sur ce point un encrage plus faible, et, comme conséquence, le tirage, au lieu d'être noir sur ce point, est blond. Une bonne mise en train fait qu'un ouvrage à figures est très bien tiré et produit un très bel effet ; un tirage sans mise en train ou avec une mise en train défectueuse donne un résultat absolument mauvais. Le tirage de l'impression en taille-douce est encore bien autrement difficile, surtout pour le tirage de l'eau-forte, comme nous, allons le voir. — Dans l'impression de la gravure en creux ou en taille-douce , ce sont les creux qui reçoivent l'encre, au lieu d'être les saillies comme dans la typographie. C'est un art véritable que de savoir tirer une excellente épreuve, voici comment on procède. Après avoir chauffé légèrement la planche gravée, l'imprimenr charge d'encre toute sa surface ; il essuie ensuite soigneusement sa planche avec une grosse mousseline, puis avec la paume de la main , enfin avec un linge propre , jusqu'à ce que la surface du métal ait recouvré son éclat métallique. Il pose alors la planche sur trois ou quatre épaisseurs de drap ou de grosse flanelle ; il étend sur cette planche une feuille de papier humide par suite de l'opération du trempage ; il fait alors glisser le tout sous un cylindre en acier dont la forte pression est adoucie par des olanchets (morceaux de flanelle). Au fur et à mesure que la feuille de papier reparaît de l'au-