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INTAILLE

ITALIEN (aet).

montre des instruments de torture de la Tour de Londres qui se trouvent dans la pièce dite salle des armes de la reine Elisabeth. Le billot qu'on voit dans notre figure est celui sur lequel furent décapités, en 1745, les seigneurs Lovât et Balmerino, chefs des révoltés écossais . Dans cette même figure, on aperçoit la hache qui trancha la tête au comte d'Essex, le favori d'Elisabeth, et dont nous avons donné 1' Anneau à ce mot ; ensuite un collier de torture en fer pris sur les Espagnols en 1588; enfin des lilboes, sortes de ceps qu'on mettait aux pieds des prisonniers.

INTAILLE. — Ce terme, dérivé de l'italien intaglio, ciselure, sert à désigner des pierres fines gravées en creux; l'intaille est donc le contraire du Camée , qui est gravé en relief. (Voy. ce mot.) Les anciens nommaient diaglyphes les intailles qui servaient de cachet et de sceau ; elles étaient généralement montées en Bague. (Voy. ce mot.) Une intaille fort remarquable et célèbre est celle de Michel- Ange ; nous l'avons donnée à Cachet. (Voy. ce mot.)

ITALIEN (Art). — On désigne sous ce terme l'art qui a pris naissance en Italie après l'effondrement de la puissance romaine, c'est-à-dire vers la fin du ive siècle. L'art qui régnait antérieurement était l'art Romain. (Voy. ce mot.)

Peinture. : — Les plus anciennes peintures de l'art italien que nous possédions sont à Vérone, dans l'église Saint-Nazaire et Saint- Celse ; elles datent du vme ou du commencement du ixe siècle. Avant cette époque, l'Italie a bien produit des peintures, mais la plupart, celles des catacombes par exemple, du vè siècle, sont trop peu remarquables pour être classées parmi les œuvres d'art ; ensuite celles exécutées après le Ve siècle ont péri. Quant aux peintures de la fin du vme siècle, elles furent sans doute fort rares, parce qu'à cette époque on préférait la mosaïque pour décorer les églises, et ce n'est guère qu'à partir du xie siècle que cet art commence à briller d'un vif éclat sous l'influence de l'école byzantine ; car la mosaïque , à partir de ce moment , put réellement remplacer la peinture ; elle atteint son apogée

DICT. DE L'ART

au xine siècle avec Giunta de Pise. Avec Cimabué commence le style italien, et Giotto surpasse son maître et forme cette vaste école où nous voyons Tacldeo Gaddi, Stefano le Florentin, Simon Memmi, Simon de Naples, Laurati, Giottino, Cavalini, Capanna, etc. (Voy. École.) Enfin, avec le XVe et le xvie siècle, la peinture italienne arrive à un haut degré de perfection, et des maîtres tels que Léonard de Vinci , Michel- Ange , Raphaël , le Titien et le Corrège, n'ont jamais été dépassés dans aucune école moderne. A partir du xvne siècle, la peinture italienne entre dans une voie de décadence , malgré les efforts des Carrache pour l'en détourner. Les peintres adoptent un style faux et bâtard, un style décoratif et théâtral, qui les fit surnommer machinistes; parmi ces artistes nous voyons figurer Carlo Maratta, Antonio Canaletto, Michel-Ange de Caravage, Carlo Cignani, etc. Au xvme siècle, l'école de peinture italienne disparaît tout à fait ; elle subit de plus en plus, vers la fin du siècle , l'influence de l'école française. Sculpture. — Ce n'est qu'à partir du xme siècle , avec Nicolas de Pise, que la sculpture italienne commence à produire des œuvres de valeur; antérieurement à cette époque, l'exécution est barbare, et les belles œuvres qui se retrouvent disséminées çà et là dans les basiliques et dans les églises sont dues à des artistes grecs : c'est, du reste, de ces artistes, qui travaillaient au dôme de Pise, que Nicolas apprend son art. Les principales œuvres du sculpteur pisan sont les sculptures des chaires de Pise et de Sienne et du tombeau de saint Dominique à Bologne. Au xvie siècle , la sculpture italienne prend un développement considérable ; l'école de Florence produit des œuvres d'une perfection exquise, parmi lesquelles nous citerons celles de L. Ghiberti : ce sont les portes du baptistère de Florence, des statues en bronze pour l'église d'Or san Michèle, des bas-reliefs pour ceUe de Saint- Jean de Sienne. Donatello crée de véritables chefs-d'œuvre ; ce sont des statues et des basreliefs, à Florence; les statues de David, de Judith , de saint Pierre et de saint Georges, et divers bas-reliefs pour le Dôme; à Padoue, de beaux bas-reliefs également pour le Dôme. C'est

ITALIEN (art).

alors que Luca délia Eobbia exécute ses beaux produits céramiques. (Voy. Bas-relief,^. 79, et Faïence,^. 397.) — Comme pour la peinture, l'époque de décadence arrive pour la scul-

pture italienne avec le x vne siècle , car les artistes ne s'attachent plus à la beauté de la ligne, mais à l'expression ; ils produisent dès lors des œuvres maniérées. Nous devons ajouter cepen-

Fig. 470. — Couverture en ivoire du psautier de Charles le Chauve.

dant que quelques artistes firent exception à cette règle; ainsi, par exemple, si les œuvres du Bernin caractérisent bien la sculpture du xvne siècle , celles de Lorenzetto de Scalza, et surtout celles de Jean de Bologne , sont d'une exécution et d'un style plus élevé; il nous suffira de citer la fontaine Bololi, le Mercure

et YEnlèvement des Salnnes, de Florence, comme preuves à l'appui de notre dire. — Avec le xvme siècle la décadence continue, malgré les efforts de Canova qui veut ramener les sculpteurs aux traditions de l'antique, afin de régénérer la statuaire, qui est arrivée à la fin du siècle à une décadence complète. Cepen-

ITALIOTES (médailles). — IVOIRE.

dant Canova fait quelques élèves de valeur ; nous citerons notamment Antoine d'Esté, les Ferrari, les Marchesi (Pompeo et Bartoloni), enfin Finelli et Tadolini.

ITALIOTES (Médailles). — Médailles frappées par les anciens peuples de l'Italie, les Romains exceptés , principalement par les Grecs de la partie méridionale. Les plus an-

Fig. 471. — Couverture du psautier de Charles le Chauve.

ciennes monnaies italiotes remontent à la fin du vne siècle avant l'ère vulgaire ; elles sont incuses, c'est-à-dire frappées en creux.

IVOIRE. — Substance provenant des défenses de l'éléphant et qui sert à fabriquer toute sorte d'objets de luxe unis, gravés ou

sculptés. Dès les temps les plus reculés, l'ivoire a été utilisé ; Homère nous apprend que de son temps il y avait des poignées, des fourreaux d'épée, des lits et des chaises fabriqués en ivoire. Beaucoup de monuments de l'antiquité chez les Égyptiens, chez les Hébreux et chez d'autres peuples, avaient des portes, des lam-

IVOIRE

bris, des plafonds et des colonnes revêtus avec des plaques d'ivoire ; beaucoup de meubles an-

tiques étaient entièrement faits avec cette matière : le trône de Salomon , par exemple ; les ebaises curulesdes sénateurs romains, etc. — Des artistes célèbres, entre autres Phidias, ont exécuté des statuettes et même des statues en ivoire ; on les nommait chryséléphantines. Par ce court aperçu , on peut voir l'énorme quantité d'objets fabriqués en ivoire ; ils sont si nombreux que , depuis l'antiquité la plus re-

Fig. 472. — Vierge ouvrante en ivoire.

Fig. 473. — Aiguille à crochet en ivoire.

culée jusqu'à nos jours, ils forment certainement la suite la plus complète, et pour ainsi dire non interrompue, de l'histoire de l'art par les monuments. Après l'antiquité, c'est le moyen âge qui créa le plus d'ouvrages en ivoire ; pendant le xme et le xive siècle les artistes en exécutèrent en si grande quantité que, la matière première faisant défaut , on dut la remplacer par de l'os. Pendant le xve siècle l'emploi de l'ivoire se ralentit un peu , mais

IVOIRE

Fig. 474. — Intérieur de la Vierge ouvrante.

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les pièces qui nous restent de cette époque sont parfois très remarquables. Le musée de Cluny, qui possède beaucoup d'ivoires, n'en compte que dix-huit du XVe siècle (n08 1095 à 1112).

Au mois de mai 1881, à l'hôtel Drouot, on a vendu 18,100 francs un reliquaire en ivoire du xve siècle. — Le xvie siècle, abandonnant l'os, fabriqua exclusivement avec de l'ivoire

des coupes, des drageoirs, des hanaps, des cippes, des cornes, des poudrières, des peignes, etc., qui sont des œuvres d'art très remarquables. Aujourd'hui le bel ivoire devient de plus en plus rare, aussi son emploi est-il

limité à de petites statuettes, à des couteaux à papier, à des broches, à des manches de couteau, à des poignées d'épée, à des pommes de canne, etc. Certaines villes, Paris, Dieppe, Nice, Florence, ont la spécialité de cette fabri-

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Planche XIX. — Couverture en ivoire d'un évangéliaire. (Bibliothèque nationale.)

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cation, qui, nous venons de le voir, a été fort estimée à toutes les époques et chez tous les peuples.

Au mot Diptyque, nous avons donné quelques spécimens d'ivoires ; nous en soumettons ici quelques autres. — Nos figures 470 et 471 montrent une couverture en ivoire du psautier

de Charles le Chauve, qui fut exécuté pour Hermentrude vers 850; son format est un petit in-quarto (0m,24 sur 0m,17) ; son texte est écrit en. lettres d'or. Nos feuilles d'ivoire , qui sont un travail italien, ont été exécutées pour sa couverture; elles datent donc du ix° siècle; elles sont enchâssées dans une cou-

Fig. 476. — Crosse de fusil en ivoire (art hindou).

verture de Filigrane d'argent (Voy. ce mot), ornée de vingt-quatre gemmes qui n'augmentent pas beaucoup sa valeur, car ce volume, malgré son ancienneté, est dans un tel état de conservation que son prix est inestimable. Ce psautier fait partie des collections du Louvre. Notre planche XIX montre une plaque d'ivoire du xe siècle formant également un côté de

couverture d'un évangéliaire conservé à la Bibliothèque nationale. L'ivoire représenté par notre planche XIX serait un beau spécimen de la sculpture carolingienne, sa composition est d'une belle ordonnance, et le relief est plein et vigoureux. — Nos figures 472 et 474 reproduisent une Vierge ouvrante du xme siècle. Cette œuvre fait partie des collections du Lou-

Fig. 477. — Détail de la crosse de fusil en ivoire.

vre ; elle mesure 0m,45 de hauteur. Cette pièce avait été faite pour être suspendue, et non posée sur sa faible base ; un crochet fixé derrière le dossier du siège sur lequel est assise la Vierge peut en témoigner. Notre figure 474 fait parfaitement comprendre comment se développaient les compartiments remplissant l'office de volets, et dont nos lecteurs lisent les scènes sans qu'il soit nécessaire de les expliquer. Nous avons eu l'occasion de dire dans le présent article que l'ivoire avait été employé à toute sorte d'objets ; nos figures 473 et 475 en sont une nouvelle preuve. La première montre une aiguille à crochet de la fin du xvie siècle ; c'est un charmant travail tout en

ivoire, sauf la collerette de la figure qui est] en argent. Notre figure 475 montre un coffret en ivoire du xe siècle ; il est formé de petites plaques d'ivoire sur lesquelles sont représentés divers guerriers combattant'; ces plaques sont ajoutées entre des bandes décorées de fleurons et de têtes alternées. Ce coffret est une œuvre byzantine ; il fait partie de la riche collection de M. Basilewski. Les deux dernières figures 476 et 477 montrent l'ensemble et un détail à plus grande échelle d'une crosse de fusil indien. Disons, en terminant, que beaucoup d'objets fabriqués en os de narval sont parfois pris pour des objets en ivoire. (Voy. Sculpture.)

IVOIRE

Technique. — Moulage de l'ivoire. — On trouve parfois des pièces d'ivoire d'une forme singulière. A première vue, ceux qui ignorent le travail de l'ivoire supposent que ces pièces aux formes bizarres sont le produit d'anomalies naturelles; il n'en est rien. En effet, de même que la corne, l'ivoire est susceptible d'être moulé, à un degré moindre, il est vrai. Il faut pour cela le faire bouillir un laps de temps plus ou moins considérable dans un liquide composé de 600 grammes de résine de mandragore dissoute dans deux litres d'eau. L'ivoire, ayant séjourné un laps de temps plus ou moins considérable dans cette solution, n'a guère plus de consistance que la cire trempée dans de l'eau tiède. C'est dans cet état de plasticité qu'on lui donne toutes les formes désirables. Après son refroidissement , l'ivoire durcit et peut être travaillé comme s'il n'avait jamais subi aucune opération.

Blanchiment de l'ivoire. — Les curieux trouvent parfois des pièces d'ivoire dans un tel état de détérioration et si noires, qu'ils ne les poussent pas dans les ventes ; mais les marchands de curiosités ainsi que les restaurateurs d'objets d'art ont divers moyens de blanchir les vieux ivoires, qu'ils revendent ensuite fort cher. De tous les moyens expérimentés par nous, voici les trois meilleurs. Pour les ivoires jaunis , il suffit de les brosser avec de la pierre ponce calcinée, très finement tamisée et délayée dans l'eau; puis on renferme les pièces encore humides sous une cloche en verre que

l'on expose aux rayons solaires, mais en couvrant cette cloche d'un linge vert tant que l'ivoire n'est pas entièrement sec. Après sa siccité, on l'expose, toujours sous verre, aux rayons du soleil.

Quand les ivoires sont très noirs, on les blanchit en recouvrant leur surface avec une solution de chlorure de chaux de minime épaisseur. Le chlore que l'acide carbonique de l'air fait dégager opère un blanchiment parfait.

Enfin le troisième moyen consiste à faire dissoudre en petite proportion de l'alun dans de l'eau : le sel doit à peine blanchir l'eau. On élève cette solution à l'ébullition, et à diverses reprises on plonge l'ivoire dans la solution bouillante, puis on le frotte avec une brosse douce; ensuite on lave à l'eau tiède l'objet et on le fait sécher dans un linge humide. Quand l'ivoire est bien sec, on le frotte avec un chif fon de laine douce jusqu'à ce qu'il reprenne son brillant. En traitant l'ivoire par l'acide hydrochlorique étendu d'eau, on obtient avec l'ivoire une sorte de gélatine flexible et résistante qui , traitée par une dissolution de tanin, fournit une sorte d'écaillé rouge qu'on veine avec des dissolutions d'or et d'argent. On teint aussi l'ivoire en rouge , en bleu, en vert , etc. Nous ne pouvons étudier ici ces diverses opérations ; elles nous mèneraient trop loin et nous feraient sortir du cadre que nous nous sommes imposé ; nous traiterons ultérieurement ces questions dans un ouvrage technique.

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JACQUE. — Vêtement ample, sorte de casaque militaire à manches, fait de nombreux doubles de toile (de 25 à 30) piqués sur un cuir de cerf. La jacque se mettait par-dessus la cuirasse et se laçait par devant. Elle avait un collet droit, mais échancré par derrière pour laisser au couvre-nuque de la salade la faculté de toucher les épaules. Voici comment Ducange décrit ce vêtement d'après un titre de la chambre des comptes : c< Mémoire de ce que le Koy veult que les francs-archers de son royaume soit habillez en Jacques droy en avant et pour ce a chargïé au bailly de Mante en faire un get ; et semble au dit bailly de Mante que l'abillement de Jacques leur soit bien proufltable et advantageux pour faire la guerre veu qui sont gens de pié, et que en ayant les brigandines il leur faut porter beaucoup de choses que un homme seul et à pié ne peut faire. Et premièrement leur faut des dits Jacques de trente toilles ou de vingt cinq à un cuir de cerf à tout le moins : et si sont de trente-un et cuir de cerf, ils sont bons. Les toiles usées et déliées moyennement sont les meilleures et doivent estre les Jacques à quatre quartiers, et faut que les manches soient fortes , comme le corps , réservé le cuir. Et doit estre l'assiette des manches grandes, et que l'assiette pregne près du collet, non pas sur l'os de l'épaulle, qui soit large dessoubz l'aisselle et plantureux clessoubs le braz , assez faulce et large sur les costez bas, le collet fort comme le demourant des Jacques; et que le collet ne soit pas trop hault par derrière pour l'amour de salade. Il faut que le dit jacque soit lassé devant, etc. » La jacque pouvait se porter sur une chemise de mailles ; elle était

plus légère et plus commode pour combattre à pied que la brigandine. — Pendant le XVIIe siècle, on désignait sous ce terme une sorte de cotte de mailles légère que les duellistes couards portaient sous leur pourpoint. On écrit quelquefois jach. — Ce terme sert aussi à désigner une sorte de blouse de laine ou de grosse toile que portaient les paysans.

JACQUELINE. — On désigne sous le nom dé cruches jacquelines, ou tout simplement jacquelines, des cruches en terre fabriquées principalement à Desvres, dans le département du Pas-de-Calais. La forme de ces cruches figure une bonne femme assise, à tournure plus ou moins grotesque, avec robe à fleurs, manches à gigot; sur la robe on voit souvent un tablier à bavette festonnée. On a également fabriqué des jacquelines en Hollande, en Allemagne et en Angleterre ; dans cette dernière contrée on les nomme tooy-fillpot (littéralement, Tobie verse-pot) : ce sont souvent des grotesques mâles, principalement de vieux loups de mer avec une mine réjouie et ayant la pipe à la bouche.

JACQUEMART. — Le jacquemart ou jacquemard est une figure de fer, de plomb ou de fonte, assez grossièrement exécutée, qui représente un homme d'armes. On plaçait des jacquemarts sur des tours élevées ; avec un marteau ils frappaient sur la cloche de l'horloge pour sonner les heures. Ce terme signifie gros jacque. La jacque est une casaque de paysan qui a fait surnommer Jacques les hommes qui la portaient ; puis on a ajouté le mot art, précédé d'un m eu-

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