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ARGENTURE

dès la plus haute antiquité, puisque des monnaies de cuivre phéniciennes et assyriennes étaient ainsi argentées. Le musée de Naples nous montre également des pièces plaquées provenant des fouilles de Pompéi. Pendant le moyen âge on pratiqua également, le plaqué, et les Arabes excellèrent dans ce

genre. Les Francs Mérovingiens connurent également le plaqué ; beaucoup de collections possèdent des agrafes et des fibules mérovingiennes plaquées d'argent et quelquefois d'or. — Ce 'procédé de placage a subsisté jusqu'à la découverte des procédés galvanoplastiques..

Fig. 42. — Fontaine à thé en argent (xixc siècle)

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Technique. — Les autres procédés d'argenture sont :

1° Argenture, a Ta feuille. — L'argenteur chauffe la pièce à 150 %ou à 155 degrés, il la maintient à cette température en la plaçant clans un mandrin qui repose sur des charbons incandescents ; avec des pinces d'acier nommées brucelles, il pose sur la pièce à argenter des feuiUes d'argent.

2° Argenture à la pâte. — Elle est désignée

aussi sous les termes d' 'argenture au bouchon, au pinceau , au pouce, etc., suivant le mode d'application de la pâte qui se compose de 50 grammes de chlorure d'argent, 150 grammes de sel marin, et 100 grammes de bitartrate de potasse. Les diverses pâtes vendues dans le commerce pour entretenir ou produire l'argenture sont toutes composées en proportions variables des substances que nous venons d'indiquer.

ARMES

3° Argenture au trempé. — Elle comprend deux méthodes : le trempé à froid et le trempé à chaud. Ce procédé consiste à tremper dans un liquide froid ou chauffé les pièces à argenter. Les liquides à argent renferment dans leur composition, comme véhicule argentifère, soit du chlorure d'argent, soit du nitrate d'argent. Les liquides sont préparés dans une marmite dans laquelle on plonge les objets à argenter.

4° Argenture électro-chimique ou argenture galvanique. — Nous ne la décrirons pas parce que la plupart de nos lecteurs la connaissent pour l'avoir apprise dans des traités de chimie ou de physique, ou bien pour l'avoir vu pratiquer dans différentes expositions industrielles; du reste, ces procédés sont assez compliqués et nous ne pourrions les étudier ici sans sortir des limites fort restreintes que nous avons assignées à notre ouvrage au point de vue des procédés techniques. Nous terminerons donc en donnant un court historique de ce procédé d'argenture qui a apporté un merveilleux concours à l'orfèvrerie. — Un physicien italien, Brunatelli, dès la découverte de la pile de Yolta avait trouvé le moyen de fixer avec le concours de celleci un dépôt d'or sur divers métaux. Quelques années plus tard, vers 1824, un savant genevois bien connu, de la Rive, découvrit le moyen de déposer de l'or au moyen d'un courant électrique sur des métaux en les plongeant dans un bain de chlorure d'or. — Enfin les travaux d'Elkington de Birmingham et ceux de Ruolz permirent à Christophle, en achetant les brevets de ceux-ci, de créer la puissante industrie moderne de l'argenture et de la dorure électro-chimique, telle qu'on la pratique si merveilleusement aujourd'hui. (Yoy. Dorure.)

ARMES. — Objets qui servent à l'homme soit à se défendre, soit à attaquer; de là deux sortes d'armes, les armes défensives et les armes offensives. Ces dernières se divisent elles-mêmes en deux classes : en armes d'hast (épieu, masse, pique), que nous appelons aujourd'hui armes de main, et en armes de jet, telles que la flèche, l'arc, le fusil, etc.

Nous allons donner une nomenclature de toutes les armes recherchées par les collectionneurs et les amateurs de curiosité ; nous établirons quatre catégories principales, puis nous désignerons celles qui sont les plus recherchées par les antiquaires. Du reste, le lecteur trouvera dans cet ouvrage, à leur .rang alphabétique, une notice de toutes ou presque toutes les armes que nous ne faisons que mentionner dans le présent article.

Historique. — Il ne nous est pas possible, le lecteur le comprendra, d'écrire ici une histoire des armes. Dix volumes ne suffiraient pas

Casque de gladiateur romain (1er type).

à accomplir cette œuvre. L'homme a toujours été batailleur, c'est là, paraît-il, une des conditions essentielles de son existence. Nous pouvons même ajouter que la guerre (nous ne dirons pas l'art de la guerre) a toujours été l'unique préoccupation des peuplades sauvages ; aussi pouvons-nous dire que moins une civilisation est avancée, plus elle fabrique des armes. Par ces quelques mots le lecteur comprendra la longue nomenclature qu'il nous faudrait établir pour esquisser même une histoire des armes ; nous nous bornerons donc à donner ici quelques exemples d'armes de diverses époques et de diverses civilisations. — Nos figures 43 et 44 montrent deux casques de gladiateurs romains d'une fort belle époque ; notre figure 45, une jambière de bronze décorée de masques, de feuilles de chêne et de

ARMES

rinceaux. Ces armes antiques ont été trouvées dans diverses fouilles de la péninsule italique. — Notre figure 48 fait voir un trophée composé d'armes franques : ce sont deux boucliers; puis, en A, une francisque ou hache à deux tranchants ; en B, un angon ; en C, une cotue; en D, une frainée, et en E, une spatha. — Les plus belles collections d'armes sont, en Europe : YArmwia real de Madrid, le musée d'artillerie aux Invalides, le Horse armory à Londres, la belle collection d'armes orientales du trésor impérial à Moscou; la collection du prince

Soltykoff; la collection de la bourgeoisie et celle de l'arsenal impérial à Tienne; la collection du prince de Galles, riche surtout en armes orientales ; la collection de la Porte de Hall à Bruxelles. Mentionnons également la collection d'armes delà ville de Saint-Omer, et la collection Spitzer, à Paris.

Au Briiish Muséum il existe une remarquable collection d'armes indiennes léguée au musée par John Henderson. Parmi les poignards on en voit beaucoup aux formes singulières et dont la décoration comporte une

sM- •

]?ig. 44. — Casqtie de gladiateur romain (2e type).

grande variété de détails. Bien des lames sont en bel acier damasquiné par les fameux fabricants du Khorassan et d'Ispahan, dont les produits ont été si longtemps célèbres dans tout l'Orient. Souvent des inscriptions arabes, la plupart reproduisant des passages du Koran, forment une partie intéressante de leur décoration. Beaucoup d'armes vénitiennes portent l'empreinte de l'influence orientale et sont généralement l'œuvre d'artistes orientaux.

Pour permettre à nos lecteurs de se faire une opinion sur les armes orientales, nous leur soumettrons quelques exemples. Nos figures 46, 47, 49, 50 montrent des armes persanes ayant appartenu au dernier sultan mamelouk Touman-Bey-el-Aschraf. C'est d'abord un poignard

(fig. 46) dont le manche est en agate orné de pierres fines. La lame, damassée et damasquinée d'or, est ondoyante, ciselée et à nervures; elle porte ces deux inscriptions : « Je charge de ma vengeance Dieu, qui est le meilleur maître, le meilleur protecteur et le meilleur agent. » La seconde inscription est ainsi conçue : ce Mon- Dieu, ne vous opposez pas à ce que je vais entreprendre ; Seigneur, complétez vos bienfaits par une bonne fin. » Notre figure 49 représente la masse d'armes ; le manche est garni de velours cramoisi retenu par une baguette d'acier damasquinée d'or. La figure 49 est la hache de ce même mamelouk; elle est finement ciselée. Enfin le casque est représenté par notre figure 50. Il a la forme

ARMES

franchement orientale, c'est-à-dire que le timbre est arrondi et sans visière. Sur le devant du casque une vis de serrage retient une languette qui s'abaisse sur le visage et sert à parer les coups de sabre. Un réseau d'anneaux en acier, dont on aperçoit des traces dans notre figure, sert à préserver le cou et le reste de la tête. Ce beau casque est en acier de Damas bruni et damasquiné en or. (Voy.

Lance.)

Enfin nous donnerons une arme défensive

Fig. 45. — Jambière de gladiateur romain.

daus notre planche I. C'est un superbe bouclier en fer repoussé qui figure dans la collection du musée de Copenhague. Cette œuvre est très certainement un travail italien, milanais peut-être, elle mesure 0m,70 de hauteur. — Au centre de ce bouclier on voit, dans un

médaillon ovale, une furieuse bataille. Quatre petits médaillons renferment les personnifications de la Guerre, de la Paix, de la Discorde et de la Victoire. De robustes prisonniers

Fig. 46.

Poignard persan.

Pig. 47.

Masse d'armes persane.

forment l'encadrement de l'ensemble; deux mascarons d'un très beau caractère décorent la partie supérieure et la partie inférieure de cette œuvre d'art en tous points remarquable. (Voy. Bouclier.) I. Armes de l'âge de la pierre. — Ces

ARMES

armes sont de deux sortes : celles de l'époque de la, pierre éclatée ou taillée par éclats, dites aussi de l'époque paléolithique ; et celles de la pierre polie, dites aussi de l'époque néolithique. Elles comprennent des pointes de flèche en silex; l'une d'elles est inscrite au musée de Berlin comme étant d'origine babylonienne, elle mesure 0m,06 de longueur et daterait du règne de Nemrod, le fondateur même de Babylone. Inutile d'ajouter que nous croyons fort peu à l'authenticité de cette flèche. Nous ajouterions plus de créance au catalogue du Musée britannique, qui inscrit comme objet égyptien une lame de lance

de 0m,15 de longueur. Parmi les autres armes de l'âge de pierre, nous mentionnerons des haches, quelques armes en silex jaune dénommé pain de leurre; des haches danoises; des pointes de flèche dont quelques-unes à barbe , surtout quand eUes sont en silex blanchâtre. Inutile d'ajouter que les armes de l'époque de la pierre sont réparties chez tous les peuples répandus anciennement sur la surface du globe. Enfin nous dirons aussi que, même au xve siècle, on a fabriqué des armes en pierre éclatée, puisque dans divers musées on peut voir des lames de lances mexicaines en obsidienne.

Fig. 48. — Armes des Francs. A, francisque; B, angon; C, cotue; D, tramée; E, spatlia.

II. Armes de bronze. — Ce sont des casques, des boucliers, des haches, des pointes de lance et de javelot, des poignards, des épées, des parazonia ou dagues grecques , des cottes d'armes. Denon, dans son grand ouvrage sur l'Egypte, mentionne une cotte «d'armes égyptienne en mailles de bronze! Parmi les dagues nous en possédons également de l'ancienne Egypte ; nous avons aussi des haches et des hachettes égyptiennes , phéniciennes et gauloises, des casques assyriens, gaulois et grecs, etc.

III. Armes de fer et d'acier. — Epées , dagues, scramasax (sorte de dague), fers d' Angon (Voy. ce mot), fers de lance, haches de guerre, francisques, couteaux, poignards, etc. •

IV. Armes Diverses de diverses époques. — Masses d'armes (ail. margenstern), fléaux d'armes avec chaîne et boule ; faux de guerre, haches d'armes, haUebardes, vouges du xive siècle, faucharets bourguignons du xve siècle, guisarmes suisses du xve siècle, corsèques du xvie siècle dont le fer ressemble à une fleur de lis, baïonnettes, espontons, pertuisanes, fourches de guerre, désarçonnoirs, chausse-trapes , arbalètes, arbalètes chinoises à répétition, épées ordinaires, dites langues de bœuf, sortes de dague dont la forme rappelle celle du scramasax.

Y. Armes a feu. — Mortiers à anneaux du xive siècle, mortiers à tourillons du xve siècle; bombardes ou canons se chargeant par la culasse, du xve siècle; canons

ARMET

bourguignons sans tourillons ; veuglaires , se chargeant au moyen de boîtes mobiles, du XVe siècle; canons à tourillons; orgues à serpentins (40 tuyaux) ou canons du xvne siècle (c'est le prototype des mitrailleuses); arquebuses à serpentin ; canons à main des xive et xve siècles; fusils à silex, fusils à piston, fusils à tabatière, fusils à aiguille, chassepots ; hampes à feu du XVe siècle; chars incendiaires ; bombardes sur affût , dites cerbotanes (cerbotana ambulatoria ) ; serpentines en fer ; haquebuses à serpentin , à mèche ; arquebuses

à rouet ; fusils à percussion se chargeant par la culasse.

VI. Armes les plus recherchées par les antiquaires. — Arbalètes, arcs, arquebuses , badelaires , baïonnettes , bracquemarts,candjars, casse-tête, cimeterres, claymores écossaises, couteaux, coutelas, dagues, damas, dards, épées, éprouvettes, flèches, flissahs, framées, fusils, haches, hallebardes, jacquemarts, javelots, kathar, kokree, kriss, lances, langues de bœuf, mousquets, pertuisanes, pistolets , poignards, poitrinals, ra-

Fig. 49. — Hache persane.

pières, sabres, sarbacanes, serpentins, tomawacks, trabans, tromblons, wallonnes, etc. (Voy. Armure, Bouclier, Casque, Dague, Damas, Epée, etc., etc.)

Armes assomptives. — Pendant le moyen âge, principalement en Angleterre, on appelait armes assomptives celles qu'un roturier avait prises (assumere), conquises à la guerre sur un noble. Il avait dès lors le droit de les porter et même de les transmettre à ses descendants.

Armes blanches. — On désigne sous ce terme les armes d'estoc et de taille, telles que : Baïonnettes, Épées, Poignards, Sabres, etc. (Voy. ces mots.)

Armes héraldiques. — Ce sont les ar-

mes qui figurent dans les écus , dans les blasons; du reste, armes est aussi synonyme d' Armoiries. (Voy. ce mot.)

Armes d'honneur. — Armes décernées à un soldat comme récompense de sa bravoure bu d'une action d'éclat. L'usage de décerner des armes d'honneur a existé de toute antiquité; les Grecs, les Romains, les Gaulois en décernaient à leurs guerriers. D'après le code civil, les armes d'honneur sont insaisissables, on peut les léguer par testament à des parents ou à des amis.

ARMET. — Casque de cavalerie employé depuis le XVe siècle (1460) jusqu'au règne de Louis XIII. Dans l'infanterie, pendant

Planche I. — Armes. Bouclier en fer repoussé du musée de Copenhague. DICT. DE L'ART.

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