MINIATURE. — MIRLITON
mites du cylindre, qui se ferme comme une boîte. C'est pour se conformer au Deutèronome que les juifs enchâssent le mézuzoth dans les chambranles de bois, car il est dit dans ce livre sacré : « Tous n'oublierez jamais la loi de Dieu ; vous la graverez sur le chambranle de vos portes. » Yoici un commencement de traduction de ce qui est écrit sur le carré de parchemin roulé : « Écoute, Israël, je suis le Seigneur, etc. » {Beut, VI, 4-9.) Puis un petit espace blanc.
Fig. 519 et 520. — Mézuzoth.
MINIATURE. — Ce tenue est dérivé de minium (oxyde de plomb), parce que des lettres rouges (rubriques) étaient placées par les calligraphes du moyen âge au commencement des chapitres et des alinéas. Ultérieurement on désigna de même les lettres ornées d'arabesques de diverses couleurs et d'or, ou d'enroulements de feuilles de vigne (d'où le terme de vignette) ; enfin le nom de miniature fut appliqué aux dessins coloriés, aux enluminures ou sujets peints que les miniaturistes exécutèrent dans de grandes lettres, puis sur des feuillets entiers. Après la découverte de l'imprimerie, les miniaturistes abandonnèrent forcément l'illustration des livres ; ils exécutèrent leurs travaux sur panneaux, sur ivoire, sur vélin et sur parchemin. La plupart de ces œuvres , faites soit à la gouache, soit avec des couleurs gommées, servirent souvent à l'ornement des boîtes, des bonbonnières et même des tabatières. Les miniatures étaient placées sous verre et cerclées d'or et d'argent. Ce sont ces œuvres des xvie, xvne et xvme siècles qui font monter ces objets à des prix très élevés. .(Voy. Boite.) — Les miniaturistes dessinèrent et peignirent aussi beaucoup d'éventails ;
les plus beaux sont sur vélin et sur parchemin.
Peix des miniatures. — Vente "Walferdin (avril 1880). Des miniatures de Fragonard se sont vendues 1,900, 8,500 et 5,000 francs.
Vente J. Jacquemart (4-8 avili 1881). — N° 363. Un volume contenant trente-quatre miniatures indiennes. 800 fr. — N° 365. Miniature indienne représentant des personnages assis. 150 fr. i
Vente San Donato. — N° 714. Portrait ovale d'une actrice du xvme siècle, par Augustin. 1,000 lires. — N° 716. Miniature ronde, signée : Laville, juin 1762. Une mère
Fig. 521. — Mirliton.
nourrissant un de ses enfants, tandis qu'elle interroge du regard l'aîné debout à sa droite. Diam., 0m,07. 4,500 lires. — N° 717. Miniature ronde. Portrait de femme du xvine siècle vue de profil. Peinture en grisaille, légèrement teintée, par Sauvage. Diam., 0m,065. 305 lires. — N° 718. Miniature ovale représentant Louis XVI en buste. Haut.,0m,035;larg., 0m,03. 230 lires. — N° 719. Miniature ovale de Saint. Elle représente la comtesse polonaise Waleska. Signée. Haut., 0m,06 ; larg., 0m,04. 880 lires. Vente Double. — N° 175. Miniature gouachée par Hall, 1789. Portrait en pied dé Mlle de Saint-Aubin dans le rôle de Babel Haut., 0m,24 ; larg., 0m,17. 1,000 fr. — N° 176. Miniature gouachée attribuée à Fragonard. Elle représente la Duthé dans un riche costume de théâtre et dansant. Haut., 0m,18 ; larg., 0m,15. 2,950 fr. (Pour d'autres prix de miniatures et de gouaches, notamment pour celles de Blarenberghe, voy. Gouache.)
MIRDING:. — Voy. Khole.
MIRLITON. —Louis d'or valant vingtsept livres, frappé pour la première fois en 1723.
MIROIR
Ces pièces, que montre notre figure 521, avaient pour emblème le buste juvénile du roi, et au revers deux L majuscules entrelacées de face entre deux palmes et surmontées de la couronne royale.
MIROIR. — Surface polie qui réfléchit l'image des objets qui se présentent au devant d'elle. Les plus anciens miroirs sont en métal poli, en acier, en bronze argenté, en argent ; il existe même des miroirs antiques en or; mais généralement le métal le plus employé était un alliage de cuivre et d'étain. Dans l'an-
Fig. 522. — Miroirs pompéiens.
tiquité on faisait, au dire de Pline, des miroirs en pierre, principalement en obsidienne ; les anciens Péruviens en avaient également en cette matière. Aujourd'hui nos miroirs sont en verre ou du moins en glace, parfaitement unis et pohs ; ils sont étamés à l'envers de la glace par divers procédés, soit au mercure, soit à l'argent, etc. Notre figure 522 montre, sur une petite table ancienne, des miroirs en verre et en métal poli, ainsi que des épingles et une lampe, trouvés dans les fouilles de Pompéi. — Notre figure 523 représente le revers d'un miroir de ceinture en cuivre doré ; le fond est légèrement gravé et rempli d'émail noir; la glace de ce miroir, d'origine italienne, est à biseau. — Notre figure 524 reproduit un miroir
de poche qu'on suppose avoir appartenu à Léonard de Vinci: il est monté en ivoire et
Fig. 523. — Miroir de ceinture (revers).
porte sur une plaque d'argent cette inscription italienne : Di me non ti. Doler Donna gia
Fig. 524. — Miroir de poche.
mai, die ben H rendo, quel die tu mi dai, qui signifie : ce De moi et non toi. Dame, ne te
MIROIR
plains jamais, je te rends telle que tu me donnes. » Cet ustensile faisait partie du mobilier conservé dans le château de Clou, près d'Amboise, que Léonard de Vinci avait reçu de François Ier, et c'est là que le grand artiste mourut en 1519. Ces deux derniers objets font
partie de la collection A. Jubinal. — Les miroirs de poche en bois sculpté valent un grand prix : de 500 à 800 fr. Nos figures 525 à 527 montrent la face, le profil et le revers d'un miroir de ce genre ; il mesure 0m,13 de hauteur sur 0m,10 de largeur; c'est un spé-
Fi<*. 525 et 526. — Face et profil d'un miroir en bois sculpté.
cinien de la sculpture flamande de la fin du xvie siècle. On voit que l'artiste s'est inspiré des belles œuvres de la renaissance italienne, et qu'en outre il a fait preuve de goût dans les arrangements plaqués, toujours assez difficiles à bien agencer. Ce miroir contient deux cartouches : l'un sous la niche, dans laquelle on aperçoit une femme, et l'autre dans le bas
du miroir. Dans le cartouche supérieur, on lit : SITIS odio P (per) sbqvbntes q d (quod) malv (malum) est. ce Poursuivez de votre haine ce qui est mal. » Dans le second cartouche, on lit : adheeentes ei Q. d. (quod) bonv (bonum) est. « Attachez-vous à ce qui est bien. » Le revers de ce miroir, au lieu et place de la glace, montre un médaillon qui
MIROIR
représente Judith, un malchus à la main, jetant dans un sac que lui tend son esclave latêted'Holopherne. Les légendes flamandes qui se lisent sur le revers de ce miroir sont des sentences flamandes sévères, surtout pour une fiancée; car ce miroir avait été exécuté comme présent de noce.
Voici les conseils traduits du flamand : « Améliorez votre vie ; qui vit selon la chair mourra ; rappelez-vous la femme de Loth. » — Notre figure 528 montre un miroir de main moderne exécuté par M. Rouvenat; il est en argent ciselé. — On fait beaucoup de miroirs de
Fig. 527. — Miroir en bois sculpté (revers).
main en ivoire, qui atteignent des prix très élevés : ainsi, à la vente San Donato, le n° 703, miroir à main en ivoire finement sculpté dans le style du xvie siècle, s'est vendu 1,080 lires, c'est-à-dire 972 francs ; il mesurait 0m,31 de hauteur sur 0m,ll de largeur.
Miroirs magiques. — M. de Lahorde, dans sa notice des émaux et objets divers du
musée du Louvre, définit ainsi les miroirs magiques : « Miroir métallique, sur lequel sont gravés légèrement des signes et des inscriptions cabalistiques assez distincts pour être vus sans toutefois troubler les reflets du miroir... Depuis la plus haute antiquité, en Asie, jusqu'à la cour du régent en France, jusqu'à nos jours dans le Levant, ces miroirs ma-
MIROIK.
giques sont en usage et en vogue mystérieuse. » Ces miroirs posséderaient des qualités surpre-
nantes : par exemple, de permettre de voir à de grandes distances ce qui se passe dans un
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Fig. 528. — Miroir de main.
lieu écarté, de guérir les maladies, etc., etc. Notre figure 529 montre un miroir magique
japonais, tandis que notre figure 530 montre le revers d'un miroir magique oriental tiré cle