‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 246 sur 325 · NUMISMATIQUE · texte numérisé non relu

NUMISMATIQUE

mémoratifs. La médaille dont nous donnons ici une reproduction est en *or ; elle a été frappée en mémoire de l'expulsion des Anglais de notre sol. Elle mesure 0m,082 de diamètre, elle est donc bien réduite, puisque notre gravure ne mesure que 0m,054. D'un côté (fig. 552) on voit l'écusson aux armes de France et une légende qui forme deux lignes circulaires comportant quatre vers de huit pieds ; c'est la médaille qui parle en son nom et au masculin:

Qvand le fv falct sans diférance Av prvdent roi de Diev On obéissoit par tovt en France Fors, à Calais qVI est fort HeV.

La légende du revers comporte aussi quatre vers ; les voici :

D'or find suis extrait de ducas Et fut fait pesant VIII caras (1) En l'an que verras moi tournant Les lettres de nombre prenant.

Si nous suivons les prescriptions de la légende, c'est-à-dire si nous retournons la médaille pour connaître le millésime de sa frappe, nous remarquerons sur les quatre vers de l'avers qu'il y a huit Y, onze I, trois C, un M et deux L. En additionnant chacune de ces lettres, nous trouvons le chronogramme 1451 ; en effet, suivant la numération romaine :

Total : 1451

qui est bien l'année pendant laquelle on a chassé les Anglais de France, sauf de Calais (Jors Calais).

Notre figure 554 montre une pièce de curiosité ou déplaisir, qui valait dix louis. On nommait ainsi ce genre de monnaie parce que ces pièces, qui valaient six, huit et dix louis, n'étaient pas aussi généralement employées dans

(1) C'est-à-dire 8 fois 192 grains, soit 1,536 grains ou 219 grammes.

le commerce que les louis de dix livres ou les doubles louis ; leur possesseur les gardait comme pièces curieuses ou les regardait avec plaisir; d'où leur nom.

A toutes les époques, on a employé les monnaies en belle épreuve pour les enchâsser dans des bijoux. Nous avons donné, au mot Bijou (fig. 98), un collier qui renferme des monnaies dans sa décoration. De nos jours, après un longtemps d'indifférence, le goût se reporte aux médailles, et la bijouterie moderne commence à en consommer un si grand nombre que la galvanoplastie est venue jeter dans le commerce une énorme quantité de fausses médailles antiques,

Fig. 554. — Pièce de curiosité ou de plaisir.

qui sont parfois si bien imitées qu'il est bien difficile de les reconnaître. — Voici quelques prix de médailles.

Vente Hoffmann. — Médaille de Julia Paul a, deux métaux (bronze et cuivre rouge au centre), 260 fr. — Pertinax (grand bronze), 200 fr. — Néron, 50 fr. — Galba, 64 fr. — Vespasien, 77 fr. — Nerva, 90 fr. — Hadrien, 100 fr. — Antonin, au revers de Marc-Aurèle, 115 fr. — L. Vérus, 129 fr. — Commode, 137 fr. — Septime-Sévère, 150 fr. - — Julia .Domna, 151 fr. — Géta, 160 fr. — Macrin, 165 fr. — Une platine d'or, au revers de Trajan, 316 fr. — Du reste, tous les prix de cette vente (16 mai 1875, hôtel Drouot) ont été relativement faibles ; aujourd'hui, en 1883, toutes ces médailles valent beaucoup plus.

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OBJETS D'ART. — Terme générique sous lequel on comprend tous les produits de la peinture, de la sculpture, de la céramique, de l'orfèvrerie , de l'horlogerie , etc. , qui ont été exécutés à toutes les époques et chez tous les peuples avec art ; nous ne les désignerons pas plus spécialement puisqu'ils sont tous décrits à leur rang dans ce Dictionnaire, qui ne traite que des objets d'art et de la curiosité.

OBSIDIENNE. — Produit volcanique à cassure vitreuse de couleur verdâtre foncée, qui se rapproche de la couleur du verre à bouteille. L'obsidienne fond au chalumeau et se boursoufle. Cette pierre est connue de toute antiquité ; à l'époque préhistorique, dans certaines contrées, notamment au Mexique et au Pérou, l'homme a fabriqué des couteaux, des rasoirs et des casse- tête en obsidienne. Une belle variété de ce minéral est chatoyante et présente des reflets dorés et brillants ; on la taille en cabochon. On nomme quelquefois, à tort, l'obsidienne agate d'Islande, parce que les premiers échantillons arrivés en France provenaient de l'Islande.

ŒIL-DE-CHAT. — Cette pierre est le corindon nacré des minéralogistes, la chatoyante orientale des lapidaires ; elle est translucide et peut se présenter sous diverses couleurs, mais la plus ordinaire est d'un ton verdâtre ; son plus grand mérite est de posséder des reflets nacrés qui, partant du centre de la pierre, lui donnent l'aspect de l'œil de certains chats ; d'où son nom.

ŒUF D'AUTRUCHE. — Les œufs d'autruche sont employés comme objets décoratifs ; unis , ils valent de 6 à 7 francs la pièce ; gravés, de 25 à 30 francs ; décorés d'un réseau de passementerie en soie et or ou argent et soie , ils valent 30 francs environ.

ŒUVRE. — Ce terme a des significations assez diverses. Il signifie l'ensemble des travaux accomplis par un artiste; ainsi Y œuvre de Rembrandt désigne toutes les eaux-fortes exécutées par ce maître. Ce terme est synonyme de travail : ainsi chef-d'œuvre veut dire travail principal exécuté par un artiste. Ce mot œuvre désigne également l'ensemble des objets spécialement fabriqués dans un pays : ainsi au moyen âge on nommait œuvres de Damas, par exemple, les ouvrages de damasquinerie, de verrerie, de poterie, exécutés à Bagdad, à Damas et à Mossoul ; nous dirons même, en passant, que c'est grâce aux industries de ces villes orientales que le style arabe pénétra en Europe en passant par Venise, dont la marine marchande importait tous les riches objets de l'art oriental. Mais, en même temps , la riche cité vénitienne était trop industrieuse pour ne pas profiter de tous les modèles orientaux qu'elle transportait ; aussi , pour satisfaire le goût et la recherche de tous ces objets de curiosité qu'on appelait œuvres de Damas, Venise contrefit-elle des étoffes , des verreries , des armes , des damasquines et des bijoux orientaux ; elle répandit ainsi dans le monde entier, mais principalement en Europe, des types qui servirent à leur tour de

OGIVAL (art). — OPHICLEIDE.

modèles ' aux manufactures d'Arras, de Paris et des Flandres.

ŒUVRE DE NONNAIN. — Voy. NONNAIN.

OGrIVAL (Art). — On désigne sous ce terme l'art qui fleurit en Europe, et principalement en Allemagne, en Italie et en France, du xie siècle au xvie siècle, et qu'on a souvent improprement dénommé art gothique.

OLPON (Faïence d'). — Voy. Faïence. — On nomme également les faïences d'Oiron faïences de Henri II.

OLIFANT. — Cor en ivoire ; cornet d'appel taillé dans la défense d'un éléphant. Au mot Cornet (fig. 287), nous avons donné un olifant. Suivant la beauté des travaux de sculpture qui les décorent, les olifants valent de 400 à 800 fr., et même jusqu'à 4,000 francs. Les olifants du xve siècle sont très rares, ce sont ceux-là qui atteignent les prix les plus élevés. — Le musée de Cluny, le cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, le musée de Puy-en-Velay, le British Muséum, possèdent de beaux spécimens d'olifants qui remontent aux xne, XIe et même Xe siècles. — Les olifants étaient non seulement des cornes de chasse, mais dans les guerres ils servaient à annoncer l'approche de l'ennemi, à donner le signal du combat, à rallier les troupes. Nous citerons, à l'appui de ce qui précède, Gérard de Roussillon (xme siècle), vers 4612 et 4613 :

TJng olifant sona, ses gens vers li ralie,

Et leur dit : « Segues moi, je vous ferai aïe. »

OMBILIC. — Ce terme désigne à la fois la partie centrale et saillante d'un bouclier, et le centre d'un plat ou d'une assiette en faïence ou en métal. Dans les assiettes ou dans les plats en faïence, le Marli (Voy. ce mot) entoure l'ombilic.

OMERTI. — Instrument de musique hindou; espèce de timbale formée par une noix de coco recouverte d'une peau mince sur laquelle sont tendues des cordes de boyau. C'est'une sorte de petites Nacaires. (Voy. ce mot et Timbale.)

ONCIALE (Écriture, Lettre). — Écriture, lettres majuscules dont les caractères présentent en général des formes arrondies. On distingue plusieurs genres d'écriture on ciale : l'onciale anguleuse, massive, élégante, tortueuse, à double et à simple trait, à plein trait , à traits obliques, etc. Tous les manuscrits en lettres onciales sont antérieurs à la fin du Xe siècle. Les plus beaux manuscrits, de ce genre datent des successeurs de Charlemagne.

ONYX.— Voy. Agate, § 8.

OPALE. — Quartz résinite, produit volcanique d'un blanc laiteux et brillant, doué d'un chatoiement particulier qu'on nomme chatoiement opalin. Moins dur que le cristal de roche, ce quartz raye cependant le verre; c'est le plus léger des quartz. — Dans l'antiquité, on estimait beaucoup l'opale, qui semble avoir été totalement inconnue pendant le moyen âge. On tire cette pierre de l'Orient, de la Saxe et surtout de la Silésie. Les deux variétés d'opale les plus estimées de nos jours sont Y opale à flammes et V opale à reflets, à paillettes.

Fig. 555. — Ophicléide à dix clefs.

OPHICLEIDE. — Ce terme, dérivé du grec, signifie littéralement serpent à clefs. C'est un instrument de musique à vent et en

ORFÈVRERIE (art de l').

cuivre qui, introduit dans les musiques militaires vers 1820, a remplacé le serpent. Notre figure 555 montre un ophicléide à dix clefs. Il vaut environ 160 francs.

ORFÈVRERIE (Art de l'>. — Art de l'orfèvre ou fabricant d'objets en or, en argent ou en autres métaux, et, par extension, produits de cet art. L'orfèvrerie à son origine comprenait l'art de travailler tous les métaux précieux; elle embrassait donc la bijouterie, la joaillerie et X orfèvrerie proprement dite, c'est-à-dire la fabrication des grosses pièces ; aussi nommait-on ce dernier art grosserie, fabrication à laquelle appartenaient la vaisselle , les couverts, les instruments et les ustensiles du culte , etc. Nous ne traiterons ici que de la grosserie , ayant étudié la Bijouterie en son rang (Voy. ce mot) avec la joaillerie.

Historique. — Orfèvrerie antique. — L'art de donner de belles et riches formes à l'or et à l'argent remonte à une très haute antiquité. Les produits de l'orfèvrerie étaient extrêmement remarquables dans l'Asie, en Egypte, en Phénicie, en Judée , en Grèce et à Rome. Des découvertes assez ' récentes nous ont fourni une grande quantité d'objets d'orfèvrerie et de bijoux égyptiens qui permettent de se faire une juste idée de l'orfèvrerie de l'Egypte dès les temps les plus reculés. Le musée du Louvre renferme un beau groupe en or qui représente la triade égyptienne : Osiris, Isis et Horus. Au mot Égyptien (fig. 355), nous avons donné cette pièce intéressante qui remonte à dix ou onze siècles avant notre ère. Une autre œuvre d'orfèvrerie remarquable est une barque en or trouvée dans le tombeau de la reine Aah-Hotep, avec quantité d'autres objets précieux d'or et d'argent : anneaux, armilles, bracelets, colliers, chaînes, diadème, pectoral, etc. Cette barque en or massif est garnie de son équipage, comprenant : à l'avant, un pilote; au milieu, douze rameurs, un commandant, et, à l'arrière, un timonier; ces personnages sont en argent. Le musée de Boulacq possède des vases d'argent égyptiens de la plus haute antiquité, contemporains peutêtre de ceux que les Israélites avaient emportés à leur sortie d'Egypte en assez grande

quantité, et qui étaient en or et en argent ; ce qui tend à faire supposer qu'à cette époque reculée il existait déjà un art d'orfèvrerie dans ce pays. Quelque temps après cette sortie d'Egypte, les Juifs, ayant demandé à Aaron de leur donner un dieu tranquille, celui-ci réclama les bijoux des femmes et des filles israélites et en fabriqua le veau d'or. Moïse, en descendant du Sinaï avec les tables de la loi, indigné de ce retour à l'idolâtrie, aurait dissous le veau d'or à l'aide de l'eau régale : c'est , du moins , ce que prétend le savant allemand Klaproth.

Après le peuple juif, nous lisons dans Homère que, parmi les riches présents que donna Priam pour avoir le corps d'Hector, il y avait deux magnifiques trépieds d'un travail si remarquable qu'ils éblouissaient les yeux, ainsi que plusieurs vases d'une grande richesse et une coupe d'un prix infini qu'il avait reçus des Thraces, lorsqu'il avait été envoyé chez eux comme ambassadeur. Nous voyons encore dans Homère que Ménélas et Hélène reçurent de l'Egypte des pièces d'argenterie décorées d'ornements en or. Le même auteur nous apprend que l'épée du roi Agamemnon avait une poignée d'or ; il nous donne aussi la description du célèbre bouclier d'Achille décoré de pampres d'or de diverses couleurs et finement ciselés. — Les femmes d'Athènes, dès la plus haute antiquité, portaient dans leurs cheveux des cigales en or, symbole indiquant qu'elles étaient bien nées, comme cet insecte, sur le sol de la Grèce.

Notre planche XXIII montre un superbe vase grec en argent du musée de l'Ermitage, à Pétersbourg. Nous aurons occasion de parler un peu plus loin de divers autres objets de ce même musée. Le vase reproduit par notre planche , au quart de sa grandeur vraie , a été trouvé en 1863 au nord-ouest de Nicopol, sur la rive droite du Dnieper, sous un tumulus; sa forme est celle d'une amphore ; il daterait du IVe siècle avant J.-C, c'est-à-dire de la plus belle époque de l'orfèvrerie grecque ; sa riche et belle ornementation ne peut que confirmer dans cette supposition. Ce beau vase devait servir à contenir le vin mélangé à la neige qu'on servait dans les festins, ce qui

Planche XXIII. — Vase grec en argent (musée de l'Ermitage).

ORFÈVRERIE (art de l').

peut accréditer cette supposition , c'est qu'au devant des orifices d'écoulement se trouvent des crépines ou plaques perforées qui empêchaient les impuretés contenues dans le breuvage de s'écouler par les trois ajutages placés dans les gueules de lion et dans la bouche du cheval ailé. Le col , les anses , le pied et tous les ornements dessinés sur le fond de cette pièce d'orfèvrerie sont dorés. Comme belle pièce d'orfèvrerie grecque de la même époque, nous signalerons la Couronne funéraire que nous avons donnée à ce mot (planche VII, page 226).

Les Romains avaient emprunté aux Grecs l'art de . l'orfèvrerie ; à Rome , l'argenterie de Délos était très estimée et par conséquent fort recherchée. — Sous l'empire, la vaisselle d'or et d'argent, de même que certains meubles faits avec des métaux précieux, étaient d'une grande abondance; les vases [d'or et d'argent ciselés, les patères, les coupes, étaient d'un usage fort journalier. On peut se faire une idée du mérite de ces œuvres d'art par les spécimens qui nous restent dans nos musées, et nos lecteurs connaissent sans doute les vases du cardinal Albani représentant l'expiation d'Oreste et les travaux d'Hercule, ainsi que les deux célèbres plateaux connus sous les noms de bouclier de Scipion et bouclier d'Annibal. Que de pièces d'orfèvrerie ont dû périr dans les guerres et dans les incendies ! Ce que Rome avait accaparé aux peuples vaincus représente une bien faible partie des richesses fabriquées aux premiers siècles de notre ère. Rome avait tellement pillé et rançonné le monde entier, pour se parer de ses dépouilles, que l'on comprend que les généraux des pays barbares (ainsi les nommaient les Romains) emportassent à leur tour avec eux leurs trésors. Ceci expliquerait jusqu'à un certain point les trouvailles faites, dans des contrées éloignées, de pièces d'orfèvrerie romaine. Ainsi en Hanovre, aux environs d'Hildesheim, on a trouvé près de quatre-vingts objets, vases à boire ou décoratifs, urnes, patères, hydries, ustensiles de table, etc.

Orfèvrerie française. — L'art romain de l'orfèvrerie se perpétua en Europe jusqu'au "Ve siècle. Au vie siècle, dans la G-aule, qui

DICT. DE L ART

avait de très bonne heure pratiqué cet art (puisque nous voyons que Q. Servilius Cœpio s'empara, vers les premières années du 11e siècle de notre ère, du trésor des Tectosages, conservé à Toulouse, trésor d'orfèvrerie estimé quinze mille talents (90 millions de francs) par Posidonius) ; au VIe siècle, disons-nous, l'école d'orfèvrerie la plus renommée de la Gaule était à Limoges , où l'art de l'émaillerie était déjà assez avancé, Eligius (saint Eloi) (1) fut un artiste renommé , excellent calligraphe , et qui devait non seulement exécuter des travaux de grande orfèvrerie, mais encore des reliures métalliques. Eligius avait été successivement élève d'Abbon (2), citoyen de Limoges, et de Thillo , ouvrier d'origine saxonne. Il avait, en outre, de fréquents, rapports avec Baudéric, un autre orfèvre. Du VIIe au VIIIe siècle et jusqu'au XIe , c'est-à-dire sous les Mérovingiens et les Carlovingiens , il est convenu que tous les produits de l'orfèvrerie sont des œuvres barbares ; cependant nos musées renferment des spécimens d'orfèvrerie de ces époques qui témoignent du goût et de l'habileté des artistes qui les ont exécutés : par exemple, le diadème scythe de Novo-Tscherkask, les objets composant les trésors de Petrossa et de Guarrazar, la croix dite de saint Èloi, la couronne de Charlemagne, et tant d'autres œuvres remarquables de l'émaillerie byzantine, pour ne mentionner que les œuvres les plus connues de ces époques. Au XIe siècle, l'orfèvrerie fabrique surtout des objets du culte, des vases sacrés et des châsses. Paris et Limoges occupent le premier rang dans cette fabrication, qui, d'après Jean de Garlande, était partagée en quatre catégories : les monétaires, les joailliers , les fermailleurs et les fabricants de vases à boire. L'établissement de la corporation des orfèvres remonte à une

(1) Saint Eloi était né à Chatelac en 588, il mourut en 659. D'orfèvre il devint ministre et conseiller du bon roiDagobert, enfin évêque de Noyon.

(2) Il ne faut pas confondre cet Abbon avec saint Abbon, abbé de Saint-Benoît-sur-Loire, qui, vers la fin du Xe siècle, avait créé une sorte d'école d'orfèvrerie dont un de ses élèves, un nommé Hausbert, prit la direction après la mort du saint abbé.

ORFEVRERIE (art de l').

époque très reculée qu'on ne saurait préciser. Les documents les plus anciens qui soient parvenus jusqu'à nous tendent à démontrer que cette corporation existait bien avant le

règne de Louis IX, vers 12G0. Le corps des orfèvres, qui jouissait de certaines prérogatives, avait également des charges qui empêchaient cet art de progresser. Pendant le XIIe et le

XIIIe siècle, l'orfèvrerie suit une marche ascendante; Limoges fabrique un nombre considérable de pièces émaillées dites œuvres de Limoges (opus Lemovicense). La plupart des cathédrales conservent, parmi d'autres pièces d'orfèvrerie, des œuvres de Limoges; celles

du xme siècle sont très reconnaissables au milieu des objets d'orfèvrerie antérieurs, car l'avènement de l'art ogival marque de son empreinte toutes les espèces d'orfèvrerie des xme, xive et xve siècles. Du reste, les châsses de ces époques sont de véritables édicules go-

ORFÈVRERIE (art de l').

thiques; nous citerons notamment la châsse de saint Taurin à Évreux, celle de sainte Julie à Jouarre, et surtout celle de Nivelles. —

Fig. 557. — Cafetière de Ballin.

Le commencement du xvie siècle fut un temps d'arrêt pour l'orfèvrerie, car les guerres qui épuisaient la France à cette époque f orcè-

Fig. 558. — Buire de Ballin.

rent Louis XII à signer un ' édit défendant aux orfèvres de fabriquer aucune pièce , vase , châsse, ostensoir, vaisselle, sans une autorisation préalable; mais quelques années après l'avènement de François Ier, vers 1528 ou

1530, l'orfèvrerie, qui était florissante en Italie, progressa beaucoup en France, parce que des peintres tels que Léonard de Vinci, le

Fig. 559. — Coupe de Ballin.

Primatice, le Rosso, et des bijoutiers-orfèvres tels que Matteo del Nassaro , Benvenuto Cellini, et d'autres encore, que le roi fit venir à sa cour, excitèrent grandement l'émulation des orfèvres français. Ce dernier artiste fabriqua , outre les œuvres remarquables que nous avons citées dans le cours de cet ouvrage , un vase d'argent pour la duchesse d'Etampes, une véritable merveille , et pour le palais de Fontainebleau un Jupiter en argent : le dieu lance la foudre d'une main et porte de l'autre le monde. (Voy. Salières, où nous avons donné une œuvre de Cellini.)

Nous venons de dire que les artistes italiens excitèrent l'émulation de nos orfèvres; en effet, l'orfèvrerie française était à cette époque remarquable et portait bien le cachet des œuvres de notre pays. Les principaux orfèvres français du XVIe siècle sont : Pirame Triboulet, Pierre Mangot, Benedict Ramel, Etienne Delaune, F. Dujardin, F. Briot, Jean de la Haye, etc. Ce dernier était l'orfèvre de Gabrielle d'Estrées. — Au commencement du XVIIe siècle, l'orfèvrerie avait atteint à son apogée et réalisé de grands perfectionnements. Parmi les orfèvres de cette époque, nous mentionnerons Louis Roupert, orfèvre à

ORFEVRERIE (art de l').

Metz, mais qui vint travailler à Paris, où il se fit une certaine réputation. C'est de ce graveur que Mariette dit, dans son Abececlario : « Il a conservé, parmi les metteurs en cuivre, la réputation du graveur qui a su le mieux refendre des feuilles d'ornements et promener son burin sur les métaux avec le plus de netteté. » Notre

figure 556 montre un ornement d'orfèvrerie' de cet artiste; il serait difficile de trouver des rinceaux plus largement dessinés et d'une facture aussi ample. Du xvne, siècle nous mentionnerons également Ballin, qui, dès l'âge de dix-neuf ans, créa quatre bassins d'argent de soixante marcs chacun, sur lesquels figuraient

Fig. 560. — Flambeau en argent de ileissonuier.

les quatre âges du monde. Ces vases furent achetés par Richelieu , qui lui en commanda quatre autres dans le style antique. Le sculpteur Sarrasin, émerveillé du talent du jeune orfèvre, lui fit ciseler divers bas-reliefs. Ballin fit également, en or émaillé, la première épée et le premier hausse-col portés par Louis XIV; un miroir d'or de quarante marcs pour Anne d'Autriche, et le chef de saint Rémi, que le roisoleil donna à l'église de Reims lors de son sacre. Perrault, dans son livre : les Hommes il-

lustres de son temps, donne une biographie de Claude Ballin; il nous apprend, entre autres faits intéressants , que ce même artiste exécuta pour le roi des torchères ou grands guéridons de 2m,40 à 2m,60 de hauteur pour porter des flambeaux et girandoles, de grands vases pour placer des orangers , des cuvettes , pots à eau et chandeliers. Toutes ces magnifiques pièces d'orfèvrerie furent fondues pour faire face aux dépenses de la guerre. Quelle perte regrettable pour l'art et pour l'histoire de l'orfèvrerie

ORFEVRERIE (art de l').

de cette époque ! Ce devaient être des merveilles, car Perrault nous dit : « Tous ces ouvrages d'une magnificence incroyable étaient peut-être une des choses du royaume qui donnaient une plus juste idée de la grandeur du prince. » Un autre orfèvre, Delaunay, neveu par alliance de Ballin, le secondait dans ses travaux de composition ; c'est lui qui a dessiné un grand nombre des compositions de son maître. Nos figures 557 à 559 montrent trois œuvres de Ballin, une cafetière , une buire et une coupe. Après la mort de cet artiste, survenue en 1678, parmi les orfèvres les plus distingués qui prirent sa succession nous devons citer Pierre et Thomas Germain, A. Meissonnier de Turin, orfèvre du roi, qui était également peintre, sculpteur et architecte. La plupart de ces artistes travaillèrent beaucoup pendant le xvme siècle, malgré les ordonnances somptuaires qui empêchaient, sauf pour les pièces d'orfèvrerie religieuse , de dépasser un certain poids de métal pour fabriquer des œuvres d'orfèvrerie ; aussi les dernières années du xviii6 siècle ne furent-elles pas brillantes pour l'art qui nous occupe. Le commencement du xixe siècle ressembla beaucoup à la fin du xviii6, mais pour un autre motif : le style classique faux et bâtard inauguré par David , et continué par Percier et Fontaine , était seul à la mode et produisit en général des œuvres de peu de valeur. David était un grand peintre , mais un décorateur assez médiocre. Les principaux orfèvres de cette époque sont Caillé, Biennais, Thomire et Odiot; ceux de la restauration, Fauconnier, Tamisier, Maleret et Vechte; enfin les orfèvres contemporains, les Fanière, Froment-Meurice , Morel, Duponchel, Bachelet, Poussielgue-Rusand, Charles Christofle, etc.

Nos figures 560 et 561 montrent deux spécimens de l'orfèvrerie française ; le premier est un flambeau en argent de Meissonnier, le second un flambeau, également en argent, mais de l'époque Louis XVI.

Orfèvrerie étrangère. — A propos de l'orfèvrerie française, nous avons dit quelques mots de l'orfèvrerie des peuples dits barbares; dans le présent paragraphe nous étudierons spécialement l'orfèvrerie étrangère. Tout d'a-

bord il y a lieu de se demander d'où venaient ces barbares ? A cela on peut répondre qu'ils venaient de tous les côtés, des confins extrêmes de l'Asie, du nord et de l'est de l'Europe ; constamment ils envahissaient la Grande-Bretagne, la Gaule, l'Espagne et l'Italie, portant la terreur jusqu'au cœur de Rome même. Ces barbares étaient les Huns, les Vandales, les Ostrogoths et les Wisigoths, les Lombards, les Franks, les Saxons, les Normands, etc. Certes

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Fig. 561. — Flambeau en argent (époque Louis XVI).

ces farouches peuplades pillaient sur leur passage les œuvres d'orfèvrerie des nations qu'ils envahissaient, mais elles possédaient incontestablement des produits de leur propre industrie ; c'est un fait qu'on ne saurait nier aujourd'hui, d'autant que nous n'ignorons pas que tous les peuples barbares savaient parfaitement travailler les métaux, non seulement pour se fabriquer des armes, mais encore pour se créer des outils, des ustensiles, des objets de toute nature, et principalement des bijoux. Dans tous les pays envahis pendant le ive siècle jusqu'au viiie, on a rencontré des objets divers

ORFEVRERIE (art de l').

qui tous présentent, suivant l'époque de leur fabrication, des caractères identiques : par exemple, en ce qui concerne l'orfèvrerie, c'est l'emploi des grenats en cabochons, en tables

et en lames, tantôt enchâssés dans le métal, tantôt sertis ou encloisonnés. Les plus anciennes orfèvreries des barbares font partie des collections du musée de l'Ermitage à Péters-

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Fig. 562. — Flambeau en argent (renaissance italienne).

bourg. Le gouvernement russe, qui occupe aujourd'hui les vastes contrées qui furent jadis le berceau de ces peuples nomades, a retrouvé sur son territoire des objets en si grande quantité que les conservateurs du musée les ont classés sous deux divisions principales : les

antiquités du Bosjriiore Cimmèrien, et la collection ScytMque, qui possède des objets d'orfèvrerie en or massif. L'un d'eux, très curieux, est un diadème, sorte de ' bandeau métallique, trouvé sur les bords du Don, à Novo-Tscherkask;il est en or massif orné de cabochons, de

ORFÈVRERIE (art de l').

perles et d'un superbe camée grec. Malgré la présence de ce bijou sur ce diadème, on est bien obligé de reconnaître, surtout à cause des

figures de l'élan et du bouquetin du Caucase placées sur l'orle supérieur de cette pièce, que nous sommes bien en présence d'un bijou

llllllflll

Fig. 563. — Vase à communier et pot à bière de Luther.

scythe. D'autres pièces d'orfèvrerie remarquables, et connues aujourd'hui de tous les curieux, sont les couronnes de Guarrazar, les objets faisant partie du trésor de la cathédrale de Monza, la châsse ou reliquaire de l'abbaye de Saint- Maurice dans le Valais, le superbe parement

d'autel de Saint-Ambroise de Milan, connu sous le nom de paliotto. Cette pièce d'orfèvrerie remonte à l'an 835 ou 838 ; c'est sans contredit la plus belle de toutes les pièces d'orfèvrerie antérieure au Xe siècle. Notre figure 562 montre un flambeau en argent de la renais-

ORFÈVRERIE (art de l').

sance italienne. Il 'reste fort peu de pièces d'orfèvrerie allemande des vme, ixe et x° siè-

cles ; on cite cependant un calice dit de Tassilo, duc de Bavière, qui vivait au vme siè-

Fig. 564. — Cruche en argent doré et ciselé.

cle. En ce qui concerne les ixe et xe siècles,

Fig. 565. — Pièce d'orfèvrerie de Kaschemir.

nous savons qu'à cette époque c'était surtout dans les monastères que se pratiquait

l'art de l'orfèvrerie ; les moines fabriquaient principalement des parements d'autel. Il en fut de même du xie au xve siècle ; mais, à partir du xvie siècle, l'orfèvrerie profita du mou-

Fig. 566. — Spécimen d'émaillerie de l'Inde.

vement général de la renaissance. L'art allemand de cette époque fut très remarquable ;

ORFEVRERIE (art de l').

nous ne fournirons comme exemple à nos lec- I Donawerth, que reproduit notre planche XXIV teurs que la superbe monstrance de l'abbaye de | au mot Ostensoir ; ici notre figure 563 mon-

tre le. vase à communier et le pot à bière de Luther, deux œuvres de la renaissance alle-

mande. Le pot à bière est couvert d'arabesques finement gravées à l'eau-forte. Ces deux piè-

ORFÈVRERIE (art de l').

ces sont en argent doré et faisaient partie de l'ancienne collection Raisé, vendue vers 1807. Du reste, dans tous les pays, en Italie, en An-

gleterre, en Allemagne, en Pologne, en Espagne, l'orfèvrerie a produit pendant le xvie siècle des œuvres très remarquables et fort nom-

Fig. 568. — Cafetière en argent. (Voir ci-après la description de cette cafetière, vente San Donato, n° 1208.)

breuses. Nous ne pousserons pas plus loin notre étude sur l'orfèvrerie, car il faudrait écrire de gros volumes pour en retracer l'histoire, même abrégée, et nous terminerons en donnant deux types d'orfèvrerie kaschemirienne (fig. 564 et 565). Notre figure 564

montre une cruche en argent doré et ciselé ; c'est une variété de vermeil utilisée à Kaschemir et dénommée par les Anglais rucldy gold. Notre figure 565 montre une pièce d'orfèvrerie de Kaschemir; notre figure 566, un spécimen d'émaillerie de l'Inde.

ORFÈVRERIE (art de l').

Nous dirons enfin quelques mots des marques et poinçons, de contrôle de l'argenterie française, ou plutôt de l'orfèvrerie parisienne.

Il existait anciennement deux poinçons pour celle-ci : celui du maître orfèvre qui avait fait l'ouvrage, et celui de la maison commune, qui

attestait que l'ouvrage avait été essayé par les gardes et qu'il était bien au titre de Paris (11 deniers, 10 à 12 grains). Ce genre de poinçon nage doit remonter à l'année 1275, d'après ce que permet de supposer une ordonnance de

décembre 1275, citée par Leroy dans son ouvrage, ordonnance qui fut confirmée par Philippe le Bel en 1313. Cepoinçon était pour Paris une lettre couronnée de l'alphabet, lettre qui changeait chaque année en même temps que les

ORFEVRERIE (art de l').

gardes du métier, afin de pouvoir établir leur responsabilité respective. Malheureusement, il se produisit des irrégularités dans la succession des lettres de l'alphabet, de sorte qu'on ne saurait préciser exactement quelles sont les lettres correspondantes à telle ou telle autre année, et bien qu'on sache d'une manière certaine la correspondance de quelques-unes d'entre elles : ainsi, par exemple, M correspond à 1472 ; U était encore en 1783 la lettre de poinçon. Mais, à partir de cette époque, Louis XVI assigna un poinçon invariable à chaque communauté d'orfèvres; celui de Paris était un P couronné. Plus tard il y eut les marques des fermiers du contrôle (poinçon de charge et poinçon de décharge) ; l'un indiquait le droit à payer, l'autre l'acquit de ce droit. Chaque fermier avait des poinçons de charge et de décharge différents pour les trois classes d'orfèvrerie, gros, moyens ou menus ouvrages.

Vente Jules Jacquemart (avril 1881). — N° 255. Un petit vase indien en argent doré. 280 francs.

Vente San Donato. — N° 1185. Quatre salières en cristal bleu, à monture en argent finement ciselé, à quatre pieds contournés en feuilles d'acanthe, surmontés de têtes de bacchantes d'où s'échappent des ceps de vigne chargés de fruits et de feuilles ; cercles ajourés, bordure perle ; travail français du xvme siècle. 1,250 lires. — N° 1186. Aiguière à anse et couvercle en argent repoussé et ciselé ; culot entièrement recouvert de roseaux et de feuillages; orfèvrerie française du xvne siècle. 5,700 lires. — N° 1187. Chocolatière et lampe à esprit-de-vin en or, haute, de forme simple, couvercle, col et bouterolle du manche ornés de joncs coudés et en ondes; manche droit en jaspe sanguin. Marque poinçon de décharge et bas de l'A d'Etienne Baligny (1703 à 1713). 10,000 lires. — N° 1189. Terrine avec pieds fourchus mouvant d'une touffe de céleri ; sur le couvercle sont jetés autour d'une orange garnie de son feuillage, ortolans, deux grondins, trois huîtres, truffes, champignons, artichauts, cornichons, etc., etc. Plateau ovale, bords et baguettes garnis de feuillage. Ancienne collection du baron Pichon, qui attribuait cette terrine à Syrieys, orfèvre à brevet du roi, ce

qui expliquerait pourquoi cette pièce ne porte pas de poinçon de maître, puisqu'elle a été faite par un orfèvre suivant la cour, et n'avait pour toutes marques que les poinçons 1720 et 1730. 40,000 lires. — N" 1190. Présentoir et son plateau en vermeil forme cylindrique (pentagonale) à anses et plateau, bordure de feuilles variées. 1,070 lires. — N° 1192. Cafetière de forme élancée et ciselée, goulot en forme de bec d'oiseau, col et couvercle à bordures de fleurs variées. Manche en ivoire. Travail anglais du xviii6 siècle. 1,220 lires. — N0 1193. Grande cafetière en argent ciselé et repoussé ; travail hollandais du XVIIIe siècle. 1,080 lires. — N° 1194. Deux salières doubles montées en argent ; travail français du xviii6 siècle. 1,500 lires. — N° 1197. Théière de forme rectangulaire en argent ciselé ; travail allemand de l'époque de Louis XIV. 1,100 lires. — N° 1198. Soupière ovale (fig. 567), couvercle surmonté d'un chien avec gibier et attributs de chasse. Travail d'Antoine-Jean de Villeclair contremarque Y (1762). 11,700 lires. — N"° 1199. Cafetière en argent repoussé et ciselé sur trois pieds; travail hollandais du XVIIIe siècle. 650 lires. — N° 1201. Soupière de forme basse en argent repoussé et ciselé ; travail italien du temps de la régence. 1,550 lires. — N° 1206. Soupière ovale, en argent repoussé et ciselé ; culot à feuilles de chêne et de laurier entremêlées ; perlé et feuillages à la base ; anses en ceps de vigne. Travail français du xvme siècle. 11,500 lires. — N° 1208. Cafetière en argent repoussé et ciselé (fig. 568), dessinée par Bérain; anse pleine en forme de sirène; bec en forme de dauphin ; travail français de l'époque Louis XIV. 7,900 lires. — N° 1210. Légumier ovale (fig. 569), supporté par quatre pieds de biche mouvant de feuilles d'acanthe ; culot à godrons et à feuilles de laurier, surmonté de grappes de raisin ; couvercle à bordure de raisins, roses et fruits finement ciselés, surmonté d'une pomme de pin; travail français du xvme siècle. 2,500 lires. — N° 12.13. Cafetière en argent repoussé et ciselé à godrons contournés, supportée par trois bustes de femmes terminés en volutes; au bec, un mascaron de satyre; couvercle godronné surmonté d'une flamme ; travail français du XVIIe

0RFR01. — ORGUE.

siècle. 2,900 lires. — N° 1214. Sucrier à anses, en vermeil repoussé et ciselé. 420 lires. — N° 1215. Soupière de forme ronde et son plateau de forme ovale, en argent repoussé et ciselé. Quatre pieds à volutes donnent naissance à des feuilles de chêne qui s'étendent le long du culot. Travail du temps de la régence. 5,200 lires. — N° 1227. Surtout de table en argent repoussé et ciselé. Il représente une fontaine en forme d'obélisque élevée sur un plateau contourné; deux vases enguirlandés servent de flambeaux, et six coupes en verre, simulant des cuves, sont enchâssées dans des montures enguirlandées en argent. Travail français de l'époque Louis XVI. 10,700 lires. — N° 1235. Magnifique aiguière à couvercle et son plateau, en argent repoussé et ciselé ; à la base, quatre cartouches contenant des fleurs, paysages et sujets de chasse ; bassin ovale à bords contournés à coquilles, joncs, fleurs. Exécuté par P. Germain (1600). 37,000 lires. — : Pour d'autres prix d'orfèvrerie, voyez Calice, Coupe, Groupe, Hanap, Pot a eau,

YlDEECOME, etc.

ORFROI. — Ce terme, dérivé du latin du moyen âge aurifrisia, aurifriisum, aurifrigia, ou de l'italien orifrigio, sert à désigner une broderie d'or et de soie, ou d'argent et de soie, dont on fait des vêtements très riches, principalement des costumes sacerdotaux. — Il existait également des orfrois pour bordure qui remplissaient l'office de nos galons pour l'ornementation des vêtements ; d'où les termes orfroiser, orfraiser, or/raser, qui signifiaient border. Il y avait des orfrois de différents genres et de largeurs variables ; ceux brodés en perles s'appelaient orfrois de perles. Les orfrois dits de Chypre étaient brodés en or, ils mesuraient de 0m,20 à 0m,25 de largeur et représentaient des sujets aussi variés que compliqués. Dans le roman de Gari?i, daté de' 1180, nous trouvons ce terme :

Bien fu vestuë d'une paille de Biterne, Et un orfrois a mis dessus sa teste.

Dans le roman de la Rose, daté de 1300, il est souvent question Rorfrais, et quelquefois ce terme s'applique à un chapeau qui sans

doute était bordé et galonné cl'orfrois ; en voici un exemple :

Un chapel de roses tout frais, Et dessus le chapel d'orfrais.

Ce qui confirme cette supposition que ce terme s'appliquait à la bordure des chapeaux, c'est que nous lisons dans les comptes royaux de 1351 : ce Chapeaux orfoisiez autour de bon orfroy d'Arras. »

Nous avons tiré les deux citations précédentes du Glossaire de de Laborde (éd. 1853, page 417). Cet auteur donne beaucoup d'autres passages d'ouvrages des xme, xive et xve siècles, mais il ne nous dit pas que les bordures ou bandes d'orfrois aient été appliquées sur le front ou dans la chevelure des femmes, fait que quelques archéologues ont avancé, mais sans apporter aucune preuve à l'appui ; nous supposons même que ce qu'ils ont pris pour clés bandes d'orfroi n'étaient simplement que des bandelettes d'orfèvrerie, ou des couronnes ou cercles de bijouterie, qui aux XIVe et XVe siècles remplissaient le même office que la ferronnière au xvie siècle.

ORGANISTRUM. — Instrument de musique du moyen âge ; sorte de vielle. Il fallait deux exécutants pour jouer de cet instrument; l'un faisait mouvoir les touches et l'autre tournait la manivelle; l'organistrum était placé sur les genoux des exécutants.

ORGUE. — Instrument de musique, le plus complet de tous, d'une grande sonorité, et qui à lui seul forme tout un orchestre. Nous n'avons pas à parler de ce genre ici, mais seulement des orgues portatives, c'est-à-dire de celles qu'on peut déplacer et transporter comme un meuble. Notre figure 570 reproduit un orgue allemand portatif du xvie siècle, qui fait partie des collections de South Kensington Muséum. Les volets qui ferment l'instrument et protègent le buffet sont décorés de peintures qui montrent d'un côté Abraham renvoyant Agar et son fils, et de l'autre le sacrifice d'Isaac. Inutile d'ajouter que les costumes de ces peintures allemandes sont des plus fantaisistes.

Les orsfues de Barbarie sont des orgues à

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