ARMOIRIES
ARMURE
on peut en voir du XIIe siècle. « A cette époque (comme nous le disons dans notre Dictionnaire cî architecture), comme du reste pendant tout le moyen âge et la renaissance, les armoires étaient faites en bois de chêne, de noyer ou de poirier, et garnies de ferrures ouvrées ; elles étaient enrichies de peintures, de dorures et d'incrustations de nacre, d'ivoire ou d'autres matières précieuses. On conserve dans les cathédrales de Bayeux et de Noyon des armoires du XIIIe siècle. » Ces armoires étaient placées non seulement dans les sacristies et dans les salles capitulaires, mais à côté même de l'autel ; elles remplaçaient sans doute les armoires creusées dans le mur. Ce fait est constaté par dom Doublet, qui, dans ses Antiquités de l'abbaye de Saint-Denis, nous dit : « Premièrement au costé droit (de l'autel des Saints Martyrs) est gardé l'un des précieux clovds... Au costé senestre dans une grande armoire est le chef sacré de saint Denis l'Aréopagite, etc. »
A partir du xv° siècle, de belles moulures et des sculptures non moins remarquables remplacent la peinture dans l'ornementation des armoires; dans la salle du trésor de l'église Saint-Germain l'Auxerrois à Paris, il existe plusieurs spécimens d'armoires de cette époque. Dans les églises, les meubles ne servaient pas seulement à renfermer les reliques, comme vient d'en témoigner le passage de dom Doublet, mais encore à serrer les vases sacrés ainsi que les vêtements sacerdotaux. Le musée de Cluny possède des armoires très remarquables de diverses époques , du XVIe, du XVIIe et du XVIIIe siècle, principalement des armoires normandes (des n08 1479 à 1502), qui souvent sont décorées de belles sculptures en bas-reliefs saillants. Nous mentionnerons plus particulièrement celle du xvie siècle qui fut, dit-on, exécutée par les moines de Clairvaux ; une du xvne siècle (n° 1460) en ébène, décorée de deux panneaux sculptés à figures qui représentent Y Adoration des mages et celle des bergers, et les quatre évangélistes ; le meuble est daté de 1649, il mesure lm,90 de hauteur sur 0m,80 de largeur. — Le prix de ces meubles est extrêmement variable, ils valent, par exemple les
armoires normandes des éjîoques Louis XIY, Louis XV et Louis XVI, depuis 150, 200 et 400 francs ; quant aux meubles de la renais- ' sance française ou italienne, ils atteignent jusqu'à 3,000, 4,000 et 5,000 fr. et au delà ; ceux d'un travail exceptionnel deviennent de plus en plus rares dans les ventes.
ARMOIRIES. — Signes distinctifs et parfois symboliques qui servent à distinguer les personnes, les familles, les corporations, les peuples. Les armoiries symbolisent les fiefs, les peuples, l' affranchissement des villes : ce sont les armoiries de domaine, de souveraineté, de villes; il y a les armoiries pleines, de familles, d'alliances, etc.; les armoiries vraies et /caisses, etc. (Voy. Blason.)
ARMORIAL. — Qui appartient aux armoiries; livre, registre, catalogue d'armoiries d'une famille, d'un peuple. La Bibliothèque de Paris possède un armoriai des barons et des chevaliers français qui se trouvèrent à la première croisade (1096-1099); mais l'écriture ne date que du XIVe siècle. Un armoriai qui remonte encore à une époque plus reculée, c'est la liste des nobles qui accompagnèrent en Angleterre, en 1066, Guillaume le Bâtard ou le Conquérant, duc de Normandie ; elle se trouve à la fin de V Histoire de Normandie de Dumoulin. L'armoriai le plus considérable est celui de d'Hozier, qui a pour titre : Armoriai général de France.
ARMORIÉ. — Se dit de tout ce qui porte ou qui est orné des figures du Blason. (Voy. ce mot.)
ARMORIER. — Peindre, appliquer, sculpter, graver des armoiries sur un objet quelconque, sur la pierre, sur de la vaisselle plate, sur un cachet, etc.
ARMURE. — Ensemble des pièces d'armes défensives destinées à couvrir et garantir les diverses parties du corps de l'homme ou du cheval de guerre contre les coups de l'ennemi. Pour l'homme , l'armure comprend : Casque , Cuirasse, Épaulières, Brassards, Gante-
Fig. 51. — Armure du xve siècle (musée d'artillerie de Paris).
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