PEIGNOIR. — PELLES
de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. Cet ustensile de toilette est en buis ; au centre se trouve une plaque d'argent sur laquelle on voit un M gothique ; il date de la fin du XVe siècle ou du commencement du xvie. Il fait partie de la collection de M. A. Jubinal; il a figuré à diverses expositions de curiosités, notamment à celle organisée en 1874 par l'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie. Les peignes des ixc, Xe et XIe siècles valent, suivant leur état de conservation et la beauté de leur sculpture, de 90 à 450 francs.
PEIGNOIR. — Vêtement qui sert à envelopper le corps à la sortie du bain, ou qui sert aux femmes à se couvrir le corps pendant leur toilette du matin. Quelques riches peignoirs, garnis de. dentelles, ne se vendent que la valeur de ces dernières.
PEINTURE (Art de la). — Art qui à l'aide des couleurs peut reproduire tous les objets réels ou tous ceux que l'artiste rêve dans son imagination. Les principales connaissances nécessaires pour pratiquer cet art sont l'anatomie, le dessin , la science des perspectives, etc. Les divers genres de peinture sont la peinture à l'huile, à la fresque, à l'encaustique, à l'aquarelle, à la gouache ; enfin on peut considérer comme peinture le pastel, le camaïeu, le lavis et la mosaïque. Suivant les matières sur lesquelles on peint, on distingue la peinture sur toile, sur bois ou sur panneau, sur métal, sur ivoire, sur émail, sur porcelaine, sur lave, sur verre, sur les murs ou peinture murale. En ce qui concerne l'histoire des écoles de peinture, que nous n'avons pu qu'effleurer dans cet ouvrage, nous renverrons au mot Écoles, et nous nous bornerons ici à dire quelques mots de la peinture, à V encaustique, qui a été pratiquée dans l'antiquité. Pline nous parle de la peinture à la cire dans son livre, voici ce qu'il écrit (VI, 85) : « On ne connaît pas précisément celui qui pensa le premier à peindre avec de la cire et à brûler sa peinture. Quelques-uns attribuent cette invention à Aristide ; ils ajoutent que Praxitèle la perfectionna. Mais les peintures encaustiques me. semblent
un peu plus anciennes. Je crois celles de Polygnote, de Nicanor et d'Arcésilas de Parium antérieures au temps d'Aristide et de Praxitèle. Lysippe écrivait sur les tableaux qu'il peignait à Egine : brûlé par Lysippe; ce qu'il n'eût pas fait, si l'encaustique n'avait pas été inventée. On prétend même que Pamphile, maître d'Apelles, non seulement peignit de cette manière, mais encore qu'il donna des leçons de ce genre de peinture, dans lequel Pausanias de Sicyone se distingua le premier. »
On nomme peinture monumentale celle qu'on exécute dans les monuments pour décorer principalement la surface des grands murs. On utilise bien dans ce but la peinture à l'encaustique, mais surtout la fresque, c'està-dire un genre de peinture (nous l'avons dit à son rang) dont les couleurs détrempées à l'eau sont appliquées sur un enduit encore frais et s'y incorporent.
Notre planche XXVI montre un compartiment des fresques de la Caméra di San Padlo, à Parme, peintes par Antonio Allegri, dit le Corrige. Ce beau fragment de peinture peut donner une idée de la large décoration imaginée par les Italiens pour décorer les coupoles. Millin en parle dans ces termes : « C'est le premier essai que le Corrège ait fait pour remédier à l'obscurité des coupoles par la grandeur des masses qui laisse apercevoir les détails. Ces enfants ont une taille presque gigantesque et qui surpasserait en hauteur le plus grand diamètre des ovales, s'ils étaient debout ; mais par une distribution savante, par des raccourcis dessinés et peints avec un art admirable, l'artiste est parvenu à en montrer plusieurs en entier. Il a parfaitement caractérisé la mollesse et la douceur qu'on retrouve dans l'enfance. Le nombre des génies diffère : un ovale en contient quatre, d'autres trois ; mais en général il n'y en a que deux dans chaque ovale. » Tel est le cas du motif que montre notre belle planche.
PELLES et PINCETTES.— Ustensiles qui se placent devant les cheminées et qui servent à arranger le feu. Les pelles et les pincettes qui ont le plus de valeur sont des œuvres de la renaissance en fer ciselé, damasquiné ou
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Plaxche XXVI. — Fresque peinte par le Corrège.