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RELIURE (AET DE LA

garnis de fers étamés ou d'ornements d'argent. La bibliothèque de Munich renferme d'assez

nombreux spécimens de reliures du xve siècle, Mais pendant le xve siècle, grâce à l'imprime-

qui avaient été recueillis par Mathias Corvin, roi de Hongrie , pour sa bibliothèque de Bude.

Fig. 614. — Eeliure d'un recueil d'estampes ayant appartenu à Jacques de Thou.

rie, les livres se multiplièrent en telle quantité qu'on les recouvrit de couvertures tout à fait ordinaires : ceux-ci, en effet, -n'avaient pas la valeur des manuscrits, presque toujours uni-

ques et pour lesquels leurs possesseurs ne craignaient point de faire une grosse dépense de reliure. A l'époque de la renaissance la reliure prit un grand essor qui se développa encore

RELIURE (ART DE LA)

au XVIIe siècle et atteignit son apogée au XVIIIe siècle. On cite parmi les reliures artistiques du xvie siècle le livre d'heures de Marguerite de Savoie ; celles que fit exécuter Grollier, soit en veau, soit en maroquin avec compartiments relevés de filets d'or mat dorés à petit fer, ce genre de travail particulier qui fournit des combinaisons gracieuses et très variées. La dorure à petit fer succéda au XVIe siècle à l'abus des grands fers qui se répéta à satiété. Grollier sur l'un des plats de ses couvertures faisait apposer cette devise en lettres dorées : Portio mea, Domine, sit in terra viventiuni; et sur l'autre plat : Tanquam ventus est mea vita; et au-dessus : Ex bibliothecâ Grollieri. A cette époque , les plats de la reliure sont décorés d'élégants entrelacs, de compartiments, d'arabesques rehaussés d'or et de couleurs. Notre planche XXVIII montre une magnifique reliure de ce genre de Thomas Maioli, célèbre amateur italien dont les reliures sont aussi recherchées que celles de François Ier, de Marguerite d'Angoulême, de Marguerite de Valois et de Jacobus Malinfantius. Dans un inventaire du commencement du xvne siècle , dans celui de la reine douairière Louise, daté de 1603, nous voyons qu'on a soin de distinguer la reliure à petit fer ; ainsi nous lisons dans cet inventaire : « La Cosmographie universelle de André Thevenet, couverte de vélin blanc, dorée sur tranche et à petit fer, estimée six livres. »

Au XVIIIe siècle, la reliure italienne avec ses grandes arabesques et ses entrelacs d'or et de couleurs est délaissée ; on fait des reliures plus sobres, beaucoup plus simples, mais qui brillent par la finesse et le bon goût qui préside à leur exécution ; nous donnerons comme spécimen de cette époque la reliure d'un recueil d'estampes d'après les tableaux de la Ligue de Périssen et de Tortorel, exemplaire ayant appartenu à Jacques-Auguste de Thou , le célèbre historien, qui le premier poussa la reliure dans cette nouvelle voie. (Voy. fig. 614.) — Le XIXe siècle n'est pas inférieur à ses devanciers dans l'art de la reliure ; il suffira aux lecteurs de jeter les yeux sur la liste des célèbres relieurs modernes , que nous donnons à la fin du présent article, pour se convaincre que

nos relieurs, dont ils ont admiré les beaux produits dans nos diverses expositions, soutiennent vaillamment et avec bonheur l'honneur de la corporation.

Technique. — La reliure, nous l'avons vu précédemment, comporte trois genres : la reliure entière , la demi-reliure et le cartonnage. Pour exécuter une reliure , il ne faut pas moins

Fig. 615. — Atelier de reliure du moyen âge.

de douze manipulations différentes que nous allons successivement décrire. Quand les feuilles d'impression sortent de la presse à imprimer (Voy. Livre), on les laisse sécher, puis on procède à leur glaçage ou satinage. Les feuilles sont alors remises au relieur qui procède à leur pliage , c'est-à-dire que chaque feuille forme un petit cahier dont on réduit le volume le plus possible , soit par la bathirc, soit par le laminoir à deux cylindres. Le premier procédé consiste à battre les cahiers sur un bloc de marbre ou une pierre dure avec mi marteau à tête légèrement convexe. Notre figure 615 montre un relieur du moyen âge

RENAISSANCE (aet de la).

procédant à la batture ; dans le fond on voit un jeune ouvrier en train de brocher sur le cousoir, dont nous allons bientôt parler. Quand les cahiers sont bien battus, on les tient en presse pendant un certain temps. Le deuxième procédé de batture consiste à faire passer les cahiers entre les deux cylindres d'un laminoir ; c'est aujourd'hui le procédé le plus expéditif et le plus employé. Les cahiers sortant de la batture, on passe au grècage, opération qui consiste à faire au dos du volume réuni en cahier, plusieurs incisions avec une scie à main nommée grecque; ces incisions servent à guider l'ouvrier, le brocheur, ou plus ordinairement la brocheuse, pour la pose de la couture qui s'opère sur le cousoir, dont notre figure 615 montre un spécimen. La pose de la couture consiste à passer dans les incisions faites par la grecque plusieurs ficelles dont les bouts sont ensuite attachés à la couverture. La ligature des feuilles ou petits cahiers entre eux se nomme accoïure. Tout le travail de brochage que nous venons de décrire se fait aujourd'hui également à la mécanique avec la machine de Salzberg et Graf, ou celle de Tanner, qui plie et replie d'équerre environ 3,000 feuilles à l'heure et les broche dans le même laps de temps. Les feuilles brochées, on procède à Vendossure, c'est-à-dire qu'on frotte à plusieurs reprises le dos des feuillets avec de la colle forte ou de la colle de pâte, afin qu'ils ne puissent plus se déplacer, et avec le frottoir on polit Fendossure. Ensuite on procède à Yêbarbage, à la rognure, à la dorure ou coloriage de la tranche , à la pose du signet et de la tranchefile, après quoi on procède quelquefois à un second battage ; enfin on colle sur le dos du volume une bande de toile ou de parchemin préalablement mouillée. Le signet est le petit ruban servant à indiquer la page à laquelle on s'est arrêté dans une précédente lecture. La tranchefile est un petit rouleau de papier ou de parchemin entouré de soie ou de fil ordinairement de deux couleurs, souvent vert et jaune, qui se place dans le haut et dans le bas du dos intérieur du livre qu'on relie. La tranchefile repose immédiatement sur la tranche du livre. Toutes les diverses opérations que nous venons de décrire étant accomplies, c'est alors seulement que la

couverture est collée sur le carton. On nuance quelquefois les peaux : c'est ce qu'on nomme leur racinage. Enfin on colle les gardes et on passe à l'opération de la dorure. On dore le dos et souvent les plats avec des fers, qui sont généralement des cuivres gravés ; ces outils servent à la dorure et au gaufrage. — Autretrefois on faisait à grands ou à petits fers le plat des livres ; aujourd'hui on obtient le gaufrage et la dorure de toute la surface d'une couverture par une plaque et par une seule pression, tandis que la dorure par filets est extrêmement longue. — Caperonnier de Gauffecourt a publié en 1763 un Traité de la reliure des livres ; c'est un petit volume in-8° extrêmement rare, on n'en connaît guère que deux ou trois exemplaires ; l'un deux se trouve à la bibliothèque publique de Besançon.

Liste des relieurs les plus renommés des xviii6 et xixe siècles. — Aubert , Pierre et Nicolas Ange, Th. Auvray, les Baillet, les Bachet, les trois Bonnet, les Boucher, les Boyet; les cinq Bradel, parmi lesquels Pierre Bradel père est l'inventeur de la reliure qui porte son nom ; les Derôme , les cinq Gainet, les Giffard, Isore, Lagrive, Larmessin, les cinq Lemonnier, Leroy, les six Pasdeloup, Ponce, Pontier; les six Sauvage, dont un exerçant encore (voir ci-dessous) ; Trouvain , Truffaut, Levasseur, Legascon, Duseuil, Bozérian l'aîné, etc. — On voit dans cette nomenclature que les fils et les petits-fils succédaient à leurs pères et à leurs grands-pères ; aussi les reliures du xviii6 siècle ont-elles été exécutées avec une rare perfection par des artistes qu'une longue pratique rendaient extrêmement habiles. — Anne Bozérian , Lefebvre son neveu, Bozérian jeune, Purgold, Simier père, Simier fils, Thouvenin, Gruel, Niédrée, Belz-Niédrée, Duru, Bauzonnet, Trautz-Bauzonnet, Cape, Gruel-Engelman , David, Lortic, Petit, Petit-Didier, Sauvage, Smeers, Marius, Magnier, Lenègre, Lardière, Quinet, Vigneau, etc., etc.

RENAISSANCE (Art de la). — Art qui fleurit en Europe aux xve et xvie siècles, et qui a été une des plus belles manifestations du génie humain ; on le désigne sous ce terme

RENCHIER.

parce que pendant le moyen âge et antérieurement beaucoup de peuples, qui possédaient même une civilisation avancée, semblaient, pour ainsi dire, inaccessibles aux idées artistiques : ils semblaient morts pour l'art. Aussi, quand le grand mouvement du xve siècle eut secoué la torpeur artistique, on désigna ce mouvement sous le nom de renaissance. Dans de très nombreux articles de ce Dictionnaire, nous étudions les divers objets et les divers produits du xvie siècle, car on ne saurait faire un pas dans l'histoire de l'art sans se trouver constamment en face des œuvres de la renaissance; aussi renverrons-nous le lecteur aux mots Armes, Ivoire, Mobilier, École, Retable, Sculpture, etc.

RENCHIER. — Dans le blason, ce terme désigne un meuble de l'écu qui représente un cerf de haute taille dont la ramure , aplatie et rejetée en arrière , est beaucoup plus longue que celle du cerf ordinaire.

REPOUSSÉ (Sculpture au). — Ce genre de sculpture consiste à repousser avec le marteau des feuilles de métal, plomb, zinc, tôle, argent, or, etc., de manière à leur donner une forme voulue qui produit, seule ou accompagnée d'autres feuilles, une figure, un objet quelconque en relief. On emploie, mais plus rarement, dans le même sens le mot relevé, parce qu'on relève le métal au marteau. — La sculpture au repoussé remonte à une très haute antiquité, car tous les objets de sculpture en métal dont parle Homère sont repoussés au marteau. Les fabricants d'armures et de pièces d'orfèvrerie utilisent beaucoup le repoussé, dont on perfectionne le travail en le terminant au ciseau.

RESILLE. - — Dans un vitrail, on désigne sous le nom de résille l'ensemble des filets de plomb qui réunissent les pièces de verre. Les résilles sont soutenues et supportées par les Barlotières. (Voy. ce mot.)

RESPONSORIAL ou RESPONSAIRE.

— Voy. Antiphonaire.

RESTITUÉES (Médailles). — En nu-

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