RUSTRE
Russie centrale que clans la Russie septentrionale, et qu'en outre ces influences ont été extrêmement considérables et très prépondérantes. D'un autre côté, personne ne peut nier des influences byzantines dans l'art de la Russie méridionale ; c'est là un fait incontestable. Du reste, le peuple russe n'a jamais eu assez d'unité pour constituer un art original. Très anciennement, nous venons de le voir, ce sont les influences finnoises qui ont dominé, puis les influences italiennes, grecques; plus tard encore, à partir de Pierre Ier, les hautes classes de la société russe n'ont recherché avec avidité que les imitations de l'art français du XVIIe et du xvine siècle ; ultérieurement enfin est venu le tour de l'art germanique.
Nous pourrions citer beaucoup de noms d'artistes étrangers ou français ayant vécu longtemps en Russie; mais cette nomenclature n'est pas nécessaire, pensons-nous, pour soutenir la thèse que nous avons avancée; nous dirons seulement, en terminant, que la Russie fait en ce moment, depuis environ vingt ans, de grands efforts pour constituer en un seul faisceau les types d'art existant "sur les divers points de son vaste territoire, afin d'arriver à former un art russe national; mais il existe dans ce pays deux grands courants : le parti gouvernemental, qui a toujours été allemand et qui pousse à l'étude de l'art allemand, et le grand parti populaire, qui recherche tout ce qui est de l'art ancien, qui fouille le passé artistique du pays afin de créer un art moscovite. M. Boutowski, l'un des promoteurs de cet art, a publié un livre sur l'ornementation des manuscrits depuis le Xe siècle jusqu'au xvie; il a principalement puisé dans les manuscrits grecs déposés dans les bibliothèques publiques ou dans celles des monastères. Or toutes les miniatures qu'on voit dans son ouvrage {Histoire de l'ornement russe) décèlent ou une influence gréco-byzan-
tine ou une influence asiatique, principalement hindoue. Ajoutons que généralement on a pris pour des ornements slaves du xe siècle des ornements byzantins tirés de manuscrits grecs ; car, au dire des gens les plus compétents, aucun musée, aucune bibliothèque, aucun trésor d'église, ne possède en Russie un manuscrit du Xe siècle avec des dessins. C'est absolument comme les archéologues qui ont voulu voir dans la célèbre croix sculptée du musée de Moscou une œuvre russe ; or nous savons que cette croix provient du mont Athos (la montagne sainte) et qu'elle porte tous les caractères d'une œuvre byzantine.
Par ce qui précède, on voit combien est complexe l'étude de l'art russe ; il serait donc désirable qu'un écrivain russe voulût bien écrire une histoire de l'art qui a existé en Russie depuis l'origine de ce pays jusqu'à nos jours; il devrait dans ce travail déterminer la provenance des objets d'art de JSTovogorod, de Pskow, de Souzdal, de Biéloroussia, ainsi que les objets provenant des provinces lithuaniennes et des objets purement byzantins. Nous aimerions bien à savoir quelle a été l'origine de ces clochers bulbiformes, s'ils sont gréco-byzantins, s'ils ont une origine asiatique, hindoue peut-être, et de quelle partie de l'Inde ils sont venus s'implanter à Moscou et à Novogorod ; il serait aussi du plus grand intérêt de connaître 'en détail les mobiliers des églises, la plupart si archaïques. Ce n'est qu'alors qu'on pourra démêler cet art russe si divers et connaître ce qui lui appartient en propre, ce qu'il lui a été permis de créer d'après les influences étrangères. Un pareil livre serait à la fois extrêmement utile et intéressant.
RUSTRE. — Terme de blason qui sert à désigner une macle percée en rond. La macle est un losange formé d'un simple trait sur le fond de l'écu.
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SABLE. ■ — Terme de blason qui désigne la martre zibeline, et par suite le noir ; dans la gravure des armoiries, on représente le sable par des traits croisés. (Voy. Blason.)
SABRE. — Arme offensive, sorte d'épée à lame large et à gouttières, dont le fer tranchant d'un seul côté se recourbe légèrement vers la pointe ; du reste, la forme a varié suivant les époques. Il existe en France trois types principaux : le sabre d'infanterie, celui de cavalerie et le sabre de marine. — Le sabre japonais est légèrement courbé, tandis que le sabre chinois a sa lame droite. Le fourreau japonais est souvent fait en laque aventmïnée, et il doit recevoir en même temps un petit poignard qui s'encastre à la fois dans la garde *lu sabre et dans son fourreau. La poignée du sabre japonais est décorée d'animaux dorés pu même en or ; la partie qui se tient dans la main est souvent garnie de Galuchat (voy. ce mot) ou d'une tresse en passementerie. — Le sabre indien, nommé aussi sabre de rajah, a sa lame droite, sa poignée en damas ; elle est généralement très riche et garnie de pierres précieuses ; les sabres indiens se vendent toujours plus de 250 cà 300 francs. — ■ Le sabre touareg, à lame droite assez large et poignée en fer, vaut 20 francs en moyenne. — Le sabre caucasien ou persan, à lame droite, poignée en argent niellé, lame en damas, vaut avec son fourreau de 30 à 80 francs. — Vente J. Jacquemart. X° 160. Lame de sabre indienne. 600 fr. — X° 173. Sabre persan. 425 fr. — Vente Double. X° 253. Sabre à lame courbe en damas, damasquiné d'or, avec poignée en corne
garnie, ainsi que le fourreau, en argent doré. 300 fr. — N° 254. Sabre à lame courbe en damas et poignée en ivoire avec fourreau garni, ainsi que la poignée, en fer ciselé. 100 fr.
SAFRE. — Terme de blason qui sert à désigner une aiglette de mer peinte sur un écu.
SAGAIE ou ZAGAIE. — Sorte de javeline, arme des habitants de l'Afrique centrale et de l'Océanie ; on la nomme aussi assagaie.
SALADE. — Casque rond sans visière et très léger, que portaient au moyen âge certains cavaliers ; ceux des fantassins de diverses époques se nommaient bourg u ig notes ou morions. (Voy. Casque.)
SALADIXE. ' — Cotte de mailles du xne siècle ; elle était longue et faite avec de fortes mailles. (Voy. Brigaxdine, Cotte de mailles, Haubert.)
SALIÈRE. — Ustensile ou vaisselle de table à mettre du sel et du poivre. — Les salières en argent exécutées en France sous Louis XIII, Louis XIV, Louis XVI, sont très recherchées et valent jusqu'à 200 francs, c'està-dire 400 francs la paire; celles en émail de Limoges, de 200 à 500 francs ; celles en porcelaine de Saxe, de Sèvres, et celles en faïence italienne, atteignent, suivant leurs décors, des prix divers. — Xous donnons (fig. 620 et 621) de face et de profil une salière de cuisine ou boîte à mettre le sel, dite de Gug Murgeg , ainsi appelée parce que le sculpteur y aurait représenté
SALONIKA.
SALVOCAT.
un gros chanoine de Troyes de ce nom qui avait su lui déplaire. (Cf. Éphèmèrides Moyennes, année 1762, p. 47.) Notre figure 622 re-
Fig. 620. — Boîte à sel ou salière de cuisine (face).
produit la salière de Benvenuto Celfini que cet artiste présenta en 1543 à François Ier; elle passa plus tard à l'archiduc Ferdinand,
Fig. 621. — Boîte à sel (profil).
qui avait remplacé le roi lors des épousailles de Charles IX avec Elisabeth d'Autriche. Le nouvel époux donna cette salière avec d'autres présents à Ferdinand, pour le remercier d'avoir bien voulu demander sa nièce à son
père pour le roi de France. Cette pièce est aujourd'hui au musée de Vienne ; elle représente Neptune et Cybèle. Cette déesse rappelle, par la sveltesse de ses formes, la nymphe en bronze que Cellini exécuta pour Fontainebleau et qu'on voit aujourd'hui au musée du Louvre. Vente San Donato. — N° 1194. Une paire de salières doubles, montées en argent finement ciselé, à pieds en volutes surmontées de têtes de bacchantes reliées par des festons de ceps de vigne; bordure ajourée à perles; entre chaque coupe, un médaillon entouré de raisins ; comme poignée, un vase à tête de lion et guirlandes. Travail français du xvme siècle.
1,500 lires. — N° 1233. Une paire de salières doubles en argent ciselé ; les salières sont reliées entre elles par un vase à feuilles d'acanthe, guirlandes et bouquets de fleurs ; pourtour à médaillons, feuilles de chêne et bordure perlée. Travail français de l'époque Louis XVI.
1,520 lires. — N° 1241. Une paire de salières de forme ovale, sur quatre pieds à feuilles d'acanthe ; sur le pourtour, médaillons, palmettes et guirlandes ; bordure perlée. Epoque Louis XVI. 330 lires. — N° 1242. Une salière en vermeil à double compartiment, de forme contournée ; sur le couvercle, un écusson armorié. 115 lires. — Vente Hamilton. 5e vac. (15-20 juillet 82). Une salière en faïence d'Oiron, dite de Henri II, 21,000 fr. — Une coupe de cette même faïence a été adjugée 3 0,450 fr.
SALONIKA. — Costume oriental qu'on nomme aussi Abat. (Voy. ce mot.)
SALVOCAT. — Laque d'origine japonaise, de couleur jaunâtre rouge. Cette laque porte souvent un fond qui dessine un appareil en fougère,' ou spicatum, sur lequel ressortent des oiseaux, des fleurs ou des inscriptions ; ces reliefs semblent obtenus par le moulage plutôt que par la ciselure comme dans les laques dites de ti-tcheou (ciselées). Certaines boîtes ou coffrets ont leur intérieur laqué au salvocat, tandis que leur extérieur est rouge ou noir. Les exemples de ce genre de laque sont fort rares. (Voy. Laque et Mobilier, § 10, Meu- Ues de l'Orient.)
SAMAWAR. — Fontaine à thé, et pins particulièrement fontaine à thé russe. Celles en cuivre rouge ou en cuivre jaune valent de 40 à 50 francs; celles en argsnt sont de prix très variable, suivant leur travail.
Au mot Aegenteeie (fig. 42), nous avons donné une fontaine à thé remarquable.
SAMAWAR. — SANG.
SAMBUE. — Voy. Selle.
SAMIT. — Tissu dont il est souvent question dans les textes anciens dans lesquels on les nomme tour à tour exametum, examitum, xamitum, marnitum, sametum, samitwn, samita. Ces termes sont dérivés du grec du Bas-Empire
Fig. 622. — Salière de Benvenuto Cellini.
Iça^iToç. — Le samit était une étoffe de soie qu'on fabriquait au moyen âge en Asie Mineure et en Syrie. — Au xne siècle on utilisait cette étoffe pour des vêtements sacerdotaux ; nous lisons dans la Chronique d'Hilâesheim que l'évêque donna à l'église d'Hildesheim un ornement fait en cxaminatum rouge et blanc. Pendant les xinc et xive siècles, le samit fut encore utilisé pour les mêmes vêtements sacerdotaux; nous lisons, en effet,
dans le sire de Joinville que Louis IX avait dans sa chapelle « des vestures pour evesques , de samit et d'autres dras de soie brodés de diverses couleurs selon ce que le temps et les f estes le requéraient. » L'inventaire de Charles V mentionne également des chapes et ornements d'autel faits en samit.
SANG-. — Instrument de musique chinois et japonais ; c'est une sorte de petit orgue por-
SANTAL. — SARRASIN (art).
tatif fait avec des tubes de roseau de quatre dimensions différentes, comme le montre notre figure G23.
il ! I :
Hg. 623. — Sang.
SANTAL ou SANDAL. — Bois odoriférant de l'Inde, dont on fait des coffrets sculptés ou d'autres objets de toilette ou de petit mobi-
lier. Au mot Bois (fig. 128 lis), nous avons donné de ce bois un spécimen hindou gravé ; ici (fig. 624) nous en présentons un autre, également de l'art hindou.
SAPHIR. — Corindon hyalin bleu. Cette superbe pierre, alors même qu'elle est d'an beau bleu indigo, ne vaut pas le quart du rubis du même poids. Voici les noms de diverses variétés de saphirs : le corindon astérie ou saphir étoile, le saphir d'eau ou dichroïte; le saphir du Puy ou d'Allemagne, d'un bleu céleste, est aussi nommé disthene ou saphistrin. — Un beau saphir doit être d'un bleu indigo d'une parfaite transparence et d'une teinte également distribuée. Les épithètes de mâle et de femelle, données aux saphirs d'une belle nuance ou trop clairs, ne signifient absolument rien. — On nomme saphirine un faux saphir d'un ton bleuâtre translucide. (Yoy. Agate, § H.)
SARANGUI. — Instrument de musique hindou qui a quelque analogie avec le violoncelle, bien qu'il soit monté d'un plus grand nombre de cordes et que le corps de l'instrument soit plus petit.
SARBACANE. — Tube droit en verre, en métal, qui sert à lancer de petits projectiles avec lesquels on peut tuer des oiseaux.
SARDE. — Agate rougeâtre transparente d'une très belle nuance.
SARDOINE. — Yoy. Agate, § 10.
Fig. 624. — Bois de sandal gravé.
SARDONYX. — Pierre composée d'onyx et de sarde ; on la nomme aussi sardoine. (Yoy. Agate, § 10.)
SARINDA.
Instrument de musique
hindou, sorte de violon grossier, dont les cordes sont en coton de Nankin. (Yoy. ce mot.)
SARRASIN (Art). — On désigne sous ce terme l'art arabe ; dans certaines contrées, c'est