INTRODUCTION
encore, avouons-le, aucun lecteur, aussi intrépide qu'on le suppose, n'aurait osé entreprendre une pareille étude. Le dictionnaire, tel qu'on le fait aujourd'hui, amène après lui de grandes, de très grandes difficultés à surmonter, de nombreux obstacles à vaincre ; mais toutes ces barrières n'étaient pas pour nous infranchissables, d'autant que, depuis de longues années, nous étions rompu et familiarisé avec le travail spécial que comporte une œuvre aussi vaste et aussi complexe qu'un dictionnaire.
Avons-nous réussi au gré de nos lecteurs? Nous leur laissons le soin de décider ; en tout cas, tous nos' efforts ont tendu vers ce noble but : être utile.
Si ce nouvel ouvrage rend quelques services aux amateurs de la curiosité, et s'il obtient le succès de bon aloi de ceux de nos livres qui l'ont précédé, nous nous trouverons très largement récompensé de nos peines et des longues et patientes recherches que nous a nécessitées ce nouveau travail, que nous livrons au public intelligent et érudit en toute confiance.
AATTOUCH. — Sorte de palanquin des riches dames arabes ; il est formé au moyen de cercles mobiles, recouverts de belles couvertures de laine rouge, unies ou rayées de bandes de couleur variées. Les bois arrondis formant les deux cercles du milieu du palanquin se dressent en faisceau contourné en spirale audessus delà couverture. Le sommet du faisceau se termine par un panache en plumes d'autruche. L'aattouch est placé sur le bât (Jiaoïiia) du chameau, qui est recouvert d'un gros filet décoré de flots de laine de diverses couleurs. Chaque aattouch {aattatich, au pluriel) peut contenir deux femmes et deux ou trois enfants. Grâce aux cercles mobiles du devant, on peut suivant la volonté du voyageur tenir le palanquin ouvert ou fermé.
ABACOT. — Ancienne coiffure des rois d'Angleterre; elle affectait la forme d'une double couronne.
ABAQUE. — Sorte d'armoire qui servait chez les Romains à différents usages. Du reste, suivant le local dans lequel il se trouvait placé, l'abaque des anciens remplissait
DICT. DE L'ART
l'office de divers meubles modernes. Dans une salle à manger {triclinium) , c'était une table en marbre qui servait à porter des cratères ou des amphores, quelquefois des pièces d'argenterie. Chez les boutiquiers grecs, ce terme (aëa<j) désignait un comptoir ; chez un boulanger, un pétrin. C'était, en un mot, le terme générique qui désignait ce que nous nommons aujourd'hui une console, une étagère, une crédence, un bahut, etc. C'était aussi une table à calculer que les Romains nommaient dbacus, les Chinois, souanpan, et les Russes, stchote (calcul, compte). — Chez les Grecs, ce terme désignait un jeu de dés et de pions qui se jouait sur une table carrée, abaque; on nommait aussi ce jeu, jeu de Paîamèdes. (Yoy. Abaque dans notre Dictionnaire d'architecture et dans notre Dictionnaire général d'archéologie.)
ABASSI. — . Monnaie d'argent de la Perse valant 0 fr. 88 ; elle est ainsi nommée parce qu'elle fut frappée sous Abbas III. Sur son avers cette monnaie porte inscrite en relief la profession de foi des musulmans, et sur son revers les noms à'Aooas et de la ville dans laquelle la pièce a été frappée.