‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 50 sur 325 · BATTERIE. — BAUDRIER · texte numérisé non relu

BATTERIE. — BAUDRIER

bâton de maréchal, le bâton à signer ou main de justice , ainsi dénommé parce qu'il est couronné d'une main qui signe ou bénit. Les rois le portaient autrefois dans la main gauche dans les solennités. Il n'est pas possible d'indiquer les prix que se vendent ces bâtons, cela dépend du style qu'ils comportent ainsi que des matières et des pierreries qui les décorent.

Les généraux de l'ancienne Pologne avaient des bâtons de commandement richement décorés, et ornés parfois de pierres précieuses. Notre figure 84 montre quatre bâtons de commandement de généraux polonais dits petits généraux, car les armées de la couronne de Pologne et celles de Lithuanie étaient commandées cha-

cune par un général en chef {grand général) et par un général en second, nommé petit général. — Les derviches portent une arme qu'ils nomment bâton. A la vente Double, un bâton de derviche s'est vendu 510 fr. Voici sa description : N° 246. Bâton de derviche formant épée et dont la lame est richement damasquinée en or. La béquille est en jade vert gravé à feuilles et incrustée de rubis. Le fourreau est couvert d'étoffe à fond bleu.

BATTERIE. — Les arquebusiers désignent sous ce nom la pièce d'acier qui, dans les platines à silex, à pierre, recouvre le Bassinet (Voy. ce mot) et produit sous le choc du silex

Fig. 84. — Bâtons de commandement.

les étincelles qui enflamment la poudre d'amorce. — Par extension, ce terme désigne la platin toute entière. Il y a des batteries à mèche , à rouet , à pierre. Quand elles sont richement ciselées, elles atteignent une valeur de .100 à 125 francs.

BATTEUR D'OR. — De toute antiquité on a battu l'or, seulement ce n'est guère que de nos jours qu'on est parvenu à le réduire en feuilles extrêmement minces (yô^ôô de millimètre). C'est là une ténuité dont on iie peut se faire une idée ; nous pouvons seulement faire observer que, dans cet état, ce métal voltige dans l'air comme du duvet.

BATTIK. — Sorte d'étoffe en coton qui se fabrique en Malaisie et dans les Indes hollandaises.

BATTITURES. — Les métaux par le battage à la forge laissent échapper de petites parcelles de fer en écailles ; ce sont ces parcelles qu'on nomme battitm^es; celles de fer et de cuivre sont utilisées dans l'industrie céramique pour faire entrer du fer ou du cuivre oxydés dans la composition des fondants vitreux.

BATTURE. — Sorte de liquide servant à dorer et qui est composé de miel détrempé dans de l'eau de colle , du vinaigre et de l'or mussif .

BAUDRIER. — Bande de cuir ou d'étoffe qui, mise en écharpe, en bandoulière, sert à porter une épée, un sabre. L'usage du baudrier remonte à une haute antiquité, puisque Homère nous apprend que le baudrier d'Agamemnon était décoré d'une plaque d'argent et d'un dragon à trois têtes. Virgile, de son côté

BAUNK. — BEAU (théorie du).

{Enéide), nous informe qu'Euryale enleva à Rhamnès , pendant qu'il dormait, un beau baudrier orné de clous, dorés et qu'Énée reconnut le baudrier de Pallas, fils d'Évandre, sur l'épaule de Turnus. Dans une haute antiquité les Grecs portaient un second baudrier sur le premier, celui-là était plus large et servait à supporter le bouclier. Sur beaucoup de monuments romains, notamment sur les bas-reliefs de la colonne Trajane et de la colonne Antonine, on voit que, tandis que les simples soldats portent le ceinturon , les chefs portent le baudrier. — ^ Au moyen âge, celui-ci était considéré comme un signe de commandement, absolument comme la Bandoulière. (Voy. ce mot. ) Louis XIV supprima le baudrier, mais une ordonnance de 1779 le remit en usage : c'est même à cause de cela qu'on créa l'épaulette pour le retenir et la contre-épaulette ; enfin le ceinturon le remplaça définitivement. Aujourd'hui le baudrier n'est porté que par les suisses, les tambours-majors et les gendarmes.

BAUNK. — Instrument de musique hindou qui a beaucoup d'analogie avec notre trompette.

BAUQUIN. — Bout de la canne du verrier avec laquelle il souffle le verre.

BAVEROLLE. — Mentonnière des casques anciens. — On désigne sous le même terme une pièce d'étoffe carrée qui est attachée comme ornement à une trompette guerrière.

BAVURES. — Traces laissées sur les pièces moulées par les joints du moule ; mais le terme technique est Balèvres. (Voy. ce mot.)

■ BAYEUX (Dentelles de). — Voy.

Dentelles.

BAYEUX (Tapisserie de). — Voy.

Tapisseries.

BAYONNETTE. — Ancienne orthographe

de Baïonnette. (Voy. ce mot.)

DICT. DE L'ART

BEAU (Théorie du). —Il n'est pas de sujet qui ait fait répandre autant de flots d'encre que la théorie du beau. Les discussions à ce sujet ont créé une nouveUe classe de critiques inconnue avant notre siècle : c'est la classe des esthéticiens , c'est-à-dire d'écrivains, de philosophes qui ont voulu créer une science du beau qu'ils ont dénommée Esthétique. Des nombreux écrits sur l'esthétique, aucun n'a amené le plus léger progrès dans l'art; au contraire, bien des écrits ont faussé l'intelligence des artistes. Mais combien de ces écrits sont tombés dans un profond oubli ! et c'était justice. Toute théorie sur le beau ne peut être qu'un assemblage de mots , et rien de plus ; nous sommes même persuadé que beaucoup d'esthéticiens ont écrit des livres tellement incompréhensibles qu'ils ne les ont pas compris eux-mêmes. Du reste, on a toujours confondu Y art et le beau, et nous-même pour nous faire comprendre nous avons dû céder à cet entraînement général, puisque, dans un précédent article Art (Voy. ce mot), nous avons été amenés à parler aussi du beau. Nous ne nous étendrons pas ici plus longuement sur cette question; nous nous bornerons à citer une admirable page de Channing sur ce sujet, page qui exprime entièrement notre sentiment sur la théorie du beau ; nous donnerons ensuite les noms des philosophes et des critiques d'art qui ont écrit sur l'esthétique, afin que, si quelques-uns de nos lecteurs désirent creuser la question, ils puissent le faire en s' adressant aux meilleures sources. Mais nous devons les avertir qu'après avoir lu, dix, vingt, trente volumes sur l'esthétique, ils ne seront pas plus avancés qu'avant d'avoir entamé ce travail; car nous défions bien quelqu'un de pouvoir conclure quoi que ce soit dans une question qui ne peut comporter une conclusion. Voici ce qu'écrit Channing relativement au sentiment du beau : ce En considérant notre nature, nous découvrons parmi ses plus admirables facultés le sens ou la perception du beau. Nous en trouvons le germe chez tous les hommes, et il n'y a pas de faculté qui soit plus susceptible de culture ; les ressources que ce sentiment trouve. dans l'univers sont infinies. Il n'y a qu'une faible

BEAUYAIS (tapisserie de). — BEC-DE-CROSSE.

partie de la création que nous puissions changer en nourriture et en vêtements , ou en satisfactions du coi*ps ; mais la création entière peut servir au sens du beau. — La beauté est partout. Elle s'épanouit dans les innombrables fleurs du printemps. Elle ondule dans les branches des arbres et les herbes du gazon. Elle habite les abîmes de la terre et de la mer, et brille dans les couleurs du coquillage et de la pierre précieuse. Et non seulement ces faibles objets, mais l'Océan, les montagnes, les nuages, les deux, les étoiles, le soleil levant, le soleil couchant, tout est inondé de beauté. L'univers est son temple ; et les hommes qui la sentent vivement ne peuvent lever les yeux sans qu'elle les environne de tous côtés. Or la beauté est si précieuse , les jouissances qu'elle procure sont si délicates et si pures, tellement en rapport avec nos sentiments les plus tendres et les plus nobles , si près de l'adoration de Dieu, qu'il est pénible de songer à la multitude d'hommes qui vivent ici-bas en aveugles, comme si, au lieu de posséder cette belle terre et ce glorieux firmament, ils habitaient un cachot. Une joie infinie est perdue pour le monde, faute de cultiver le sentiment du beau (1). » — Ainsi donc tout homme bien doué porte en lui le sentiment du beau , qu'il développera par l'étude des créations de la nature ou de celles des artistes. Voilà pour nous en quoi se résument les lois de l'esthétique , les lois du beau ; c'est là le véritable centre d'observations pour celui qui veut comprendre et pratiquer l'art. Du reste, toute œuvre d'art n'est que la manifestation'soudaine , spontanée, d'un certain état particulier de l'âme, d'une excitation de l'imagination, d'un enthousiasme sublime de l'artiste. Ce que nous venons de dire est tellement vrai que, si l'on considère l'histoire générale de l'art, on verra que l'imagination, cette sublime, cette divine faculté, a seule procréé les chefs-d'œuvre. Si notre époque n'est pas aussi artistique, par exemple, que le XVIe siècle, c'est qu'elle est beaucoup trop positiviste. Or il faut certains milieux pour

(1) Magasin pittoresque, année 1858, page 238.

développer l'imagination, et, quand ces milieux font défaut , les œuvres d'art manquent ou sont tellement faibles, qu'elles nous font l'effet de produits industriels. Mais ne nous laissons point glisser sur la pente des esthéticiens, nous augmenterions le nombre des lignes qu'on ne lit point, et terminons en mentionnant les auteurs qui ont le plus fouillé la théorie de l'art et cela avec des fortunes diverses ; ce sont : parmi les anciens , Platon , Aristote et Plotin; parmi les Allemands : Kant, Schelling, Hegel, Winckelmann ; parmi les Anglais : John Ruskin, Herbert Spencer, Channing ; parmi les Français : Victor Cousin, Lamennais, Proudhon, Taine, Ch. Blanc, Eugène et Théodore Véron.(Voy.SpiRiTUALiSME.)

BEAUVAIS (Tapisseries de). — Voy.

Tapisseries.

BEAUX- ARTS. — Terme générique sous lequel on désignait autrefois les arts du dessin (peinture, sculpture, architecture et gravure) ainsi que la musique. Mais comme il est reconnu aujourd'hui et généralement admis par tout le monde que les arts, quels qu'ils soient, ne peuvent être laids, on dit tout simplement Arts.

BEC. — Certains instruments de musique, tels que les flûtes anciennes, les clarinettes sont terminés par un bout que l'on introduit dans la bouche pour en jouer ; c'est cette extrémité qu'on nomme bec, et qui comprend le corps, la table et la ligature.

BECASSONNIER. — Long fusil, nommé aussi canardière , parce qu'il est employé pour la chasse aux canards, aux bécasses, bécassines et autres oiseaux aquatiques.

BEC-DE-CORBIN. — Arme des gardes du corps du xve siècle ; sa forme rappelait celle d'une hallebarde courte , et celle de la lame la forme de l'ancienne hache d'armes.

BEC-DE-CROSSE. — Partie de la crosse de l'ancien fusil d'infanterie , qui avait la forme d'un bec de canard.

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