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CALENDRIER ANCIEN DE L'ÉGLISE

RÉUNI AVEC CELUI DE GRÉGOIRE Xl.

AVERTISSEMENT. à

Du nombre d'or, ou cycle de 19 ans.

C’est celui qui réglait l'ancien style pour le commencement de chaque lune. Les dixneuf années dontil est composé répondent aux dix-neuf jours de chaque mois, où les anciens pensaient que les nouvelles lunes pouvaient seulement arriver. On a mis des O vis-à-vis des autres jours auxquels le “ombre d'or ne peut s'appliquer. Ainsi, pour

trouver dans le vieux style la nouvelle June de chaque mois de telle année qu’on voudra, il n’est question que de connaître le nombre d’or qui appartient à cette année et voir ensuite le jour de chaque mois auquel il correspond. Voulez-vous savoir, par exemple, quels jours tombaient les nouvelles lunes en l’année 1500? Cherchez le nombre d’or de cette année dans notre Table chronologique, et vous trouverez 19

Voyez après cela, dans notre Calendrier lunaire, les jours auxquels ce nombre se rapporte, et vous trouverez 5 janvier, 3 février, 5 mars, k avril, 3 mai, 2 juin, 1 et 30 juillet, 28 août, 27 septembre, 26 octobre, 25 novembre, 24 décembre, qui sont toutes les nouvelles lunes de l’année 1509.

Des lettres dominicales.

Nous ue dirons ici qu’un mot des lettres dominicales; elles sont les mêmes et suivent le même ordre dans l’ancien et le nouveau calendrier. L'unique dérangement arrivé à l’ordre de ces lettres est celui qu’on peut remarquer dans notre Table chronologique en l’an 1582. Si l'ancien calendrier n'avait point élé changé celte année-là, on n’y verrait qu'un G pour lettre dominicale ; et ce G aurait servi pour marquer tous les dimanches de l’année. Mais on y voit aussi un C, et ce C marque les dimanches de l'année 1582, après le retranchement des dix jours qui s’est fait à Rome depuis le 5 octobre jusqu’au 14 du même mois inclusivement. Si quelqu'un veut comprendre ceci bien clairement, qu’il jette les yeux sur le premier calendrier qui lui tombera sous la main, il y verra que le 30 septembre est un dimanche lorsque G est la lettre dominicale. À, B, C, D, qui répondent aux quatre premiers jours d'octobre, marquent alors le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi. Retranchez ensuite dix jours de ce mois, et nous nous trouverons au 15 octobre, jour auquel répond la lettre dominicale A. Celte lettre A,pournerien dérangerdens l’ordre des jours de ia semaine après le retranchement des dix jours du mois, a dû marquer le vendredi, la lettre B le samedi; et, par conséquent, la lettre C, après le retranchement fait, depuis le 5 octobre jusqu’au 14 inclusivement, a marqué les dimanches du reste de celte année 1582. Voilà l’unique changement que le nouveau calendrier ait apporté dans l’ordre des lettres dominicales, à moins qu’on ne prenne pour un autre changement la suppression des doubles lettres aux angpées Ccenlenaires qui ne sont pas pissexliles,

Des épactes du nouveau style.

Au nombre d'or employé dans le vieux style ont succédé les épactes dans le nouveau pour fixer les nouvelles lunes. Examinons-en d’abord la disposition.

Ces trente nombres, que les auteurs du nouveau calendrier ont appelés épactes, sont rangés vis-à-vis des jours de chaque mois de l'année dans un ordre rétrograde, depuis ie nombre trente, marqué par un astérisque *, jusqu'au nombre 1. De là, recommençant toujours par cet astérisque jusqu’à ce nombre 1, l’on procède en rétrogradant depuis Je premier de janvier jusqu’au dernier de décembre ; de telle sorte qu’à la différence du nombre d’or, il n’y a aucun jour de l'année qui ne soit marqué au moins d’une épacte. Tel est l’arrangement de ces trente

nombres, ou nouvelles épactes. En voicr Maintenant l'usage.

Pour connaître les nouvelles lunes de chaque mois de quelque année que ce puisse être, depuis 1582, tant que le nouveau calendrier subsistera, il ne faut que l’épacte de l’année proposée. Par exemple, je sais par notre Tabie chronologique, où es épactes de chaque année sont marquées, qu’en celte année 1766 nous comptons XVHIE d'épacte. Tous les jours de chaque mois où l'épacte XVHI est marquée, sont, par conséquent, les nouvelles lunes que je cherche.

Or, je trouve qu’en 1766 les nouvelles lunes arrivent les 13 janvier, 11 février, 13 mars, 11 avril, 11 mai, 9 juin, 9 juillet, 7 août, 6 septembre, & octobre, & novembre et 3 dé cembre, par la raison que l’épacte XVII se trouve placée vis-à-vis de tous ces jours-là ; voilà donc l’objet de ma recherche rempli.

Il faut cependant se ressouvenir que le plus souvent Ja nouvelle lune, comme on l'a dit ailleurs, arrive deux jours avant celui qui est marqué par l’épacte, quelquefois trois jours, d’autres fois un jour, et que rarement elle arrive le même jour. Mais on voit ici, dans la table des épactes de notre Calendrier lunaire, plusieurs jours où il y a deux épactes ; que signifient ces deux épactes ?

C'est ce qu'il faut expliquer. L'épacte 25, en chiffres arabes, marquée vis-à-vis d’une autre épacte en chiffres romains, le 6 janvier, le 4 février, le 6 mars, le 4 avril, le & mai, le 2 juin, le 2 juillet et le 31 du même mois, le 30 août, le 28 septembre, le 2$ octobre, le 26 novembre et enfin le 26 décembre, a été inventée pour Warquer, en certaines années, les nouvelleslunes, un peu différemment qu’elles n'auraient été indiquées par l’épacte marquée en chiffres romains, et cela afin de mieux accorder l’année lunaire avec celle du soleil. Voici les années où l’on doit se servir de l’épaste 25, marquée en chiffres arabes. C’est lorsqu'elle répond à uu nombre d'or qui est au-dessus de onze, comme sont les huit dernières annees du cycle de 19 ans. Que si l’épacte 25 répond à un nombre d'or au-dessous de douze, comme sont les onze premières années du même cycle de 19 ans, on se sert alors de l'épacte XX V, marquée en chiffres romains, et jamais de l'autre, qui ne commencera d'èlre en usage qu’après l'an 1900; ainsi, nous ne devons point craindre qu'elle nous embarrasse jamais. Il a fallu néanmoins en parler, pour ne rien laisser sans explication de tout ce qui se rencontre dans la table des épacles.

. Nous avons encore deux épactes vis-à-vis du 31 décembre ; l’épacte 19 en chiffres arabes etl’épacte XX en chiffres romains. La première sert pour les années où elle concourt avec le nombre d’or 19, et c'est ce qui arriva pour la dernière fois en 1695 et n’arrivera plus avant 8500, La seconde sert pour les années où ce COnCOurs ne se rencontre point.

Pour ce qui est des épactes XXV et XXIV, toutes deux marquées en chiffres romains, vis-à-vis des 5 février, $ avril, 3juin, 1‘'eoût

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29 septembre et 27 novembre, elles sont doublées pour deux raisons. La première est que si trente épactes se suëcédaient les unes aux autres douze fois, sans qu'aucune füt doublée, elles répondraient à 360 jours, et l'année lunaire commune n’en contient que 354, comme nous l'avons dit ailleurs.

Afin donc que le nombre des épactes ne surpasse pas le nombre des 35% jours de l’année lunaire commune, il a fallu doubler six de ces épactes. Par le moyen de ces six épactes doublées, les trente répétées douze fois ne nous conduisent que jusqu’au 20 décembre inclusivement, au lieu qu’elles pous conduiraient jusqu’au 26 du même mois, s’il n’y en avait aucune de doublée.

Or il est nécessaire qu’elles ne nous conduisent que jusqu’au 20 décembre, afin qu'il reste onze jours jusqu’à la fin de ce mois, c’est-à-dire, autant de jours que l'année lunaire en contient moins que la s0laire, qui finit toujours le 31 décernbre. Ces onze derniers jours de décenibre sont marqués des mêmes épactes que les onze premiers du mois de janvier, et lorsque la nouvelle lune arrive l’un de ces derniers jours de décembre, elle est toujours exactement indiquée par l’épacte qui répond à ce jour.

La seconde raison pour laquelle il y a six épactes doublées, ou, pour mieux dire, pourquoi ces épactes sont placées vis-à-vis des 5 février, 5 avril, 3 juin, 1 août, 29 septembre et 27 novembre, est afin que les lunes pleines ou de 80 jours, et les lunes caves qui n’en ont que 29, se succèdent alternativement, comme nons avons dit, au dernier paragraphe de la première partie de notre Dissertation, qu'elles doivent se succéder. En effet, ces deux épactes XXV et XXIV, ainsi placées vis-à-vis de l’une de Pautre aux jours que nous avons marqués, font que toutes les épactes qui les suivent, avencent d’un jour, eten avançant ainsi, elles font naître cette succession de lunes pleines et de lunes caves. C’est ce qu'il est aisé d'éclaircir par un exemple. Nous avons dit qu’en celte présente année 1766 nous comptions XVIII d’épacte , autant que la lune avait de jours le 31 décembre de l’année 1765. Nous avons dit encore et nous l'avons prouvé par la disposition des épactes, que quand il y a XVIII d’épacte, les nouvelles lunes tompaient le 13 janvier, le 11 février, le 13 mars, le 11 avril, le 11 mai, le 9 juin, le 9 juillet, le 7 août, le 6 septembre, le 5 octobre, le 4 novembre et le 3 décembre. Prenons maintepant la peine de compter les jours de ces lunaisons, et nous verrons que celle de janvier est de 30 jours, celie de février de 29, celle de mars de 30, celle d’avril de 29, et ainsi des autres, toujours alternativement l’une de 30 et l’autre de 29, jusqu’à la fin de l’année.

Pour ne point nous tromper dans ce calcul, il faut se rappeler ce que nous avons dit auleurs, que la lune ou lunaison d’un - mois n'est pas celle qui commence, mais celle qui finit en ce mais. La lune de janvier, par exemple, n'est point celle qui commence

le 13 de ce mois en cette année 1766, mais celle qui finit le 12 du même mois, et qui avait commencé le 14 décembre de l’an 1765. Cela supposé, comme il doit l'être, suivant tous les auciens et nouveaux computistes, venons à noire examen et comptons. Depuis le 14 décembre jusqu’au 12 janvier inclusivement, il ya 30 jours : donc la lune de janvier est une lune pleine ou de 30 jours.

Depuis le 13 janvier jusqu'au 10 février inclusivement, il y a 29 jours ; c’est la lune cave ou de 29 jours de février. Depuis le 11 février jusqu'au 12 mars inclusivement, il y a 30 jours, et depuis le 13 mars jusqu'au 10 avril, toujours inclusivement, iln’y a que 29 jours. Ce sont les deux lunes, dont l'une est pleine et l’autre cave; la première de mars, la seconde d’avril. En continuant le même calcul jusqu'au mois de décembre, On trouvera une ivñe pleine pour le mois de mai; une cave pour le mois de juin ; une pleine en juillet; une cave en août; une pleine en septembre ; une cave en octobre ; une pleine en novembre ; une cave en décembre, laquelle fini4 Le 2 de ce mois. Celle qui commence le 3 appartient au mois de janvier de l’année 1767. Ces lunes pleines et caves, qui se succèdent alternativement, ne sont si exactement indiquées par les épactes du nouveau calendrier, que parce qu'on y a placé les épactes XXV et XXIV vis-à-vis l’une de l’autre, aux jours que nous ayons marqués.

Il ne nous reste plus qu’à considérer le concours ou la correspondance des épactes du nouveau calendrier avec le nombre d’or; ou les différentes années du cycle de 19 ans. On peut voir dans notre Table chronologique comment les épactes répondent à ces années, soit avant, soit depuis la réformation du calendrier. Mais en nous bornant ici à ce qui regarde le calendrier réformé, nous voyons que, depuis la réforme jusqu’en 1700 exclusivement , l’épacte I répond au nombre d'or 1, l'épacte XIT au nombre d’or if, et ainsi des autres , comme on les voit marquées toutes de suite dans la Table chronologique, depuis l’an 1596 jusqu’en 161% iuclusivement. Depuis et compris 1700 jusqu’en 1899 inclusivement dans notre Table chronologique, on aperçoit une nouvelle correspondance des épactes et des nombres d’or; | épacte XX X ou l’astérisque* répond au nonibre d’or E, l’épacte XI au nombre d’or, H et Le reste, comme on peut Île voir de suite , depuis 1710 jusqu’en 1728 inclusivement. Si l’ancienne correspondance avaitété encoreen usage, on aurait compté X d’épacte, comme on en comptait toujours X vis-à-vis du nombre d’or À, ainsi qu’on peut le voir toutes les fois que ce nombre d’or X se rencontre, depuis 1582 jusqu’en 1700. Mais en 1700, à cause du nouveau concours ou rapport des épactes avec les nombres d’or, on voit l’épacte IX vis-à-vis du nombre d'or X,et celte épacte IX marque les nouvelles lunes de chaque mois un jour plus tard qu'elles n'auraient été marquées par l'épacte. X.

Celle-ci aurait marqué la nouvelle lune le-

91 janvier, le 19 février, etc. : l’épacte IX J'a marquée le 22 janvier, le 20 février, et ainsi des autres, toujours un jour plus tard que l’épacte X ne les aurait marquées. En 1900 il y aura dans la correspondance des épactes et du nombre d'or un autre chan-

ement, dont on voit le commencement à la in de notre Table chronologique. Cette année l'épacte XXIX répondra au nombre d’or 1; la suivante, l’épacte X répondra au nombre d'oril, et demême des autres; ce qui continuera jusqu’en 2200. Ces changements se font pour accorder toujours, autant qu'il est possible, l’année lunaire avec l’année solaire, et en même temps indiquer la P4que de telle sorte que nous ne la célébrions Jemais le 14 de la lune, mais le dimanche après ce 1k: précaution qui, comme nous l'avons dit ailleurs, nous fait quelquefois célébrer cette grande fête sept jours plus tard que nous la célébrerions, si notre comput ecclésiatique nous marquait les nouvelles lunes aussi exactement que les astronomes les marquent. C’est ce qui nous est arrivé en 1744. En suivant le comput ecclésiatique ou le nouveau calendrier, nous avons fait la Pâque le 5 avril; nous l’aurions faite le 29 mars, en suivant le calcul des astronomes ; puisque, selon ce calcul, la nouvelle lune pascale tombait le 14 mars, à 7 heures 47 minutes du matin, et par conséquent le 14 de la lune le 27 du même mois, qui était un vendredi ; d’où il résulte que nous aurions dû célébrer la Pâque le29 mars, qui était le premier dimanche après le 14 de ja lune pascale, selon le calcul des astronomes plus exact que le nôtre. Mais nons avons déjà parlé ailleurs de ce défaut de notre calendrier, et personne jusqu'ici n’a pu encore y remédier.

Du terme pascal.

Dans notre Calendrier lunaire, les mois de mars et d'avril renferment une colonne deplus que les autres mois. C’est la colonne des différentes époques du terme pascal, relalives aux nombres d'or et aux épacles que l'on voit depuis et compris le 8 mars jus-

uau 5 avril inclusivement. Ces époques

u terme pascal indiquent le quantième de mars Ou d'avril, où tombe le 14 de la lune de Pâques, désignée par le nombre d'or ou

par l'épacte d’une année après le 7 mars; en sorte, par exemple, que le nombre d'or XVI et l'épacte XXII quise trouv nt ici vis-à-vis du 8 mars, marquant, pour ce quantième, la nouvelle lune, indiquent pareillement que le 14 de cette lune pascale tombera le 21 du même mois. De 8 en effet jusqu’à 24, ces deux nombres compris, il y a 1% jours. Il en est de même des autres époques du terme pascal. I faut seulement se rappeler qu'avant 1582 les épactes n'étaient pas considérées pour la recherche du terme pascal. Elles ne servent à cela que depuis cetle année, et seulement pour le nouveau calendrier. L'ancien se règle toujours, à cet égard, par le nombre d'or.

Quoique Pâques, comme on le verra ciaprès, puisse arriver en 35 jours différents, c'est-à-dire, depuis et compris le 22 mars jusqu'au 25 avril inclusivement, néanmoins le terme pascal ou le 44 de la lune de Päques ne peut tomber que sur 29 jours, dont le premier est le 21 mars et le 48 avril le dernier. La raison de cette différence est facile à saisir; c'est que différentes Pâques euvent avoir le même terme paseal, suivant es différents jours de la semaine où il peut tomber, Par exemple, les Pâques des 22, 23, 24, 25, 26, 27 et 28 mars peuvent avoir également pour terme pascal le 21 mars, selon le jour de la seraaine où tombera ce Sn Si le 21 mars estun dimanche, âques arrivera le dimanche suivant, 28 de ce mois ; si ce même terme pascal tombe un lundi, le 27 mars sera le jour de Pâques et ainsi des autres. C’est par la même raison que le 18 avril est la dernière époque du terme pascal. Car puisque sept Pâques différentes peuvent avoir le même terme pascal, il s’ensuit que celui du 18 avril doit être commun aux sept dernières Pâques, et par conséquent le dernier de tous.

Le terme pascal étant connu, fait connaîlre à son tour la Pâque au moyen de Ja lettre dominicale qui suit immédiatement , de la lettre, dis-je, propre à l'année de ce terme. Ainsi Pâques arrive le 30 mars en 1766, parce que Ja lettre E, qui appartient à cetle année, marque au 30 mars le premier dimanche qui suit le 26 de ce mois, époque du terme pascal. à

RO EEE | MARS.

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